• LE PERE DUCHESNE -- NUMERO QUATRE -- NOVEMBRE 2017 (Partie 2)

    L’écologie et le monde paysan : Comme pour de nombreux Français, le problème paysan est inscrit dans mes fibres familiales : Mes grands-parents, agriculteurs ou vignerons, cultivaient un petit lopin de terre (3 hectares) dans le cadre d’une économie auto-suffisante et domestique, avec quelques vaches, cochons, poulets… Puis sont intervenus la mécanisation et le remembrement, forme d’expropriation destinée à agrandir les exploitations pour les rendre plus viables conformément aux nouvelles normes de production. En conséquence, mes parents, oncles et tantes sont devenus pour les uns paysans-ouvriers (double journée de travail à l’usine et aux champs) ou bien sont allés grossir dans les banlieues les cohortes d’ouvriers. Les paysanneries du XIX° siècle, du début ou de la fin du XX° siècle sont foncièrement différentes. Je résume : mécanisation à outrance, concentration des moyens (pour en vivre, il faut au moins 100 hectares), endettement, etc. Résultats : de 1945 à 2000, les exploitations sont passées de plus de 2 000 000 à environ 600 000, tout en augmentant considérablement la quantité de produits, et en diminuant les prix de vente de ces produits. Pour exemple : l’augmentation de la consommation de viande. Mais aussi : fabrication de nombreux produits dangereux, à bas coûts, surtout pour les classes populaires (OGM, bœuf du Canada, veau aux hormones, pesticides, glyphosates, etc.). Les paysans sont les premières victimes (leucémies) de ces abus imposés par les monopoles (Monsanto, …), mais s’ils veulent être compétitifs, ils n’ont pas le choix et ils doivent répandre ces poisons en habits de cosmonautes. Comme dans l’industrie, les agriculteurs sont scindés en deux catégories : les grands propriétaires fonciers, présents à la FSDEA, au Parlement (notables) etc. et les petits agriculteurs, qui découvrent qu’ils ne sont plus propriétaires de leurs moyens de productions (terre, outillage, porcheries,…), que de manière faciale, le vrai propriétaire étant la banque et le capital financier. Conséquence : en moyenne, deux agriculteurs se suicident par semaine ! Le capitalisme a pris la terre aux paysans pauvres ; mais les conditions sont réunies pour passer au socialisme.   Quelle relation avec Marx ? Sans aucun doute, par rapport à ce qu’a connu Marx, nous avons changé de planète. Mais : Marx a étudié les lois générales du capitalisme (le profit, la rente, etc.) et nous sommes toujours dans un système capitaliste. Evidemment, si les bolcheviks n’avaient pas adapté le marxisme à la Russie, il n’y aurait pas eu de changement en 1917. De même pour les maoïstes en Chine en 1949. Egalement, la question qui se pose est : une autre société, qui n’est plus basée sur le profit, mais sur un service de qualité à la population est-elle possible ?  Question animale et écologie : Voilà un point où Marx est complètement dépassé ! Depuis Descartes, et avant, y compris Marx, l’animal est une chose. Aujourd’hui, l’animal est une personne : la sensibilité a changé. On ne peut plus maltraiter les animaux (abattoirs, élevages industriels, zoos, cirques, etc.) comme de vulgaires marchandises, et s’il faut les tuer pour les manger, il convient de les élever naturellement, sans barbarie, puis leur faire quitter ce monde, « humainement » en douceur, sans stress, cause de maladies et de cancers ! Sans parler du nucléaire (écocide) domaine évidemment étranger à Marx. Mais sur tous ces points, il convient que l’idéologie prolétarienne, ou marxisme, ou socialisme ait une opinion arrêtée.

