LE MINOTAURE
BOUFFI
PERSONNAGES :
Yules MINOTAURE (Homme)
Ariane DAMO’CLES (Femme)
Yanick DUHAUT (Homme)
Yao DUMILIEU (Femme)
Yen DUBAS (Femme)
Yuri CLAMOUR (Femme)
Jean Baptiste THESEE (Homme)
Le Chœur (4 Femmes et 3 Hommes dont Le Coryphée)
ACTE I UN BILLET POUR L’ENFER
(Automne. La scène est tendue d’un rideau bleu sombre)
SCENE 1
LE CHOEUR, CLAMOUR, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS
(Le Coryphée présente et mime pour les spectateurs les différents éléments décrits dans cette scène. En l’absence du Minotaure, les trois prêtres impies sont attachés par une corde à un crochet de l’autel.)
LE CHŒUR :
Pourquoi ? Pas de pourquoi ici :
Inutiles les propos admis !
L’Isare départementale,
Dans un labyrinthe en dédales,
A construit son château bulle,
Où Minotaure déambule.
Tous coopèrent à ravitailler
Le monstre toujours exalté.
La viande, par Clamour Yuri
Apportée, Duhaut officie
Comme grand prêtre laquais.
Chaque personne est entité
Composée de trois parts unies,
Dans un arrangement précis :
La tête Thésée, le dirigeant,
Le cœur Ariane, le sentiment,
Minotaure ventre porteur,
Rivalisent avec vigueur.
Soit tête et cœur maîtrisent
Ventre : l’assemblage s’humanise,
Soit domine le ventre brutal,
Et cela devient baal bestial.
Au centre du labyrinthe venu,
Seules deux possibles issues :
Ou le retour vers l’arrière,
Pour ressortir par derrière,
Empruntant le chemin passé,
Traversant la porte d’entrée,
Ou la sortie au point central,
Par l’envolée verticale,
L’initié enfin paré d’ailes,
S’élançant libre vers le ciel,
Ange glorieux et centré,
Qui par le dessus se soustrait.
Voici la perverse histoire
De Minotaure voulant déchoir
Thésée au plus profond abîme,
Et ce faisant, vers les cimes
Il le contraint à s’envoler.
DUHAUT :
Aux citoyens, l’argent volé,
Associé à la flatterie,
À Minotaure aura permis,
Au milieu du parc luxuriant,
Au bout de chemins verdoyants,
De bâtir un palais oiseux,
Livré au culte par les peureux,
À sa gloire hautaine et servile.
Cumulant instincts bas et viles,
Trois points inversés sataniques :
Le sexe pornographique,
Le pouvoir autocratique,
L’argent corrupteur orgastique.
A cet endroit, face au jet d’eau
De l’étang synthétique, taureau,
Avec un style pernicieux,
Saisit le président vicieux,
Instituant jour après jour,
Au milieu de toute la cour,
L’idolâtrie artificielle,
Avec protocole, rituel,
Inspirés des pires horreurs.
J’en suis le grand prêtre flatteur,
Dans la nuit obscure de l’orgueil.
DUMILIEU :
Journellement, dans son cercueil,
Hurlant sa peine, implorant
La délivrance, le président
Manigance le culte, portant
Au Minotaure lot suffisant
De chairs immolées et de sang,
Pleurs des sacrifiés innocents.
Au milieu du temple moderne
Se promène la grosse baderne,
Tyran assoiffé d’aubaine,
De gratitude, de chair humaine,
Monstre fielleux mal dégrossi.
J’en suis second prêtre impie,
Sire de mortelle ambition.
DUBAS :
Fantomatique création
Quant à la mondaine essence,
Bien réelle quant à l’existence,
Égrégore qui s’est emparé
D’un vil président résigné,
La mort s’appropriant le vif,
J’en suis troisième prêtre actif,
Voué à l’adulation terne,
Porteur de la féroce haine
Et de la prévarication.
LE CHŒUR :
Trois prêtres avec passion,
Dédiés à l’office satanique,
Dont le but impartial unique
Est d’alimenter Minotaure
En populaires sang, larmes et corps.
Chaque jour aux pieds du dragon
Déposent les propitiations,
Renonçant délibérément
À la dignité, aux serments
D’édifier temples à la vertu,
Trois prêtres corrompus, tordus,
S’adonnent au culte hérétique,
Rationalisant les iniques
Et les pires comportements,
Donnant des plus beaux sentiments
Une apparence fallacieuse,
Briguant en paroles trompeuses
Le bien commun, la liberté,
L’égalité, fraternité.
Voila le récit de la façon
Dont les discours des trois félons,
Par le pur Thésée, démasqués,
Et la vérité révélée !
SCENE 2
DUHAUT, DUMILIEU DUBAS, ARIANE, LE CHŒUR
DUHAUT :
(S’adressant à Ariane)
Honneur de l’administration
Que proposer des suggestions.
Le Minotaure te commande,
Pour montrer ton doux sacerdoce,
Une mission fondamentale,
Par un engagement vital :
Partant à la conquête des âmes,
Il te confie l’œuvre sublime
De précéder le noble cortège
En lançant fleurs et éloges,
À la gloire du grand Minotaure,
Grand architecte croquemort
De la galaxie minuscule,
Dimension infinie éternelle
De l’univers département !
DUMILIEU :
(S’adressant à Ariane)
À l’injonction du président
S’ajoute que le prix du billet
Soit assumé par les sujets
Du département de l’Isare.
Car le président pas avare
Pour dépenser suffisamment
De son personnel précieux temps
A l’activité publique
Au service du peuple rustique
A droit de façon furtive
À cette royale prérogative.
DUBAS :
(S’adressant à Ariane)
Jeune fille, pleine de grâces, pure,
Avec volonté de bien faire,
Offre l’ardeur à Minotaure,
Glorifie, assiste et adore,
Et pour prix de la récompense,
J’intercèderai avec force,
Demain tu seras employée
À durée indéterminée.
(Ariane passe dans l’autre pièce, pour s’emparer d’un flambeau et d’une corbeille de fleurs, puis revient dans l’antre)
LE CHOEUR :
Pernicieusement met en place
Une mécanique efficace
Visant à broyer sans pitié
L’agent strict et discipliné.
SCENE 3
MINOTAURE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, ARIANE
(Entrée cérémonielle du Minotaure, qui monte sur le piédestal autel. Palabres et culte du Minotaure par les trois prêtres impies.)
MINOTAURE :
Exposez l’entière litanie
Des agents qui ont failli,
Et qui partout ne satisfont
Pas ma douce vénération !
Je promulgue que chacun vaquant
À mes ignominieux penchants,
Phobies, obsessions, frayeurs,
Soit de mon culte, l’exécuteur,
Car c’est moi, le service public,
Et le maire de l’Isare, mézigue,
Et moi, et encore moi l’enflure,
Chevalier à la belle allure !
DUHAUT :
(Tendant la liste)
Voici la commande, monsieur !
MINOTAURE :
(En colère)
Devant le président : « Monsieur! »
Forme la mention conforme.
Des messieurs et des mesdames,
Vous en rencontrez tous les jours,
D’innombrables, dans les rues, toujours,
Alors qu’un seul exemplaire
Minotaure président respire !
DUHAUT :
(S’inclinant bien bas)
Voici monsieur le président,
Modèle unique et bienveillant,
La liste de ceux qui ont omis
D’invoquer votre nom béni
Lors de chaque respiration,
Causant votre irritation !
MINOTAURE :
(Excédé) :
Qu’ils soient donc tous anéantis,
Immolés dans la joie ravie,
Pour ma plus grande renommée !
J’exige des agents comblés,
Souriants sans cesse enchantés !
Ensuite incessamment filmés
À leur insu, l’exaltation
Régnant dans les directions !
Je prescrits la paix profonde,
Mes administrés turpides,
Dont je suis père maire, chanteront
De l’aube au couchant mon renom !
DUBAS :
(Obséquieux)
Cela sera fait, constamment
Monsieur le parfait président !
DUMILIEU :
(Obséquieux)
Ariane ardemment s’applique
À transcrire cela en musique,
Monsieur le noble Président !
SCENE 4
MINOTAURE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, ARIANE
(Ariane exhibe un flambeau et une corbeille de pétales de fleurs. Elle devance le cortège et jette des pétales de fleurs sous les pas du Minotaure. Le convoi se coordonne, et se met en route pour rejoindre la pièce de Lumière. Arrivé devant le miroir, le Minotaure esquisse un signe d’horreur. Le Chœur, dont le Coryphée, représente les personnalités qui accueillent et reçoivent le Minotaure et son cortège). )
MINOTAURE :
Horreur ! La chair quitte l’ossement !
Voila trop de véritable
Lumière, acte intolérable !
(Le convoi se précipite avec désordre, dans l’antre obscur du Minotaure)
MINOTAURE :
Quel voyage miteux, désastreux,
Avec la lumière dans mes yeux !
J’ai approché un lampiste
Employé subalterne, copiste,
Sans croiser les autorités
Les plus hautes de la contrée,
Seuls mes égaux condisciples.
Les circonstances du périple
Exécrables et orduriers,
Actes de lèse-majesté,
Apparaissent indignes de mon rang !
DUHAUT :
Ariane fautif du manquement,
Peureuse et pas dégourdie,
Ni soumises à mon avis,
Ni apte saisir les instructions !
DUMILIEU :
Ariane sans considération
Pour la seigneurie éminente
Ne sachant être déférente,
Encourt un châtiment subi
Exemplaire marquant les esprits.
DUBAS :
Face à ces errements maudits,
Malgré les avantages fournis,
Votre présence bienfaitrice,
Ariane ignore reconnaissance,
Pour servir, elle est indigente
Et en plus impertinente !
MINOTAURE :
Puisqu’Ariane ne sait s’appliquer
À obséquieusement seconder,
Et mordant dédaigneusement
Main sustentant complaisamment,
Pour une ultime fois tester
Sa compétente servilité,
Employez-la à éduquer
La prochaine recrue affidée.
LE CHŒUR :
Avec frayeur irraisonnée,
Craignant de ne plus exister,
Que cela altère son règne,
Le Minotaure frémit de haine.
Tel un carnassier, se réjouit,
Face au jet d’eau glissant en pluie,
Les allées en dédales menant
Au parc et à l’étang clinquants,
Devant ses adeptes pantois,
Garanti du total bon droit,
Impérial donneur de leçons,
Minotaure se pavane abscons.
L’auguste contact du maître,
À qui chacun doit s’en remettre,
Abdiquant les intimes idées,
À sa concupiscence, dédiée,
Et lui allouant tout son temps,
Temps à lui seul appartenant.
Le retrait de sa présence,
L’écart de sa suffisance,
En cas de moindre déviation,
Est l’automatique sanction.
ACTE II LE PLACARD DORE
(Hiver. La scène est tendue d’un rideau blanc)
SCENE 1
CLAMOUR, THESEE
CLAMOUR :
Ton embauche par le président
Comme cadre du département
Implique que tu sois à l’aise,
Comme dans du coton balèze,
Toujours disponible et comblé
Afin d’accomplir ta corvée
Au service de l’unique patron
Qui te remerciera du don.
Minotaure soigne les employés,
Logés, allaités, habillés,
Voitures, téléphones, primes,
À toi tout ce que tu guignes :
Hauts salaires, tout est négociable
Pour que tu sois utilisable
Pour son culte. Badin, affable,
Duhaut, à l’accent sociable,
Enjoins que jamais transparaissent
Publiquement ces circonstances,
Qu’elles demeurent à jamais cachées,
Sous peine de ne plus bosser
Au service d’élus importants.
Donc dévouement exigeant,
Toujours aimable et poli,
Le chef de service agit,
Non par intérêts indolents,
Mais pour le bien du président.
Devant Minotaure, défendu
Proférer paroles superflues,
Et si malgré tout demande
Est faite de ton avis docile
Cela sera exécuté
Servilement, tête baissée,
Sans oublier de déclamer
Toujours de façon enjouée
Les louanges très saintement.
Entendras religieusement,
Frotteras la brosse à reluire
Gravement à la conjoncture
Quand daigne le président jeter
Un complaisant regard altier.
(Clamour fait entrer Thésée dans l’antre du Minotaure).
SCENE 2
MINOTAURE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, THESEE
DUMILIEU :
(S’adressant à Thésée)
Les chefs, à mon image taillés,
Comme attributs d’autorité,
Disposent des acquits en nature,
Argent, logement, voiture,
Secrétaire et tutti quanti,
Pour eux tout emporté gratis,
Car plus et mieux ils « travaillent »
Que la base des agents racailles.
Un vrai chef occupe sa fonction
Eu égard à sa position,
Avant l’arrivée des collègues,
Car jamais il ne délègue,
Et délaisse sa fonction après
Le départ des subordonnés.
(Dumilieu donne un sceptre à Thésée.)
DUBAS :
(S’adressant à Thésée)
La personnalité, la mettre
Entre parenthèses, apparaître
Comme le reflet et la doublure
Du président caricature,
Tout en demeurant bien en cour,
Voilà l’objectif sans détour.
(Dubas attache une cape rouge autour des épaules de Thésée.)
DUHAUT :
(S’adressant à Thésée)
En échange des avantages
Octroyés de façon large,
Le temps de toi ne dépend plus,
Mais vie, œuvres, penchant, surplus,
Livrés au service exclusif
Du grand président abusif.
