• Les Français sont un peuple d’esclave ! (Première partie)

    Depuis quelques mois interviennent au sein du Parlement, différents « représentants nationaux », dits « frondeurs ». A noter d’abord que la Fronde a été un mouvement d’opposition au XVII° siècle des possédants, aristocrates et nobles, contre la monarchie absolue de Louis XIV. Aujourd’hui également, les « frondeurs » sont du côté de la bourgeoisie, et ils défendent surtout leur pré carré. Comme l’écrivait François Mitterrand (« Le coup d’Etat permanent » 10/18 Plon 1964, Page 199) : « Il lui [la nouvelle classe dirigeant] arrive de fronder la V° République à laquelle elle doit tant. Mais la fronde est querelle de seigneurs. Quand le peuple bouge, sa révolte porte un autre nom. Les combats de la technocratie, qu’on y prenne garde n’ont rien de commun avec le combat pour la démocratie. »

    Les Français sont un peuple d’esclave ! (Première partie)

    1)      Peu à peu, le système électoral a été dévoyé par la bourgeoisie, créant d’un côté, les élus, ou « maîtres » et de l’autre côté, le peuple ou « esclaves » :

    La France est-elle une démocratie ? Si l’on se base uniquement sur le nombre d’élections, cela ne devrait faire aucun doute. Cependant, il convient d’examiner de plus près dans quelles conditions s’exerce aujourd’hui le suffrage universel : au lieu d’exprimer la souveraineté populaire, le système électoral français conduit directement à dessaisir le peuple de sa souveraineté. Il en résulte que le premier parti de France est celui de l’abstention. Mais il faut que le peuple aille plus loin que le rejet du système actuel, et qu’il reprenne en main sa souveraineté.

     

    Le comportement des élus est le même à tous les niveaux : une fois élus, ils considèrent qu’ils n’ont plus aucun compte à rendre au corps électoral. Il en résulte la création d’une oligarchie électorale.

     

    Les citoyens sont considérés comme des « mineurs » incapables. Pourtant depuis la génération de 1968, jusqu’à la génération des jeunes, dite génération Y des années 1990, et au-delà, les individus ont démontrés qu’ils savaient gérer leurs affaires.

     

    La Constitution de la V° République permet l’instauration d’un régime fasciste de façon « légale », c’est-à-dire conformément aux principes édictés par cette Constitution. Depuis son instauration, s’est installée une forme d’habitude. Bien plus, les principes édictés au niveau supérieur de l’Etat et du président de la République, se sont peu à peu instillés dans les rouages quotidiens des collectivités territoriales. Ainsi, on peut dire que chaque maire et son conseil municipal représentent, « en petit », « en miniature », le mode de fonctionnement du président de la république et des du parlement, tels que décrits par François Mitterrand dans son ouvrage « Le coup d’Etat permanent ». :

    « Tout pouvoir vient du peuple, disent avec un bel ensemble le général de Gaulle et les républicains. Qu’est-ce donc qui les distingue. Simplement la façon de répondre à cette deuxième question : à qui va le pouvoir du peuple ? Les républicains ont jadis pensé que seule une assemblée élue au suffrage universel direct était capable de recevoir pareille délégation. Ils ont ensuite admis qu’une Assemblée élue au suffrage universel indirect, ou à deux degrés, pouvait partager ce privilège. Ils ont enfin consenti au gouvernement de plus larges aises en retirant à la loi son emprise absolue au bénéfice de ce qu’on appelle le domaine réglementaire. Ainsi, par voie d’ordonnance ou de décret, le pouvoir exécutif est-il autorisé à prendre des décisions qui naguère lui étaient interdites. Mais, partisans d’une seule chambre ou de deux, du régime parlementaire ou du régime présidentiel, ils n’ont jamais varié sur ce thème : la souveraineté du peuple ne peut être déléguée ni à un seul homme, ni à un seul pouvoir, mais à la totalité de la représentation nationale, qui ne peut elle-même l’exercer qu’en assurant l’indépendance réciproque des fonctions essentielles de l’Etat. Le général de Gaulle, au contraire, contredit un siècle et demi d’une doctrine constante et, détournant à son exclusif profit le principe électif au nom d’une légitimité historique, rejoint la tradition de la souveraineté monarchique selon laquelle le roi tirait son droit de l’hérédité dynastique qui tenait le sien d’un décret divin. Le général de Gaulle, au-delà du suffrage universel, qu’il considère sans doute comme la résonance amplifiée des voix qu’entendit Jeanne d’Arc, a une conception théologique du « domaine suprême ». En foi de quoi, si jusqu’ici il torturait les textes, maintenant il usurpe la loi. » Tout est dit.

     

    De ce fait, on peut en déduire que le peuple, du point de vue de la représentation de ses intérêts, est réduit en esclavage. La définition de l’esclave est : « celui qui est de condition non libre, qui est sous la puissance absolue de quelqu’un, et qui se soumet servilement aux volontés d’une autre personne ». C’est ce qui se produit, au niveau politique, entre la catégorie des hommes politiques ou « élus » et le peuple français. Le citoyen est tenu enchaîné. Il n’y a qu’une solution : pour se libérer, il doit reprendre sa souveraineté, par la révolution.

