Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

blog de réflexion sociale

(Partie 66) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

 

 

(Partie 66) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

 

Eugène Joseph Vautrin (1818-1881) : Avocat à la cour d’appel de Paris. Un des maires (4° arrondissement) de Paris qui se comporta en agent de Versailles, ne faisant semblant de négocier que pour gagner du temps et permettre à Thiers de rassembler une armée. Républicain modéré.

 

Adrien Jean François Veber (1861-1932) : Secrétaire de Benoît Malon. Secrétaire de rédaction à La Revue Socialiste. Avocat. Député socialiste de la Seine (1902-1919). Franc-maçon.

 

Verdaguer ( ?-1872) : Sergent du 88° de ligne qui donna l’ordre à ses hommes, le 18 mars de mettre « armes à terre » et de fraterniser. Considéré par les Versaillais comme l’un des « assassins » du général Lecomte. Exécuté à Satory le 22 février 1872.

 

Augustin Joseph Verdure (1825-1873) : Franc-maçon. Instituteur, révoqué pour ses idées républicaines, il devient comptable. Il adhère à l’Association internationale des travailleurs en septembre 1870, et milite dans les clubs. Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de l’Enseignement. Il vote pour la création du Comité de salut public. « Majoritaire ». Il meurt déporté en Nouvelle-Calédonie.

 

Maria Verdure : Fille du précédent. Membre de la société l’Education nouvelle. Déléguée de la Société de l’Ecole Nouvelle. Avec Félix et Elie Ducoudray, au nom de la Société des Amis de l’Enseignement, elle propose un plan de réorganisation des crèches.

 

Jean Pierre Marie Maurice Vergoin (1850-1892) : Avocat. Magistrat. Député de Seine-et-Oise (1885-1889). Directeur du journal La République. Secrétaire du Comité républicain national du général Boulanger, dont il demeure l’un des derniers fidèles. Exilé à Jersey, puis à Bruxelles. Franc-maçon. Suspendu (1889), puis exclu du Grand Orient pour son soutien au boulangisme (1890).

 

Paul Marie Verlaine (1844-1896) : Louise Michel était présente à son mariage avec Mathilde Mauté. Le poète s’est engagé dans la garde nationale sédentaire, où il est de garde une nuit sur deux dans un secteur calme. Il fuit Paris pour échapper à la répression versaillaise et est radié de l’administration. Verlaine est garde national pendant le siège de Paris à l’automne 1870. Il choisit de ne pas quitter son emploi à l’Hôtel de Ville. La Commune débute mi-mars 1871. Mathilde et Paul quittent Paris fin juin pour Fampoux puis pour Lécluse, chez Auguste Dujardin, et sans doute Arras, 21 rue de la Paix. En rentrant dans la capitale en août, ils logent quelque temps au 14 rue Nicolet par souci d’économie, Paul ayant perdu en juillet son emploi à l’Hôtel de ville parce qu’il l’avait conservé pendant la Commune. En 1872, Paul Verlaine complète son poème Les Vaincus par de nouvelles strophes consacrées aux communards.

 

Poèmes de VERLAINE

Verlaine a écrit ce poème à propose de la Révolution de 1848, puis il a ajouté quelques strophes suite à la Semaine sanglante de 1871.

Les vaincus

À Louis-Xavier de Ricard.


I

La Vie est triomphante et l'Idéal est mort,

Et voilà que, criant sa joie au vent qui passe,

Le cheval enivré du vainqueur broie et mord

Nos frères, qui du moins tombèrent avec grâce.


Et nous que la déroute a fait survivre, hélas !

Les pieds meurtris, les yeux troubles, la tête lourde,

Saignants, veules, fangeux, déshonorés et las,

Nous allons, étouffant mal une plainte sourde,


Nous allons, au hasard du soir et du chemin,

Comme les meurtriers et comme les infâmes,

Veufs, orphelins, sans toit, ni fils, ni lendemain,

Aux lueurs des forêts familières en flammes !


Ah ! puisque notre sort est bien complet, qu'enfin

L'espoir est aboli, la défaite certaine,

Et que l'effort le plus énorme serait vain,

Et puisque c'en est fait, même de notre haine,


Nous n'avons plus, à l'heure où tombera la nuit,

Abjurant tout risible espoir de funérailles,

Qu'à nous laisser mourir obscurément, sans bruit,

Comme il sied aux vaincus des suprêmes batailles.


II

Une faible lueur palpite à l'horizon

Et le vent glacial qui s'élève redresse

Le feuillage des bois et les fleurs du gazon ;

C'est l'aube ! tout renaît sous sa froide caresse.


De fauve l'Orient devient rose, et l'argent

Des astres va bleuir dans l'azur qui se dore ;

Le coq chante, veilleur exact et diligent ;

L'alouette a volé, stridente : c'est l'aurore !


Éclatant, le soleil surgit : c'est le matin !

Amis, c'est le matin splendide dont la joie

Heurte ainsi notre lourd sommeil, et le festin

Horrible des oiseaux et des bêtes de proie.


