CONCLUSION
Quels sont les invariants de ces états de conscience et de cheminement initiatique ?
- La caverne est une "image" de l'être de l'homme:
* Au sommet, l'âme, cette étincelle de Dieu, dont la fine pointe est toujours fixée en Dieu (le Bien Suprême, le Soleil);
* En-dessous d'elle, l'esprit , l'intelligence , peuvent être -- et sont en réalité -- dans l'obscurité la plus totale (la caverne);
* Bien en-dessous encore, le corps "tombeau de l'âme", qui participe , à sa mesure, au déchirement de l'esprit et de l'intelligence déchirement entre l'ancien , (l’esprit des prisonniers enchaînés) et le nouveau (l'esprit transformé du prisonnier libéré) et aux douces lumières, mais voilées et obscurcies, qui viennent de l'âme.
- L'identité du libérateur: c'est le Maître , tant le Maître intérieur, présent à la fine pointe de l'âme, mais caché, que le Maître extérieur .
-L'identité des porteurs d'ustensiles: c'est l'ensemble des institutions qui créent l'"enfermement dans les apparences", de notre naissance à notre mort , depuis la famille, les différents éducateurs, les médias, les influenceurs, les autorités diverses (police, etc.) , en somme la société dans son ensemble. C'est la règle anonyme qui organise toute l'existence des prisonniers, et dont il faut s'affranchir.
- Nécessité d'un maître, auquel on doit obéir (directeur de conscience, parrain, gourou,...) qui , étant visible, représente l'entité invisible (Dieu, le Grand Architecte de l'Univers, le Soi,...) . On doit à ce maître, la confiance, la foi, l'abandon, l'obéissance,...L'unique maître, c'est Dieu. Le maître ayant un corps humain est une image visible du Dieu invisible. Encore faut-il choisir/être choisi par un authentique maître, c'est-à-dire une personne ayant l'expérience du chemin initiatique et ayant réalisé le but. Se méfier de tous les mauvais maîtres, soit des faussaires, soit des personnes de bonne foi, mais incompétents. Voir Matthieu 15/4 : "Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tombent tous les deux dans la fosse." On dit que , lorsque le disciple est prêt, le maître apparaît. Le Maître apparaît lorsque le disciple est prêt, c’est-à-dire quand il recherche, parfois même inconsciemment, quelque chose de plus profond dans sa vie.
- Existence d'un supérieur, l'Absolu, invisible, ineffable, et d'un inférieur, relatif, le monde, la chair, le monde profane, la nature. Il convient de s'identifier au premier, en rejetant le second au second plan. La lumière vint au monde et les hommes préférèrent cependant les ténèbres à la lumière.
- Pourquoi le Bien Suprême n'est-il jamais défini par Platon ? "Définir", c'est enfermer dans des limites , c'est donner la détermination précise et concrète des caractères distinctifs d'un être, c'est la détermination des limites de cet être ou d'un objet ... Or , on ne peut enfermer l'Absolu, Dieu, le Soi, le GADLU, etc. dans des limites ... On peut seulement l'expérimenter , ou pas...
- Mort, agonie du Vieil Homme, remplacé par le Nouvel Homme.
- L'incarnation , l'inhumation, la caverne, c'est la prise d'un "corps de mort", d'un "corps de chair". C'est vivre dans le monde du deux (inspiration, expiration), de la souffrance, de la maladie et de la mort. La désincarnation, l'exhumation, c'est la sortie de la caverne, la Vie réelle, c'est quitter le corps mortel, "transiter". C'est la vie spirituelle, dans l'infini et l'éternité, en fusion avec la Dimension Infinie et Éternelle de l'Univers. Le mal, la mort , la maladie et la souffrance sont "vaincus".
Il s'agit , non pas de se libérer de l'écran. Au contraire, il s'agit de se libérer des images qui défilent sur l'écran, qui ne sont que des "images", de ne plus s'y identifier (désirs éphémères, illusions,...) mais de s'identifier avec l'écran.