     

    LE PERE DUCHESNE -- NUMERO QUATRE -- NOVEMBRE 2017 (Partie 2)

     

    Tu poses la question fondamentale de la vérité historique : existe-elle et comment l’atteindre ? Il faut donc distinguer la réalité, qui est une, la même pour tous, et le jugement que l’on porte sur la réalité, qui reflète plus ou moins bien cette réalité. De plus, ton jugement renvoie à la réalité (la chose en soi), mais aussi à toi-même (la chose pour nous) : ta façon de voir, ton regard sur les choses.
    Allégorie hindoue : On masque les yeux de quatre personnes, on les met devant un éléphant et on leur demande de décrire l’animal. Ce sont quatre jugements (ou doxa) différents. L’un dit : c’est un pilier, car il tient une jambe de l’éléphant. Le deuxième : c’est un tuyau, car il tien la trompe. Le troisième : c’est un éventail : il tient l’oreille. Le quatrième : c’est un mur, car il caresse le ventre. Puis on leur découvre les yeux (science, connaissance), et ils voient ce qu’est l’éléphant. Auparavant, étaient-ils des menteurs ? Faut-il porter un jugement moral ? Ou bien simplement travailler modestement pour apprendre ? Prenons d’autres exemples :  Présentation de la Ville de Paris à un touriste par trois personnes : Un bourgeois du XVI° arrondissement, un ouvrier de l’ex ceinture rouge, l’acteur Loran Deutsch La personnalité de Donald Trump selon : sa fille, un militant démocrate, un journaliste français, Kim Jong Il.  Cuba selon : un émigré anti castriste de Miami, un américain, un partisan du castrisme, un jeune habitant de Cuba, un détenu politique, etc.  La Révolution française : un royaliste, un bourgeois, un sans-culotte ouvrier, un complotiste,… La Révolution d’Octobre 19017 en Russie : un bourgeois, un prolétaire, un russe blanc. Le sentiment de l’amour par : un psychologue, un biologiste, un poète, un amoureux. La résistance française (1940-1945) par: un militant gaulliste, un militant communiste, un combattant de la brigade Charlemagne, futur fondateur du front national, un déporté,… On peut en déduire qu’il n’y a pas de vérité, être agnostique, penser « à chacun sa vérité », être partisan du relativisme ambiant, etc. Pour Marx, concernant la réalité historique, il y a une vérité que l’on peut atteindre (l’éléphant, le Cuba réel,…). Pour ce faire, quelques principes sont à respecter : en rester aux faits, et les seuls faits, la pratique,… Ce qu’une personne, ou une société, pense d’elle-même est aussi un fait. Mais ce que l’on pense ne correspond pas forcément à ce qui est (idéologie). Cela renvoie à ce qu’est cette personne, ou cette société. De plus, les idées dominantes sont les idées de la classe dominante. Pour atteindre la réalité historique, il faut donc l’étudier sous tous ses aspects, puis passer à la pratique pour confirmer l’hypothèse.

    Comme tout un chacun dans la vie quotidienne, je donne des avis, j'ai des opinions, etc. Mettons 98% des jugements de la vie quotidienne, et là, je te suis. Mais quand il s'agit d'un sujet important, comme apprécier une société, un auteur, j'évite les jugements dits péremptoires, ou à l'emporte-pièce, comme: "Marx est dépassé. d'ailleurs n'a-t-il jamais été appliqué quelque part?" "Telle société a tel régime", etc. Sur ces sujets là, j'essaie d’être prudent, précis , rigoureux et de justifier mon appréciation, afin d'éviter les polémiques inutiles et de ne froisser la susceptibilité de personne. soit 2 % des jugements. C'est tout ce que je voulais dire. Bien à toi!

    Voici un jugement par un journaliste que j'ai trouvé dans le journal "Républicain lorrain" de ce jour:"La République en marche est-elle une association de supporters, un repaire d’ambitieux, une ONG, une entreprise, une troupe scoute, une sorte de religion ? Un peu tout ça à la fois, dirait-on, au vu de son « congrès » mené au pas de charge."C'est un peu comme si le journaliste écrivait: "L'éléphant, c'est un pilier , et un tuyau, et un mur et un éventail". Quand on écrit, contrairement au langage parlé, de la part d'un journaliste, on s'attend à un peu plus de profondeur dans les idées et aussi un peu plus de courage. Mais tu n'es concerné en rien.

