(Partie 71) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.
C
Gilles Marcel Cachin (1869-1958) : Professeur de philosophie. Conseiller municipal de Paris (1912). Député de la Seine (1914-1932), puis sénateur (1936-1940). Délégué aux congrès socialistes internationaux d’Amsterdam (1904) et de Bâle (1913). Directeur de l’Humanité (1918-1958). Adhérent au Parti Communiste en 1920. . Membre du Comité directeur du Parti Communiste Français. Délégué à l’Assemblée consultative provisoire (1944). Député aux deux Assemblées constituantes (1945-1946). Député à l’Assemblée nationale (1946-1958). Initié franc-maçon à la Loge « La Concorde castillonnaise », orient de Castillon, en 1889, démissionna le 29 septembre 1901.
Henri Emile Christian Cado (1864-1947) : Mineur. Syndicaliste. Député du Pas-de-Calais (1914-1931) et (1936-1942). Sénateur (1931-1936). Franc-maçon. Membre de la loge « L’Aurore de la Liberté ». Visiteur au convent du Grand Orient (1905).
Henri Caillevet :
Julien Maurice Cain (1887-1974) : Haut fonctionnaire. Administrateur général de la Bibliothèque nationale. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 1940. Déporté Buchenwald.
Léo Campion (1905-1992) : Franc-maçon. Chansonnier-humoriste et haut dignitaire de la franc-maçonnerie, qu’il fréquenta pendant plus de 60 ans. Journaliste. C’est le 7 avril 1930 que Léo sera initié à l’atelier bruxellois des « Amis Philanthropes », du Gand Orient de Belgique. Il gravira successivement tous les degrés jusqu’au 33° et siègera au Consistoire n° 1 de Paris-Ile-de-France. Il a aussi été membre des loges « L’Homme Libre », Orient de Paris (Grand Orient), le Chapitre et l’Aréopage « La Clémente Amitié ». Président de l’Union Maçonnique du spectacle. Auteur de « Le drapeau noir, l’équerre et le compas ».
Georges Canguilhem (1904-1995) : Philosophe et médecin. Disciple de Gaston Bachelard. Il pend d’importantes responsabilités dans la direction unifiée des mouvements de résistance en Auvergne.
Antoine Capgras (1876-1964) : Enseignant et directeur d’école. Député SFIO de Tarn-et-Garonne de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1926-1929. En 1934, il devient secrétaire général du nouveau parti « néo-socialiste », l’Union Socialiste et Républicaine. Pris en otage par la Gestapo, il est libéré en 1944.
Eugénie Marie Marcelle Marquès, dite Capy (1891-1962) : Femme de lettres. Militante syndicaliste et pacifiste. Dirigeante de la Ligue des Droits de l’Homme. Franc-maçonne. Membre de l’ordre Mixte Le Droit Humain.
Francis Carbonnières (1882-1969) : Franc-maçon. Membre de la loge « Hippone », orient de Bône, membre du Grand Collège des Rites.
Jérôme Carcopino :
Joseph Hubert Carmagnolle (1879-1944 : assassiné le 28 septembre 1944, route d’Entrecasteaux, Var) : Agriculteur. Député du Var (1924-1936). Maire de Cotignac. Franc-maçon. Membre de la loge « L’Etoile de la sagesse »et de l’Association Fraternelle des journalistes.
Madame de Carondelet :
Alexis Carrel :
Danielle Casanova née Vincentella Perini (1908- Auschwitz, 1943) : Fille d’instituteurs. Militante communiste et résistante, morte en déportation à Auschwitz. Elle a été responsable des Jeunesses communistes, avant de fonder l’Union des jeunes filles de France. En 1928, elle s’engage dans les Jeunesses communistes. Epouse de Laurent Casanova, qui deviendra le secrétaire de Maurice Thorez.
(Partie 71) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.
Thérèse Casewitz (1879- ?) : Femme de lettre. Originaire de Genève, féministe, animatrice de l’Union française pour le suffrage des femmes et du journal Distraire. Franc-maçonne. Membre du Droit Humain.