(Duhaut pose une couronne sur la tête de Thésée. Le Minotaure et les trois prêtres impies sortent. Entrée d’Ariane.)
SCENE 3
THESEE, ARIANE, LE CHŒUR
(Ariane est à genoux)
THESEE :
Mais que signifie le « travail » ?
Qu’exprime : « Les chefs travaillent
Plus et mieux que leurs esclaves
Dans un monde glauque d’épaves ? ».
Pourquoi, Ariane, est à genoux ?
Sois digne et lève-toi ! Debout !
ARIANE :
(Terrorisée)
Le « travail », c’est l’office rendu
En l’honneur du taureau cornu
Au Minotaure. Sang, temps, vie,
Par lui, te voici ennobli,
Et toi-même, dorénavant,
Effaçant ton être d’avant,
Genou en terre, tu erreras,
Selon sa loi nul dépassera
La hauteur du fauve adoré.
De grâce, Thésée, par pitié,
Sois plus près du sol désormais,
Renie foi et fidélités.
LE CHŒUR :
Prisonnier de mots doucereux,
Partout le président pompeux,
Évoque la transparence vive,
Alors que ses sbires accommodent
La confusion. Cela procrée
Le désordre, l’insécurité,
Car sans tête raisonnable,
Avec un chef bestial notable,
L’organisation à vau l’eau.
Dresser président face à ego,
Pointer la réalité belle,
Et la dignité du réel,
Malgré l’effroi environnant,
Domptent Minotaure claironnant.
SCENE 4
MINOTAURE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, THESEE, ARIANE
DUHAUT :
(Avec rage)
Au nom baal, à genoux, Thésée !
THESEE :
Au nom de l’humaine dignité,
De la démarche initiatique,
Plutôt la mort qu’acte inique !
Seule la maîtrise par l’humain
De l’aspect animal, l’instinct,
Par la conquête du bas ventre
Qui, tous les désirs, concentre,
Sentiments abominables,
Exhalent vie plus désirable
Car si tête et cœur s’agrègent,
Ils emmènent l’équipage.
Alors Minotaure s’engage
À rompre par un fort gage :
Répudier l’antre funeste,
S’extraire de la brune peste,
S’engouffrer en pleine lumière.
Ainsi, au peuple se réunir,
Des agents, par sobriété,
L’amour, l’humilité,
L’ascèse, la patience, servant,
Sans accaparer constamment,
Devant Minotaure s’évanouit
La force ténébreuse nourrie
De crainte et des basses poussées.
(Thésée fait se lever Ariane. Celle-ci l’entraîne dans une danse, avec des allers et des retours, aboutissant au centre du cercle du labyrinthe. Ils vont à gauche, puis à droite, tout en se rapprochant du centre. )
DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS :
(Criant de toutes leurs forces)
A genoux devant destinée !
(Ils obligent Ariane et Thésée à s’agenouiller. Puis ils arrachent les attributs de Thésée : la cape, le sceptre et la couronne.)
Ton refus buté de signer,
L’échine servilement courbée,
De te soumettre au rite fort
Anodin du Minotaure,
Ton choix de la vérité crue,
De la lumière, de la vie nue,
De l’amour, de la dignité
Conduisent à te décréter
Ton ultime terme professionnel
Par mise au placard perpétuelle !
(Tous trois se saisissent de lui et l’asseyent de force sur une chaise, dans un coin sombre de l’antre.)
DUHAUT :
Au nom du Minotaure, Thésée,
Dans notre collectivité,
J’efface ton existence,
Et par ton inconséquence,
Te voilà seul responsable
Mort sociale imprévisible.
Serein, je m’en lave les mains
Car tu as choisi ton destin.
LE CHŒUR :
Au placard, attentatoire
À la dignité élémentaire,
Contraire à réglementation,
Manquement à l’obligation
De loyauté, de probité,
De par l’employeur effronté,
Vis-à-vis de ses salariés,
Volonté de punir Thésée.
Sanction déguisée frappant
Thésée psychologiquement,
Pour déclencher sa mort sociale,
Volonté de nuire immorale,
Fabriquant des agissements
Avilissants, répulsifs, poussant
A bout, provoquer le motif
Pour un comportement fautif.
Le placard déstructure à terme
L’image de soi de l’homme.
ACTE III LE MINOTAURE TERRASSE
(Printemps et été. La scène est tendue d’un rideau rouge)
SCENE 1
LE CHOEUR, THESEE, ARIANE
LE CHŒUR :
La manière de tuer sans fard
Par une mise au placard
Étudiée, cependant cherchant
L’acquiescement consentant
De la victime à son supplice,
Conduite malsaine, un vice,
Destructeur et sanguinaire.
Il amène à anéantir
La confiance en l’humanité,
Et en l’avenir, à désespérer,
Isoler, nier, mortifier
En niant la solidarité
Humaine, à transformer l’hère,
L’autre, le vis-à-vis, le frère,
En objet terne sous tutelle.
ARIANE :
Fusionnons l’effort mutuel,
Afin de remettre le cosmos
En ordre, après le chaos,
Instincts, émotions, cerveau,
Plaçant la tête, le chef, en haut,
Le cœur au milieu, aimant,
Le ventre dessous, obéissant.
THESEE :
Le Minotaure est obséquieux,
Et ces agissements fâcheux
Occultent l’abrupte réalité.
Inapte il refuse d’écouter
Avec sagesse, humilité
Les meilleurs conseils modérés.
Par incompétence, ambition,
Ou crainte, les informations
Utiles ne sont pas présentées
Par des agents futiles, affolés.
Du Minotaure la bonhomie
Détermine une alchimie
De faussaire. Afin de prouver
Sa raison, griffon dépravé
Plie l’obtuse réalité
Dans l’orientation souhaitée.
ARIANE :
Telle la déesse arachnéenne,
Je tisse la destinée commune.
(Ils s’embrassent et s’enlacent.)
SCENE 2
THESEE, ARIANE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, MINOTAURE
DUHAUT :
Accorde les trois mots sacrés,
Par quoi délivrance assurée,
Qui font que chaque élément
Retrouve son juste emplacement !
THESEE
Trois mots communiqués déjà,
Cela s’est produit lors des mois
De septembre et d'octobre,
De décembre. Alors sombre
Le héros solaire fatigué,
Succombe sous les coups portés
Par les trois mauvais compagnons
Que sont la balance, le scorpion,
Le sagittaire. Soleil ancien
Meurt, pour que renaisse enfin,
Au cours de la plus longue nuit,
Le nouveau soleil épanoui.
THESEE :
(A Duhaut)
Lumière : le premier mot sacré,
Qui s’unit à l’obscurité !
(A ce mot, Duhaut abat le mur qui sépare les deux pièces, la nuit et le jour, et la lumière inonde l’antre.)
THESEE :
(A Dumilieu)
Le second mot sacré : Amour,
Car homme et femme font un toujours !
(A ce mot, Dumilieu redresse Ariane, et rapproche Ariane de Thésée, qui s’enlacent et s’embrassent.)
THESEE :
(A Dubas)
Le troisième mot sacré : Vie,
La vie et la mort sont unies !
(A ce mot, Dubas tend le miroir au Minotaure, debout sur l’autel. En voyant son image, le Minotaure tombe au pied de l’estrade autel.)
THESEE :
Trinité : Lumière, amour, vie !
(A ces trois mots sacrés, les trois mauvais compagnons libérés, flanquent à terre les cordes qui les attachent au Minotaure, arrachent leurs cornes et leurs queues, et les projettent au loin.)
SCENE 3
THESEE, ARIANE, MINOTAURE, DUHAUT, DUMILIEU, DUBAS, LE CHOEUR, CLAMOUR
(Thésée et Ariane, enlacés, debout sur le piédestal autel, au pied duquel se tient le Minotaure, couché, vaincu mais vivant.)
THESEE :
Malgré la posture gauchie
Du Minotaure autocratique,
Personne n’osant une critique,
Ni lui décrire honnêtement
La base des événements,
Mettant mes valeurs en avant
Pour les faire briller ardemment,
Congruence et rectitude,
Refusant la servitude,
Malgré les risques encourus.
Ayant chaque fois discouru
Des meilleurs aboutissements.
Minotaure et ses courtisans
Au bord du gouffre, m’ont poussé
Dans l’espoir de précipiter,
Dans le néant sans fond, létal,
Escomptant ma mort sociale
Professionnelle, alors pourtant
Je me suis envolé passant
De l’autre côté du miroir,
Parvenant à l’heure de la gloire.
CARACTERES ET HABILLEMENTS :
La scène comporte deux pièces : l’antre du Minotaure et la pièce de Lumière. L’antre du Minotaure est obscurci. Cette pièce est meublée, d’une part en son milieu, d’une estrade, piédestal autel, d’autre part dans un coin, plus obscur, une chaise, peinte en jaune. Sur le sol, figuration d’un labyrinthe, sur le modèle de la cathédrale de Chartres ou de la cathédrale d’Amiens. Le piédestal autel est installé au centre du labyrinthe. L’estrade est un cube d’un mètre de côté, avec quatre marches qui mènent à la plateforme autel. La seconde pièce est en pleine lumière. Elle comprend trois flambeaux allumés, un miroir portable ou sur roulettes et un panier contenant des pétales de fleurs. Les deux pièces sont séparées par un mur, comportant une porte étroite. Le Minotaure est dénudé jusqu’à la ceinture, avec une tête de taureau, donc deux cornes. Sur les épaules, une cape rouge. Une ceinture de corde bleue autour des reins. Les trois prêtres impies ont des cornes végétales, et des queues. Ils seront attachés au Minotaure par une corde, chaque fois qu’ils sont en présence de celui-ci. Pour le Minotaure et les prêtres impies, prendre pour modèles la lame XV du tarot de Marseille, « Le Diable ».
Acte I, c’est l’automne, présence d’un arbre sec dans l’antre du Minotaure.
Acte II, c’est l’hiver, présence d’une lune dans l’antre du Minotaure et d’un soleil dans la pièce de Lumière.
Acte III, c’est le printemps, puis l’été, présence d’un arbre fleuri dans la pièce de Lumière.
RESUME :
Où ? En France, dans une collectivité territoriale : cela pourrait être une commune, un département ou une région.
Quand ? Au XXI° siècle, donc aujourd’hui.
Qui ? Il s’agit d’abord de Yules Minotaure, président du département de l’Isare, dans son palais. Mais ce pourrait être tout autre roitelet ou notable local qui tire sa légitimité du suffrage universel. Il s’agit ensuite des amis et des ennemis du Minotaure.
Comment ? C’est la fable du pouvoir, la lutte entre le souverain, hobereau local, et le peuple. Pour Minotaure, la population se scinde en deux catégories : d’une part sa cour, avec ses affidés, qui sont au service du culte de sa personnalité, dont les trois mauvais compagnons. Et d’autre part, tous les autres, qu’il convient de plier à ses exigences. Un voyage à l’extérieur de son territoire, l’antre, est l’occasion de vérifier la servilité d’Ariane Damo’clès, nouvelle recrue. Intervient Jean Baptiste Thésée, le peuple, qu’il faut à tout prix calibrer à sa propre mesure. La résistance de celui-ci se solde par une mise au placard.
Dans cette lutte au quotidien, qui va l’emporter ? Thésée ou le Minotaure ? Thésée parviendra-t-il à terrasser le Minotaure, et à remettre de l’ordre dans le chaos ?
PRESENTATION DETAILLEE DES PERSONNAGES
« Pourquoi ? » :« Ici, il n’y a pas de pourquoi ! ». Le conseil général de l’Isare a construit son siège au cœur d’un labyrinthe, et a mis dans ce labyrinthe, le minotaure. A partir de ce point, il est tout à fait inutile de se poser des questions sensées : tout est fait pour alimenter le minotaure, rien de plus, rien de moins. Celui qui alimente périodiquement en chair fraîche, ce sont les cabinets de recrutement Profess et Licht, à coup de contrats grassement rémunérés. Sur place, le grand prêtre au service du culte est Yanick Duhaut.
Chacun de nous est à la fois Thésée, c’est-à-dire la tête et surtout le cœur, ainsi que le minotaure, c’est-à-dire le ventre, l’instinct et les passions. Soit le cœur, le courage, parvient à maîtriser le ventre, et humanise l’ensemble Thésée-Minotaure, soit le ventre devient le maître, et l’on se transforme en Baal bestial.
Lorsque l’on pénètre dans un labyrinthe, après avoir cheminé dans un sens et dans l’autre, l’on parvient enfin dans son centre. Là il n’y a que deux façons d’en sortir : soit le fil d’Ariane ou d’Arachné, permet de sortir par le même chemin que celui par lequel on est entré. Si cette solution permet de préserver la vie, elle ne favorise pas l’initiation. L’autre solution est de sortir par la verticale : c’est-à-dire que l’initiation a permis que poussent des ailes, et l’on sort par le haut, par la spiritualité.
Ceci est l’histoire de Jean Paul Thé, emporté par Yuri Clamour dans l’antre de Jules (Yules) Minotaure, et soumis aux manipulations perverses de Yanick Duhaut, grand prêtre en exercice du culte bestial et infernal.
