(Partie 40) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.
Louise Marie Thérèse Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon (1750-1822) : Franc-maçonne. Sœur du duc de Chartres, futur duc d’Orléans et Philippe d’Egalité. Elle épouse le dernier prince de Condé. Fille de Louis Philippe d’Orléans et mère du duc d’Enghien. Elle s’éloigne du christianisme et se passionna pour l’alchimie, l’occultisme et le mesmérisme. Son salon, au palais de l’Elysée, reçut nombre de francs-maçons, dont Louis Claude de Saint-Martin. Ce salon est connu dans toute l’Europe pour sa liberté de pensée et les esprits brillants qu’on y rencontre. Elle devint Grande Maîtresse des loges féminines d’adoption et présida, en 1777, la loge « La Candeur ».
Nicolas Charles Marie Oudinot, duc de Reggio (1767-1847) : Maréchal d’Empire. Franc-maçon. Initié à Nancy dans la même loge que Ney, mais en 1799. Il est membre de la Loge « L’Amitié » à Arras le 5 juillet 1805. Il était Vénérable d’Honneur de la loge « Saint-Napoléon » à Amsterdam en 1811. Sous la Restauration, il fut Grand Officier d’Honneur du Grand Orient et Premier Grand Surveillant du Suprême Conseil des Rites (1815-1835).
P
Charles Palissot de Montenoy (1730-1814) : Auteur dramatique connu comme opposant anti-lumières au parti philosophique et, plus particulièrement, comme ennemi de Diderot. Il est notamment l’auteur d’une comédie, Les Philosophes, qui eut un énorme succès de scandale en 1760. Admis en 1753 au sein de la Société royale des Sciences et Belles-Lettres de Nancy. Il prononça au Club des Jacobins un discours contre la religion dont la virulence alarma Robespierre. Après 1795, il entra dans la secte des Théophilanthropes dont il devint l’un des pontifes. Franc-maçon.
Thomas François de Treil de Pardailhan (1754-1822) : Franc-maçon. Membre de la Loge « Le Contrat Social » en 1781. Membre associé de la loge « La Liberté » de Saint Chinian.
Pasquale Paoli, Pascal de Paoli (1725-1807) : Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs ». Initié le 15 juin 1778 au sein de la loge « Les Neuf Muses N° 325 » à Londres.
Evariste Désiré de Forges, chevalier puis vicomte de Parny (1753-1814) : Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs ».Poète. Il s’élève contre l’esclavage à l’île Bourbon (La Réunion), son île natale. En 1779, il est nommé capitaine au régiment des dragons de la Reine.
Claude Emmanuel Joseph Pierre Marquis de Pastoret (1755-1840) : Auteur. Sa renommée lui valut d’être président des assemblées électorales de Paris. Refusa l’offre de Louis XVI pour le ministère de l’Intérieur ou celui de la Justice. Député de Paris à la Législative. Premier président de la Législative. Franc-maçon. Orateur puis vénérable maître de la loge des « Neuf Sœurs », orient de Paris.
Martin Pény :
Catherine Dominique marquis de Pérignon (1754-1818) : Maréchal d’Empire. Franc-maçon. Initié à une date inconnue. Il est nommé Grand Officier d’Honneur du Grand Orient en 1807, membre de la Loge et du chapitre « Les Amis de la Gloire et des Arts », une loge régimentaire en Italie ; 33° et membre honoraire du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté. En juin 1813, il est membre honoraire du Suprême Conseil des 33° pour le royaume de Naples.
Périssé-Duluc :
Antoine Joseph dom Pernety (17116-1796) : Religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Aumônier de l’expédition maritime de Bougainville (1763). Conservateur de la bibliothèque de Berlin (nommé par Frédéric II de Prusse). Membre de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse et de Florence. Traducteur des œuvres de Swedenborg. Quitte l’ordre de Saint-Benoît et retourne à l’état laïc. Franc-maçon. Membre des loges « Saint-Jean de Jérusalem », orient de Paris, « Saint-Jean d’Avignon », orient d’Avignon, où il établit six nouveaux grades, et « Les Sectateurs de la Vertu », orient d’Avignon. Fondateur du groupe spirituel « L’Ordre de la Nouvelle Jérusalem », basé sur les idées d’Emmanuel Swedenborg (1688-1771), et connu sous le nom d’ »Illuminés d’Avignon ».
Jean Rodolphe Perronet (1708-1794) : Fils d’un garde suisse. Ingénieur et architecte, fondateur et premier directeur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées. Il entre en 1756 à l’Académie royale d’architecture. Il a contribué aux articles « Pompe à feu » et « Epinglier » dans l’Encyclopédie de Diderot. Franc-maçon.
Jérôme Pétion de Villeneuve (1753-1794) : Membre actif de la Société des Amis des Noirs. Franc-maçon.
Armand Jean Petit de La Honville :
Nicolo Vito Piccini (1728-1800) : Musicien. Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs » en 1777.
Jean Charles Pichegru (1761-1804) : Franc-maçon. Membre de la Loge « Centre des Amis » à Paris en 1797. Maréchal d’Empire.
