• Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 13) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Code

    Toute chose bouge, évolue, que ce soit dans la nature, dans la société ou dans la pensée humaine. Qu’est-ce qui fait que la société existe, vit, évolue, régresse ou progresse ? C’est le fait qu’en son sein existent différentes classes sociales, distinctes, des groupes humains ayant des intérêts divers et opposés. Il y a de multiples contradictions qui expliquent l’existence et le changement des choses, de la réalité. La cause du changement n’est pas à chercher à l’extérieur ; mais à l’intérieur des choses elles-mêmes. Une contradiction résolue fait place à une nouvelle contradiction, et ceci à l’infini. Sans contradiction, c’est le néant.

    Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 13) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Code du Travail ? Pour commémorer la Révolution russe d’octobre 2017.

     

    1-                 L’HISTOIRE DE L’HUMANITE

     

    L’affirmation par laquelle s’ouvre le Chapitre I du Manifeste est essentielle : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. »

    Dans les premiers paragraphes du livre, cette histoire est tracée à grands traits. Elle concerne surtout – ainsi que le précise une note d’Engels datée de 1888 – l’histoire écrite, et non la préhistoire.

    A l’origine existait la société primitive communiste, ou communauté primitive. Quels sont les caractères de cette époque ? Le caractère essentiel, c’est la propriété commune du sol. Les hommes vivent en petits groupes, ou tribus, de la cueillette, de la chasse et de la pêche. Il n’y avait alors pas de divisions en classes sociales, et donc pas d’Etat.

    De là va naître la division de la société en classes distinctes et opposées. Les premières et principales divisions sont les suivantes :

    ·                    La division des sexes (hommes/femmes). Il y a différentes étapes. D’abord les femmes s’occupent de l’agriculture, les hommes de la chasse. L’élément féminin joue alors un rôle prédominant : c’est le matriarcat. Puis les femmes s’occupent du foyer et il en découle une dépendance économique et une domination de l’homme sur la femme : c’est le patriarcat.

    ·                    La division entre l’agriculture et l’artisanat (plus tard entre l’agriculture et l’industrie). A cette nouvelle division du travail et spécialisation vient se superposer la division entre ville et campagne : la ville, où se trouvent les industries, finit par dominer et par exploiter la campagne.

    ·                    La division entre intellectuels et travailleurs manuels : les intellectuels forment une élite, possèdent le savoir, la culture, et en excluent les classes laborieuses. Aussi les intellectuels détiennent une partie du pouvoir.

     

    Quelle est l’origine de ces divisions ? C’est la spécialisation, la division du travail. Quand l’homme entre en société intervient une division du travail qui s’accentue sans cesse. A l’origine, chaque individu, grosso modo, devait satisfaire ses propres besoins. Mais ces besoins étaient simples, peu nombreux, et faciles à satisfaire (manger, boire, dormir, se reproduire). Il suffisait de savoir puiser dans le réservoir qu’est la nature pour survivre.

    Avec la société organisée, les besoins s’accroissent, se compliquent, se diversifient. Un seul individu ne peut plus tout réaliser à lui seul (chercher sa nourriture, construire son logement, fabriquer ses outils, ses vêtements, etc.).Il y a nécessairement spécialisation : c’est l’interdépendance, car il faut compter sur les autres pour survivre. Il se crée des corps de métiers diversifiés. Une division particulière du travail s’établit entre dirigeants et dirigés. Ainsi naît la société de classes.

     

    Pour tracer ce tableau de l’histoire humaine, Marx et Engels s’inspirent des principes de la dialectique (31) et du matérialisme (32). Les principes de la dialectique ont été développés par le philosophe allemand Hegel (33). Quels en sont les principes essentiels ? Quels sont les résultats de leur application à l’histoire ?

     

    LA CONTRADICTION

     

    Toute chose bouge, évolue, que ce soit dans la nature, dans la société ou dans la pensée humaine. Qu’est-ce qui fait que la société existe, vit, évolue, régresse ou progresse ? C’est le fait qu’en son sein existent différentes classes sociales, distinctes, des groupes humains ayant des intérêts divers et opposés. Il y a de multiples contradictions qui expliquent l’existence et le changement des choses, de la réalité. La cause du changement n’est pas à chercher à l’extérieur ; mais à l’intérieur des choses elles-mêmes. Une contradiction résolue fait place à une nouvelle contradiction, et ceci à l’infini. Sans contradiction, c’est le néant.

     

    L’UNITE DES CONTRAIRES

     

    Toute chose renferme en elle-même son propre contraire. Dans chaque chose coexistent momentanément deux aspects, deux pôles, l’un dominant, l’autre dominé. L’aspect dominant se transforme en aspect dominé, et inversement. C’est ce qui constitue la vie et le développement de cette chose. Le tout, l’unité des deux aspects, forme une unité dialectique. Le plus devient moins et le moins devient plus. On peut trouver des exemples illustrant ce principe dialectique dans la nature, dans l’histoire et dans la pensée.

