• « La vérité est la réalité. » (Première partie)

    La franc-maçonnerie travaille sur quelque chose qui n’est pas matériel : on ne le perçoit avec aucun sens, cela n’est ni audible, ni visible, ni tangible de quelque autre manière. C’est quelque chose que l’on ne peut pas acheter. Et pourtant, c’est ce qui est le plus sage, le plus fort et le plus beau : c’est ce qui relie tous les êtres vivants entre eux. Peu importe comment on l’appelle. Cela n’a ni forme, ni nom. Cela est en-dehors ou au-delà des mots : cela ne se trouve dans aucun livre. On ne peut que le vivre et le pratiquer. Cela n’est pas le corps. Cela n’est pas matériel. Le Soi est la réalité qui est derrière la forme. Le monde existe, mais sa réalité n’est pas visible.

    « La vérité est la réalité. » (Première partie)

     

    INTRODUCTION

    La question qu’il a été demandé de traiter est la suivante : « Que vous inspire la sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » ». Cette sentence figure dans la bouche de l’Illustre Commandeur, lors du rituel d’élévation au 32° degré.

    Une SENTENCE joue souvent un rôle pédagogique et mnémotechnique : elle est alors le résumé, le fossile d’un exposé, d’un récit ou d’un mythe qu’il est demandé de raviver. Après un long SILENCE, l’Illustre Commandeur ajoute : « Mes FF.°. ?., le 32° degré est le niveau où tout se concilie, où la véritable connaissance apporte l’apaisement, le recueillement, l’AMOUR. » Cette sentence peut donc être considérée comme le résumé de ce qui a été appris au cours des 32 degrés du rite écossais ancien et accepté.

    Chaque mot a son importance, et il est demandé qu’est-ce qu’INSPIRE cette sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ». L’inspiration est le mouvement intérieur qui porte à faire, à suggérer quelque action, cette faculté se trouvant entre l’intuition et l’illumination. Aussi, tout en restant fondé et guidé par la RAISON et l’EXPÉRIENCE personnelle vécue, le terme d’inspiration permet d’aller bien au-delà du monde perçu.

    Comme pour les êtres vivant, le contraire de l’éternité est la mort, la sentence opposée serait : « La vérité du monde est la mort ».

     

    La franc-maçonnerie travaille sur quelque chose qui n’est pas matériel : on ne le perçoit avec aucun sens, cela n’est ni audible, ni visible, ni tangible de quelque autre manière. C’est quelque chose que l’on ne peut pas acheter. Et pourtant, c’est ce qui est le plus sage, le plus fort et le plus beau : c’est ce qui relie tous les êtres vivants entre eux. Peu importe comment on l’appelle. Cela n’a ni forme, ni nom. Cela est en-dehors ou au-delà des mots : cela ne se trouve dans aucun livre. On ne peut que le vivre et le pratiquer. Cela n’est pas le corps. Cela n’est pas matériel. Le Soi est la réalité qui est derrière la forme. Le monde existe, mais sa réalité n’est pas visible.

     

    PREMIERE PARTIE : La corde et le serpent

    Voici une corde. Cependant, dans le crépuscule ou dans la pénombre, vous pouvez pendre cette corde pour un serpent. Et vous êtes effrayé sans raison. Il s’agit d’une illusion. Le substrat du serpent, sa substance, c’est la corde. Tant que dure cette perception illusoire, la corde n’est pas perçue en tant que telle. Ainsi, l’illusion a une part de vérité, et la réaction de peur de la personne qui croit voir un serpent est vraie aussi.

    Il en est de même du MONDE et de la VERITE DU MONDE. Le monde est perçu comme espace, temps et causalité. Il est notamment, maladie, vieillesse et mort. Mais, selon la sentence, cela est illusion. Le substrat du monde est éternel, et il s’agit de l’Eternité. C’est là la vérité du monde. Lorsque le monde cesse d’être perçu comme espace-temps, perception illusoire, on perçoit enfin sa vérité : c’est l’Eternité. L’Eternité est la nature et le substrat du monde. Si je perçois (ou connais) cette réalité, alors cesse la peur (peur de vivre et peur de mourir).

    Le substrat, ou vérité, du serpent, c’est la corde. Tout comme le substrat, la vérité du monde espace-temps, c’est l’Eternité.

    Un constat : le serpent et la corde sont un seul et même monde, et non deux mondes séparés et différents. Ce qui change d’un aspect à l’autre, c’est mon regard, ma vision du monde. Le monde est comme cette image qui, selon la façon dont on la regarde, peut aussi bien représenter le serpent ou la corde, l’espace-temps que l’Eternité. Il s’agit donc de vision et de regard.