     

    « Le mal est dans la chose même et le remède est violent. Il faut porter la cognée à la racine. Il faut faire connaître au peuple ses droits et l’engager à les revendiquer ; il faut lui mettre les armes à la main, se saisir dans tout le royaume des petits tyrans qui le tiennent opprimé, renverser l’édifice monstrueux de notre gouvernement, en établir un nouveau sur une base équitable (…). Les gens qui croient que le reste du genre humain est fait pour servir à leur bien-être n’approuveront pas sans doute ce remède, mais ce n’est pas eux qu’il faut consulter ; il s’agit de dédommager tout un peuple de l’injustice de ses oppresseurs. »

    Jean Paul Marat dans « Les Aventures du Comte Potowsky » (vers 1771), soit dix-huit années avant la Révolution de 1789.

     

    « Le premier coup que les princes portent à la liberté, n’est pas de violer avec audace les lois ; mais de les faire oublier. »

    « Pour soumettre les hommes, on travaille d’abord à les aveugler. »

    « Egarer les peuples en pervertissant le sens des mots. (…)Jamais aux choses leurs vrais noms. ».

    Marat « Les Chaînes de l’esclavage ».

     

    Depuis quelques mois interviennent au sein du Parlement, différents « représentants nationaux », dits « frondeurs ». A noter d’abord que la Fronde a été un mouvement d’opposition au XVII° siècle des possédants, aristocrates et nobles, contre la monarchie absolue de Louis XIV. Aujourd’hui également, les « frondeurs » sont du côté de la bourgeoisie, et ils défendent surtout leur pré carré. Comme l’écrivait François Mitterrand (« Le coup d’Etat permanent » 10/18 Plon 1964, Page 199) : « Il lui [la nouvelle classe dirigeant] arrive de fronder la V° République à laquelle elle doit tant. Mais la fronde est querelle de seigneurs. Quand le peuple bouge, sa révolte porte un autre nom. Les combats de la technocratie, qu’on y prenne garde n’ont rien de commun avec le combat pour la démocratie. »

     

    Le peuple est assoupi. Pour le moment, son seul refuge est de donner son suffrage à un parti extrémiste de droite, le Front national, et surtout de s’abstenir aux différentes élections, ceci pour « renverser la table ». Qu’est ce qui peut le réveiller ? Trois éléments :

    • La lutte contre l’écocide : la Terre est mise en danger par l’exploitation effrénée du capitalisme. Il s’agit de prendre son sort en main, ou de périr !
    • La lutte contre le fascisme : La bête immonde, la barbarie montre son visage, et la seule réponse, c’est le socialisme réel !
    • La lutte de ceux qui sont « en bas », « sans voix », « sans dents », et « en-dehors » : tous les exclus, les « sans » (sans travail, sans ressources, sans logement décent,…) n’ont que leurs chaînes à perdre et un monde à gagner ! Comme en 2005, seul leur réveil peut réanimer la démocratie et rendre un peu de dignité au quotidien !

     

    Le comportement des élus est le même à tous les niveaux : une fois élus, ils considèrent qu’ils n’ont plus aucun compte à rendre au corps électoral. Il en résulte la création d’une oligarchie électorale.

     

    Le fait que des individus comme Serge Dassault, le couple Balkany, et bien d’autres, de droite comme de gauche, fassent partie de la « représentation nationale », indique bien que le système est arrivé à bout de souffle. Leur seule légitimité, c’est l’argent, l’hérédité : en un mot, les privilèges de l’Ancien Régime.

    L’alternative est la suivante : soit l’instauration d’une VI° République bourgeoise, qui colmate les brèches pour un court moment, soit une révolution prolétarienne qui rende enfin la souveraineté au peuple lui-même : ce serait alors la I° République socialiste, à la rigueur la seconde, si l’on prend en compte la Commune de Paris de 1871, qui ne concernait qu’une infime partie du territoire national, la Commune de Paris.

     

    L’amour de la patrie n’est possible que si le peuple participe effectivement aux affaires publiques : la condition est donc la démocratie directe, notamment au niveau des collectivités de base, comme la commune, le département, la région. Mais aussi au niveau de l’Etat et de l’Europe.

     

    François Mitterrand, dans « Le coup d’Etat permanent » (10/18 Plon 1964), a développé divers points de vue, tout à fait applicables à l’époque actuelle :

    Page 20 : « Ce n’est pas par excès de démocratie que la IV° république a dépéri mais par peur de la démocratie, par timidité à l’égard du peuple. »

    Page 96 : « Ce sont les notables, les intermédiaires incrustés dans leurs conseils généraux, dans leurs conseils municipaux, ces Monacos sans prince et sans star, et qui délibèrent discutent, ergotent, qui jettent leur grain de sel sur toutes les queues d’oiseaux qui passent à leur portée, qui se mêlent d’avoir et d’émettre une opinion sur la politique de la France, qui poussent enfin l’impudeur jusqu’à rappeler, avec une discrète insistance, qu’ils n’ont pas eu besoin d’un 13 mai villageois pour obtenir mandat de leurs concitoyens. »

    Page 150 : « … le Conseil constitutionnel, le plus domestique des corps domestiques du général de Gaulle… ». Page 162 : « Créé pour répondre à la nécessité de faire respecter par le législateur les limites de sa sphère d’attribution et de fixer un terme à la confusion des compétences du pouvoir législatif et du pouvoir réglementaire, il n’a jamais eu d’autre utilité que de servir de garçon de courses au général de Gaulle chaque fois que ce dernier a cru bon de l’employer à cet usage. « Il me semble que son rôle est de faire souffrir le droit pour servir le pouvoir », écrivait M. Marcilhacy dans Le Figaro du 22 février 1960 ? »

    Page 223 : « Pétain, de Gaulle, Vichy, la V° République. Tout oppose et tout rapproche ces hommes, ces régimes. L’altération du droit suit à peu de distance le manquement au principe de la souveraineté populaire. »

     

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