• La France n’est pas une démocratie : voilà pourquoi. (Troisième partie).

    L’exemple de la ville de Roubaix démontre à quel point les lignes de droite et de « gauche » sont brouillées, et se rejoignent quant à un front franchouillard et gaulois, anti-immigré. De plus, le lien entre les élites élues et le peuple sont entièrement rompus : ce sont des élus hors-sol, où il n’y a rien de commun entre les besoins de la populations et les actions carriéristes des élus de tous bords. De plus, entre fractions, tous les coups sont permis pour gagner les élections y compris le trucage des élections.

    Municipalité de « droite » : Roubaix

     

    Les élections municipales de 2014 :

    1° tour :

    Inscrits : 46 589

    Abstentions : 28 689

    Votants : 17 900

    Blancs et nuls : 744

    Exprimés : 17 156

    Guillaume Delbar (Droite) : 3 647

    Pierre Dubois (Gauche : PS et autres) : 3 498

    Jean Pierre Legrand (Front national : Roubaix Bleu Marine) : 3 313

    André Renard (DVG) : 1 736

    Slimane Tir (EELV) : 1 512

    Richard Olszevski (DVG) : 1 354

    Autres : 2 096

     

    2° tour :

    Inscrits : 46 593

    Abstentions : 25 902

    Votants : 20 691

    Blancs et nuls : 750

    Exprimés : 19 941

    Guillaume Delbar (Droite) : 6 949

    Pierre Dubois et Slimane Tir (Gauche : PS et autres) : 6 617

    Jean Pierre Legrand (Front national : Roubaix Bleu Marine) : 3 390

    André Renard et Richard Olszevski (DVG) : 2 985

     

    Sur la base du second tour, on constate les éléments suivants :

    1)      La majorité des électeurs inscrits est 23 297. Même si les délibérations étaient adoptées à l’unanimité des élus, leur légitimité démocratique est contestable, puisqu’elles ne représentent jamais la majorité des 50 % d’électeurs inscrits. Le maire est déclaré « vainqueur » sans partage des élections, alors qu’il ne représente que 15 % des électeurs inscrits ! Quelle est sa légitimité ? Les trois autres listes « d’opposition », ont rassemblé 12 992 voix, soit 28 % du corps électoral. Comment expliquer rationnellement un tel système, aussi peu démocratique, où une minorité de 15 % des électeurs est chargé de gérer la commune pour le compte de tous les roubaisiens ?

    2)    Le principe « un homme, une voix » est-il adopté ?

    Sur la base du deuxième tour, les électeurs de Droite sont de 6 949. Ils ont obtenu 36 sièges d’élus, soit 193 voix par élu. La seconde liste, la Gauche, a obtenu 6 617 voix et 9 sièges. Chaque élu de Gauche représente donc 735 voix. Le Front National a obtenu 3390 voix et 4 sièges. Chaque élu du Front National représente donc 848 voix. Enfin, la quatrième liste divers gauche a obtenu 2985 voix et 4 sièges, soit 746 voix par élu. En conséquence, une voix de droite « pèse » 3,8 voix de gauche, et 4,4 voix du Front National !

     

    Il est intéressant d’étudier les représentants politiques de Roubaix, très caractéristiques de l’entre soi. Ainsi, au premier tour des élections, les têtes de quatre listes sont d’anciens alliés du maire précédent de Roubaix, René Vandierendonck. Ce sont ce que l’on a pris l’habitude d’appeler des gars de René, ou des René-gars. Il s’agit de Pierre Dubois, de Slimane Tir, d’André Renard et de Richard Olszevski. De plus, la liste de droite comporte également d’anciens complices de René Vandierendonck : c’est dire que les frontières ne sont pas du tout hermétiques entre la gauche et la droite. Tout ce petit monde a un socle d’idées communes, dont l’une est d’empêcher une personne d’origine maghrébine de s’emparer du « château », ceci dans une commune ou les personnes d’origine étrangère sont largement majoritaire, et au nom d’une laïcité mal comprise.