- Vivre caché pour vivre heureux. Lors du retour dans la caverne, l'accueil peut être mauvais de la part des "prisonniers" (condamnation à mort de Socrate, Jésus, Gandhi, ..., Mansur al-Hallaj , mystique persan soufi d'obédience sunnite , crucifié à Bagdad en 922, Spinoza excommunié par la communauté juive d'Amsterdam, le Sage Thalès, qui tombe dans un trou en contemplant les étoiles, moqué, etc.)
- Les obstacles: La chair, le monde, Satan. Croire que l'objectif est inatteignable, impossible, trop difficile, etc.
- Tout au long du cheminement, les retours en arrière sont toujours possibles, à tout moment et pour de multiples raisons, et ceci jusqu'au fiançailles (qui sont l'union de deux personnes , dans un contrat ou une alliance qui peut être rompue) ; cette rupture est impossible après le passage de la porte étroite, le mariage spirituelle, qui est une unité et une fusion (avec l'entité spirituelle).
- La caverne ressemble également à un utérus. Et on peut imaginer, de façon continue, à l'image d'une poupée russe, que la sorite d'une caverne est l'entrée dans une autre caverne. Par exemple, Ramana Maharshi a vécu comme homme mortel, comme vous et moi, dans différents lieux obscurs et cavernes, notamment du mont Arunachala, comme dans le ventre de la Terre-Mère, et il en est ressorti comme Libéré-Vivant !
EXERCICE PRATIQUE DE PHILOSOPHIE: (que l'on peut faire réaliser à un enfant à partir de 10 ans)
LE PREMIER PAS Prenez le dessin de la caverne présenté en préambule, en face de vous, tout comme vous prendriez votre smartphone. On peut constater que, pour les prisonniers de la caverne, nous figurons sur l'écran du mur , tout comme le vase bleu, et nous défilons pendant vingt , cinquante années, etc. Le monde, ainsi que nous-mêmes, sommes sur le mur, comme une sorte de miroir. Par ailleurs, la caverne est représentée sur un cercle rond, jaune, qui symbolise le Soleil, le Bien suprême, l’un , seule réalité comprenant tout, ce que Spinoza appelle la nature, Dieu, l'uni-vers. Cette réalité est de l'autre côté du miroir. A chacun de nous d'être libéré de nos chaînes, de remonter la pente, et de sortir de la caverne, en choisissant une voie, sachant que toute les voies mènent à Roma, dont l'inverse est Amor (Amour). Pour le moment, nous ne sommes que des ombres vues, regardées comme un spectacle, et seul la "mort" de cet état nous libérera. Avec ce premier "éveil", le travail ne fait que commencer. Bonne route à chacun de vous ! ...
Pour ceux qui ont parcouru tout le sentier, et sont parvenus au but, c'est le retour aux origines, de la grotte de la Nativité à la grotte du Linceul et à l'Ascension, de l'arbre sec à l'arbre fleuri, de la conscience empirique au Soi: au lieu de s'identifier aux ombres, , à la "mort", c'est l'identification à l'écran blanc, la vraie vie, l'éternité, l'Orient éternel ... A la question "Qui suis-je ?", voici les diverses réponses :
- Le Philosophe -Roi (ou Reine) dit :"Je dirige le regard de l'âme vers l'être qui éclaire toutes choses, je vois le bien lui-même et je m'en sers comme d'un modèle pour gouverner la cité, et les particuliers, et ma propre personne. ("La République" , 540b )
- Le Saint dit: "J'ai été crucifié avec le Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi" (Saint Paul)
- Le Maître F.°. M.°. dit: "Je suis celui qui suis,Je suis ce que je suis, Je suis"
- Le Libéré Vivant dit :" La vérité, c'est le soi". Voir le Soi en tout et tout dans le Soi. (Ramana Maharshi)
-Le Sage Spinoza : Le bonheur, c'est jouir de l'essence de Dieu.
Si, pour passer de la base au sommet de la montagne, les chemins sont multiples, le sommet est Un , et tout ceux qui arrivent au but se côtoient au sommet, par la transformation en l'Absolu, non en substance , mais par participation.