    La vie devient morte, la mort devient vie. Il y a de la mort dans la vie et de la vie dans la mort. Sinon comment expliquer qu’une chose vivante devient chose morte ? Vie et mort ne sont pas des réalités absolues, séparées, sans rapport l’une avec l’autre : c’est là le point de vue métaphysique. Ainsi, dans le corps humain, certaines cellules vivantes meurent, se régénèrent, disparaissent. Sur un cadavre, certaines parties poursuivent plus ou moins longtemps leur existence, comme les cheveux, les ongles, le squelette.

    La matière devient esprit, et l’esprit devient matière. Prenons l’organe du sens du toucher, la peau. La peau entre en contact avec le monde extérieur sous différentes formes (choc, pression, chaleur, etc.). Il s’agit là de stimuli mécaniques, qui sont emmenés par les canaux des nerfs jusqu’au cerveau, mettons sous forme de décharges électriques. Le contact mécanique avec une chose quelconque, le processus tout aussi mécanique qui mène cette information donnée par le monde extérieur au cerveau, tout cela se transforme dans notre cerveau en une réalité qualitativement différente, en une idée de la chose (bien sûr, une sensation n’est pas pure, unique ; mais cette sensation de la chose touchée s’associe à la vue de cette chose, et à d’autres moyens de l’appréhender). Ainsi nous avons des sensations des choses environnantes (et également des phénomènes intérieurs, tels plaisirs et douleurs, maux d’estomac, etc.) et ces sensations ont pour résultat non pas des sensations, mais une autre réalité, contraire : des idées. Et l’inverse est vrai également : une idée peut se transformer en matière. Il en est ainsi du plan de l’architecte qui se réalise par le travail.

    Pour mieux saisir cela, on peut faire un parallèle concernant le phénomène de la vie. Pour nous préserver en vie, nous devons ingurgiter de l’air et de la nourriture. Nous respirons de l’air. Le résultat, est-ce de l’air ? Non, l’air est décomposé en ses parties, nous en gardons une partie et rejetons l’autre. A midi, nous mangeons des légumes, de la viande, etc. Quel est le résultat ? Est-ce des légumes de la viande, etc. ? Non, le résultat, c’est du calcium, des cellules vivantes, de la chair, du sang, des os, etc. et des déchets. De la même façon, dans une journée, nous avons une multitude de sensations, phénomènes physiques. Le résultat, est-ce des sensations ? Non, les sensations deviennent des idées, phénomènes spirituels. Et les idées elles-mêmes se transforment en réalisations concrètes.

    Prenons l’exemple d’un parti politique. Chaque parti politique veut appliquer un programme, c’est-à-dire un ensemble d’idées, de théories, de points de vue. La plupart de ces idées n’existent d’abord que sur le papier : elles n’ont aucune réalité concrète. Mais une catégorie sociale, une classe, une couche peut s’emparer de ces idées, et si le rapport de force est favorable, tenter de les faire passer dans la réalité. Dans ce cas là, l’esprit devient matière. Si le programme correspond au sens de l’histoire, il entrera dans la vie sous forme d’institutions nouvelles, d’Etat nouveau, etc.

    On peut tirer de la vie une expérience, en faire un bilan, une synthèse. On peut aussi appliquer une idée à la vie. La matière devient esprit, et l’esprit devient matière. Chaque chose se transforme en son contraire.

    Notre esprit contient des idées. Une idée est vraie ou fausse. Une idée vraie devient fausse et inversement. Ainsi, je dis actuellement : « Il pleut ! ». Effectivement, cette idée reflète correctement la réalité présente : c’est une idée vraie qui correspond à la vie. Mais tout à l’heure, quand la pluie aura cessé de tomber, cette affirmation se transformera en son contraire, et sera une erreur. J’énonce : « Aujourd’hui, l’homme est un loup pour l’homme. L’homme exploite son semblable. » Est-ce vrai ou faux ? Poser la question dans l’absolu, cela n’a aucun sens. Mais mon expérience sociale quotidienne me démontre que c’est là, ici et maintenant, une vérité. Dans la société capitaliste, l’affirmation est vraie. Mais cela n’a pas toujours été ainsi, et il n’en sera pas toujours ainsi : il est faux d’affirmer cela de l’homme primitif ou de l’homme nouveau vivant dans une société socialiste. Un dernier exemple : le féodalisme se transforme en son contraire, le capitalisme, qui lui-même devient le socialisme.

     

     

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