    René Vandierendonck mérite d’être mieux connu, car il a, comme la plupart des notables locaux, dominé la vie locale de Roubaix pendant plus d’une trentaine d’années. Il se caractérise par les traits saillants suivants : il est extrêmement difficile de déceler sa véritable ligne politique. Communiste lorsqu’il était étudiant, afin d’entamer une carrière politique aux côtés d’André Diligent, il est devenu à la fois militant de l’UDF et du CDS, ainsi que chef de Cabinet du maire de Roubaix,André Diligent. Puis il est devenu maire centriste, succédant à André Diligent. En cours du second mandat de maire, il a viré de bord et c’est accoquiné avec le parti socialiste. Un second tarit du personnage est qu’il a toujours eu peur du suffrage direct, et ne s’est jamais présenté en tant qu’individu. Il s’est toujours réfugié au sein de l’anonymat d’une liste : élections municipales, régionales ou sénatoriales. Au cours de sa carrière politique, René Vandierendonck aura toujours fait le nécessaire pour percevoir le maximum d’indemnités diverses. Autre trait de caractère : comme tous les notables, il était toujours inféodé à un parrain, ou une marraine : en début de carrière, c’était le centriste Diligent, puis le socialiste André Mauroy, et enfin la tsarine Martine Aubry. Il est d’ailleurs intéressant de constater que sa soumission d’abord à Diligent, puis son « changement » de politique à « gauche », a permis de donner la Communauté Urbaine de Lille, d’abord à Mauroy, puis à Aubry. IL a été remercié de ce service rendu par l’attribution d’un poste de sénateur du Nord. Il est bien connu que, si Martine Aubry avait été premier ministre, elle aurait emmené René Vandierendonck dans ses bagages comme secrétaire d’Etat à la politique de la ville.

    Quelle relation entre la démocratie et toutes ces magouilles carriéristes ? Aucune, sinon que l’on peut se demander si, en votant pour les listes où figurait ce personnage, les électeurs avaient donné mandat pour, notamment, faire passer la commune de droite à « gauche », ou pour permettre au parti socialiste de rester majoritaire à la Communauté Urbaine de Lille.

    Par ailleurs, lors de ses mandats de maire, on ne peut dire que René Vandierendonck ait entrepris des grands travaux pour favoriser l’inscription des électeurs sur la liste électoral et favoriser la participation aux divers votes : l’évolution de l’abstention prouve le contraire. La situation lui convenait parfaitement.

    Bien plus, la veille des scrutins, il s’arrangeait toujours pour mettre dans son escarcelle divers caïds locaux. Ainsi, le personnel municipal peut témoigner des efforts entrepris pour « gagner » leur vote de tel marchand de sommeil : l’un des plus connus est Baba aux quarante logements qui, à l’issu du scrutin « gagné » par Vandierendonck, a attribué à ce personnage un poste bien en vue à la mairie de Roubaix. On peut légitimement se demander si le « changement » de 2014 va mettre bon ordre à tout cela : en effet le premier adjoint de l’équipe de droite était aussi le premier adjoint de René Vandierendonck. Ah, décidément le monde politique est bien petit !

    Ceci indique en tout cas que, s’il n’y a pas de démocratie dans les communes, il y a encore plus de tripatouillage dans les divers regroupements communaux, et qu’il serait plus qu’indispensable que le peuple puisse exercer un contrôle efficace sur ses mandants dans ces diverses organisations (syndicats intercommunaux communautés diverses, etc.).

    La plupart des élus actuels, de droite comme de « gauche », sont de dignes rejetons, d’André Diligent, maire CDS de Roubaix de 1983 à 1994, sénateur et également mentor de François Bayrou. Trois anecdotes permettent de bien situer le personnage dans le décor roubaisien. D’abord, André Diligent aimait se définir comme « l’homme politique le plus à droite de la gauche et le plus à gauche de la droite ». Cela le situe à la lisière, au centre, ce qui, pensait-il le rendait indispensable, quelque soit le cas de figure dominant. En tout cas, cela en faisait un élu des plus opportunistes ! Ensuite, André Diligent a postulé pour un poste de sénateur : de ce fait, comme cela est le cas de René Vandierendonck, un de ses poulains, par la suite, sa cible privilégiée, ce sont les notables locaux, commerçants et autres. Il fallait satisfaire prioritairement cette clientèle aux dépens souvent de l’intérêt général. Ainsi, alors qu’un jour on a proposé à André Diligent de nommer à l’accueil de son cabinet, en mairie, une secrétaire d’origine maghrébine, sa réaction a été : « Non, ce n’est pas possible, le pharmacien du coin ne comprendrait pas que je ne nomme pas une secrétaire d’origine française ! ». Enfin, la veille de tous les scrutins, afin d’engranger un vote d’électeurs d’origine immigré, il savait prendre quelques mesures, avec à la clé une propagande démagogique, comme par exemple créer dans le cimetière municipal un carré musulman.