Voici comment, ces trois mauvais compagnons, Yuri Clamour, Yanick Duhaut et Yules Minotaure en voulant néantiser et transformer en rien Jean Paul Thé, le précipitant devant les nombreux spectateurs plus ou moins passifs que sont les agents de l’administration départemental, ont fait pousser des ailes à Jean Paul Thé et l’ont fait s’élever dans le monde spirituel, celui du maître secret.
Ceci s’est passé à Bello, dans les années de grâce 2010 et 2011.
ACTE 1
UN BILLET POUR L’ENFER !
Présentation du Minotaure, le labyrinthe, l’organisation du culte du Minotaure, les victimes.
Avec l’argent des contribuables isariens a été construit, au milieu d’un grand parc luxuriant, au bout du dédale des chemins verdoyants, à Bello, un temple à la gloire du minotaure. Là se sont concentrés les instincts les plus bas et les plus vils, les trois points inversés du diable : l’argent qui corrompt, le sexe pornographique et le pouvoir autocratique. A cet endroit, face au jet d’eau et à l’étang artificiel, le président endosse obligatoirement, sans qu’il puisse faire jouer son libre arbitre, l’uniforme du minotaure. Peu à peu, de façon pernicieuse et tragique, jour après jour, s’est construit le culte moderne du minotaure, avec son protocole et son rituel. Chaque jour, tout en hurlant sa peine et en implorant la délivrance de cette malédiction, le président est contraint d’organiser le culte de ce minotaure, lui apportant son lot de chair sacrifiée, de sang et de larmes. C’est un palais moderne où se réfugie une créature artificielle, ogre assoiffé de reconnaissance, de profits, ainsi que de la chair humaine.
A partir du siège du conseil général de l’Isare est née et s’est développée une créature à la fois fantomatique quant à son essence, mais bien réelle quant à son existence, puisque le président, bien malencontreusement, lui a permis de cohabiter dans son corps : le mort a saisi le vif. Trois prêtres impies sont particulièrement affectés au culte satanique et bestial. Leur objectif unique est d’alimenter le minotaure par le sang, les larmes et la chair populaire. Chaque jour est déposé aux pieds du minotaure une dose de sacrifices. Tous trois sacrifient délibérément leurs qualités humaines, leurs dignités et leurs vertus au culte du minotaure, en rationalisant les instincts les plus bas et les pires émotions. Leurs comportements fallacieux prend l’apparence des plus beaux et plus nobles sentiments, invoquant en paroles le bien commun, la liberté, l’égalité la fraternité et la laïcité, ainsi que toutes les belles vertus dont a surgi la république. Mais ces discours trompeurs sont démasqués, et les trois prêtres impies, Dubas, directeur de cabinet, Dumilieu, dit « le bras droit du président », et Duhaut, directeur général des services apparaissent pour ce qu’ils sont véritablement, les thuriféraires du culte du minotaure.
Marie-Laure Martigue est l’une des victimes sacrifiées. Sa carrière professionnelle a été mise à mort pour contenter la soif de pouvoir du minotaure. Jeune innocente de vingt-cinq années, ayant beaucoup de volonté de servir et de bien faire, recrutée dans le cadre d’un contrat à durée déterminée, sa fonction était d’assurer les conditions de voyage du président dans ses déplacements tant en France qu’à l’étranger. Mais dès l’origine, son destin était tracé, et elle était condamnée à disparaître de façon catastrophique, car elle n’avait pas compris qu’elle devait d’abord et avant tout tout faire pour glorifier et adorer le minotaure. Marie-Laure a organisé le voyage d’une délégation du conseil général au Liban, au mois d’octobre 2010, pendant quatre jours. Cette délégation comportait quatre élus, un fonctionnaire et l’épouse du président. Afin de compliquer la tâche, et également pour s’éviter à soi-même des difficultés de gestion, le directeur de cabinet, Dubas, refuse que la régie d’avance accolée au cabinet, puisse servir pour permettre l’avance de fonds pour les voyageurs. Malgré les retards que cela pourrait causer, Dubas impose la création d’une nouvelle régie par Marie-Laure.
Le directeur général des services, Duhaut, saisit Marie-Laure d’une demande qui émane, dit-il, directement du président. Celui-ci exige que le billet d’avion de son épouse, qui va accompagner la délégation du conseil général de l’Isare dans le voyage au Liban, soit pris en charge directement par la collectivité territoriale, et figure sur une facture unique du voyagiste. Le président estime consacrer suffisamment de son temps personnel à son activité au service des isariens, pour avoir le droit de mettre en œuvre une telle prérogative.
Ainsi se met pernicieusement en marche une mécanique visant à broyer un agent scrupuleux, et donc à imposer le culte sacrificiel au minotaure. L’instrument du destin est l’épouse du président, même si celle-ci est parfaitement ignorante de ce qui se trame malgré elle, et le scénario est mis en œuvre par Duhaut. En paroles, Duhaut refuse toute dérogation à la légalité. Il souhaite une conformité, dans la forme, strictement aux textes réglementaires, quant aux apparences. Mais en réalité, tout est mis au service du culte du minotaure, rien n’y déroge, et c’est avec la plus grande rationalité, et aussi pour pouvoir survivre lui-même, qu’il va organiser le culte satanique. La résistance passive à tant d’injustices va coûter cher à Marie-Laure : livrée à elle-même, sans soutien, le président retire sa présence de la délégation et envoie à sa place, pour ce voyage, la directrice de la culture. Ensuite, il sera reproché à Marie-Laure les conditions dans lesquelles s’est déroulé le voyage au Liban : le fait que le président et son épouse aient voyagé en classe affaires, séparés des autres membres élus et fonctionnaires de la délégation, qui ont voyagé en classe économique, ainsi que le fait que le président ait été reçu à Beyrouth par un secrétaire de troisième catégorie de l’ambassade de France et non par l’ambassadeur lui-même, de même que les mauvaises conditions de transport en taxis. En fin de compte, le contrat de travail de Marie-Laure ne sera pas reconduit et elle sera mise en cessation d’activité un mois plus tard, le 23 novembre 2010. Duhaut poussera alors l’élégance à faire l’éloge funèbre de Marie-Laure, affirmant qu’elle avait été nulle, pas dégourdie, peureuse et mal encadrée. C’est là la partie émergée de l’iceberg : la volonté de disposer d’un personnel domestiqué et aux ordres, prêt à assurer dans toutes les conditions le culte du minotaure. Mais que recèle la partie immergée de l’iceberg ?
Il est reproché à Marie-Laure de ne pas avoir fait le nécessaire pour obtenir de l’entreprise organisatrice du voyage une facture unique sur laquelle est mentionnée également le billet d’avion de l’épouse du président. Alors que sans aucun doute, l’épouse du président, ignorante de tout cela, n’en demandait sûrement pas tant. Personne ne semble surpris par les diverses incohérences de cette triste affaire de billet d’avion. La punition de Marie-Laure est bien cruelle, puisque, d’une part, elle n’a pas participé au voyage au Liban, comme cela était prévu à l’origine, et que, d’autre part, de plus, son contrat qui arrivait à expiration le 23 novembre 2010, n’a pas été renouvelé. Le service du personnel et le service des affaires juridiques avaient d’ailleurs conjointement attiré l’attention de Marie-Laure sur l’impossibilité réglementaire, sans délibération expresse de l’assemblée délibérante, de prendre en charge le billet d’avion de l’épouse du président, et qu’en accord avec le cabinet, le billet d’avion avait été transmis directement à l’épouse pour que celle-ci le prenne personnellement en charges. Cette initiative d’adresser le billet d’avion à l’épouse du président, qui semblait prête à le prendre en charge avait été prise par le directeur du service du personnel. C’est pourquoi, si l’éjection de Marie-Laure est une tragédie, c’est aussi une délivrance, car elle est sortie des griffes du minotaure. Par contre, au cours de ces divers épisodes, la frayeur infernale de Duhaut fut si grande, que, malgré toutes ses responsabilités, et le ridicule, il s’est occupé lui-même auprès de l’entreprise voyagiste, de récupérer une facture unique comportant le nom de l’épouse du président, ce qu’il n’a jamais obtenu, le voyagiste se contentant de lui transmettre un état récapitulatif des diverses factures déjà envoyées auparavant, en joignant sur cette simple liste la référence de la facture de l’épouse du président.
La malédiction du minotaure !
Le minotaure est une consolidation, une stratification et une rigification de tous les mauvais penchants de l’ensemble des élus et des agents du conseil général : c’est la personnification que l’inconscient collectif cherche à expurger, en additionnant les peurs irraisonnées, les fantasmes et les folies. C’est aussi l’aspect animal et bestial, que chacun cherche à dompter et à maîtriser. Le minotaure à tête de taureau a trouvé naturellement domicile au siège du conseil général, construit de tout temps pour accueillir une telle créature infernale. Une fois mis en place et installé, le minotaure cherche par tous les moyens à survivre et pour ce faire, il autoproclame son propre culte. Il s’est lové dans la personnalité double du président, dans laquelle une brèche est intervenue en juin 2009. A compter de cette date, la priorité n’est plus le service public pour ses concitoyens, avec toutes les valeurs qui vont avec, mais s’est développé une hypertrophie de l’ego, une boursouflure du moi. Si toutes ces valeurs républicaines sont encore proclamées en paroles, elles sont sans cesse contredites dans les faits. Seul est toléré alors le culte offert à la créature engendrée dans l’habitacle pharaonique qu’est le siège du conseil général. Le président est devenu alors ce que l’on appelle un « potentat local ».
A partir de cette date, la rupture est consommée entre une tête bestiale de taureau, qui est dévouée à son propre culte, et un bas du corps, resté humain, représentant l’ensemble des agents départementaux. Peu à peu, les relations se sont détériorées entre la direction cornue exercée par le président et ses sbires, et l’ensemble du personnel, en particulier le personnel de la catégorie C. Le sentiment général est que la structure est sans tête, c’est-à-dire sans chef cohérent et raisonnable, ou que cette tête s’est détachée du corps. Les signes manifestes le démontrent : après 100 grévistes en début 2010, auxquels viennent s’ajouter plus d’un millier de pétitionnaires contre les méthodes autocratiques de direction, près de 500 grévistes se sont manifestés fin 2010, et il n’est pas irréaliste de prédire une grève générale de grande envergure en 2011 si les conditions à l’origine du malaise de grande ampleur perdure. Pour souhaiter les vœux de fin d’année 2010, sur un total de 3300 agents, seuls moins de 500 personnes se sont déplacées pour écouter la parole présidentielle au cours de trois réunions de vœux, et ce malgré tous les efforts et les facilités déployés pour participer à ce type de pots convenus, au cours desquels ne s’est exprimée aucune directive ou vision enthousiasmante.
La conception qu’a le président de l’action du personnel génère un comportement, partagé bien évidemment par le directeur général des services et tous les affidés : sur le fond, le travail est méprisé, et il en découle que les agents, de toutes catégories, des cadres aux agents de catégorie C, ne sont que des pions remplaçables et jetables. N’importe qui peut faire n’importe quoi, sans qu’il n’y ait de période d’apprentissage. En plus il y a un culte de l’élitisme des diplômes, et un mépris de l’expérience pratique et de terrain. Ainsi, le président, relayé par le directeur général des services, estime scandaleux que le service des finances, qui gère le budget d’une collectivité avec un total d’un milliard d’euros, soit confié à deux chefs de service qui n’ont comme seul bagage universitaire, pour l’un, Natacha Briand, un DEUG d’anglais, et pour l’autre, Renaud Panças, un CAP de dessinateur !
Ceux qui connaissent le président savent que, depuis au moins dix années, il y a des dispositions certaines à cette mégalomanie et cette boursouflure de l’ego. Depuis longtemps, la lumière humaine est très faible, et la pierre brute est trop difficile à tailler : ceci explique en particulier que le président n’a pas insisté pour présenter sa candidature pour entrer en maçonnerie.
Une des spécialités du minotaure est, chaque fois qu’un agent du département l’appelle au téléphone, ou qu’il rencontre un agent départemental, et que celui-ci a l’outrecuidance de l’appeler « Monsieur », souvent parce qu’il ne le reconnaît pas, est de répliquer avec violence et prétention : « On dit Monsieur le Président. Des messieurs et des mesdames, vous en rencontrez d’innombrables tous les jours dans la rue, alors qu’il n’y a qu’un seul minotaure ! ». Cette volonté de puissance exorbitante se manifeste par le désir de dominer à tout prix l’emploi du temps des autres et d’être le maître de la façon de faire. Ainsi, le président oblige son chauffeur, lorsque celui-ci va le chercher à son domicile, à stationner le véhicule de service juste face à la porte du domicile, en montant le véhicule sur le trottoir, de façon à ce qu’il n’ait que la porte de son domicile à ouvrir pour s’asseoir dans le véhicule.
Un jour, le président reçoit l’un de ses cadres, pour la première fois, dans son immense bureau. Il l’installe dans un coin du salon, sur l’un des fauteuils de cuir. Lui-même s’assoit, le dos à la baie vitrée. Par celle-ci entre un soleil rayonnant, qui aveugle le cadre, qui n’aperçoit qu’une ombre présidentielle, incapable de distinguer les traits du visage. Par contre, le président a le dos tourné vers l’intérieur de la pièce, mais il ne propose pas à son cadre une place plus confortable, avec un peu d’ombre. Ce comportement manifeste son mépris à l’égard du technicien.