Jean Cassou (1897-1986) : Résistant, écrivain, critique d’art, traducteur et poète. En 1936, il participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front populaire. Il est alors favorable à l’aide à la République espagnole, se rapproche du Parti communiste, avec lequel il rompt en 1939, lors du pacte germano-soviétique.
Georges Catroux (1877-1969) : Général d’armée. Ministre de la IV° République. Ambassadeur. Il rejoint de Gaulle.
Marcel Cauwel :
Jean Cavaillès (1903- fusillé le 17 février 1944 à Arras) : Philosophe, logicien et mathématicien. Héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud, il rejoint le réseau Libération-Nord.
Pierre Caziot (1876-1953) : Ingénieur agronome. Ministre du gouvernement de Vichy, il a signé la loi portant statut des juifs du 3 octobre 1940 et la loi antisémite du 2 juin 1941.
Louis Ferdinand Céline, né Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) : Médecin et écrivain. Auteur de pamphlets antisémites. Auteur notamment de Bagatelles pour un massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938), et Les Beaux-Draps (1941),
Pierre Louis Joseph Jean Celor (1902-1957) : Fils de coiffeur. Il adhère en 1923 au Parti Communiste Français, dont il devient permanent en 1925. De 1929 à 1931, il est l’un des quatre secrétaires du Comité Central, aux côtés de Maurice Thorez et Henri Barbé, mais il tombe en disgrâce au sein du Komintern. Après un détour par le RNP en 1941, il rejoint en 1942 le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Il est membre du bureau politique de ce parti. Par la suite, il participe à la revue anticommuniste Est et Ouest et devient proche des catholiques traditionalistes.
Jacques Cazeaux (1886-1956) : Inspecteur général des colonies. Helléniste, spécialiste de Philon d’Alexandrie. Franc-maçon. Initié en 1914 à la loge « La France australe », orient de Tananarive. Conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France. En 1945.
Jean Cazemajou (1878-1953) : Ingénieur. Franc-maçon. Membre de la loge et du chapitre « Le Phare de la Chaouïa », membre du conseil de l’Ordre du Grand Orient de France (1933-1936, 1938-1940, 1945-1948). C’est lui qui, en 1942, obtint, avec son collègue, le Pr Dalloni, d’Alger, la disparition des lois de Vichy, en territoire occupé.
Marcel Cerbu (1908- ?) : Directeur de sociétés. Résistant (réseaux Frédéric et Action). Membre du mouvement Patriam Recuperare. Membre de l’état-major du délégué des Forces Françaises Libres en zone occupée. Capitaine honoraire. Auteur de : Le combat des Francs-Maçons (1976). Franc-maçon. Initié le 31 janvier 1933 à la loge « La Fidélité » n° 405, orient de Paris (Grande Loge). Vénérable (1946-1949) et (1952-1956). Conseiller fédéral (1956,1959 et 1963). Grand Secrétaire de la Grande Loge. Grand Chancelier de la Grande Loge. Président de la fédération des Loges Traditionnelles (1964). Rejoint la GLNF (1965). Loge « Liberté », orient de Neuilly (1965). Membre du Souverain Grand Comité de la GLNF. Chapitre « Fructidor » n° 337, vallée de Paris. 33°. Membre actif du Souverain Conseil pour la France des souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33° et dernier grade du REAA.
Georges Chabanne :
Georges Chadirat :
Robert Chambeiron (1915-) : Résistant français, compagnon de Jean Moulin. Secrétaire général adjoint du CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.
De Chambonnet :
Jean Jacques Chapou (1909-1943) : Franc-maçon. Initié en 1938 à la loge « Le Phare du Quercy », orient de Cahors. Jeune instituteur, qui a été démis de ses fonctions parce qu’il est franc-maçon. Il a pris « Kléber » comme nom de guerre en Corrèze, et « Philippe » dans le Lot. Chef des MUR du lot, il déplore le peu d’activité de la résistance avant le débarquement et rejoint les FTP en mars 1944. Il libère Carjac avec son groupe de résistants, le 10 avril 1944. Il libère Tulle le 7 juin 1944, aux côtés de Marcel Godefroy, plombier de trente ans, militant communiste et ancien de la guerre d’Espagne. Chapou meurt le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade, blessé, il vide son chargeur avant de se donner la mort.
