• « La vérité est la réalité » (Partie 8)

    Les vagues, l’écume, et les bulles d’air sur l’océan s’évanouissent et disparaissent, mais l’océan, lui, ne disparaît pas.

    La conscience du Soi est l’océan infini. L’ego, la pensée « moi » n’est qu’une bulle à la surface de cet océan. On l’appelle jîva, ou âme individuelle. La bulle aussi est faite d’eau. Lorsqu’elle éclate, elle ne fait que se mêler ç l’océan, mais tandis qu’elle est bulle, elle fait aussi partie de l’océan.

    La vague naît, se développe, meurt et rejoint l’Océan primordial.

     

    « La vérité est la réalité » (Partie 8)

     

    Voici cinq allégories qui illustrent ce passage d’un niveau de conscience à l’autre, de l’ego au Soi.

    a)     L’objet d’argile qui s’identifie avec la forme de l’objet. L’objet d’argile qui s’identifie avec son fond d’argile.

    Imaginer un objet forgé dans une masse d’argile. Par l’illusion, l’éducation, ou l’erreur, cet objet s’identifie à sa forme : « Je suis un vase, le plus beau des vases », ajoute même cet objet quelque peu arrogant. « Je n’ai rien à voir avec tous ces autres objets ». L’individu qui est dans la Réalité, lui, se perçoit en tant que masse d’argile, qui a reçu provisoirement, transitoirement, et temporairement, une forme, mais qui est appelé à terme à retourner à l’argile primordiale. Cet individu, sage et éclairé, s’identifie donc avec l’argile, ayant temporairement une forme de vase, mais nullement séparé du tout.

    « Je suis celui qui suis. Je suis ce que je suis. Je suis. ». REAA, Rituel 14° grade Grand Elu de la Voûte sacrée.

    La forme est transitoire. Un jour, l’argile du vase rejoint l’argile globale.

    b)    L’identification avec la vague de l’océan. L’identification avec l’eau de l’océan. La poupée de sel.

    Imaginez que le vent, ainsi que l’action de la Lune, lèvent à la surface de l’Océan une vague, qui a la prétention d’être quelque chose en elle-même, un être autonome, différent et même au-dessus de l’Océan ! Le temps qui passe va vite ramener cette vague à sa juste réalité, et lui démontrer que, si elle s’est séparée de l’Océan pour un temps déterminé, bientôt, elle va disparaître en tant que vague et fusionner de nouveau avec l’Océan primordial. La vague vient de l’Océan, et elle est destinée à y retourner. C’est aussi l’image de la poupée de sel, qui souhaite connaître l’Océan : pour ce faire, elle pénètre dans l’Océan, et elle y disparaît, dissoute dans l’immense masse d’eau. Cela signifie que, pour connaître notre Réalité, l’obstacle principal c’est nous-même, plus précisément le « petit je », l’ego. Il faut donc se libérer de cet obstacle. Cette libération s’effectue de toute façon par la mort physique. Mais la méthode maçonnique nous permet une libération anticipée ; elle fait de nous des « libérés vivants », c’est-à-dire des individus ayant pris connaissance, à travers l’initiation et la mort symbolique, de notre Moi profond, tout en maintenant suffisamment d’ego pour continuer de faire notre travail au milieu de nos frères et sœurs humains.

    Les vagues, l’écume, et les bulles d’air sur l’océan s’évanouissent et disparaissent, mais l’océan, lui, ne disparaît pas.

    La conscience du Soi est l’océan infini. L’ego, la pensée « moi » n’est qu’une bulle à la surface de cet océan. On l’appelle jîva, ou âme individuelle. La bulle aussi est faite d’eau. Lorsqu’elle éclate, elle ne fait que se mêler ç l’océan, mais tandis qu’elle est bulle, elle fait aussi partie de l’océan.

    La vague naît, se développe, meurt et rejoint l’Océan primordial.

    c)     La bouteille : la bouteille, alors qu’elle est fermée par un bouchon. La bouteille, sans bouchon.

    Si vous fermez hermétiquement une bouteille avec un bouchon, celle-ci a une certaine individualité par rapport à l’atmosphère environnante. Cette individualité lui est donnée par le bouchon, bouchon qui représente l’ego, le « petit je », celui que nous utilisons dans le quotidien. Cet ego est né, s’est développé et va mourir. C’est dire que l’air de la bouteille, à terme, va retourner à l’atmosphère (ou Mère). L’objectif de la méthode maçonnique est de montrer que cet ego crée une rupture artificielle, et cette méthode vise à retrouver l’unité primordiale et fondamentale : nous provenons de l’air et retournerons à l’air, air que nous n’avons jamais quitté.

    « Assouplir », « enlever » le bouchon de la bouteille, faire communiquer le Total, l’Universel, et le particulier, tel est le but. Un jour, l’air de la bouteille rejoint l’air primordial.

    d)     Le nuage qui cache le soleil et le face à face avec le soleil.

    Il suffit d’un petit nuage pour nous cacher le soleil. L’individu est le « petit je », qui cherche à percevoir le soleil. Le nuage est le monde. Le soleil est le Moi profond. La méthode maçonnique nous permet de nous élever, tel un aigle, au-delà des nuages pour contempler le soleil face à face. Le soleil brille en permanence au-dessus des nuages.

    Pour en revenir à notre premier tableau :

    Le monde, et le « petit je », ou ego, qui fait partie de ce monde, dans la temporalité, est facilement perçu par chacun de nous, car nous l’expérimentons chaque jour.

    Il convient d’appréhender aussi le second plan qui est illustré par diverses images : l’écran blanc, le fond, l’argile, l’Océan, le Soleil, la Mère, la Lumière, le Témoin. Ce plan s’expérimente aussi.

    Le soleil est indispensable à la vie quotidienne. Il ne participe aucunement aux activités terrestres et cependant rien ne peut se dérouler sans lui. Il est le témoin des multiples activités. Il en va de même pour le Soi.

    L’individu ne peut exister sans le Soi, mais le Soi peut se passer de l’individu.

    Le nuage, un jour, disparaît : le Soleil demeure !

     

    CONCLUSION :

    L’éléphant

    Prenons l’exemple d’un éléphant que quatre personnes aveugles cherchent à connaître. Le premier touche la trompe, et il répond : « L’éléphant ressemble à un tuyau ». Le second entoure de ses bras une patte, et répond : « L’éléphant est comme un  tronc d’arbre ». Le troisième touche une oreille, et répond : « L’éléphant est comme un grand éventail ». Le quatrième touche le ventre et répond : « L’éléphant est comme une grande citerne ». Ainsi, chacun, selon ses qualités, détient une parcelle de la vérité, et, de mon côté, je compte sur vos contributions pour en savoir plus. Quelle que soit l’intelligence et la volonté de chacun, il ne détient pas la vérité, mais, tous, en associant nos points de vue, nous pouvons nous en approcher de très près.

    Je suis persuadé qu’il y a une vérité absolue. Cependant, chacun n’a qu’une connaissance d’abord partielle de celle-ci. Je refuse tout relativisme. L’obstacle principal à la possession de la vérité absolue est la pensée : « Il est impossible d’atteindre la vérité absolue, de la connaître et de l’expérimenter. ».

    Par ailleurs, la même vérité peut être exprimée de différentes façons, suivant la capacité de compréhension de l’interlocuteur.

     

     

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