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blog de réflexion sociale

(Partie 14) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

(Partie 14) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

 

QUELQUES EVENEMENTS :

a)    Manifeste de la franc-maçonnerie du 8 avril 1871 :

République Française

Liberté, Egalité, Fraternité

O

O  O

MANIFESTE

de la

Franc-Maçonnerie

En présence des événements douloureux devant lesquels la France tout entière gémit ; en présence de ce sang précieux qui coule par torrents, la Maçonnerie qui représente les idées d’humanité et qui les a répandues dans le monde, vient une fois encore affirmer devant vous, Gouvernement et Membres de l’Assemblée, devant vous Membres de la Commune, les grands principes qui sont sa loi et qui doivent être le loi de tout homme ayant un cœur d’homme.

Le Drapeau de la Maçonnerie porte inscrite sur ses plis la noble devise :

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, SOLIDARITE.

La Maçonnerie prêche la paix parmi les hommes et, au nom de l’humanité, proclame l’inviolabilité de la vie humaine.

La Maçonnerie maudit toutes les guerres, elle ne saurait assez gémir sur les guerres civiles.

Elle a le devoir de venir au milieu de vous et de vous dire : AU NOM DE L’HUMANITE, AU NOM DE LA FRATERNITE, AU NOM DE LA PATRIE DESOLEE, arrêtez l’effusion du sang ; nous vous le demandons, nous vous supplions d’entendre notre appel.

Nous ne venons pas vous dicter un programme, nous nous en rapportons à votre sagesse ; nous vous disons simplement : ARRETEZ L’EFFUSION DE CE SANG PRECIEUX QUI COULE DES DEUX COTES, et posez les bases d’une paix définitive qui soit l’AURORE D’UN AVENIR NOUVEAU.

Voilà ce que nous vous demandons énergiquement, et si notre voix n’était pas entendue, nous vous disons ici que l’Humanité et la Patrie l’exigent et l’imposent.

Paris, le 8 avril 1871.

 

MONTANIER, BECOURT, Membres du Conseil de l’ordre.

SAUGE, DANDRE, BAUMANN, CHANUT, BARRE, LIMONAIRE, MOTARD, RAGAIGNE, MARTIN, MARCHAL, SIMON, HIRSCH, VILMOTTE, Vénérables.

 

b)   Meeting de Londres pour la Commune de Paris :

Journal Officiel de la Commune du 20 avril 1871.

Dimanche 16 avril, un meeting populaire était convoqué dans Hyde Park, à Londres ; -- grande manifestation de la Ligue démocratique en faveur de la Commune de Paris.

Trente ou quarante mille citoyens ont répondu à l’appel. Le Times constate, non sans regret, que le nombre des paletots l’emportait sur celui des blouses. Plusieurs orateurs ont parlé avec autant d’énergie que de conviction ; puis l’assemblée a voté par acclamation cette adresse de félicitations à la Commune de Paris :

Frères,

Nous vous saluons, au nom de la République universelle, et nous vous remercions du fond du cœur pour la grande œuvre que vous accomplissez en ce moment, au nom de la liberté et pour la défense de vos droits communaux.

Nous vous saluons comme pionniers et les constructeurs d’un nouvel état social, tandis que nous regardons vos adversaires, les hommes de Versailles, comme les dignes émules de l’homme de Décembre, lâches instruments des despotes de l’Europe. Elus pour la plupart par des campagnes encore sous le joug des prêtres romains et des baïonnettes prussiennes, pour décider seulement les conditions de la paix, ils ont accompli leur mission par la vente honteuse qu’ils ont faite d’une partie de vos compatriotes aux hordes du Nord. Néanmoins, ils veulent encore exercer l’autorité ainsi usurpée, et ils osent s’arroger le droit de vous maîtriser et de vous opprimer.

Malgré les efforts de nos gouvernements aux abois, d’accord avec les félons de Versailles pour appeler l’intervention étrangère et amener l’anéantissement de vos droits, nous, le peuple de Londres, assurés que vous combattez pour la liberté et l’affranchissement du genre humain tout entier, nous vous tendons la main de l’amitié et de la fraternité.

Nous regardons votre proclamation de la Commune et de l’autonomie (self-government) comme la résurrection de cette ère glorieuse de votre histoire où la Constitution de 93 (articles 58, 59, 60) mit le gouvernement direct du peuple par le peuple entre les mains des Communes d’alors.

Nous nous réjouissons de voir qu’au milieu de tant de difficultés, d’obstacles et de luttes, vous délibérez néanmoins sur d’importantes questions de réforme sociale, toutes intimement liées à la chose publique. Nous n’avons qu’un regret, c’est que notre éducation politique, de ce côté du détroit, ne soit pas encore assez complète pour nous entraîner à suivre votre noble exemple.

Après la lecture et le vote unanime de cette adresse, le meeting s’est séparé aux cris mille fois répétés de : Vive la République universelle !

 

c)    Annonce parue dans le Journal Officiel de la Commune le dimanche 23 avril 1871 :

Réunie hier, vendredi, la franc-maçonnerie parisienne a défini le mandat à donner à ses délégués, qui ont dû partir aujourd’hui pour Versailles. Ce mandat se divise en deux parties :

1. Obtenir un armistice pour l’évacuation des villages bombardés ;

2.     Demander énergiquement la paix à Versailles, basée sur le programme de la Commune, le seul qui puisse amener la paix définitive.