Louis Charruault (1863-1946) : Percepteur. Franc-maçon. Vénérable de la loge « L’Etoile de l’Espérance », orient de Beauvais (1890).
Camille Charvet, née Kahn (1881-1944) : Membre, durant l’entre-deux-guerres, de la Ligue des Droits de l’Homme, du Groupe socialiste féminin, de l’Union rationaliste et de la Libre Pensée, et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme. Franc-maçonne. Initiée, dans les années 1920, à la fédération du Droit Humain. Résistante très active dès le début de la Seconde Guerre mondiale, c’est le 25 janvier 1943 qu’elle est arrêtée par la Gestapo. Torturée, elle est expédiée au camp de Drancy, puis à Auschwitz, le 2 juillet 1944. Servant alors comme infirmière dans un bloc affecté aux malades, elle meurt quelques semaines seulement avant la Libération.
Claude Chary (1915-1983) : Avocat. Franc-maçon. Initié en 1936 à la loge lyonnaise « Equerre et Compas ». Vénérable de la loge « Etoile et Compas » (Bourgoin).
François Ernest Chasseigne (1902-1977) : Député « pupiste », puis socialiste de l’Indre (1932-1941). Maire d’Issoudun. Il se rallie au gouvernement de Vichy, qui en fit un ministre de l’agriculture et du ravitaillement en 1944. On dit de lui qu’il est un « ancien communiste passé à la SFIO ». Il vote les pleins pouvoirs pour le maréchal le 10 juillet 1940 à Vichy. Il fréquente Lafont, le chef tortionnaire de la Gestapo française. Pacifiste, il est membre de la Milice. Ami de la LICA (ancienne LICRA) en 1936, il est aux « Amis de la Waffen SS » en 1944. Condamné, puis amnistié en 1950. Franc-maçon. Il fut initié en 1933 à « La Gauloise », orient de Châteauroux.
Henri Chassin (1887-1964) : Poète. Militant anarchiste et antimilitariste. Emprisonné comme meneur de grève. Conseiller municipal de la commune libre de Montmartre (1920). Franc-maçon. Initié le 16 octobre 1933. Membre de la loge « Agni », orient de Paris. 18°, Chevalier Rose-Croix en 1951.
René Eugène Armand Château (1906- ?) : Agrégé de philosophie. Disciple d’Alain. Député de la Charente-Inférieure (1936-1942). Directeur de La France Socialiste (1942-1943). Ecrivain sous le pseudonyme de Pierre Abel. Franc-maçon. Initié le 11 mai 1935, loge « L’Union Parfaite », orient de La Rochelle.
Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant (1877-1951) : Né dans une famille noble. Ecrivain. Germanophone, catholique horrifié par le communisme athée, partisan de l’ordre. Chantre de la collaboration durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. En mai 1937, à l’issue d’un voyage en Allemagne, il publie La Gerbe des forces, où il n’hésite pas à se prononcer en faveur de l’idéologie hitlérienne, voyant une sorte de compatibilité entre le christianisme et le nazisme. Il voit en Hitler un nouveau Messie. Vichyste. Il se range tout de suite du côté de la collaboration. Membre du Groupe Collaboration, il dirige, de juillet 1940 à mai 1941, La Gerbe. On y trouve les signatures de Jean Giono, Paul Morand, Jean Cocteau, Marcel Aymé, Sacha Guitry, etc. Réfugié dans un monastère du Tyrol.
Abbé Chatel :
Julien Henri Chatenet (1879-1949) : Avocat à la Cour d’appel de Paris. Député de Seine-et-Oise (Versailles) (1932-1936). Du groupe des combattants du Palais. Franc-maçon. Membre de la loge « La Semeuse ».
Henri Chaubet (1905-1980) : Franc-maçon. Initié en 1925 à la loge « Candeur et Vérité », orient de Bordeaux. A constitué à Pessac une loge, chapitre et commanderie, au Rite Ecossais Rectifié, « Le Centre de l’Union ».