    Le serpent représente le Temps, car cette image a un début et une fin. Le serpent a une certaine « réalité », la réalité que chacun prête à l’illusion. Par contre, la corde est là : elle est là avant, et elle sera encore là après : c’est la Réalité, sans commencement, ni fin, c’est l’Eternité. En conséquence, il s’agit de déscillier les yeux, pour apprendre à voir la vérité du serpent, qui est la corde.

    Un sage hindou, Ramana Maharshi, disait : « Vous n’avez pas d’autre alternative que de reconnaître le monde comme imaginaire, si vous recherchez la vérité et rien que la vérité. Pour la simple raison que tant que vous n’aurez pas abandonné l’idée que le monde est réel, vous serez toujours à sa recherche. Si vous prenez l’apparence pour la réalité, vous ne connaîtrez jamais la véritable réalité, alors que pourtant cette réalité seule existe. Ce point est illustré par l’analogie du serpent et de la corde. Vous pouvez avoir l’illusion qu’un bout de corde est un serpent. Tant que vous pensez que la corde est un serpent, vous ne pouvez pas voir la corde en tant que telle. Le serpent illusoire, non-existant, devient pour vous une réalité, tandis que c’est la corde qui paraît entièrement non-existante. »

    La vérité est donc cachée : il faut la dévoiler et la découvrir. Pour voir la corde, il est nécessaire d’effectuer une recherche, une investigation. Il faut d’abord maîtriser son émotion (ici la peur du serpent) et aller au-delà. Un miroir, n’est pas suffisant. Même dans un miroir (qui ne reflète que le « réel » passivement), c’est encore le serpent qui peut apparaître et non son substrat, la corde. Il faut donc travailler.

    A noter que le contraire de la sentence serait de dire : le monde est tel que je le perçois. Il n’y a pas de « vérité du monde ». Le monde n’est pas fondé sur la vérité, qui est Eternité. Le monde peut à la fois, « être » serpent, et « être » corde. Ou bien le monde est une fois « serpent », puis une fois « corde ».  Il est fondé sur autre chose que l’éternité. Tout est relatif.

     

    Qu’est-ce que la VERITE ? Qu’est-ce que le MONDE ? Qu’est-ce que l’ETERNITE ?

    Il y a une double définition possible de ces termes, selon que l’on se place dans le monde du serpent, le monde de la perception immédiate, ou le monde de la corde, le monde de l’éternité.

    DEFINITION DE LA VERITE : Acceptons la définition classique de la vérité :

    « La vérité est l’adéquation de ce qui est dit (l’intelligence) avec la chose ». Où est alors la vérité ? C’est le serpent ou la corde ? S’il existe plusieurs plans de notre existence consciente, alors ce qui est une vérité pratique sur l’un de ces plans revêt une apparence tout à fait différente et cesse par conséquent d’être vrai dès que nous nous élevons, à un niveau plus élevé d’où nous pouvons avoir une vue plus générale. La meilleure définition de la Vérité est celle que donne Jésus. Lorsque Ponce Pilate interroge Jésus : « Qu’est-ce la vérité ? », Jésus répond par le SILENCE. Donc la vérité ne s’exprime pas avec des mots, mais s’expérimente et se vit. Elle se situe dans un au-delà de la conscience relative, qui s’exprime par des pensées et des mots. Citons Ramana Maharshi : « Ce que l’on n’est pas capable de connaître, même après des années de conversations, peut être appréhendé instantanément dans le silence, ou en face du silence. (…) Le silence est le plus haut et le plus efficace des langages. »

    En sanskrit, le mot satya signifie à la fois « réalité » et « vérité ». D’après l’historien Flavius Josèphe, les esséniens juraient lors de leur admission « d’aimer toujours la vérité ». Dans ce sens, le « vrai » correspond au « réel », la vérité étant ce qui n’est pas caché. La vérité exprime une existence, avec une nuance de stabilité. Le « vrai » correspond aussi au « juste ». En hébreu, la vérité renvoie à l’idée d’être. « Celui qui est » est Celui en lequel nous pouvons avoir confiance : il est la Vérité.

    Découvrir la Vérité du monde, c’est donc mettre fin à l’ignorance, et cesser de voir comme vrai (le serpent), ce qui ne l’est pas. La Vérité ou Réalité du monde est éternelle.

     

     

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