Ce mandat a été voté à l’unanimité. Il a été décidé ensuite qu’un appel serait fait à tous les francs-maçons de Paris, pour entendre le résultat de cette délégation, lundi, à deux heures, salle des Arts-et-Métiers, et prendre telle décision qu’il conviendra, suivant le résultat.

 

d)     Adresse de la loge maçonnique de Limoges.

Journal Officiel de la Commune du 25 avril 1841 :

Aux citoyens membres de la Commune de Paris.

La loge maçonnique écossaise de Limoges, sous le titre l’Etoile limousine, après avoir pris communication d’une délibération arrêtée en assemblée générale par les loges diverses de la ville de Bordeaux, le 12 avril 1871, et conçue dans les termes suivants :

« En présence de la lutte fratricide depuis trop longtemps engagée entre les troupes de Versailles et les gardes nationaux de Paris, la maçonnerie manquerait au plus sacré de ses devoirs si elle restait impassible et muette.

Au nom de la fraternité, au nom de la liberté, au nom de la République, elle conjure les combattants de désigner immédiatement des délégués chargés de mettre fin à un combat qui déshonore la patrie et met le comble à ses douleurs.

Il est un terrain de conciliation sur lequel tous les citoyens honnêtes doivent franchement qu’elle est déterminée à maintenir la République et à établir les franchises municipales ; que la Commune de Paris répudie énergiquement toute usurpation sur le gouvernement de la France ; le soupçon fera place à la confiance, et l’ordre renaîtra, car il aura pour défenseurs tous ceux qui veulent en finir avec les révolutions. »

S’inspirant des sentiments de liberté et de fraternité qui ont dicté cette délibération déclare à l’unanimité de ses membres s’associer au vœu qu’elle exprime et protester de toute son énergie contre la lutte fratricide, qui, non seulement ensanglante le sol français, mais ajoute encore aux malheurs de la patrie en aidant l’ennemi dont elle dit la joie, dans l’œuvre impie de démembrement qu’il poursuit avec une fureur jalouse qui s’attache à toutes les idées de civilisation et de progrès dont la France fut et sera toujours la grande initiatrice, au nom de la République universelle.

                          Le vénérable de la loge l’Etoile limousine

                                                                L. Fonsagrive

 

e)    Réception des francs-maçons à la Commune.

Journal Officiel de la Commune du 27 avril 1871.

Séance du 26 avril 1871 :

Les membres de la Commune ont reçu, dans la cour d’honneur, une députation de francs-maçons qui venaient déclarer qu’ayant épuisé tous les moyens de conciliation avec le gouvernement de Versailles, la franc-maçonnerie avait résolu de planter ses bannières sur les remparts de Paris, et que si une seule balle les touchait, les F.°. M.°. marcheraient d’un même élan contre l’ennemi commun.

Le F.°. Térifoque a déclaré que, depuis le jour où la Commune existe, la franc-maçonnerie a compris qu’elle serait la base de nos réformes sociales.

« C’est, dit-il, la plus grande révolution qu’il n’ait jamais été donné au monde de contempler.

Si, au début du mouvement, les francs-maçons n’ont pas voulu agir, c’est qu’ils tenaient à acquérir la preuve que Versailles ne voulait entendre à aucune conciliation quelconque avec leurs juges. »

Un membre de la Commune, le citoyen Jules Vallès, après avoir remercié la députation en quelques mots partis du cœur, donne son écharpe au F.°.  Térifoque, qui déclare que cet emblème restera dans les archives de la franc-maçonnerie, en souvenir de ce jour mémorable.

Le citoyen Lefrançais, membre de la Commune, déclare ensuite que depuis longtemps déjà, il était de cœur avec la franc-maçonnerie, ayant été reçu dans la loge écossaise n° 133, passant, à cette époque, pour une des plus républicaines ; qu’il était depuis longtemps assuré que le but de l’association était le même que celui de la Commune : la régénération sociale.

Le citoyen Allix, membre de la Commune, ajoute que la Commune de Paris met en pratique, sous une forme nouvelle, ce que la franc-maçonnerie a depuis longtemps affirmé : que la construction du temple fut, certainement, pour l’époque, la réorganisation du travail.

L F.°. M.°. de la Rose écossaise, dans une chaleureuse improvisation, annonce que la Commune, nouveau temple de Salomon, est l’œuvre que les F.°. M.°. doivent avoir pour but, c’est-à-dire la justice et le travail comme bases de la société ;

La députation, composée de plus de deux-mille francs-maçons, s’est retirée après avoir enguirlandé sa bannière avec l’écharpe du citoyen Jules Vallès, et emporte un drapeau rouge, après deux triples batteries aux rites français et écossais.

Une délégation de la Commune reconduit la députation maçonnique jusqu’à la rue Cadet. Elle est acclamée sur son passage par la foule enthousiasmée, et l’on se sépare après une vive et patriotique allocution au citoyen Ranvier, membre de la Commune. Tous les cœurs battent à l’unisson.

 

f)    Annonce des francs-maçons. Journal Officiel de la Commune du 28 avril 1871 :

Les francs-maçons, réunis au Châtelet ont décidé qu’un appel serait fait à toutes les LL.°. de l’Or.°. de Paris, à l’effet de se réunir, bannière en tête, samedi matin, à neuf heures, cour du Louvre.

 

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