• La conscience, le Soi et l’ego (Partie 1)

    Le Trois Fois Puissant Maître rappelle à de nombreuses reprises, et c’est une façon de rappeler à chacun d’entre nous, là où nous nous situons à partir du 30° degré, que ce grade de Chevalier Kadosh est le « nec plus ultra » de la franc-maçonnerie. C’est l’aspect principal développé dans la présente planche : comme toute école des mystères, la franc-maçonnerie comporte un aspect exotérique et un aspect ésotérique. Elle donne à chaque initié, dès le début de son initiation une « boîte à outils », à savoir une méthode, des symboles, et également le « frottement » lors des tenues avec les autres frères et sœurs, et c’est donc à chacun de faire bon usage, ou non, de ces outils, pour atteindre l’objectif, qui est la conscience en harmonie avec le cosmos. Aussi, dans une première partie, sera traité la franc-maçonnerie exotérique, dans la seconde partie, la franc-maçonnerie ésotérique, c’est-à-dire les conditions d’échec et de réussite de la mise en œuvre de ces outils, et dans une dernière partie, les conclusions que l’on peut tirer de la démarche maçonnique

    La conscience, le Soi et l’ego

    (Partie 1)

     

    Introduction :

    Le Trois Fois Puissant Maître rappelle à de nombreuses reprises, et c’est une façon de rappeler à chacun d’entre nous, là où nous nous situons à partir du 30° degré, que ce grade de Chevalier Kadosh est le « nec plus ultra » de la franc-maçonnerie. C’est l’aspect principal développé dans la présente planche : comme toute école des mystères, la franc-maçonnerie comporte un aspect exotérique et un aspect ésotérique. Elle donne à chaque initié, dès le début de son initiation une « boîte à outils », à savoir une méthode, des symboles, et également le « frottement » lors des tenues avec les autres frères et sœurs, et c’est donc à chacun de faire bon usage, ou non, de ces outils, pour atteindre l’objectif, qui est la conscience en harmonie avec le cosmos. Aussi, dans une première partie, sera traité la franc-maçonnerie exotérique, dans la seconde partie, la franc-maçonnerie ésotérique, c’est-à-dire les conditions d’échec et de réussite de la mise en œuvre de ces outils, et dans une dernière partie, les conclusions que l’on peut tirer de la démarche maçonnique.

     

    Première partie : « Je pense, donc je suis ».

    Une évidence : « Se connaître soi-même ». Comment est-ce possible de ne pas se connaître ? Qu’est-ce qui empêche de se connaître soi-même, ce qui devrait être une évidence, car qui est le plus proche de soi-même que soi-même ? Quels sont les obstacles qui s’opposent à la connaissance du « Je » réel ? Une première erreur est de poser le « Je » comme un objet, comme s’il y avait plusieurs « je ». Le « je » devient alors une pensée, un ego, séparé du Tout. Le « je » ne peut être connu, dans le sens où je suis ce « je », et il n’y a aucun espace entre je et je. « Je » est du domaine de l’Etre et de l’expérience immédiate, et non du côté de la connaissance intellectuelle. Les obstacles sont la surimposition et l’identification. Sans cesse, j’imprime sur le « je » des réalités qui ne sont pas lui. Et je m’identifie à des objets qui ne sont pas lui : le corps, les pensées, etc. Pour connaître le « je », ce qui est la même chose qu’être, il suffit de rester tranquille. Le « je » est en deçà et au-delà des paroles et des pensées.

    Chacun, au cours de la journée, ne cesse de dire « je » à tout propos : je dors, je mange, je marche, je parle, etc. Qui est ce « je » réel, ma nature profonde, mon moi véritable ? Quel est ce « je » inaccessible, caché, secret ? Il est au fond de moi-même, et je dois aller le chercher. Je dois me mettre en chemin, à la découverte, à la rencontre de ce « je », que je n’est jamais cessé d’être. Quel est le rapport entre ce « je » et l’ego ? On ne peut connaître le moi, on ne peut que l’être. Sois ce que tu es. Deviens ce que tu es. Et pour y parvenir, il faut supprimer l’ignorance, l’ego. En fin de compte, l’obstacle à surmonter, qui occupe tout l’espace, c’est l’ego.

    Descartes et sa Méthode. Le doute.  La réalité de l’esprit comme pensée.

    Il ne s’agit pas d’aborder Descartes d’un point de vue ni historique, ni philosophique, mais d’un point de vue maçonnique. Rappelons néanmoins les points suivants. Descartes se situe à un carrefour, le XVII° siècle, période avant laquelle se sont déroulées de profondes guerres religieuses, et au cours de laquelle on assiste au renforcement de la monarchie absolue, qui est une sorte de compromis entre, d’une part le féodalisme finissant et l’apparition de la bourgeoisie, nouvelle classe dominante. Face à l’échec du calvinisme, Descartes représente la possibilité d’une nouvelle science, et l’instauration de la Raison, comme idéologie dominante, ce qui prépare le développement des Lumières du XVIII° siècle et la révolution française.

    Mais du point de vue maçonnique, la démarche de Descartes rappelle celle du franc-maçon. Son interrogation est de mettre tout en doute, pour découvrir quelles sont les vérités certaines, et aussi quel est le critère de vérité. « Qui suis-je ? » et « Qu’est-ce qu’il m’est possible de connaître en vérité ? » sont les points de départ de sa méthode. Ceci renvoie à la démarche maçonnique de se connaître soi-même : « Qui suis-je ? ».

    La première vérité, c’est l’existence du « je » : « Je pense donc je suis ». Puis les autres vérités qu’il en déduit, logiquement et par la raison, ce sont Dieu, un être parfait, qui pourrait être le Grand Architecte de l’Univers, et qui ressemble à l’Etre Suprême de la fin du XVIII° siècle, et aussi le monde, c’est-à-dire, face au sujet, l’ensemble des objets.

     

    Dans la quatrième partie du Discours de la méthode, on lit : « Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense donc je suis, était si ferme et si assurée … premier principe de la philosophie que je cherchais … examinant avec attention ce que j’étais, … je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui, pour être, n’a besoin d’aucun lieu, ni ne dépend d’aucune chose matérielle. En sorte que ce moi, c’est-à-dire l’âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps… ». Pour penser, il faut être. Au lieu de « Cogito, ergo sum », on peut dire aussi : « Dubito, ergo sum », « Je doute, donc je suis ». C’est une philosophie de l’ingénieur, de celui qui veut être maître et possesseur de la nature.

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