Il n’y a plus aucun dialogue social, mais un autisme complet de la direction. La haine plus particulière à l’égard des militants de la CGT fait que pendant longtemps, le président n’a jamais daigné recevoir ceux-ci en audience privée. Au niveau des méthodes policières, le président fait installer un photographe sur le toit du siège du conseil général, afin de filmer les grévistes manifestants. Et lorsque les grévistes se sont introduits dans le parc du conseil général, afin de faire part de leur malaise, revendiquer une meilleure écoute et un plus grand respect de leur dignité dans le travail difficile qu’est le leur, le président a morigéné le directeur général des services et le directeur de cabinet qui n’avaient pas eu la présence d’esprit de boucler les portes du parc, afin de le protéger de la vile populace que sont les meilleurs de ses agents.
Le directeur général des services insiste, auprès des différents directeurs, sur l’importance de surveiller le climat social dans les services départementaux. Cependant, la plupart des agents estiment que la direction ne répond pas à leurs préoccupations, tout ceci aboutissant à un dialogue de sourds.
Pour organiser le culte du minotaure, a été installée à la tête du département une véritable nomenklatura socialiste, qui a accaparé à son profit des avantages démesurés et coûteux, grosses voitures, logements et autres. Pour mieux encore couper la direction de la base, et la tenir à merci, il est demandé aux membres de la direction, directeur général des services et directeurs généraux adjoints, de se comporter en « very important person » (V.I.P.) : tout leur est dû, logement, électricité, chauffage, téléphone, informatique, voiture, domesticité,… Il est inculqué à chaque agent la conduite impérieuse de crainte, et de servir obséquieusement cette nomenklatura, sous peine des pires sanctions, pouvant aller si besoin jusqu’à l’exclusion. Parallèlement, il est constamment rappelé aux membres de cette nomenklatura qu’ils sont nourris par le minotaure, et qu’il serait malvenu de « mordre la main qui nourrit ». C’est pourquoi lorsqu’un membre est chassé, ou échappe au premier cercle du président, sa vie se transforme en enfer.
Sans cesse afin de protéger le culte du minotaure, en suscitant l’envie et la crainte, le cercle de la nomenklatura est régénéré en ayant recours à des cabinets chasseurs de tête, pourvoyeurs de chair fraîche et d’esclaves consentants, tel le cabinet Profess d’Yuri Clamour. Ces cabinets, qui font fortune grâce au renouvellement périodique et constant de l’encadrement – près de 500 mouvements de divers agents au niveau du turn-over, avoués chaque année – créent le silence de l’omerta autour de ces pratiques affligeantes par les menaces suivantes : « Surtout ne parlez jamais à personne de la situation réelle, car vous ne pourrez plus jamais travailler avec des élus ! ». Au contraire, ces comportements déviants, qui s’exercent dans l’obscurité la plus noire, doivent être mis en pleine lumière, afin de rendre aux véritables élus leurs pleines et véritables prérogatives aux yeux du public avisé !
A une année environ des prochaines échéances des élections cantonales, le conseil général est sans direction générale construite et organisée, avec des cadres terrorisés qui ne pensent qu’à sauver leur peau ou à déguerpir, et des agents démotivés. Le président a endossé l’habit surdimensionné du minotaure, aspirant à être reconnu et respecté comme tel par tous les agents, traité comme un grand bienfaiteur, se targuant en particulier d‘avoir, sans y être contraint par l’Etat et les divers transferts de compétences obligatoires, procédé au recrutement net de 450 agents départementaux supplémentaires. De façon manifeste, il prône en paroles des valeurs dites « de gauche », mais de façon latente, son ressenti est une insondable frayeur irraisonnée, de ne plus exister politiquement après 2012, et de mettre ainsi une fin à l’épisode du minotaure. Son ardent désir est d’être encore en place, en tout cas, d’occuper la place du minotaure, en 2012, et ceci à tout prix, peu importe les moyens utilisés pour y parvenir. Avec un sourire carnassier, le minotaure, avec en arrière-plan le jet d’eau du lac artificiel du parc aux allées en dédales du conseil général, devant les chefs de Pôle, assuré de son bon droit, impérial et donneur de leçons, se pavane. Car il sait qu’il est demandé à ces directeurs d’abandonner toute pensée personnelle et de tout sacrifier au seul dieu et maître, le minotaure, la sanction, en cas de déviation, étant automatique : le retrait de sa présence.
La plus grande qualité du directeur général des services Duhaut est d’être une bouche d’or ; il peut pérorer des heures durant, d’un ton monocorde, sans exprimer aucun état d’âme, et en exposant des idées fixes et reçues. Il ne manifeste aucune qualité du leader tribun, aucun charisme, capable d’enflammer l’auditoire : d’ailleurs, le minotaure lui en laisserait-il l’opportunité ? Le don le plus remarquable et le plus précieux du directeur général des services est la capacité formidable de s’imbiber tel un buvard, du discours plaisant le mieux à son patron du moment, pour le restituer avec beaucoup d’emphase et de talent à tout auditoire consentant. Moraliste en paroles, il n’hésite pas par exemple à dénoncer avec véhémence les dynasties familiales mises en place et présentes dans les services, et qui, selon lui, entravent le bon fonctionnement desdits services. Avant de recevoir un encadrant, il fait dresser par le service du personnel, l’arbre de tous les membres de la famille de cet encadrant, présents dans le sociogramme départemental, que ce soient l’épouse ancienne, ou l’épouse actuelle, ainsi que l’ensemble des enfants des divers lits. Puis il ajoute également l’établissement par le même service du personnel d’une fiche précisant les avantages financiers, salaires, primes, promotions, avancement de carrière,…, de cet encadrant. Recevant l’encadrant, il casse la personnalité de celui-ci, faisant faire ce sale boulot par une tierce personne présente au cours de l’entretien. Ceci alors que, contradictoirement, le directeur général des services s’est attribué le maximum des avantages en nature, faisant même, nec plus ultra, embaucher son épouse et son fils par une structure para départementale !
Toujours aimable et bien poli, le directeur général des services fait comprendre à son interlocuteur qu’il agit, non pas pour ses propres intérêts égoïstes, mais pour un intérêt supérieur, complaire au président, rendant ainsi à ce dernier le culte qui lui est dû. De cette manière, croit-il, le directeur général des services préserve sa place de premier officiant : qu’en est- il de la dignité humaine ? Et de la dignité attachée à sa noble fonction ? Jamais, il n’exprime véritablement une idée personnelle et originale, fondatrice, et de mémoire vive, nul n’a connaissance d’un travail ou d’un dossier traité intégralement et justement par le directeur général des services. Sa seule préoccupation est donc de surnager dans le marigot et de survivre, guidé par la seule peur bestiale, sa seule fin étant de rester aussi longtemps que possible en bons termes avec le président, afin de rester à la barre. Aucune directive n’émerge, aucun travail de management n’est entamé pour parvenir enfin, après plus d’une année de présence, à la création d’une direction collégiale, unie et efficace. Lorsqu’il préside un comité de direction, en présence de tous les directeurs de l’organisation, le principal thème de la réunion consiste à égrener les diverses rencontres inscrites sur son agenda, et qu’il va effectuer au cours des semaines à venir. En somme, gérer le département, c’est gérer les dates de son agenda. Chaque fois qu’un point est soulevé, immanquablement, il se tourne vers l’un ou l’autre directeur présent à la réunion, et demande, magistralement soit une réponse, soit une solution. A défaut d’une solution trouvée immédiatement, ou lorsque la pression exercée sur le cas soulevé est trop prégnante, il gratifie son interlocuteur, essentiellement quand il est en tête à tête, d’un vigoureux et tonitruant : « J’en ai marre ! », véritable comportement d’enfant gâté. Cependant son caractère obséquieux ne le préserve plus, et il parvient à peine à maintenir l’illusion d’une direction effective et efficace. Tout l’art de son « management » est de ne pas apparaître au premier plan, mettant le plus souvent possible en avant et en première ligne la responsabilité de ses collaborateurs les plus immédiats. De cette façon de se comporter résulte pour le directeur général des services un mépris certain non seulement des collaborateurs du cabinet, qui le surnomment invariablement et quasi officiellement « l’homme de caoutchouc » ou « bidenboum », mais aussi mépris de tous les agents, spectateurs impavides. Le directeur général des services ne se sent véritablement à l’aise que lorsqu’il peut voyager, pour se rendre à l’un ou l’autre colloque, à l’un des bouts de la France, et rencontrer les collègues responsables de collectivités similaires.
Le président lui-même, avec beaucoup de lucidité, a apprécié les failles de cette gouvernance, et de la grande difficulté, après plus de deux années de présence de Duhaut, de mettre en place une organisation cohérente et efficace, reposant sur un organigramme construit. Le président a si peu confiance dans les capacités professionnelle de son directeur général des services, qu’il a choisi de réunir tous les quinze jours, le comité de direction regroupant les chefs de Pôles. Une fois tous les quinze jours, le directeur général des services anime les réunions du comité de direction, donnant invariablement lecture de son agenda à venir, et ne prenant aucune directive significative, risquant d’être démenti illico presto par le président ou son cabinet. Et tous les autres quinze jours, le président préside sans panache, les réunions du directeur général des services, directeur du cabinet et directeurs généraux adjoints. Mais le remède est pire que le mal, car comme personne n’ose prendre la parole, de peur de déplaire, surtout au minotaure, et que si quelqu’un, contraint et forcé, prend malgré tout la parole, c’est pour, de façon convenu, d’une manière ou d’une autre, chanter les louanges dudit minotaure. Chacun est là, bien présent, pour écouter cérémonieusement le minotaure, et passer avec conviction, délicatesse et consciencieusement, la brosse à reluire.
Afin de le flatter, le président présente Dumilieu, chaque fois qu’il en a l’occasion, comme son « bras droit », et celui-ci le lui rend bien. Les agents chuchotent qu’en vérité, Dumilieu est le véritable patron occulte des services départementaux. Avec moins d’élégance, les agents de la base qui connaissent bien Dumilieu le surnomment par la lettre « G ». Dumilieu n’hésite jamais, chaque fois qu’il en a l’occasion, à défendre le système mis en place de façon dithyrambique, et à développer avec emphase des cours de moralisme sur l’autorité des chefs taillés à son image. N’est-il pas normal et tout à fait justifié que les « chefs » se voient mis à disposition d’innombrables avantages en nature, dont de grosses cylindrées, dont raffole Dumilieu, parce qu’ils travaillent mieux et bien plus que les autres agents. Comme il sait que c’est lui-même qui va jauger la teneur et l’évaluation de son affirmation, au moins tant que le culte du minotaure est préservé, il n’a aucune crainte à avoir et il peut continuer dans cette voie pernicieuse. Sa seule peur est de tomber en disgrâce. Aussi, il met un point d’honneur à postuler qu’un « vrai chef » est celui qui occupe et quitte son poste de travail respectivement avant et après l’arrivée et le départ des autres agents. Mais pour autant, il serait bien utile d’évaluer effectivement la valeur ajoutée de tels chefs !
Dubas, directeur de cabinet, assume le ridicule jusqu’à mettre entre parenthèse sa propre personnalité afin de n’apparaître que comme le reflet et la doublure du minotaure. Etant le collaborateur le plus proche du président, par la situation physique de son bureau, et par la proximité temporelle, c’est sans doute la seule solution de rester bien en cour et d’assurer une certaine durée sur son poste. Duhaut a une peur irraisonnée et panique du directeur de cabinet, et il se méfie notamment de la compagne de celui-ci, qu’il a été obligé de recruter, avec fatalisme, comme c’est son habitude, au titre de directrice adjointe du service des finances et responsable du service contrôle de gestion et audits. C’est que Dubas a la lourde mission de veiller et valider les divers recrutements au sein des services, donnant ou non son aval, en fonction des opinions politiques des futurs éventuels recrutés. Il ne s’agit pas d’empêcher une pratique de « spoil systèm », installée dans la plupart des collectivités locales, et qui peut se concevoir en particulier au niveau des emplois de direction. Mais au moins que, s’il est donné suite à l’embauche d’un agent en fonction de ses opinions politiques personnelles, que cela soit fait en fonction d’abord des qualités professionnelles, sinon supérieures, au moins égales par rapport aux autres candidats non encartés parti socialiste. Mais il se trouve que, afin de rendre service aux militants et « colleurs d’affiches », sans doute aussi afin d’émousser encore plus le peu d’autorité naturelle des directeurs et chefs de service en place, et aussi de complaire au culte du minotaure, ont été placés à divers postes stratégiques des militants du parti socialiste, sans qu’il y ait aucune utilité en matière d’activités professionnelles, ni aucun apport au niveau du travail quotidien. Le seul but est donc bien d’aménager et de consolider le culte du minotaure !
Victoire Camdenface, directrice, déjà en place avant l’alternance socialiste, a effectué en 2005 un premier virage. Mais il lui est reproché aujourd’hui de trop rappeler l’ancienne équipe d’élus et l’ancienne direction. Comme elle souhaite terminer sa carrière dans le département, elle effectue un travail de damné, de dominicain et de romain pour se maintenir à flot. Ceci bien en vain. Certains jours, prête à toutes les compromissions, en espérant survivre, d’autres jours, écœurées physiquement par le contact avec le minotaure, au point qu’elle refuse de participer à des réunions avec lui, elle somatise son malaise. Mal de dos, car elle « en a plein le dos », mal de gorge et toutes autres difficultés se succèdent de façon de plus en plus rapprochée.