Camille Chautemps (1885-1963) : Avocat. Maire de Tours (1919-1928). Député d’Indre-et-Loire (1919-1928). Député du Loir-et-Cher (1929-1935). Sénateur du Loir-et-Cher (1935-1941). Plusieurs fois ministre. Président du Conseil (1930, novembre 1933-janvier 1934, juin 1937, mars 1938). Franc-maçon. Il est initié le 8 décembre 1906 aux « Démophiles » du Grand Orient, orient de Tours. Il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908, et est élu vénérable le 26 novembre 1910, à 25 ans, jusqu’en 1911. Il est réélu l’année suivante. Il retrouve dans sa loge le député René Besnard, conseiller de l’Ordre en 1906. Il s’affilie aux « Enfants de Rabelais », orient de Chinon, en 1925, et accède au 18°, en 1919, puis au 30°, en 1925, du Rite Ecossais, au chapitre, puis à l’aréopage des « Démophiles ».
Selon la fiche établie par Vichy, il se serait affilié, en 1931, à la loge « La République » (Grande Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. L’affaire Stavisky le contraint à abandonner la présidence du Conseil, car des membres de sa famille sont compromis, ainsi qu’un membre des « Démophiles », Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient. La maçonnerie est mise en cause au congrès radical de Clermont ? Chautemps en prend la défense, lui attribuant le mérite d’avoir formé son intelligence et son caractère. L’extrême-droite le présente comme l’instrument de la maçonnerie, lui attribuant suite d’une erreur de l’abbé Tourmentin, le grade de Souverain Prince Rose-Croix (32° du Rite Ecossais).
En 1938, la loge « L’Unité Maçonnique » le met, ainsi que Jean Zay, en accusation en tant que membre du gouvernement Daladier, pour ne pas avoir secouru les républicains espagnols et avoir laissé les nazis s’emparer de l’Autriche, puis dépecer la Tchécoslovaquie. Chautemps écrit à Groussier, le président du Conseil de l’Ordre, pour s’indigner que les maçons les plus anciens et les plus « courageusement fidèles » soient ainsi attaqués, alors que ceux qui ont appartenu aux gouvernements d’Union Nationale (dirigés par et pour le profit de la réaction) ont été épargnés. Groussier lui répond que le Conseil de l’Ordre a voté un passage à l’ordre du jour et infligé un blâme sévère à l’ « Unité Maçonnique ».
Chautemps est ministre d’Etat, vice-président du Conseil, dans le cabinet Pétain, en 1940. A Vichy, Paul Ramadier, qui s’était, en 1934, porté garant de l’intégrité de Chautemps auprès de Grousset, l’aborde : « Et la maçonnerie, qu’allez-vous en faire ? ». Il répond : « Elle sera dissoute. D’ailleurs, peu m’importe. Je lui ai donné plus qu’elle m’a apporté ». Selon les Cahiers secrets de l’armistice, publiés par Chautemps après la guerre, le maréchal lui aurait conseillé de quitter la maçonnerie avant sa dissolution ; Chautemps aurait refusé et obtenu la promesse verbale qu’aucune sanction ne serait prise contre les maçons fonctionnaires. Après la publication du décret prononçant sa dissolution, le 14 août 1940, il aurait conseillé aux frères de se soumettre pour ne pas déclencher de nouvelles querelles entre Français en un tel moment. Il est envoyé par Pétain aux Etats-Unis, mais sa mission prend fin à la suite de la loi du 10 novembre 1941 qui interdit aux maçons toute participation aux fonctions publiques.
Voici des propos rapportés par René Guillouin dans « J’étais l’ami du maréchal Pétain » (Paris, 1966, Page 51) : « Un autre jour encore, comme en entrant dans son (celui de Pétain) cabinet, j’avais croisé Chautemps qui en sortait, je le trouvai en train de rire de bon cœur.
n Chautemps vient de m’en dire une bien bonne, m’expliqua-t-il. Comme il me proposait ses services, je lui ai objecté sa carrière dans la Maçonnerie. « Péché de jeunesse, Monsieur le Maréchal ! » s’est-il contenté de me répondre avec désinvolture.
n Je connais à peine Chautemps, lui dis-je, mais Tardieu m’a dit plusieurs fiois qu’il le considérait comme la meilleure tête de la Gauche.
n Tardieu ? Bigre ! C’est une référence, mais 33° Degré, tout de même… ».