Ô prodige ! en nos coeurs le frisson radieux

Met à travers l'éclat subit de nos cuirasses,

Avec un violent désir de mourir mieux,

La colère et l'orgueil anciens des bonnes races.


Allons, debout ! allons, allons ! debout, debout !

Assez comme cela de hontes et de trêves !

Au combat, au combat ! car notre sang qui bout

A besoin de fumer sur la pointe des glaives !


III

Les vaincus se sont dit dans la nuit de leurs geôles :

Ils nous ont enchaînés, mais nous vivons encor.

Tandis que les carcans font ployer nos épaules,

Dans nos veines le sang circule, bon trésor.


Dans nos têtes nos yeux rapides avec ordre

Veillent, fins espions, et derrière nos fronts

Notre cervelle pense, et s'il faut tordre ou mordre,

Nos mâchoires seront dures et nos bras prompts.


Légers, ils n'ont pas vu d'abord la faute immense

Qu'ils faisaient, et ces fous qui s'en repentiront

Nous ont jeté le lâche affront de la clémence.

Bon ! la clémence nous vengera de l'affront.


Ils nous ont enchaînés ! mais les chaînes sont faites

Pour tomber sous la lime obscure et pour frapper

Les gardes qu'on désarme, et les vainqueurs en fêtes

Laissent aux évadés le temps de s'échapper.


Et de nouveau bataille ! Et victoire peut-être,

Mais bataille terrible et triomphe inclément,

Et comme cette fois le Droit sera le maître,

Cette fois-là sera la dernière, vraiment !


IV

Car les morts, en dépit des vieux rêves mystiques,

Sont bien morts, quand le fer a bien fait son devoir

Et les temps ne sont plus des fantômes épiques

Chevauchant des chevaux spectres sous le ciel noir.


La jument de Roland et Roland sont des mythes

Dont le sens nous échappe et réclame un effort

Qui perdrait notre temps, et si vous vous promîtes

D'être épargnés par nous vous vous trompâtes fort.


Vous mourrez de nos mains, sachez-le, si la chance

Est pour nous. Vous mourrez, suppliants, de nos mains.

La justice le veut d'abord, puis la vengeance,

Puis le besoin pressant d'opportuns lendemains.


Et la terre, depuis longtemps aride et maigre,

Pendant longtemps boira joyeuse votre sang

Dont la lourde vapeur savoureusement aigre

Montera vers la nue et rougira son flanc,


Et les chiens et les loups et les oiseaux de proie

Feront vos membres nets et fouilleront vos troncs,

Et nous rirons, sans rien qui trouble notre joie,

Car les morts sont bien morts et nous vous l'apprendrons.

 

Ballade en l’honneur de Louise Michel

 

Madame et Pauline Roland, Charlotte.

Théroigne, Lucoile.

Presque Jeanne d’Arc, étoilant

Le front de la foule imbécile,

Nom des cieux, coeur divin qu’exile :

Cette espèce de moins que rien

France bourgeoise au dos facile

Louise Michel est très bien.

*

Elle aime le Pauvre âpre et, franc

Ou timide, elle est ta faucille

Dans le blé mûr pour le pain blanc

Du Pauvre, et la sainte Cécile,

Et la Muse rauque et gracile

Du Pauvre et son ange gardien

A ce simple ; à cet imbécile.

Louise Michel est très bien.

*

Gouvernements et maltalent,

Mégathérium ou bacille,

Soldat brut, robin insolent,

Ou quelque compromis fragile.

Tout cela son courroux chrétien

L’écrase d’un mépris agile.

Louise Michel est très bien.

Envoi

Citoyenne ! Votre évangile

On meurt pour ! c’est l’Honneur ! et bien

Loin des Taxil et des Bazile.

Louise Michel est très bien.

 

A. Verlière : Blanquiste.

 

Eugène Vermersch (1845-1878) : Poète. Pamphlétaire et journaliste. Directeur du Hanneton en 1868, il collabore à la Marseillaise en 1870, puis au Cri du peuple en 1871. Il est plusieurs fois condamné par les tribunaux pour ses articles. Il fonde avec Maxime Vuillaume et Alphonse Humbert le Père Duchêne (68 numéros). Après la Commune, il joint la section fédéraliste française de l’Internationale, sous l’influence de Bakounine. Ami de Paul Verlaine, celui-ci préfaça son roman posthume (inachevé) : L’Infamie humaine (1890). Réfugié en Angleterre, condamné à mort par contumace, il mourut dans un asile de fous.

Admirateur de Bismarck et de l’usage de la force. La dictature est pour lui le seul moyen du « peuple révolutionnant ». Engels écrit dans Le programme des émigrés blanquistes de la Commune, en juin 1873 : « … un des individus les plus suspects de la petite presse parisienne, un certain Vermersch qui édita sous la Commune Le Père Duchêne, triste caricature du journal d’Hébert de 1793. ». Réfugié à Londres, il attaque les communards. Tenu à l’écart par la plupart des proscrits, il sombrera dans la folie.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article