• Je me prépare pour transiter « consciemment » pour la seconde fois. En effet, je suis « mort » à moi-même une première fois lors de mes vingt ans : j’avais alors « décidé » que les années que je vivrais en plus, au-delà de mes vingt ans, seraient « données » et « gratuites » et donc légères. Je vais procéder pour moi-même à l’image de mon frère aîné Paul, qui a eu un malaise provoqué par un anévrisme, le 21 septembre 1976, à 16 heures 30. Il marchait dans les rues de Metz, aux environs de la cathédrale, il est tombé, les sapeurs-pompiers ont essayé de le réanimer, en vain, et il est mort une heure après.

    Il est 16 heures 30 et je vais mourir pour la seconde fois. Fin de ma vie. Qu’est- ce que j’emporte, qu’est-ce que je laisse derrière moi ?

    Tout se passe à l’intérieur et ce sont là les plus belles aventures. C’est aussi la fin d’une étape : je peux faire le bilan et considérer où j’en suis arrivé. Première mort : en 1935, à vingt ans, deuxième mort : 1978 à soixante -deux ans.

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  • En poursuivant mon chemin, j’ai compris, de manière pratique, quel est l'objectif : c’est la disparition du « petit moi », et sa fusion avec le Soi. J’ai une situation – familiale, professionnelle –, un caractère, de l’argent, des biens, une identité, etc. Je ferai abstraction de tout cela pour aller vers l’essentiel, l’éternel en moi-même : mon âme divine, mon Maître. Une fois que j’ai bien compris – c’est-à-dire que je vis cela – « mon » corps, « mon » véhicule », « mes » biens, « mon » identité deviennent accessoires : ce ne sont que des moyens indispensables visant à servir l’humanité, celle-ci étant représentée par les membres de ma famille, ceux qui m’entourent, mais aussi les autres, tous les autres. Que l’Instructeur me vienne en aide, pour que je ne lâche p as prise sur l’essentiel. Je serai un bon gérant des biens mis à ma disposition pour atteindre le but.

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  • « CORPS ET AME.

    Le yin aime bien le yang et le yang le lui rend bien : c’est là le tao !

    L’âme dit au corps :

    « Moi qui t’avais connu si fort et si vivant, voilà que tu t’écroules. Etendu, cadavérique, tu luttes sans répit contre le chagrin et je cherche dans tes yeux ce que tu penses, ce que tu souffres. »

    Et le corps répond :

    « L’hiver rude et la glace enveloppaient les cœurs. Puis le renouveau : tout semblait pour le mieux. Voletaient les papillons, fleurissaient les couleurs. D’abord l’étonnement, ensuite l’ébranlement. Pourquoi me tient-on à l’écart ? Suis-je encore un enfant ? Savais-tu que tu allais vers ta fin ? Mots durs, maux douloureux, instants tragiques ! Et nous avions prophétisé la fin ; et maintenant qu’elle frappe à la porte, que faire, où aller, que dire ? »

    Le yin, tendre et léger comme une femme, le yang, dur et froid comme un tombeau, est-ce bien là le tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Misérable, te croyais-tu éternel ? Sachant que tu devais mourir, que laisses-tu derrière toi ? Non, ton destin n’intéresse personne ! Sommes-nous prisonniers de chaînes forgées par nous-mêmes ? Ton image s’étale partout, sur les murs et dans les journaux, et s’étale d’autant plus que le plaisir que tu offres est absent de la vie quotidienne ! Ton spectacle développe envie et jalousie et l’amour est un désert ! »

    Et le corps répond :

    « O scandale et mensonges ! C’est toi qui étouffes mes désirs, et tu joues la comédie. Nous autres les vivants, nous t’avons vu partir, lentement, goutte à goutte, et nul n’a pu te secourir ! Tu me considères comme ton ennemi, comme un mauvais coucheur, un allié douteux, qui décroche au dernier moment, et qu’il faut dresser, morceau par morceau. Tu enseignes le mépris de la chair : « Tu ne toucheras pas ton corps ! ». Mépris de soi, peur de soi, haine de soi : maladie ! Tu vis loin de moi et pourtant ton bonheur est le mien. »

    Le yin souffre et le yang espère : qu’as-tu fait du tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Débordements, tu recherches ce qui est bestial, animal. Dehors, ailleurs, la vie continue : qui s’intéresse à ce mourant ? Et tu montres ton cadavre décharné : « Regardez, que suis-je encore ? Qu’a-t-on fait de moi ? ». Etranger à toi-même, rebelle ! Qu’il est difficile d’aimer avec toi ! Plus le temps d’aimer ! L’argent achète tout : en avoir ou ne pas en avoir, là est la question ! Reviens à toi, ce n’est qu’une mauvaise passe ! »

    Et le corps répond :

    « Moi qui joue au héros, ô que cela va vite ! Et nous voilà désemparés devant ce lit vide ; quel fut ton dernier soupir ? Nous ne savons plus que faire ! Es-tu là encore ? Nous as-tu quittés ? Est-ce toi, ce regard froid et sec que j’ose à peine effleurer ? Que tu es dur ! »

    Et l’âme de répliquer :

    « Que tu es mou ! Et la vie continue sa course folle ! Suis-je coupable de ta mort ? Aurais-je pu te retenir ? Qu’il m’est pénible de voir fermer ce couvercle, à jamais ! ».

    Et le corps flasque et silencieux, et l’âme absente, et le yin et le yang ont mangé le tao. »

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  • Mon nouveau thème de concentration pour effectuer l’exercice du matin est le prologue de l’évangile de saint Jean :

    1-Au commencement, le Logos.

    Le Logos est vers Dieu.

    Le Logos est Dieu.

    2-Il est au commencement avec Dieu.

    3-Tout existe par Lui.

    Sans Lui, rien.

    4-De tout être, Il est la vie

    La vie est la Lumière des hommes.

    5-La Lumière luit dans les ténèbres,

    Les ténèbres ne peuvent l’atteindre.

     

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  • Politiquement, on distingue la « gauche » et la « droite ». Socialement, il y a deux et seulement deux écoles.

    Selon la première école, c’est parce qu’il existe des gens riches que les gens pauvres peuvent vivre. Le luxe est important car il crée une forte domesticité qui peut en vivre. Ce point de vue est celui de Voltaire, du libéralisme, du capitalisme et de l’impérialisme.

    Selon la seconde école, plus les uns seront riches, plus les autres seront pauvres car il n’y a qu’un seul gâteau mal partagé : il convient donc de supprimer la propriété privée pour instaurer plus de justice. C’est le point de vue de Rousseau, du socialisme du communisme et du cosmopolitisme.

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