    L’écologie et le monde paysan : Comme pour de nombreux Français, le problème paysan est inscrit dans mes fibres familiales : Mes grands-parents, agriculteurs ou vignerons, cultivaient un petit lopin de terre (3 hectares) dans le cadre d’une économie auto-suffisante et domestique, avec quelques vaches, cochons, poulets… Puis sont intervenus la mécanisation et le remembrement, forme d’expropriation destinée à agrandir les exploitations pour les rendre plus viables conformément aux nouvelles normes de production. En conséquence, mes parents, oncles et tantes sont devenus pour les uns paysans-ouvriers (double journée de travail à l’usine et aux champs) ou bien sont allés grossir dans les banlieues les cohortes d’ouvriers. Les paysanneries du XIX° siècle, du début ou de la fin du XX° siècle sont foncièrement différentes. Je résume : mécanisation à outrance, concentration des moyens (pour en vivre, il faut au moins 100 hectares), endettement, etc. Résultats : de 1945 à 2000, les exploitations sont passées de plus de 2 000 000 à environ 600 000, tout en augmentant considérablement la quantité de produits, et en diminuant les prix de vente de ces produits. Pour exemple : l’augmentation de la consommation de viande. Mais aussi : fabrication de nombreux produits dangereux, à bas coûts, surtout pour les classes populaires (OGM, bœuf du Canada, veau aux hormones, pesticides, glyphosates, etc.). Les paysans sont les premières victimes (leucémies) de ces abus imposés par les monopoles (Monsanto, …), mais s’ils veulent être compétitifs, ils n’ont pas le choix et ils doivent répandre ces poisons en habits de cosmonautes. Comme dans l’industrie, les agriculteurs sont scindés en deux catégories : les grands propriétaires fonciers, présents à la FSDEA, au Parlement (notables) etc. et les petits agriculteurs, qui découvrent qu’ils ne sont plus propriétaires de leurs moyens de productions (terre, outillage, porcheries,…), que de manière faciale, le vrai propriétaire étant la banque et le capital financier. Conséquence : en moyenne, deux agriculteurs se suicident par semaine ! Le capitalisme a pris la terre aux paysans pauvres ; mais les conditions sont réunies pour passer au socialisme.   Quelle relation avec Marx ? Sans aucun doute, par rapport à ce qu’a connu Marx, nous avons changé de planète. Mais : Marx a étudié les lois générales du capitalisme (le profit, la rente, etc.) et nous sommes toujours dans un système capitaliste. Evidemment, si les bolcheviks n’avaient pas adapté le marxisme à la Russie, il n’y aurait pas eu de changement en 1917. De même pour les maoïstes en Chine en 1949. Egalement, la question qui se pose est : une autre société, qui n’est plus basée sur le profit, mais sur un service de qualité à la population est-elle possible ?  Question animale et écologie : Voilà un point où Marx est complètement dépassé ! Depuis Descartes, et avant, y compris Marx, l’animal est une chose. Aujourd’hui, l’animal est une personne : la sensibilité a changé. On ne peut plus maltraiter les animaux (abattoirs, élevages industriels, zoos, cirques, etc.) comme de vulgaires marchandises, et s’il faut les tuer pour les manger, il convient de les élever naturellement, sans barbarie, puis leur faire quitter ce monde, « humainement » en douceur, sans stress, cause de maladies et de cancers ! Sans parler du nucléaire (écocide) domaine évidemment étranger à Marx. Mais sur tous ces points, il convient que l’idéologie prolétarienne, ou marxisme, ou socialisme ait une opinion arrêtée.

     

     

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