• La France n’est pas une démocratie : voilà pourquoi. (Quatrième partie)

    Comme point de comparaison, rappelons que Napoléon III a obtenu, lors du plébiscite de 1852, 7 824 189 réponses « oui », soit 96,86 % des exprimés et 76,68 % des inscrits, contre 253 143 réponses « non » et 2 126 124  abstentions. Le 8 mai 1870 ; le plébiscite lui donne 7 350 142 « oui », soit 82,69 % des exprimés et 62,81 % des inscrits, contre 1 598 825 « non » et 2 111 038 abstentions. Ceci à quatre mois de la révolution du 4 septembre 1870, qui instaure la République.

    Conclusion :

    Jaurès et Blum, au moins dans leurs intentions, voulaient supprimer l’esclavage salarié, et instaurer le socialisme, qui comprend à minima, la socialisation et la collectivisation des moyens de production. Ceux qui se prétendent leurs successeurs, les sociaux-démocrates du parti socialiste, se contentent de demander l’inversion de la courbe du chômage. C’est dire qu’ils sont tombés bien bas. Ils se comportent en bon gestionnaire du capitalisme, en prétendant qu’il n’est pas possible de faire autrement dans le cadre de la « mondialisation ». Les résultats en sont multiples. Par exemple, les enfants des classes populaires sont honteusement exploitées par la classe capitaliste, comme « stagiaires » dans les entreprises, ceci à titre gratuit, ou pour une indemnité dérisoire de 400 € par mois. Avec les socialistes au gouvernement, la bourgeoisie se sent pousser des ailes et n’hésitent pas à demander pour les enfants du prolétariat un SMIC au rabais, ou SMIC jeunes.

    Les élus, dont les députés, sont désignés périodiquement sur un programme : une fois élus, à chaque fois, ils renoncent à la réalisation de ce programme.

    Ainsi, par exemple, voilà plus de trente années qu’avait été prise la promesse d’étendre le suffrage universel aux personnes immigrées. Qu’attendent-ils pour réaliser cette promesse ?

    Peu à peu, la démocratie apparaît comme formelle : tous les postes politiques sont monopolisés par la même classe sociale : la bourgeoisie et ses affidés.

    La seule liberté qu’ont les citoyens, c’est, lors des élections, de désigner leurs représentants au sein de diverses fractions de cette classe bourgeoise. Une fois élus, il n’y a plus de liberté, et les représentants appliquent les mesures pour lesquelles ils n’ont pas été élus, sans que les électeurs puissent les démettre. Cela est vrai à tous les niveaux du mille feuilles administratif, depuis le président de la république jusqu’au maire de la commune.

    Au moins des mesures pourraient être prises pour protéger les biens communs, mais il n’en est rien : y compris l’Etat est mis à l’encan, au service des entreprises capitalistes.

    Il n’y a pas, non plus d’égalité entre les citoyens : le principe « un homme/une voix » est mis à mal (par exemple pas de vote des immigrés), mais de plus, les voix ne sont pas é »gales entre elles.

    Concernant l’élection du président de la république, seuls sont pris en compte les voix qui se portent sur le premier candidat. Ceux qui ont voté pour un autre candidat, ou qui n’ont pas voté, n’ayant pas de candidat répondant à leurs aspirations, sont écartés du résultat. Dans ces conditions, quelle est la légitimité du candidat élu ? Y a-t-il eu constitution équitable de la volonté générale ? La démocratie élémentaire ne devrait-elle pas conduire à retenir un collège de candidats représentant au moins 50 % des Français ? A défaut d’une solution satisfaisante, le président de la république est un usurpateur, et il a autant de légitimité que Miss France, qui pourrait être désignée reine des Français pour une période de cinq années. Il a moins de légitimité que le collège des personnalités préférées des Français, qui pourraient former un gouvernement tout aussi honorable.

    Il en est ainsi de toutes les élections.

    Egalité entre toutes les voix ? Le système électoral pour les élections municipales démontre que l’équipe vainqueur s’accapare tous les pouvoirs, cette victoire pouvant être remportée par beaucoup moins que 50 % des voix. Les équipes suivantes pourront désigner des représentants, mais dans ce cas, une voix ne vaut pas une voix.

    Dans ce cas également, rien ne permet aux électeurs de se démettre d’une équipe indigne. A nouveau, les électeurs sont privés de toute liberté, et sont soumis, tels des esclaves modernes, aux représentants élus.

    Ce système de désignation n’a cours nulle part ailleurs : les syndics de propriétaires, ou même les associations les plus élémentaires refuseraient de fonctionner dans de telles conditions.

