• Maintenant, avec Edouard Martin, « voter, c’est lutter » !

    En conséquence, la trahison d’Edouard Martin est une démarche purement personnelle et électoraliste qui va à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière. Mais jusqu’aux élections européennes, l’intérêt d’Edouard Martin, et du parti socialiste, c’est de faire croire qu’Edouard Martin entame une démarche pour continuer de servir la cause des ouvriers de Florange, par la voie des élections : « Voter, c’est lutter ! ». Décidément, ce n’est pas crédible !

    L’avant et l’après : En surfant sur les luttes des derniers sidérurgistes de Lorraine, Edouard Martin parvient à se créer un nouvel emploi : tant mieux pour lui. Mais quelle est la valeur ajoutée qu’apporte ce nouveau futur député européen à la lutte des sidérurgistes de Florange ? En quoi voter pour lui va permettre de préserver les emplois en Lorraine ou permettre d’en créer de nouveaux ? Il convient de bien distinguer la période d’avant la « trahison » d’Edouard Martin : c’est la période d’une lutte intransigeante contre les dérives capitalistes, représentées tant par Sarkozy que Hollande. Et la période d’après sa trahison : Edouard Martin profite du fait d’avoir pris la tête de la révolte pour passer avec armes et bagages dans le camps d’en face. Donc, une première étape où l’on engrange en participant aux luttes ouvrières, et une seconde étape où l’on récolte les fruits de la collaboration de classes, sans qu’il y ait un lien forcément voulu, volontaire et anticipé entre les deux étapes. Sans doute, Edouard Martin est, dans un premier temps, un syndicaliste ouvrier combatif et exemplaire. Mais voilà qu’il trahit son idéal, et c’est justement parce qu’il a engrangé des luttes qu’il peut entamer une carrière de politicard au profit du parti socialiste qui a trahi, à maintes reprises, les intérêts des sidérurgistes, notamment lorrains : qui ne se souvient de la manifestation à Metz, en 1979, avec le futur président en tête, François Mitterrand, et le mot d’ordre : « Pas un seul licenciement » ? Edouard Martin, ouvrier ? Sans aucun doute. Mais c’est justement parce que ouvrier que sa traîtrise est d’autant plus forte à porter. C’est le féodalisme qui a privilégié la naissance, et le fait de « naître » ouvrier n’est pas un gage de vertu. On peut être à la fois ouvrier et bonnet rouge, c’est-à-dire choisir de collaborer à la défense du patron qui exploite l’ouvrier. Déclarer : « Pour sauver l’emploi à Florange, votez pour Edouard Martin aux élections européennes » cela manifeste la bêtise de ceux qui n’ont rien retenu de l’histoire la plus récente ! C’est d’ailleurs là un grand classique du syndicalisme d’aujourd’hui, et plus particulièrement de la CFDT ; il suffit de se rappeler du comportement de la « tsarine » Nicole Notat, qui a trahi les travailleurs en faveur du gouvernement d’Alain Juppé. Ou encore les Chérèques, père et fils, le père ayant bradé la sidérurgie à Longwy, et le fils ayant satisfait aux desideratas des patrons concernant les retraites des travailleurs : l’un et l’autre ont été bien récompensés par les gouvernements « socialistes ». C’est le cas aussi du président du conseil économique, social et environnemental  de Lorraine, choisi comme loyal gestionnaire des intérêts patronaux (encore un CFDT, celui-là !). Plus généralement, chacun a pu faire l’expérience du double langage de nombreux « représentants » syndicaux dans les entreprises : un langage ouvriériste et volontaire devant les masses que l’on représente, et la trahison dès que l’on se retrouve à négocier dans le bureau du patron : C’est d’ailleurs là un des reproches formulés par les autres représentants syndicaux à l’égard d’Edouard Martin, son double langage : les trémolos devant les caméras et les journalistes d’une part, le langage doucereux dans le bureau de Hollande d’autre part. D’ailleurs les patrons ne se gênent pas pour offrir aux syndicalistes véreux et marrons du liant et de mettre de l’ « oseille » dans les rouages de la négociation : des postes, des avancements, mais aussi des liquidités. C’est bien le patron de l’UIMM (l’ancêtre des « deux cent familles ») qui a avoué publiquement disposer d’une cagnotte de 600 millions d’euros pour « fluidifier » les relations sociales. Espérons que la justice fera son travail jusqu’au bout, et publiera les noms de ces syndicalistes véreux bénéficiaires de ces cadeaux !