    L’exemple de la ville de Roubaix démontre à quel point les lignes de droite et de « gauche » sont brouillées, et se rejoignent quant à un front franchouillard et gaulois, anti-immigré. De plus, le lien entre les élites élues et le peuple sont entièrement rompus : ce sont des élus hors-sol, où il n’y a rien de commun entre les besoins de la populations et les actions carriéristes des élus de tous bords. De plus, entre fractions, tous les coups sont permis pour gagner les élections y compris le trucage des élections.

     

    Municipalité d’ « extrême droite » : Hayange

     

    Les élections municipales de 2014 :

    1° tour :

    Inscrits : 11 980

    Abstentions : 5 926

    Votants : 6 054

    Blancs et nuls : 171

    Exprimés : 5 883

    Fabien Engelmann (Front national) : 1 789

    Thierry Rohr (Divers droite) : 1 200

    Philippe David (PS) : 1 130

    Alain Leyder (Divers) : 784

    Autres : 980

     

    2° tour :

    Inscrits : 11 979

    Abstentions : 5 188

    Votants : 6 791

    Blancs et nuls : 192

    Exprimés : 6 599

    Fabien Engelmann (Front national) : 2 290

    Thierry Rohr (Divers droite) : 1 869

    Philippe David (PS) : 1 797

    Alain Leyder (Divers) : 643

     

    Sur la base du second tour, on constate les éléments suivants :

    1)      La majorité de 50 % des électeurs inscrits est de 5 990. La première liste, « vainqueur » du suffrage, ne représente que 2 290 voix, soit 19 % des électeurs inscrits. Les trois autres listes cumulées totalisent 4 309 voix, soit 36 % des électeurs inscrits. Encore une fois, comment expliquer, du point de vue de la démocratie, que 19 % des électeurs vont gérer la ville pendant un mandat ? Quelle légitimité ? Les délibérations prises par le conseil municipal devraient recueilli au moins le vote des élus représentant 5990 voix, pour avoir la légitimité.

    2)    Le principe « un homme, une voix » est-il adopté ?

    La liste Front National a obtenu 23 élus : chaque élu représente donc 100 électeurs. La seconde liste, divers droite, a 5 sièges, soit chaque élu représente 374 électeurs. La liste PS a 4 sièges : chaque élu représente donc 449 électeurs. Enfin la quatrième liste, divers, a obtenu 1 siège, qui représente 643 électeurs. En conséquence, un électeur du Front National « pèse » 3,7 voix divers droite, 4,5 voix PS et 6,4 voix divers. Si l’on compare majorité et opposition, chaque voix de la majorité Front National « pèse » autant que 4,3 voix de l’opposition ! Où est la légitimité ?

     

    Sans aucun doute, pour les années à venir, l’ennemi principal de tous les démocrates est le fascisme.

    Cependant il convient d’apporter les nuances suivantes.

    Avec à sa tête la famille Le Pen – on peut dire que le Front national est un peu leur « petite entreprise » -- le danger fasciste n’est pas immédiat. Ainsi Jean Marie Le Pen est connu pour son amour de l’argent, ce qui l’éloigne d’autant de véritables idées fascistes. Lorsque les milieux économiques et financiers élimineront la famille Le Pen (par une mise au placard), pour mettre à la tête du mouvement un véritable fasciste, ce sera alors un signe, indiquant que ces milieux souhaitent la gestion de la France par la barbarie fasciste. Jusqu’à présent, la famille Le Pen a joué un rôle d’ »idiots utiles » : ils ont servi de repoussoir pour la gauche pour affaiblir la droite classique.