    Ce symptôme est justifié par tous les moyens, par les idéologues de la bourgeoisie. Mais, de façon intuitive, les électeurs en ont compris les méfaits, et de plus en plus, ils se réfugient dans les votes de refus, et plus positivement, dans l’abstention. L’abstention massive enlève toute légitimité aux représentants auto désignés. L’étape suivante doit être la reprise du pouvoir, à tous les niveaux par le peuple lui-même.

    Deux étapes : dans une première étape, il convient de moderniser et d’étendre la démocratie bourgeoise, par des mesures concrètes. Par exemple, dans une municipalité véritablement démocratique, rien n’empêche un Conseil municipal à prendre, notamment les décisions majeures (budget, indemnités, impôts,..) à la majorité de 50 % des voix. De nombreuses mesures limitant les abus peuvent être prises : plafonner les indemnités, limiter le nombre de mandats, condamner à l’indignité nationale ceux qui abusent des biens communs,…

    Dans une seconde étape, il convient de briser cette machine d’Etat bourgeois, et le remplacer par un Etat socialiste, qui instaure une démocratie réelle (liberté de démettre les élus dans des conditions à préciser, élections aux diverses charges, permettant l’accès à tous, sauf aux exploiteurs, égalités des suffrages, etc.)

    L’abstention aux élections municipales a été un premier avertissement. Mais les changements sont loin de ces attentes. Il faut que l’avertissement porte encore plus lors des élection européennes : vive la grève des urnes !

    La France est-elle une démocratie ? La réponse est indubitablement : non !

    On sait depuis longtemps qu’il convient de distinguer ce qu’est véritablement une personne, et ce qu’elle pense et dit d’elle-même. Le seul critère de vérité est la pratique. Il en est de même de la France. En paroles, la France est présentée comme la mère des droits de l’homme, et donc de la démocratie réelle. Or applique-t-elle les principes élémentaires de cette démocratie ? A aucun niveau ! Ni pour les élections présidentielles, ni pour les élections communales, en passant par tous les autres suffrages : élections européennes, régionales, cantonales, etc.

    S’il est important de se préoccuper de la simplification du mille-feuilles administratif français, il serait encore plus urgent d’instaurer dans les différents suffrages permettant de désigner les « élus » un minimum de principes démocratiques. La communication effectuée sur la simplification de ce mille-feuilles ne doit pas être un écran de fumée masquant l’absence de démocratie réelle.

    La démocratie, c’est d’abord la construction de la volonté générale, expression de l’intérêt général. La base est donc la désignation des « représentants » par une majorité. C’est aussi un contrôle par cette majorité que les élus sont toujours les dignes « représentants » des intérêts communs tout au long du mandat : cela peut se faire par de nombreux moyens : référendums, sondages, Internet, etc. Enfin, c’est la possibilité de démettre ces élus lorsqu’ils commettent des fautes, ou bien représentent des intérêts minoritaires et privés. Rien de cela n’a été mis en place. De plus, il est reconnu que la « classe » des élus ne reflète pas le pays réel : sont surreprésentés la nomenklatura françaises (riches, citadins, blancs,…), c’est-à-dire la classe bourgeoise et possédante. Rien n’a été entrepris pour limiter ce phénomène : limitation des mandats, indemnités limitée à un maximum, quota de représentation non seulement des femmes, mais aussi des classes laborieuses, etc.

    Un autre principe est largement entamé : le système électoral est organisé de telle façon, qu’il est impossible de mettre en œuvre le principe élémentaire : « un homme, une voix ».

    Comme cela a été constaté, le résultat est double : d’une part, il y a une dictature des élites bourgeoises. Le peuple est appelé fréquemment aux urnes, pour désigner des représentants, qui sont installés à vie dans les divers postes de responsabilité. Entre deux élections, le peuple est esclave, et il n’a rien à dire : sont appliquées des politiques non choisies, qui ne répondent pas à l’intérêt général. On peut parler d’un système UMPS-FN. D’autre part, ce système apparaît de plus en ^plus pour ce qu’il est : un système pourri, injuste, anachronique, en un mot antidémocratique. Il en résulte une abstention de plus en plus massive, puisque le peuple ne peut désigner ses véritables représentants. Le sentiment est que, quoi qu’il fasse, qu’il vote ou non, les jeux sont faits : les trois partis dits »majoritaires » se partagent les rôles, et ne représentent que trois fractions de la même classe sociale : la bourgeoisie. L’étape suivante ne peut être que la révolution et l’instauration d’une république socialiste, à l’image de la Commune de Paris de 1871.