Pierre Antoine Augustin chevalier de Piis (ou de Piix) (1788-1832) : Ecrivain. Auteur dramatique. Secrétaire du comte d’Artois, puis de la préfecture de police. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Candeur » (1781-1782) et de la Loge « Les Neuf Sœurs » (1806), orient de Paris.
Jean François Pilâtre de Rozier (1754-1785) : Aéronaute. Franc-maçon. Membre de la Loge « Saint François du Parfait Consentement », Grande Loge de Clermont.
Alexandre Guy Pingré (1711-1796) : Prêtre. Astronome. Géographe naval. Membre de l’Académie des Sciences en 1756. Membre associé de l’académie locale de Rouen, dont il est un des principaux animateurs. Franc-maçon. On ignore sa date d’initiation. Orateur de la Loge « Sainte Marguerite » en 1766, puis fondateur et vénérable d’une loge dont la titulature porte l’empreinte de ses préoccupations scientifiques, « Les Cœurs Simples de l’Etoile Polaire », à l’orient de Paris. Il devient Substitut du Grand Orient le 14 août 1771, puis Second Surveillant jusqu’en décembre 1778. A Rouen, il entérine la reconnaissance de deux loges nobiliaires comme étant les ateliers les plus anciens, tout en tentant d’imposer la validité des travaux de « L’Ardente Amitié », une loge de petits bourgeois rejetés par les aristocrates rouennais. Le 1° juillet 1778, il dénonce les préjugés sociaux de la noblesse rouennaise.
Lors de la pose de la première pierre de la nouvelle église Sainte-Geneviève (Panthéon), il rédigea le quatrain suivant :
« Lorsque le Sceptre en main Louis dicte des lois,
Dans son maître un français bénit un tendre père ;
Si, pour fonder un temple il prend en main l’Equerre,
Dans son frère un maçon voit le plus grand des rois. »
Jean Baptiste Thomas Pirlet :
Armand Jules François Duc de Polignac (1745-1817) : Premier écuyer du Roi. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Candeur ». On lit dans le livre de Karl Kautsky, La lutte des classes en France en 1789, page 24, Paris 1901 : « La famille Polignac, qui jouissait de la faveur particulière de Marie-Antoinette, se fit à elle seule, en pensions, un revenu de 700 000 livres. Le duc de Polignac obtint une rente viagère de 120 000 livres et un présent de 1 200 000 livres pour l’acaht d’un domaine. »
Yolande Martine Gabrielle de Polastron, Duchesse Yolande de Polignac dit « la Polignac » par la populace parisienne (1749-1793) : Franc-maçonne. Membre de la Loge « La Candeur ». De petite noblesse, elle épousa le Comte de Polignac, passablement désargenté. Elle réussit à supplanter la princesse de Lamballe, dont elle prit la charge de surintendante de la Maison de la Reine. Elle émigra le 17 juillet 1789, avec son amant de l’époque, le comte d’Artois. C’est sous le ministère de son fils Jules de Polignac, que se déclencha la révolution de 1830.
Jean Etienne Marie Portalis (1745-1807) : Avocat au Parlement d’Aix, homme d’Etat, philosophe du droit français. Président du Conseil des Anciens. Membre de l’Académie française. Un des principaux rédacteurs du Code civil, du Concordat et des articles organiques. Il sera initié franc-maçon au sein de la Loge « Les Arts et l’Amitié » à l’orient d’Aix-en-Provence, dont il sera successivement orateur, puis vénérable. Il devient également vénérable de la loge « L’Etroite Persévérance des Amis Réunis ».
Bernard Poyet (1742-1824) : Franc-maçon. Membre de la Loge « Les Neuf Sœurs » à Paris en 1783. Architecte du duc d’Orléans, puis de la ville de Paris et du Ministère de l’Intérieur.
Pierre Louis Prieur dit de la Marne (1756-1827) : Franc-maçon. Avocat au Parlement de Paris. Avocat au présidial de Châlons-sur-Marne et son député. Avant 1789, il serait membre de la Loge « La Bienfaisance Châlonnaise » (Châlons-sur-Marne). Député du Tiers-Etat du baillage de Châlons en 1789. Gauche radicale à la Constituante. Procureur syndic pendant un an du département de la Marne, on le retrouve membre de la « Triple Union » de Reims en 1792. Il est frappé par la loi du 18 janvier 1816 contre les régicides et il s’exile. Il renoue alors avec les activités maçonniques. Retiré à Bruxelles, on le voit adhérer, comme bien d’autres conventionnels, aux « Amis Philanthropiques », une Loge du Grand Orient de Belgique. Il devient même, en 1817, membre du Suprême Conseil. Orateur de la Loge, il est l’auteur de nombreux discours où il montre son attachement aux idéaux révolutionnaires et sa volonté d’apaisement, d’autres conventionnels exilés ayant été girondins, autour de la défense de l’idéal commun.