    « Traître un jour’ traître toujours ! » Qui a trahi une première fois, trahira encore, car on prend goût à la trahison. L’exemple le plus fameux est le « diable boiteux », le prince Talleyrand, qui a trahi successivement 14 régimes, depuis Louis XV jusqu’à Louis Philippe ! C’est pourquoi certaines civilisations (Rome, Sparte, les Mongols,…) n’hésitaient pas à mettre à mort les traîtres » à leurs « princes » (on dirait aujourd'hui à leur cause) : trahir son roi est le signe de quelqu’un de peu fiable, qui n’hésitera pas, pour son intérêt bien compris, à se retourner, si besoin, contre son nouveau maître. La trahison est un grand art de la politique. Trahir, ce n’est ni bien, ni mal en soi ! La question à se poser est : « Trahir par rapport à quoi et à qui, sur la base de quelles valeurs ? ». Pour faire court : il y a de bonnes raisons de trahir, et de mauvaises raisons. Les aristocrates qui ont trahi leur classe d’origine, la noblesse, en 1789, avaient un bon aperçu de l’avenir ! Que vaut-il mieux : un bourgeois qui trahit sa classe, comme Karl Marx, pour offrir des armes théoriques au prolétariat ou un ouvrier qui participe aux massacres de la Commune de Paris en 1871, dans les rangs des troupes versaillaises ? Un Allemand qui déserte et combat l’armée nazie est un héros, par contre, un Français qui collabore avec l’Allemagne nazie et pourchasse les résistants est un félon !  Quel est le point commun entre Mandela, communiste, qui combat l’apartheid les armes à la main, pour instaurer un régime socialiste, menant une guerre populaire avec l’ANC, solidaire de tous les peuples opprimés, et Mandela, pacifiste, qui collabore avec les ennemis d’hier, pour instaurer un régime bourgeois, mettant en place une bourgeoisie noire, tout aussi esclavagiste que la bourgeoisie blanche ? On peut dire que le second Mandela a trahi les idéaux de liberté et d’égalité du premier Mandela ce second Mandela s’appuyant sur la sympathie capitalisée par le premier, pour mieux faire passer la pilule auprès des pauvres, noirs et blancs, sud-africains.

    Quel avenir pour Edouard Martin ? La crise actuelle est un formidable accélérateur de l’histoire, et une  démarche de trahison telle que la sienne, est aussitôt démonétisée, car peu crédible. Si les députés élus à l’assemblée européenne avaient eu, par le passé la moindre influence sur l’emploi en Lorraine, cela se saurait ! L’alternative est alors la suivante :

    ·        Edouard Martin demeure fidèle à son nouveau maître, le parti dit « socialiste », et lui donne des gages de servitude : il devient alors un représentant parmi d’autres du système libéral européen, en somme un notable.

    ·        Edouard Martin demeure fidèle à la cause ouvrière, et trahit à nouveau, dans l’autre sens », à la fois le PS et les technocrates libéraux de Bruxelles, pour rejoindre le camp ouvrier : il sera quasiment impossible de donner des gages d’efficacité pour sauvegarder ou créer de l’emploi, notamment à Florange !

    En conséquence, la trahison d’Edouard Martin est une démarche purement personnelle et électoraliste qui va à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière. Mais jusqu’aux élections européennes, l’intérêt d’Edouard Martin, et du parti socialiste, c’est de faire croire qu’Edouard Martin entame une démarche pour continuer de servir la cause des ouvriers de Florange, par la voie des élections : « Voter, c’est lutter ! ». Décidément, ce n’est pas crédible !

     

     

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