(Partie 4) L'élévation.
Le Nouveau Testament vient couronner l'Ancien Testament. La relation entre les deux Testaments est donnée par le "jugement" de Jésus-Christ.
Nouveau Testament:
- Trois résurrections:
L’Évangile rapporte que le Christ a opéré trois résurrections.
La première, celle de la fille de Jaïre (Matt., IX, 18) , se produit dans la maison même de la morte et il s'agit d'une enfant.
La deuxième, celle du fils de la veuve, a lieu entre la maison et le sépulcre et elle concerne un adolescent (Luc, VII, 2).
La troisième, celle de Lazare (Jean, XI, 38) est opérée dans le tombeau même et Lazare est un homme adulte.
On comprendra , en méditant sur cette progression, qu'il s'agit des trois morts , suivies de résurrection, que subit l'âme humaine au cours de son évolution mystique.
Or, les trois livres de l'Imitation se rapportent justement chacun à l'une de ces périodes.
Le Livre I traite de cette vie purificative, de cette vie de pénitence, de lutte contre les défauts, afin d'arriver à la pureté morale indispensable au passage à la vie contemplative traitée dans le Livre II, c'est-à-dire à la préparation du cœur comme future demeure du Christ descendant nous. Le Livre III traite de la troisième période: la vie unitive; ce sont les colloques du Christ avec le disciple, dans le cœur même dont il a fait sa demeure.
- Trois interventions de Dieu le Père: Toujours pour glorifier le Fils:
Dans le Nouveau Testament, dans les évangiles, Dieu le Père intervient trois fois, et chaque fois, il s'agit de bénir son Fils, Jésus-Christ:
1 ) Lors du Baptême de Jésus-Christ :
- "Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection" OU: "Celui-ci est mon fils, l'aimé dont je suis content" (Matth 3.17) OU : "Tu es mon fils, l'aimé dont je suis content"" (Marc 1.11) OU: "Tu es mon fils, l'aimé dont je suis content" (Luc 3.22) OU : "Tu es mon fils, je t'ai engendré aujourd'hui (Ps 2.7) .
Jean (1.32-34)
2 ) Lors de la Transfiguration :
- "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. Écoutez-le." OU : "Celui-ci est mon fils, l'aimé dont je suis content . " (Matth 3.17) OU : "Celui-ci est mon fils, mon aimé, écoutez-le" (Marc 9.7) OU : "Celui-ci est mon fils, que j'ai choisi, écoutez-le." (Luc 9.35) OU : "Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le ." (Luc 9.35 ) .
Jean 1.34
Jean 1.14+
3 ) Lors de la Passion de Jésus-Christ :
- "J'ai glorifié mon nom et je le glorifierai encore." OU : "Je l'ai glorifié, je le glorifierai encore." (Jean 12 . 28) OU : " Je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai."
-Interventions de Dieu et du Diable:
-- Intuition, Inspiration, Illumination
-- Obsession, Tentation, Possession
Livre III Chapitre LIV
Des mouvements divers de la nature et de la grâce.
La nature est habile et très attirante, elle captive et déçoit, elle a toujours elle-même pour fin.
Mais la grâce vient avec simplicité , s'écarte de tout aspect mauvais, ne tend pas de pièges et gît en tout PUREMENT à cause de Dieu, en qui finalement elle repose.
La nature ne veut mourir qu'à regret, ni opprimée, ni dominée, ni assujettie, ni subjuguée de bon gré.
La grâce [celui qui a reçu la grâce ] , en vérité, s'efforce à sa propre mortification, résiste à la sensualité, cherche à se soumettre, souhaite d'être vaincue, ne veut pas de sa liberté propre, mais elle aime à se tenir sous la discipline, ne désire dominer personne mais toujours vivre, se tenir, être sous la domination de Dieu et prête, par amour pour Dieu, à se soumettre à toute créature humaine.
La nature travaille pour sa propre commodité et prête attention au profit qui peut lui venir d'un autre .
3. Pourtant la grâce considère non ce qui peut lui être utile ou commode, mais plutôt ce qui peut profiter à plusieurs.
La nature reçoit volontiers honneurs et révérences.
4. La grâce , en vérité, attribue fidèlement à Dieu tout honneur et gloire.
La nature craint la confusion et le mépris.
5. La grâce, au contraire, se réjouit de souffrir l'injure pour le nom de Jésus.
La nature aime l'oisiveté et le repos du corps.
6. La grâce, en vérité, ne peut être inoccupée et s'attache volontiers à son travail.
La nature cherche ce qui est curieux et séduisant, elle abhorre ce qui est vil et grossier.
7. La grâce aime ce qui est simple et humble, n'évite pas ce qui est âpre et ne refuse pas de se vêtir de haillons.
La nature s'intéresse à ce qui est dans le temps, se complaît aux biens matériels, s'attriste d'un dommage, s'irrite d'une légère injure.
8. Mais la grâce regarde vers l'éternel, ne s'attarde pas à ce qui est transitoire, n'est pas troublée par la perte des choses, ni aigrie par le mot le plus dur, car elle a amassé son trésor et sa joie dans le ciel où rien ne périt.
La nature est cupide et reçoit plus volontiers qu'elle ne donne, elle aime ce qui lui est propre et personnel.
La grâce est dévouée, et met tout en commun, elle évite ce qui est particulier, se contente de peu, juge plus heureux de donner que de recevoir.