Un jour, Duhaut, directeur général des services, déclare avoir toute confiance en son directeur du service du personnel, le lendemain, il demande au directeur des finances de mettre en paiement un mandat de paiement par lequel il engage le cabinet de chasseur de têtes de rechercher un autre directeur des ressources humaines. Et en même temps, il demande au directeur du personnel d’établir un contrat pour remplacer le directeur du service des finances sans aucune vergogne. Le président, dans une même phrase, affirme au directeur des ressources humaines qu’il souhaite le garder, mais que néanmoins, il a mis sur sa tête un chasseur comme Yuri Clamour. Heureusement que les agents connaissent leur travail sinon le département s’en irait, faute de capitaine et de direction clairement affirmée, à vau l’eau. Le président semble mener un combat qu’il considère lui-même comme étant perdu. Chacun sait, et ses proches collaborateurs plus que tout le monde, que son objectif personnel est de s’en sortir par le haut, en étant élu sénateur. Peu importe le devenir du conseil général. Si lui-même doit disparaître, eh bien il fera en sorte que tout et tous disparaissent avec lui ! Le président est prisonnier des mots : il clame partout la transparence, alors que ses sbires organisent la politique cachée et la confusion. Ainsi, en matière de frais de bouche. Pour ce qui est de sa communication personnelle, s’il fait en sorte que les crédits inscrits à chaque budget n’augmentent pas, il suffit de prendre en considération les comptes administratifs pour constater des augmentations conséquentes, ainsi que de nombreux crédits masqués sur divers comptes budgétaires de publications et autres.
A un an des élections cantonales, voilà le conseil général sans direction générale, avec un président qui tient un discours contradictoire, sur un département condamné au plus tard en 2015, et qui mène un combat qu’il considère comme perdu d’avance. Un président qui est seul, isolé des élus de sa majorité.
Les finances sont laissées à la dérive : c’est le robinet ouvert, comme si la crise économique et financière n’existait pas. Chacun dépense sans compter. Par exemple, pour le parc des véhicules : chaque niveau hiérarchique dispose d’un véhicule, sans que l’essence ne soit comptée. Il en est de même des téléphones. Le service des finances est désorganisé : sur trois contrôleurs de gestion et auditeurs, en moins de trois mois, tous sont dispersés. Il est choisi l’année qui précède les élections cantonales pour déplacer les deux chefs de service, piliers du service des finances, sous prétexte que ces deux agents étaient déjà en place sous l’ancienne équipe de droite.
Le directeur des finances a adressé au cabinet le rapport suivant :
«Séminaire des élus le 11 janvier 2011.
Les quatre dossiers prioritaires pour le Pôle gestion financière et audit en 2011 :
1) Le Budget 2011 :
C’est le dernier budget avant la fin de la mandature. Si le budget 2011 est soumis à de fortes contraintes, tant en raison du contexte général de crise économique, sociale et financière, d’une part, et d’une volonté du gouvernement de faire supporter par les collectivités locales, dont les départements, notamment le poids de son propre déficit, cet aspect ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. En effet, le conseil général de l’Isare doit de son côté démontrer à deux niveaux, qu’il met tout en œuvre pour préserver l’outil départemental, en maîtrisant les dépenses de fonctionnement et d’investissement. Ainsi, si l’évolution plus rapide des dépenses de fonctionnement que des recettes de fonctionnement contribue à exaspérer l’effet ciseau, impliquant un budget qui ne sera peut-être plus dans un équilibre satisfaisant dès 2013, il convient non pas d’accélérer ce processus par un laisser faire et un laxisme de la dépense en laissant le robinet ouvert, mais au contraire, dans la mesure des possibilités, de limiter les dégâts par tous moyens, ceci aux deux niveaux suivants :
Préparation budgétaire et débat d’orientation budgétaire : limiter la dépense (+ 3,5 % pour les dépenses de personnel, le taux d’inflation pour les moyens de travail, même montant qu’en 2010 pour les dépenses de subventions et de participations).
Tout au long de l’année 2011 : maîtrise du flux de la dépense, notamment des dépenses de l’action sociale (pas d’ouverture de nouveaux équipements en 2011, sans économies par ailleurs, mise en place de tableaux de bord ; limitation des dépenses par les chefs de service).
2) La maîtrise de la dette
Jusqu’à présent, le conseil général a su maîtriser sa dette, mais un dérapage peut être rapidement catastrophique. Il est donc nécessaire à la fois :
De continuer la gestion active de la dette (renégociation d’un emprunt DEXIA par exemple,…)
De contenir les inscriptions d’autorisations de programme et de crédits de paiement en se recentrant sur les priorités du conseil général (routes, collèges, bâtiments départementaux,…) et donc essentiellement un bon entretien du patrimoine de la collectivité afin de préserver l’avenir). Le niveau d’investissement doit être maintenu au niveau du possible, repoussant au plus loin l’effet ciseau (réalisation, c’est-à-dire, mandatement annuel effectif sur les comptes de travaux, immobilisations et subventions pour investissements réalisés par des tiers à un montant compris entre 130 à 150 millions d’euros, soit un maximum annuel de 100 millions d’emprunts au cours des exercices 2011 à 2013).
3) La dématérialisation et la modernisation de la gestion comptable
En concertation avec le partenaire naturel du service des finances que sont la Trésorerie générale et la paierie départementale mettre en œuvre les diverses dispositions contenues dans la convention de service comptable et financier (CSCF), dont la dématérialisation des titres de recettes (en 2011) et des mandats de paiement (en 2013). Cela comporte notamment la dématérialisation des diverses pièces comptables et des marchés publics.
La mise en place des diverses dispositions devrait conduire à une rationalisation et une mécanisation plus grande du travail, à des gains de productivité et donc à une économie en matière de dépenses du personnel pour l’ensemble des services du conseil général.
4) La réalisation du contrôle de gestion et d’audits :
Une liste d’audits à réaliser tant en interne sur les services du conseil général, qu’en externe sur les structures agissant soit pour le compte du conseil général, soit en ses lieux et places, est soumise au président pour validation.
La priorité des audits devra concerner des études de chaînes financières pouvant apporter des économies immédiates, ou détecter des trésoreries dormantes.
Mais attention, pour atteindre ces quatre objectifs, l’élément clé est de disposer d’un service des finances comprenant des agents compétents, professionnels et motivés.
Le point clé pour réaliser ces objectifs est a minima, de disposer d’un service des finances en état de marche quant à la qualification des agents et leur professionnalisme. Or quel est le bilan que l’on peut objectivement établir au moins depuis août dernier ?
C’est une véritable déconstruction et déstabilisation du service des finances, malgré l’ampleur des tâches à réaliser.
Service du budget : perte de la mémoire, par le déplacement du chef de service et le recrutement tardif d’un chef de service adjoint, demande d’au moins deux autres agents de quitter le service.
Service de la gestion financière : déstabilisation du chef de service, manque de moyens en personnel, notamment en ce qui concerne la gestion de la dette, mutation de personnel sans remplacement immédiat.
Service contrôle de gestion et audit : en un mois, départ demandé de deux agents ainsi que du troisième (qui souhaite intégrer le service du personnel). Comment vont être remplacés le savoir-faire et l’expérience acquise, du jour au lendemain, pour réussir les objectifs fixés ci-dessus, notamment en ce qui concerne les études et audits ?
Si rien ne s’oppose aux mutations d’agents, le problème est : pourquoi maintenant, et sans remplacer les agents mutés par des agents de même valeur et expérimentés ?
Il ne faut pas négliger la technicité du domaine des finances (fiscalité, emprunts,…). Ce ne sont pas des domaines où l’on peut faire place à l’improvisation, et il est nécessaire d’avoir des agents expérimentés, ayant travaillé au moins une année sur les questions financières. Ainsi, si rien ne s’oppose à l’intégration au service des finances d’un ou deux agents du laboratoire départemental, pourquoi ne pas renouveler l’embauche d’un agent compétent et formé en matière de gestion des subventions ? (Cet agent maîtrise le logiciel GAD). Les agents du laboratoire ne pourront pas suppléer instantanément la technicité non renouvelée, et seront en doublon au moins six mois à une année.
Mon remplacement est prévu le 1° février 2011 par un nouveau chef de Pôle gestion financière et audit. Cependant si j’ai effectivement postulé pour la fonction de directeur des services financiers du conseil général de l’Isare en janvier 2010, je n’ai obtenu aucune réponse et c’est le Cabinet de recrutement Profess qui a relancé ma candidature en mai 2010, par défaut d’un autre candidat. Ce cabinet était parfaitement et totalement informé, depuis au moins dix années sur mon profil et mes capacités professionnelles. Ce recrutement a conduit à la fois à déstabiliser les services des finances de la ville de Mont et du conseil général de l’Isare, en créant l’insécurité, la désorganisation et l’impermanence à la tête du service des finances de ces deux structures. Il ne fallait donc pas relancer ma candidature, ce qui constitue à mon avis une erreur de management. Cependant j’estime avoir rempli depuis le 10 août 2010 ma part de contrat, y compris concernant l’organisation financière du voyage de la délégation du conseil général au Liban. Je demande donc que mon remplacement dès le 1° février 2011 soit effectué en respectant la dignité de chacun. »
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Thésée tue le minotaure ?
Seul Thésée pourra, en 2012, terrasser le minotaure. Aucun bon sentiment ne sera épargné. Le président sera remis en face de son vrai moi et de la réalité banale quotidienne. Ceci malgré sa crainte irraisonnée qu’il ne soit mis fin au culte de son ego surdimensionné. Lui-même aspire à la délivrance. Seul Thésée pourra terrasser le minotaure, sous réserve de condamner le palais départemental et s’engager à le transformer en musée. Il faudra prendre un bureau et renouer un contact avec la base populaire, mettant ainsi fin à la malédiction du palais du minotaure.
La victoire de Thésée sur le minotaure est une étape importante de toute démarche initiatique, puisqu’il s’agit de la maîtrise par l’homme conscient de son aspect animal : c’est la conquête du ventre, des bas instincts par la tête et le cœur. Cependant, cette victoire a une limite : Thésée ressort du labyrinthe de la même façon qu’il y est entré, la porte d’entrée et de sortie sont une seule et même porte. C’est dire qu’il ne sort pas par le haut.
Trois issues sont donc possibles pour le président du conseil général. Comme la création du minotaure est la fusion entre son propre ego et un palais somptuaire construit de fait pour accueillir le minotaure, il peut, dès aujourd’hui, faire une rupture et un acte fort : installer son bureau présidentiel hors de ce bâtiment, en se rapprochant des services départementaux. Secondement, il peut vaincre le minotaure par l’ascèse, l’humilité, la sobriété et le silence : les forces ayant constituées le minotaure peuvent s’effilocher si elles ne sont pas nourries par les bas instincts. Troisièmement, il peut s’enferrer dans cette damnation du minotaure, et alors il sera vaincu par un Thésée, de gauche ou de droite lors des prochaines élections cantonales. Dans le premier cas : « éloge de la fuite », dans le second cas, « courage » et dans le troisième cas, « perte d’une opportunité de progresser et retour à la case départ ».
Le labyrinthe :
Le labyrinthe représente une danse, avec des allées et des retours, aboutissant au centre du cercle.
Au moyen âge, le labyrinthe figure le pèlerinage de Compostelle, réservé aux pauvres ou aux personnes qui n’avaient pas le temps d’entreprendre le pèlerinage réel.
La question qui se pose est : une fois arrivé au centre, que se passe-t-il ? Normalement, des ailes ont du pousser, et le récipiendaire doit sortir par le haut : en quelque sorte, il s’est spiritualisé !
Or Thésée, après avoir tué le minotaure, sort du labyrinthe par le même chemin que celui par lequel il est entré, grâce au fil d’Ariane. Cela indique un manque de confiance, et une initiation non réussie et non aboutie. Thésée revient à son point de départ, au lieu d’entrer dans le monde de la spiritualité.
Le labyrinthe de Crète est pour les alchimistes, le symbole de la matière en putréfaction.
Le mot de l’ancien français, baler, qui signifie danser, vient directement du grec ballô (jeter, lancer), sur lequel s’est formé symballein (jeter ou lancer ensemble) et le substantif symbolè, dont a été fait le mot symbole, ainsi que diaballein (jeter de part et d’autre) dont découle le mot diable.
L’une des plus anciennes danses rituelles du monde méditerranéen, est celle que les Grecs appelaient geranos, la grue, exécutée par les adolescents des deux sexes autour de l’autel cornu d’Aphrodite à Délos. Selon Plutarque, elle aurait été instituée par Thésée en commémoration de la délivrance des jeunes gens qu’il avait sauvés de la gueule du minotaure. Elle figurait l’enroulement et le déroulement de la marche du héros dans les circonvolutions complexes du labyrinthe de Crète.