Jean-Baptiste de Puisieux
R
André Michel chevalier de Ramsay (1686-1743) : Ecrivain. Disciple de Pierre Poiret et d’Arndt (courant rosicrucien). Arrive en France en 1709. Ami de Fénelon et de Madame Guyon. Membre de l’Académie Royale des Sciences de Londres (1729). Auteur du Discours (1735) qui eut une importance considérable sur l’éclosion des hauts grades et de l’Ecossisme. Franc-maçon. Initié le « lundi précédent » le 17 mars 1730, loge « Horn », orient de Palace Yard de Westminster. A cette loge fut initié Montesquieu. Chancelier de l’Ordre des francs-maçons, ami d’Anderson. Fondateur de la Mother lodge (1717).
Le Discours de Ramsay (deux versions, 1736 et 1737), comprend deux parties :
· Dans la première partie, il y a un appel aux francs-maçons en vue d’une collaboration de leur part à une Encyclopédie universelle des arts, déjà projetée en Angleterre et une définition internationale de la franc-maçonnerie.
· Dans la seconde partie, sont esquissées les grandes lignes d’une maçonnerie écossaise à partir d’une analyse « historique » tendant à relier la franc-maçonnerie aux premiers ordres chevaleresques et aux croisades.
Joseph Raulin (1708-1784) : Médecin du roi. Franc-maçon. Vénérable maître de la loge « Saint Nicolas de l’Egalité ». Membre de la Royal Society de Londres à partir de 1763.
Michel Regnaud de Saint Jean d’Angely (1767-1819) :
Claude Ambroise Régnier (1746-1814) :
Marc Rétaux de Villette : Franc-maçon. Membre de la loge « La Sagesse triomphante ». Amant de Madame de La Motte, faussaire dans l’affaire du collier de la reine.
Ricaud (ou Ricaut) ( ?- ?) : Poète et librettiste. Franc-maçon. Appartient en 1736-1737 à la loge « Coustos-Villeroy ». Connu pour le quatrain :
Pour le public, un Franc-Maçon
Sera toujours un vrai problème
Qu’il ne sauroit résoudre à fond
Qu’en devenant Maçon lui-même.
Maréchal Louis François Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu (1696-1788) : Premier gentilhomme de la Chambre du Roi. Franc-maçon. Membre de la Loge de Montmorency.
Robespierre, franc-maçon ?
Il semble que Robespierre n’était pas franc-maçon. Mais selon l’extrait ci-dessous, son grand-père paternel et son père l’étaient peut-être :
Gustave Gautherot : Revue d'histoire de l'Église de France
Garât, témoin irrécusable, qualifiait son éloquence de « bavardage insignifiant », de « rabâchage éternel sur les droits de l'homme, sur la souveraineté du peuple, sur les principes dont il parlait sans cesse et sur lesquels il n'a jamais répandu une seule vue un peu exacte et neuve. »
Tout cela nous promet un spectacle excessivement intéressant pour le jour où s'élèvera — enfin — la statue... Mais les « robespierristes » l'emporteront-ils, et, s'ils triomphent, que nous faudra-t-il en penser?
M. Hector Fleischmann commence ainsi l'une de ses plus attachantes études : « La vie de Robespierre respire cette tristesse majestueuse de la tragédie dont parle si divinement Jean Racine... » Triste et tragique, elle l'est à coup sûr; pour ce qui est de sa « majesté », c'est une autre affaire !
Maximilien naquit en 1758, à Arras, rue des Rats- Porteurs. Vers le haut bout de cette rue « longue, étranglée, obscure, » « au coin d'une ruelle qu'éclaire une lanterne fumeuse, » se voit une maison basse et grisâtre, d'aspect lugubre. C'est là que s'était établie en 1720 la famille Derobespierre — en un seul mot. Son chef, François (grand-père de Maximilien), avocat au Conseil d'Artois, figure dans un brevet maçonnique de 1745 dont voici le début : « Nous Charles- Edouard Stuwart, prétendant, roi d'Angleterre, de France, d'Ecosse et d'Irlande, en cette qualité le G.'. M.', du chap.'. d'Hérodon, connu sous le titre de Chevalier de l'Aigle du Pélican,... voulant témoigner aux maçons artésiens combien nous sommes reconnaissants envers eux... de leur attachement à notre personne pendant le séjour de six mois que nous avons fait en cette ville [d'Arras], nous avons en leur faveur créée (sic) et érigé, créons et érigeons par la présente bulle en ladite ville d'Arras, un Souverain Chapitre Primatial et Métropolitain de R.\ C.\ sous le titre distinctif d'Ecosse jacobite, qui sera régi et gouverné par les chevaliers Lagneau, Derobespierre, tous deux avocats; Hazard et ses deux fils, tous trois médecins; J.-B. Lucet, notre tapissier; et Jérôme Cellier, notre horloger.... »
Le grand-père de Robespierre était donc haut dignitaire de la franc-maçonnerie jacobite à l'Orient d'Arras.
Son père, comme l'a établi M. G. d'Orcel dans la Revue britannique fit partie du même chapitre, puis disparut subitement, vers 1766, après la mort prématurée de sa femme, sans qu'on ait jamais su où il alla mourir.