    Des mots d’ordre comme : « Un véritable travail pour tous ! », « Un logement décent pour tous », et « Démocratie réelle : un homme, une voix », sont d’excellents moyens de mettre à bas le système ancien et d’instaurer un nouveau système. La révolution bourgeoise de 1789 a commencé lorsque a été posé le principe de voter, non pas par ordres, mais selon le principe : « Un homme, une voix » !

    François Hollande a autant de légitimité que Miss France !

    Que penser des valeurs « Liberté, égalité, fraternité » ?

    « Liberté » : La pseudo-« démocratie représentative » est le contraire de la démocratie. Avant les élections, le peuple n’est pad libre. Pendant les élections, il est « libre » de choisir entre des factions imposées. Après les élections, il n’est plus libre, notamment de démettre le candidat élu.

    « Egalité » : Le principe « un homme/ une voix » n’est jamais appliqué. Pour les élections présidentielles de 2012, au premier tour, 10,3 millions de voix se sont portées sur François Hollande, électeurs qui se reconnaissent dans le programme politique de celui-ci. Au second tour, 18 millions d’électeurs se sont porté sur ce candidat. Encore convient-il que François Hollande soit l’homme de la « synthèse » et accepte de reprendre en partie certains éléments des programmes des candidats qui ont appelé à voter pour lui au second tour.

    Mais même au second tour, ces électeurs ne correspondent qu’à 39 % des électeurs de la liste électorale, liste qui ne comprend pas, loin de là, tous les citoyens présents sur le sol national (Français, Européens, autres,…).

    C’est là que le système électoral crée un ensemble de fictions, qui conduisent de plus en plus d’électeurs à se opter pour un vote blanc ou nul, ou pour l’abstention.

    Première fiction : par un coup de baguette magique, François Hollande devient le « président de tous les Français ».

    Pour rendre cette « arrangement » antidémocratique crédible, encore faudrait-il que François Hollande fasse une synthèse avec le programme de Nicolas Sarkozy, qui représente au second tour, 16,9 millions de voix. A eux deux, ils « pèsent » environ 35 millions de voix, soit 76 % du corps électoral, et plus de deux Français sur trois : cette hypothèse, non crédible, nous rapproche déjà de l’idéal démocratique.

    Seconde fiction : Les voix qui se sont effectivement portées sur François Hollande sont censées représenter 100 % de corps électoral. Cela signifie donc que chaque voix « pèse » en réalité pour 2,6. Par ailleurs, les autres voix qui se sont portées sur d’autres candidats, et les abstentionnistes, comptent pour zéro pendant le quinquennat. Pourtant, autres électeurs et abstentionnistes sont majoritaires dans le pays.

    Troisième fiction : ni les Français, ni François Hollande ne sont censés changer leurs orientations au cours du mandat : pourtant, François Hollande, élu sur une option « socialiste », à peine au pouvoir, rejoint le camp néo-libéral ! Les Français, notamment ceux qui ont voté pour lui, minoritaires, ne peuvent le démettre.

    C’est pourquoi, dans de telles conditions, on ne peut dire que la France soit une démocratie, puisqu’il n’y a ni liberté, ni égalité. Cela explique le refuge de l’abstention.

    On peut donc dire légitimement que François Hollande n’a pas été élu par les Français, mais contre les Français, puisque 61 % du corps électoral n’a pas voté pour lui.

    Comme point de comparaison, rappelons que Napoléon III a obtenu, lors du plébiscite de 1852, 7 824 189 réponses « oui », soit 96,86 % des exprimés et 76,68 % des inscrits, contre 253 143 réponses « non » et 2 126 124  abstentions. Le 8 mai 1870 ; le plébiscite lui donne 7 350 142 « oui », soit 82,69 % des exprimés et 62,81 % des inscrits, contre 1 598 825 « non » et 2 111 038 abstentions. Ceci à quatre mois de la révolution du 4 septembre 1870, qui instaure la République. Cela signifie deux choses :

    • D’abord, la souveraineté appartient en propre au peuple seul, et celui-ci peut la reprendre quand il le souhaite ;
    • Ensuite, il ne s’agit pas d’être anti électoraliste à tout crin : les élections ont du sens quand elles permettent de comptabiliser l’état actuel des rapports de force entre les classe sociales : une des conditions est que la classe ouvrière dispose d’un authentique parti communiste, comme cela a été le cas de 1921 à 1953.

    En conséquence, la France n’est pas une démocratie réelle. C’est une démocratie formelle bourgeoise.

     

     

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