C’est là le mystère de la mort et de la résurrection, la voie de tout ce qui meurt pour retourner à la lumière de la vie, selon le rythme du solve et coagula dans lequel nous entraîne le quatrain de Nuysement :
« Si le fixe tu sais dissoudre
Et le dissous faire voller
Et le vollant fixer en poudre
Tu as dequoy te consoler. »
Le symbolisme du labyrinthe de la cathédrale de Chartres :
Si vous entrez dans le labyrinthe et que vous suivez le chemin, vous vous retrouvez en train de vous déplacer en spirale : d’abord vous allez à gauche, puis vous revenez vers la droite, tout en vous rapprochant du centre, Les pèlerins qui suivent ce chemin se retrouvent engagés dans une danse, comme celle de Jésus décrite dans les Actes de Jean. Le but du labyrinthe, comme de toute pratique initiatique, est d’atteindre un état de conscience alternatif dans lequel l’esprit s’élève dans le monde des esprits et fait l’expérience de la mort, tout en restant en vie.
A Chartres, Ariane intervenant pour sauver Thésée est Marie, qui donne naissance au dieu Soleil, et à travers Lui, nous pouvons donner naissance à notre être supérieur.
Le labyrinthe de Chartres est donc une aide à la méditation et à l’accession à un état de conscience alternatif.
ACTE 2
MIDAS BONIMENTEUR
Le sens de l’organisation est dévoyé par le culte du Minotaure.
Dans ce cadre, se pose le dilemme suivant pour le directeur des services financiers :
Soit plier devant le culte du minotaure, et ne rien dire ;
Soit refuser, dire la vérité, et se retrouver au placard (« mort professionnelle »)
Le directeur du service des finances choisit de remplir sa mission. Il dit la vérité, et se retrouve au placard.
Comme l’objectif du minotaure est de réussir à tout prix, quelle que soit la voie empruntée et les moyens utilisés, l’un de ces moyens est le mensonge. Alors que le Midas mythique transformait tout ce qu’il touchait en or, le minotaure bellovaque transforme tout ce qui passe dans son esprit en mensonge. L’une des raisons est également le caractère obséquieux et flatteur de son entourage. Personne n’ose lui présenter la réalité telle qu’elle est, souvent par calcul et pour protéger sa propre peau.
Ceci repose sur deux considérations :
D’abord, le président utilise la collectivité territoriale, non pas pour servir le bien commun, mais pour réaliser ses propres ambitions : devenir un jour sénateur de l’Isare, se maintenir tant que possible en tant que président du conseil général, et satisfaire son goût du pouvoir.
Ensuite, une fois que le président a développé une vision de la réalité, les éléments de la réalité doivent être, au niveau du mental et de la communication, tordus de telle sorte que ces éléments entrent dans son schéma de pensée. Et ce sont essentiellement Duhaut et Dubas qui se chargent de la manœuvre, afin de donner une interprétation des faits conforme à la vision présidentielle. Il en résulte que, de plus en plus, le président vit dans une bulle, le « château du minotaure », étrangère à la vie quotidienne des Isariennes et Isariens.
Le Daubeur. D.O.B. ou daube ?
Lors de la préparation du débat d’orientations budgétaires, pour préparer le budget primitif de l’exercice 2011 du conseil général de l’Isare, techniquement et financièrement, il est possible de présenter un document correspondant à la réalité conduisant à un budget pour l’exercice sincère et équilibré. Ainsi, les dépenses de fonctionnement augmentent de la même façon que les recettes de fonctionnement, avec une progression positive d’environ 3,5 %. Il en résulte une épargne brute (différence entre les recettes de fonctionnement et les dépenses de fonctionnement, encore satisfaisante, d’environ 70 millions d’euros, cette épargne brute permettant à la fois de couvrir le remboursement de la dette en capital et de financer les amortissements et une partie des dépenses d’investissement. Si l’on ajoute à ce montant de 70 millions d’euros, le montant de l’excédent de l’exercice 2010, soit environ 30 millions d’euros, le total de l’épargne brute serait de 100 millions d’euros.
Au lieu de cela, le président a organisé un grand mensonge, avec divers objectifs : tromper sa propre majorité politique, tromper son opposition et tromper l’ensemble des citoyens. Il s’agit à la fois d’organiser le budget 2011 de la collectivité territoriale, de façon à faire entrer le débat d’orientations budgétaires dans sa conception de la réalité, et aussi de se créer une marge de manœuvre permettant de façon favorable au minotaure de se présenter aux élections sénatoriales et aussi aux élections cantonales de 2012.
Ainsi, afin de faire la démonstration que le président a toujours raison malgré les faits et contre la réalité, il diminue artificiellement les recettes de fonctionnement de 10 millions d’euros, ceci afin de prouver que l’effet ciseau (diminution plus rapide des recettes de fonctionnement que des dépenses de fonctionnement) exerce ses effets néfastes dès 2011. De plus il diminue de façon tout à fait artificielle les dépenses de fonctionnement de près de 34 millions d’euros, s’agissant surtout de dépenses obligatoires d’aides sociales. Il diminue la plupart des subventions de fonctionnement de 25 % des montants demandés, se réservant une cagnotte qu’il pourra révéler en fin d’exercice, lors de la décision modificative prévue fin septembre ou octobre 2011, apparaissant alors comme le sauveur.
Mais par ailleurs, il maintient, malgré les nouvelles conditions économiques et financières, un montant de près de 180 millions de crédits de paiement, en dépenses d’investissement, dépenses d’équipement brut et subventions d’investissement versées à des tiers !
A plusieurs reprises, le directeur du service des finances a insisté sur le respect de la distinction des deux étapes budgétaires ; d’abord le débat d’orientation budgétaire, ensuite le vote du budget primitif. Le lundi 11 janvier 2011, le Président a été très clair sur la distinction de ces deux étapes et l’antériorité logique du débat d’orientation budgétaire. Or il semble que le budget soit évoqué lors des commissions du mois de janvier. C’est mettre la charrue avant les bœufs, cela crée de la confusion par rapport à l’opposition ; et surtout il en résulte un risque juridique d’annulation du budget primitif 2011. Il est essentiel, après examen par les services juridiques, que l’ordre logique et réglementaire soit rétabli : d’abord, le débat d’orientation budgétaire, en assemblée départemental, animé par le Président, dont c’est la prérogative, ensuite examen, en fonction des orientations retenues lors de ce débat, des propositions budgétaires à inscrire au budget primitif 2011 : donc il convient de prévoir les réunions des commissions budgétaires en février prochain, après débat d’orientation budgétaire !
La crainte du président minotaure est si grande, ainsi que la volonté de lui faire plaisir, que Duhaut ne dit pas tout, mais cache tout ce qui peut déplaire et annonce tout ce qui peut faire plaisir. C’est là sa forme d’intelligence et son désir de survivre ! Ainsi, il n’annonce pas au président les conditions dans lesquelles il a volontairement créé une impasse de 34 millions d’euros dans le budget 2011.
Gestion du personnel départemental : être un vassal ou la valise
La même politique du mensonge est mise en œuvre en ce qui concerne la gestion du personnel. Ce management est basé sur la volonté de puissance, sans tenir aucun compte de la légalité républicaine. Heureusement, elle repose aussi sur des erreurs dues à de l’incompétence manifeste. Ainsi, le minotaure est tellement imbu de son bon droit, qu’il méprise toute légalité républicaine, promptement foulée aux pieds.
Le nombre de mises aux placards s’accélère, au fur et à mesure de la prise de conscience du caractère infernal et bestial du président : en 2010, ce fut le cas de nombreux directeurs, dont la directrice de la culture et le directeur du service informatique ; mais antérieurement, sont passés par là le directeur précédent des ressources humaines, ainsi que le directeur précédent du service des finances Jean Marcial Legoût. Ce dernier a été pris en sandwich entre Duhaut et Dumilieu, passant beaucoup de temps à pleurer, avant d’organiser sa mutation auprès du précédent directeur général des services, Duvin, muté comme directeur général des services d’un conseil général voisin de l’Isare. Le départ de Jean Marcial Legoût a été précipité lorsqu’il a refusé, par déontologie personnelle, à faire prendre en charge par le service de la comptabilité le billet d’avion de l’épouse du président !
S’y ajoutent les départs, notamment des encadrants du pôle Solidarité, que ce soit la directrice générale adjointe, ou les divers directeurs !
C’est ainsi que Duhaut organise les départs : en octobre 2010, il s’est adressé au Cabinet Licht pour rechercher un remplaçant au directeur des finances, ceci en catimini, avec la complicité de Barthélemy Commun. En même temps, il a organisé le remplacement de Barthélemy Commun en recherchant un nouveau directeur des ressources humaines, auprès du cabinet Profess, sans que ce cadre n’en sache rien, en passant par le directeur du service des finances pour mettre en paiement le contrat de recrutement.
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C’est ainsi qu’est organisé le départ du directeur général adjoint en charge du service des finances, Jean Paul Thé.
Jean Paul Thé
Le 12 janvier 20101
Lettre recommandée avec accusé de réception.
Monsieur le Président
du Conseil Général de l’Isare
(sous-couvert de la voie hiérarchique)
OBJET : Fin de fonctions dans l’emploi fonctionnel.
A votre demande, Monsieur Yanick DUHAUT, Directeur Général des Services du Conseil Général de l’Isare m’a signifié oralement la fin de fonctions dans l’emploi fonctionnel à l’initiative de la collectivité.
Cette fin de fonction est encadrée par une procédure particulière, dans le cadre de la légalité républicaine. Je suis dans l’attente de la mise en œuvre de cette procédure.
Je vous pris d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments très distingués,
Jean Paul Thé
Copie : CNFPT
Service du personnel (pour mon dossier)
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Réunion du jeudi 14 janvier 2011.
8 heures 30
Présents :
M. Yanick Duhaut Directeur général des services du conseil général de l’Isare
M. Barthélemy Commun Directeur du Personnel
M. Jean Paul Thé Chef du Pôle Gestion Financière et Audit
Lieu : Bureau du Directeur général des services.
Les conditions de mon recrutement : j’ai postulé pour l’emploi de directeur général adjoint du Conseil général de l’Isare en décembre 2010. Ayant été reçu successivement par Yuri Clamour, du cabinet Profess, puis Yanick Duhaut, directeur général des services, et enfin le président en début d’année 2010, il y eut ensuite un temps très long, jusqu’en mai 2010, où il n’y avait plus aucun signe de la part de l’employeur. Pendant ce temps, le Conseil général tentait de recruter un autre candidat, qui a décliné l’offre, ne voulant plus donner suite à sa candidature. Ce candidat était un ami de l’ancien directeur de finances, Jean Marcial Legoût. Il convient de préciser que Jean Marcial Legoût est parti, plutôt mis dehors, que par une mutation volontairement choisie.
La façon d’organiser ma mise à l’écart a la forme d’une mise au placard qui n’ose pas dire son nom. Placard signifie mise à l’écart : c’est bien sûr à moi de le démontrer. La façon de demander de m’en aller, cela confine au harcèlement moral. Il m’appartient bien évidemment d’en établir les faits.
La décision de fin de détachement sur l’emploi fonctionnel doit être motivée par le président du conseil général. Elle est obligatoirement précédée :
D’un entretien préalable de l’autorité territorial avec le fonctionnaire. Je dois être avisé de la mesure envisagée à mon encontre et je dois être mis à même de présenter mes observations.
D’une information de l’assemblée délibérante.
Et d’une information de Centre National de la Fonction Publique Territoriale, afin que le CNFPT puisse m’accompagner plus efficacement dans mon reclassement.
Il ne peut être mis à la fin de fonction qu’après un délai de six mois suivant ma nomination dans l’emploi. Or, je ne suis présent de septembre 2010 à janvier 2011, que depuis cinq mois. La fin de fonction ne peut intervenir au cours de ces six mois. La fin des fonctions est précédée d’un entretien. Il vous incombe de veiller à ce qu’il n’existe aucun risque d’ambiguïté quant à l’objet de l’entretien auquel je suis convoqué, notamment afin que je puisse prendre mes dispositions afin de me faire assister. Il est recommandé d’envoyer la convocation en recommandé avec accusé de réception ou de remettre celle-ci en main propre à moi-même, avec signature d’un reçu de remise.
Concernant Madame Cathel Quilaime, compagne d’Hugo Dubas, directeur du Cabinet, un jour d’octobre 2010, le directeur général des services m’a affirmé fortement : « Si l’un des deux doit partir, c’est vous qui devez partir ». Cathel Quilaime a d’ailleurs confessé elle-même, en début d’année 2011, à un agent du service des finances, tout à fait lucide de la valeur ajoutée qu’elle apporte : « Si je n’étais pas la compagne du directeur de cabinet, cela fait longtemps que j’aurais été mis à la porte ». Par son incompétence, en moins de six mois, elle a réussi à faire partir les trois agents, contrôleurs de gestion ou auditeurs, pourtant reconnus comme compétents, de son service, l’un pour muter sur un poste d’un autre service du conseil général, et les deux autres pour donner leur démission !
Je suis donc en attente :
De la notification officielle selon la réglementation établie de la fin de mon détachement ;
D’une réunion dûment convoquée dans les règles de l’art avec un représentant de l’autorité départementale, me donnant mes nouvelles missions et les conditions permettant de remplir celles-ci. Avec la possibilité de faire mes observations.
A voir :
La date de fin de fonctions
Mes nouvelles missions (lettre de mission)
Le bureau qui me sera affecté
Le secrétariat mis à ma disposition
Mes attributions : téléphone, informatique, presse quotidienne, participation au comité de direction ou non, intitulé du poste,
Le billet d’avion de l’épouse du président est un alibi, qui confirme l’adage : « Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage »
Le directeur général des services a commis une erreur magistrale de management dans le comportement par rapport à Madame Natacha Briand : D’abord reçue pour une remontrance par le directeur général des services, le directeur de cabinet et moi-même, ensuite reçue par le directeur général des services en dehors de toute présence d’un supérieur hiérarchique pour s’excuser, en indiquant qu’il était obligé de faire cette démarche par rapport à une demande du cabinet.