    De plus la montée du Front national est une sorte d’échappatoire pour les milieux populaires, qui permet de sortir de la pression exercée par l’UMPS. Cette montée a permis notamment la révélation d’une partie de nouveaux élus d’origine de classe populaire. Depuis plus de cinquante années, les notables UMPS trustent entre eux les divers postes, interdisant l’accès de nouvelles couches d’élus dans les diverses instances politique. Fabien Engelmann a le profil type d’élu issu de la classe populaire : militant de la CGT, ancien adhérent du NPA et de Lutte Ouvrière, rien n’indique qu’il restera indéfiniment militant du Front national. De nombreux militants, non pas ceux issus de la moyenne et grande bourgeoisie, mais issus d’un milieu populaire, ont démissionné du Front national en découvrant le contenu fasciste de l’idéologie de ce mouvement : remplacer les luttes de races au lieu des luttes de classes, prêcher la collaboration de classe entre riches et pauvres, et en fin de compte, se mettre à la traîne des milieux économiques et financiers les plus agressifs et les plus barbares. Certains militants UMPS, qui se disent « républicains », jurent leur grand dieu qu’ils feront preuve de la plus grande vigilance concernant le contrôle exercé sur les nouvelles municipalités gérées par le Front national. C’est plutôt positif. Mais on peut légitimement- se demander pourquoi ils ne font pas preuve de la même vigilance concernant les mairies gérées par leurs amis UMPS ? Ils connaissent bien les politiques « des copains et des coquins » pratiquées depuis des dizaines d’années par ces municipalités, et la charité bien ordonnée commence par soi-même. Qui ne connaît tel ou tel élu mafieux qui s’en est mis plein les poches indûment, à la vue de tout le monde ? Il suffit de citer Angoulême, Nice, Hénin-Beaumont, Lens et bien d’autres communes, ainsi que divers conseils généraux et régionaux qui ont servi ou servent encore de pompes à fric !

    « Socialisme ou barbarie ? ». Le XXI° siècle est le siècle du passage de la France du capitalisme au socialisme. Inévitablement. Mais il n’est pas impossible que ce passage à la dictature du prolétariat se fasse en passant par la case « fascisme », et donc par une période intermédiaire de dictature barbare fasciste. Quel sera le rôle de la famille Le Pen dans cette étape ?

    Dans les milieux fascistes, il est connu que Jean Marie Le Pen a un attachement immodéré de l’argent. De fait, ce n’est pas un véritable idéologue fasciste et ses convictions s’arrêtent à son porte-monnaie. On peut dire que pendant quarante années, il a joué les rôles d’ »idiot utile » du parti socialiste, au point que les historiens de demain pourront s’interroger sur le fait qu’il n’ait pas été un sous-marin caché du « socialisme » bourgeois ! Ceci à l’image d’autres personnages politiques, comme la « verte » Dominique Voynet. On ne peut pas dire que Jean Marie Le Pen ait brillé par sa présence dans divers mandats, dont trente années comme député européen. Il a une conception très dynastique de la politique, qui n’est pas sans rappeler les hiérarques de la Corée du Nord. Mais, loin de là, ce n’est pas le seul politique à jouer du népotisme. Par contre, il a monté le parti Front National comme une sorte de petite entreprise familiale, où l’on trouve déjà sa fille,sa petite-fille et bientôt sans doute la quatrième génération. Cela signifie que si les milieux économiques et financiers bourgeois optent pour un passage par le fascisme, le premier signal envoyé sera la mise à l’écart de la famille Le Pen, pour mettre à la tête du parti fasciste, quel qu’il soit, un véritable idéologue, à l’image des vichystes ou des nazis allemands. De toute façon, il est certain qu’avec les diverses conquêtes du Front National aux élections communales et aux élections européennes, il va falloir que le Front National travaille enfin, et applique son programme, qui est national-socialiste, frère jumeau avec le socialisme national de certains membres du parti socialiste.

     

     

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