Compte-rendu de réunion établi par le Directeur du service des finances.
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Jean Paul Thé Le 18 janvier 2011
Lettre recommandée avec accusé de réception
Monsieur le Président
du Conseil Général de l’Isare
(sous-couvert de la voie hiérarchique)
OBJET : Fin de fonction dans l’emploi fonctionnel.
Pour mettre fin au détachement sur l’emploi fonctionnel de directeur général adjoint, chef du Pôle gestion financière et audit, deux voies sont possibles.
La première voie est conforme à la réglementation, s’inscrit dans la légalité républicaine et respecte la dignité de chacune des parties. C’est la fin du détachement sur emploi fonctionnel et la mise en congé spécial. Cette voie, conforme à votre souhait d’interrompre au plus tôt ma présence au sein de l’effectif du conseil général de l’Isare, m’agrée également, sous réserve d’une application de la procédure. Cette mesure peut-être d’application immédiate, mon remplaçant ayant déjà été recruté afin d’assurer la continuité du service. Il n’est de l’intérêt de personne de ne pas mettre en œuvre ces modalités.
La seconde voie est contraire à la réglementation et elle est attentatoire à la dignité de chacune des parties. Il en résulte immanquablement des conséquences administratives, judiciaires, pénales, politiques et humaines dont je n’assume pas la responsabilité.
Vous m’avez transmis le 14 janvier 2011 une décision de changement de fonctions et d’affectation qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’une procédure de décharge de fonctions sur emploi fonctionnel. Il m’est confié une mission nouvelle de prospective à compter du 1° février 2011 par un document daté du 8 janvier 2011, s’agissant d’une version du 24 octobre 2010, document joint en annexe. N’ayant été prévenu oralement, et jamais par écrit, de ma décharge de fonction le lundi 16 novembre 2010, par le Directeur Général des Services, ceci est bien la preuve que la décision a été prise par devers moi antérieurement, sans qu’elle ne me soit notifiée. De plus cette nouvelle fonction n’apparaît dans aucun document relatif à l’organisation des services du conseil général en Pôles.
D’ores et déjà, respectueusement, je vous fais part des premières remarques suivantes :
Cette mutation interne est un manquement du conseil général à l’obligation d’exécuter de bonne foi ses engagements à mon égard et c’est aussi un manquement à son obligation de loyauté. La mutation interne est manifestement illégale pour deux motifs au moins : d’une part pour omission de la déclaration de vacance de poste, parce que la commission administrative paritaire (CAP) aurait dû être consultée – article 52 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 – et d’autre part parce qu’il y a détournement de pouvoir : la mesure est motivée par la volonté de m’évincer pour des raisons étrangères à l’intérêt du service et de me punir en dehors des règles disciplinaires.
Je suis déchargé de mon poste de chef de Pôle, sans que je n’aie fait l’objet d’aucune action ni observation écrite concernant d’éventuels manquements au travail ou lacunes de compétences. Si je pose des problèmes d’adaptation à l’emploi, rien n’a été fait pour me soumettre à un examen, et à un bilan de compétences afin de confirmer mes aptitudes. Concernant mon comportement professionnel, il n’a fait l’objet d’aucune critique, aucune remarque n’a été formulée en leur temps, et aucune procédure réglementaire et administrative n’a été respectée.
Chef du service des finances et de l’audit, je suis propulsé sur un poste de chargé de mission sans encadrement, avec une fiche de poste bricolée pour les besoins de la cause. Cette mise au placard poursuit un but étranger à l’action administrative : non seulement elle vise par une stratégie prédéfinie mon éviction, mais encore elle porte atteinte à ma dignité de personne humaine. La mise au placard, sanction illégale, me prive de mes droits statutaires, et en particulier du droit à exercer les fonctions dévolues à mon grade. Pour dissimuler cette action malhonnête, il lui est donné un habillage juridique : officiellement, il s’agit de me muter dans l’intérêt du service, et pourquoi pas en louant si nécessaire certaines de mes qualités pour justifier le choix porté sur moi de remplir des fonctions présentées comme indispensables.
C’est une mise à l’écart : je suis assigné dans un local spécialement choisi (réduction de l’espace de travail), et je n’apparais plus sur l’organigramme adopté par le conseil général de l’Isare. Mes attributions sont supprimées : délégation de signature (marque de confiance), encadrement d’agents (marque d’autorité) et déqualification.
Cette sanction déguisée, avec des motifs qui demeurent cachés, motifs occultes sans doute en raison de leur illégalité, vise à m’atteindre psychologiquement, et elle est d’autant plus répréhensible, qu’elle peut affecter ma santé.
Effacé, déplacé, éloigné, déconsidéré, cette mesure de rétorsion correspond à une volonté de nuire perverse et à une situation avilissante, contraire à toute dignité, qui n’est pas sans effet tragique sur l’ensemble de l’organisation départementale. Il s’agit de pousser à bout pour provoquer un comportement fautif.
Ce changement d’affectation, qui conduit à une modification substantielle dans la nature de mes fonctions, est susceptible de compromettre mon avenir professionnel. Cette mesure suspecte, dégradation délibérée des conditions de travail imputable à l’autorité hiérarchique, semble une entreprise qui se fonde sur des motifs réels inavouables.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments très distingués,
Jean Paul Thé
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Email adressé à Barthélemy Commun, directeur des ressources humaines, avec copie à Yanick Duhaut et à l’adjoint du Directeur des ressources humaines :
Bonjour,
Faisant suite à ma nouvelle affectation à compter du 1° février 2011, et à la demande du directeur général des services, je te propose d’examiner les conditions matérielles de mon installation :
Participation aux réunions : Assemblée délibérante ? Commissions ? Comité de Direction ou CODIR (avec le Président ? Avec le Directeur général des services ?). Je ne devais plus participer aux CODIR. Le document de travail qui définit mon poste prévoit une participation au CODIR.
Au titre de directeur général adjoint : frais de représentation, presse, etc.
Informatique : quels accès : application financière Sedit Marianne ? MGDIS ? GAD ? POSEIDON ? Outils INSEE ? Commun Pôle gestion financière et audit ?
Bureautique : afin de ne pas gêner ton secrétariat, peut-on installer une imprimante couleur dans mon bureau (tirage de plans) ?
Et d’autres éléments matériels.
Pour la définition du poste, j’ai des propositions précises afin de pérenniser cette fonction.
En effet, de façon synthétique et pour faire court :
Le diagnostic : le conseil général de l’Isare, ne dispose pas d’une vision prospective à court terme (2012).
Il est donc nécessaire de faire un bilan de l’existant et de préparer sur cette base, en tenant compte des réalités sociales, économiques et financières, d’un programme pour 2012 (« L’Isare dans quinze ans 2011-2026 »).
Il est évident que les hauts cadres ont trop la tête dans le guidon, et manquent de pouvoir d’anticipation et de perspective.
Il y a également nul endroit ou service où est effectué un bilan des décisions prises (territorialisation, parc DDE, …).
Mon poste est donc à la charnière du politique et de l’administratif, et nécessite une étude minutieuse du terrain. La fiche métier CNFPT qui lui correspond le mieux est celle d’inspecteur, et non d’attaché de l’Observatoire statistique. C’est essentiellement de la transversalité, et donc des contrôles sur place et sur pièces.
Cette vision doit être partagée : dans l’ordre, par le Président, les élus de la majorité, les hauts cadres, et les agents. Comme je l’ai indiqué dans une note d’octobre 2010, dans la mesure où les temps seront difficiles pour l’ensemble des agents, il est essentiel de diffuser de l’espérance réaliste, et au moins des explications.
Der manière pratique, cela signifie mettre à jour les différents documents prospectifs (Agenda 21, Plan routier sur 15 ans, conventions avec la Région,…)
C’est donc loin de simplement collationner les études statistiques, de façon molle et passive, de l’INSEE.
Afin de préciser ces éléments, je propose de me communiquer les fiches de postes des personnes avec lesquelles je devrais en priorité travailler : DCSA, Observatoire,…
Bien à toi,
Jean Paul Thé
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Bello, le 22 janvier 2011
Le président du conseil général
à
Monsieur Jean-Paul Thé
sous-couvert de Monsieur le directeur général des services
Objet: Evolution de vos fonctions à compter du 1er février 2011
J'accuse réception de vos courriers recommandés des 12 et 18 janvier 2011 par lequel vous attirez mon attention sur l'évolution de votre situation, à compter du 1° février 2011, en qualité de directeur général adjoint des services au sein de la collectivité départementale.
Vous avez été recruté en tant que directeur général adjoint en charge des services financiers à compter du 1° Septembre 2010. Depuis votre entrée en fonction, l'organisation de l'administration départementale a été optimisée en pôles et il s'est avéré que vous vous êtes retrouvé assez vite en inadéquation avec cette nouvelle dimension. En conséquence de quoi, j'ai décidé conformément à l'article 52 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale de faire évoluer vos fonctions et de vous affecter en tant que directeur général adjoint à la prospective.
Dans votre lettre du 18 janvier 2011 vous mentionnez qu'un congé spécial au titre d'une décharge de fonction serait une voie susceptible de vous agréer. Je tiens à vous préciser que la mutation interne qui vous est proposée ne correspond nullement à une décharge de fonction, et que même si cela avait été le cas, le congé spécial qui serait de droit au titre de l'article 53 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ne pourrait vous être appliqué puisque la collectivité territoriale dispose de postes d'administrateurs vacants. Par ailleurs, concernant la seconde modalité d'attribution du congé spécial, en dehors d'une décharge de fonction, prévue par l'article 99 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984, cette mesure ne vous est pas applicable puisque vous ne réunissez pas la condition d'occupation de l'emploi fonctionnel depuis deux ans au moins.
Le poste de directeur général adjoint des services chargé de la prospective qui vous est destiné à compter du 1° février 2011 a fait l'objet d'une déclaration de vacance de poste en bonne et due forme. II est placé sous l'autorité directe du directeur général des services et est de niveau équivalent à celui que vous occupez depuis le 1° septembre 2010, y compris dans son environnement matériel et organisationnel. Vos conditions pécuniaires incluant les avantages en nature (logement et véhicule de fonction) dont vous bénéficiez actuellement demeurent inchangées.
Yanick Duhaut, directeur général des services et Barthélemy Commun, directeur délégué aux ressources humaines ont pu, lors des deux entretiens des 14 et 19 janvier 2011 qu'ils vous ont accordés, vous préciser vos nouvelles fonctions et apporter des réponses précises concernant les modalités d'adaptation à votre environnement de travail.
Je constate au compte-rendu de ces réunions avec satisfaction que vous avez contribué à l'enrichissement du contenu et des objectifs de votre nouveau poste et que vous avez sollicité auprès du directeur général des services une formation adaptée et l'aménagement de votre nouveau poste de travail.
Je veillerai avec le directeur général des services à ce que vous soit donné satisfaction sur ces deux points et je compte sur votre engagement pour réussir dans les nouvelles missions qui vous sont confiées au service de la collectivité. Vos collègues, directeurs généraux adjoints, directeur délégué aux ressources humaines et directrice de la coordination et du secrétariat de l'assemblée vous apporteront tout le concours nécessaire à la bonne réalisation de vos travaux afin de vous permettre d'atteindre vos objectifs.
Jules Minotaure
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Détruire : la mise au placard.
Du jour au lendemain, l’agent mis au placard est dessaisi de tous les attributs de sa fonction : son bureau, spacieux, bien équipé, est remplacé par une petite pièce de trois mètres sur trois mètres, mal située, sans nom sur la porte, ceci afin de déstabiliser et de créer l’anonymat.
Rien à voir avec l’entrée en fonction : alors, l’agent a reçu en dotation une centaine de cartes de visite. Uns fois placardisé, plus rien de cela, pas de carte de visite !
Les consignes données au service informatique sont d’équiper ce bureau d’un téléphone, d’un appareil informatique et d’une imprimante en noir et blanc.
Le téléphone est rudimentaire, avec un seul numéro, et ce n’est plus un téléphone standard, avec une liaison directe avec le directeur général des services, le directeur de cabinet et les autres directeurs généraux adjoints.
L’appareil informatique ne comporte pas de caméra Web, permettant de visualiser l’interlocuteur, membre du comité de direction.
L’agent ne gère plus de personnel et n’a plus de secrétaire. Isolé, sans consignes précises, sans gérer de personnel, il s’agit donc bien d’un poste virtuel, non pérenne, créé pour la circonstance, qui sera supprimé une fois « réglé » la question du placardisé (départ, maladie ou autre). C’est bien l’organisation d’une fausse mutation, en méconnaissance des droits élémentaires, ceci afin d’éviter la décharge de fonction.
Le bureau affecté au placardisé est situé entre le bureau du directeur général des services et le secrétariat de la direction des ressources humaines. La porte entre le secrétariat et le bureau est fermée à clé. C’est bien la volonté de confiner le placardisé et de rompre toute relation sociale avec les collègues.
Du jour au lendemain le placardisé se voit retirer de tous les circuits : il n’est plus destinataire de la presse, et ne reçoit plus les diverses informations, dont les circulaires de services officielles.
Le numéro de téléphone, ainsi que la nouvelle fonction du placardisé n’étant pas communiqués par note officielle à tous les services, du jour au lendemain, le placardisé est coupé de tout contact téléphonique.
Lorsque, épisodiquement, le directeur passe dans le bureau du placardisé, c’est pour le culpabiliser sur son inactivité et l’encourager à chercher un poste ailleurs.
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Affaire : THE Jean Paul
LES FAITS
Le recrutement :
Jean Paul Thé été contacté fin 2009 par Monsieur Yuri Clamour du cabinet Profess pour occuper un poste de directeur des services financiers au conseil général de l’Isare. Reçu d’abord à Paris, dans le bureau de Monsieur Clamour, puis à Bello, au siège du conseil général, par Messieurs Yves Duhaut, directeur général des services, et Barthélemy Commun, directeur des ressources humaines, Jean Paul Thé n’a pas eu de contact jusqu’au mois de mars 2010. A cette date, Monsieur Clamour l’a recontacté pour lui indiquer qu’il était le candidat le plus solide pour occuper le poste. Il a donc eu un entretien avec Messieurs Duhaut et Commun le 2 avril 2010.
Par lettre du 15 mai 2010, Monsieur Jules Minotaure l’a informé que sa candidature a été retenue pour un recrutement de directeur des services financiers, directeur général adjoint des services départementaux.
Par mail du 20 mai 2010, Monsieur Commun lui indique qu’un entretien est prévu avec le président du conseil général.
Le lundi 25 mai 2010, Jean Paul Thé sollicite sa mutation auprès du maire de Mont pour le recrutement de directeur des services financiers, ainsi que son recrutement auprès du président du conseil général au sein des services départements de l’Isare.
Le 1° juillet 2010, le maire de Mont émet un avis favorable à sa mutation au 1° septembre 2010.
A la date du 10 juillet 2010, Monsieur Duhaut communique une attestation de recrutement en qualité de directeur général adjoint des services, chargé des services financiers au sein des services du département de l’Isare, d’attribution d’un logement de fonction et des avantages accessoires.
Le 21 juillet 2010, le président du conseil général de l’Isare confirme son intégration au sein des services départementaux le 1° septembre 2010, et lui adresse un dossier de recrutement, qu’il envoie par retour de courrier.
Le 18 août 2010, Jean Paul Thé confirme son acceptation à la proposition de nomination de directeur général adjoint, directeur des services financiers du conseil général de l’Isare et il sollicite son détachement sur cet emploi fonctionnel à compter du 1° septembre 2010.
Le 15 septembre 2010, le conseil général de l’Isare lui adresse un arrêté de délégation de signature daté du 15 septembre 2010.
Le premier bulletin de salaire pour la période du 1° au 30 septembre 2010 indique comme qualification : « Directeur général adjoint département moins de 900 000 habitants, Directeur général adjoint de service ».
Le 28 septembre 2010, il lui est remis par bordereau de transmission un ensemble de documents comportant les pièces suivantes :
Un arrêté du président du conseil général en date du 10 août 2010 concernant son recrutement par voie de mutation à compter du 1° septembre 2010, en tant qu’administrateur hors classe.
Un arrêté du président du conseil général en date du 26 août 2010 concernant une bonification indiciaire en tant que directeur général adjoint des services.
Un arrêté du président du conseil général en date du 26 août 2009 concernant l’attribution d’un logement de service et des avantages accessoires.
Un arrêté du président du conseil général en date du 26 août 2010 concernant l’attribution à compter du 1° septembre 2010, d’une indemnité d’administrateur et d’une prime départementale.
Un arrêté du président du conseil général en date du 26 août 2010 concernant son détachement dans l’emploi fonctionnel de directeur général adjoint des services, chargé de la direction des services financiers, à compter du 1° septembre 2010 pour une durée de trois ans.
Courant septembre 2010, le service du personnel lui adresse un projet de Lettre de mission pour validation. Cette lettre de mission lui est officiellement notifiée le 29 septembre 2010.
Le 30 octobre 2010, le maire de Mont lui notifie un arrêté en date du 30 octobre 2010, le radiant des effectifs du personnel municipal de la ville de Mont à compter du 1° septembre 2010.
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Le 12 janvier 2011, Jean Paul Thé adresse au président du conseil général une lettre recommandée avec accusé de réception afin de l’interroger sur les conditions de cessation de fonction de directeur des services financiers à compter du 1° février 2011.
Lors d’un entretien du 14 janvier 2011, Monsieur Duhaut, directeur général des services, en présence de Monsieur Commun, directeur délégué aux ressources humaines, l’informe d’une décision de changement de fonctions et d’affectation. Il lui est confié une mission nouvelle de prospective à compter du 1° février 2011. Jean Paul Thé refuse de signer le document qui acte cet entretien.
Il lui est remis également un document de travail de définition de poste de directeur général adjoint en charge de la prospective. Ce document est daté :
Du 24 octobre 2010 (version du 24 octobre 2010)
Du 8 janvier 2011.
Alors que Jean Paul Thé est rattaché directement au directeur général des services, dans le cadre de ces nouvelles fonctions, ce document comporte les deux visas suivants : « Date et visa du N+1 » et « Date et visa du N+2 ».
Jean Paul Thé adresse diverses remarques sur la procédure au président du conseil gé1.
Jean Paul Thé est reçu à nouveau en entretien par Monsieur Duhaut le 19 janvier 2011, en présence de Monsieur Commun, directeur délégué aux ressources humaines.
Jean Paul Thé adresse un mail le 20 janvier 2011 à Monsieur Commun, avec copie à Monsieur Duhaut, directeur général des services et Monsieur Emire, directeur délégué adjoint aux ressources humaines, comportant divers aménagements sollicités dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Ce mail restera sans réponse à ce jour.
Le président du conseil général lui adresse une lettre le 22 janvier 2011, relative à l’évolution de ses fonctions à compter du 1° février 2011.
Monsieur Commun lui communique par bordereau en date du 26 janvier 2011, d’une part un arrêté portant modification de l’arrêté du 26 août 2010 en date du 26 janvier 2011, et une décision d’affectation à compter du 1° février 2011, datée du 26 janvier 2011.
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L’organigramme du conseil général de l’Isare :
Il existe une définition de poste du Directeur des services financiers, daté du 1° septembre 2005 (code : DSF001)
L’organigramme diffusé à ce jour date d’une part du 23 juin 2009, et d’autre part d’octobre 2009.
Aucun de ces organigrammes ne comporte une fonction de directeur général adjoint en charge de la prospective.
Le dernier organigramme de l’administration départementale (version du 22 décembre 2010) a été soumis pour avis au comité technique paritaire.
Aucun de ces organigrammes ne comporte une fonction de directeur général en charge de la prospective.
Par contre, l’organigramme de l’administration départementale, version du 22 décembre 2010, indique page 2 :
« Direction de la coordination et des services de l’assemblée, direction rattachée directement à la direction générale des services, « Mission prospective ». »
L’état du personnel du Budget primitif 2010, comporte, au titre de l’emploi de Directeur général adjoint :
Effectif budgétaire : 4
Effectif pourvu : 2
Et au titre de l’emploi d’administrateur hors classe :
Effectif budgétaire : 2
Effectif pourvu : 2
L’état du personnel du Compte administratif 2009, comporte, au titre de l’emploi de Directeur général adjoint :
Effectif budgétaire : 4
Effectif pourvu : 1
Et au titre de l’emploi d’administrateur hors classe :
Effectif budgétaire : 2
Effectif pourvu : 2
L’état du personnel de la décision modificative numéro 1 Budget supplémentaire 2010, comporte, au titre de l’emploi de Directeur général adjoint :
Effectif budgétaire : 4
Effectif pourvu : 1
Et au titre de l’emploi d’administrateur hors classe :
Effectif budgétaire : 3
Effectif pourvu : 2
L’état du personnel de la décision modificative numéro 2 Budget 2010, comporte, au titre de l’emploi de Directeur général adjoint :
Effectif budgétaire : 4
Effectif pourvu : 1
Et au titre de l’emploi d’administrateur hors classe :
Effectif budgétaire : 3
Effectif pourvu : 2
Le nouvel organigramme de l’administration départemental, tel qu’adopté en 2010, comporte six emplois de Directeurs généraux adjoints, chefs des six Pôles. Il n’a été question dans aucune instance de la création d’un emploi de Directeur général adjoint en charge de la prospective, rattaché directement au Directeur général des services.
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Le billet d’avion de Madame Ariane Minotaure épouse du président du conseil général :
Billet d’avion pour les vols Paris-Beyrouth le 25 octobre 2010 et Beyrouth-Paris le 29 octobre 2010.
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Recrutements d’un nouveau directeur général adjoint chargé de la direction du service des finances et d’un nouveau directeur des ressources humaines du conseil général :
Alors que les deux postes sont régulièrement occupés par deux fonctionnaires, Messieurs Jean Paul Thé et Barthélemy Commun, Monsieur Yanick Duhaut, directeur général des services a, dès octobre-novembre, chargé respectivement les cabinets de recrutement Licht et Profess, d’une mission de recherche du directeur du service des finances et du directeur des ressources humaines. Le directeur du service des finances a été recruté le 1° février 2011.
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1° février 2011 : la mise au placard de Jean Paul Thé.
Le 1° février 2011 Jean Paul Thé est mis au placard. Il est dessaisi de tous les attributs de la fonction de Directeur général adjoint : son bureau, auparavant spacieux, bien équipé, est remplacé par une petite pièce de trois mètres sur trois mètres, mal située, sans nom sur la porte...
Rien à voir avec l’entrée en fonction : alors, il a reçu en dotation une centaine de cartes de visite. Une fois placardisé, plus rien de cela, pas de carte de visite !
Les consignes données au service informatique sont d’équiper ce bureau d’un téléphone, d’un appareil informatique et d’une imprimante en noir et blanc.
Le téléphone est rudimentaire, avec un seul numéro, et ce n’est plus un téléphone standard, avec une liaison directe avec le directeur général des services, le directeur de cabinet et les autres directeurs généraux adjoints.
L’appareil informatique ne comporte pas de caméra Web, permettant de visualiser l’interlocuteur, membre du comité de direction.
Jean Paul Thé ne gère plus de personnel et n’a plus de secrétaire. Isolé, sans gérer de personnel, il s’agit donc bien d’un poste virtuel, non pérenne, créé pour la circonstance, qui sera supprimé une fois « réglé » la question du placardisé (départ, maladie ou autre). C’est bien l’organisation d’une fausse mutation, en méconnaissance des droits élémentaires, ceci afin d’éviter la décharge de fonction.
Le bureau affecté au placardisé est situé entre le bureau du directeur général des services et le secrétariat de la direction des ressources humaines. La porte entre le secrétariat et le bureau est fermée à clé.
Du jour au lendemain le placardisé se voit retirer de tous les circuits : Jean Paul thé n’est plus destinataire de la presse, et ne reçoit plus les diverses informations, dont les circulaires de services officielles.
Le numéro de téléphone, ainsi que la nouvelle fonction du placardisé n’étant pas communiqués par note officielle à tous les services, du jour au lendemain, le placardisé est coupé de tout contact téléphonique.
Jean Paul Thé ne participe plus à aucune réunion, que ce soit avec les élus ou avec les autres directeurs généraux adjoints, à l’exception, lui a-t-on indiqué, la réunion du comité de direction qui regroupe tous les directeurs de l’administration départementale.
L’accès aux diverses applications financières sur son poste informatique a été supprimé ;
EN DROIT
Le dossier personnel n’a pas été consulté, à aucun moment de la procédure.
Il n’y a ni lettre de service ni note de service faisant le moindre reproche à Jean Paul Thé jusqu’à ce jour, dépôt de la présente requête.
Les délais de recours n’ont pas été notifiés.
La décision prise à l’encontre de Jean Paul Thé est donc illégale car la procédure au terme de laquelle elle intervient est viciée de façon substantielle. L’administration avait l’obligation de provoquer un débat avec Jean Paul Thé, qui va subir les effets de la décision, et Jean Paul Thé doit être mis à même de présenter une contradiction à l’administration avant que celle-ci ne prenne sa décision.
La mesure de retrait de la qualité de directeur général adjoint, en charge du service des finances et de l’audit, mesure d’éviction présentant une gravité suffisante, doit être précédée d’une procédure permettant à l’intéressé de se défendre, même sans texte.
L’agent doit notamment être mis à même de consulter son dossier avant toute mesure prise en considération de sa personne, en vertu de l’article 65 de la loi du 22 avril 1905. Cela vaut, même si la mesure n’est pas une sanction disciplinaire (mutation en raison des dissensions avec la hiérarchie et la mauvaise gestion d’un service ; C.E. 25 octobre 1996, Mlle Bougie, n° 106702).
Par ailleurs, de nombreuses dispositions prévoient la consultation préalable de la commission administrative paritaire, ce qui n’a pas été le cas.
Le poste créé pour la circonstance, à savoir celui de directeur général adjoint, en charge de la prospective, auprès du directeur général des services, n’existe pas sur l’organigramme officiel du conseil général, mis en œuvre après de nombreuses concertations et passage devant la commission technique paritaire, tel que présenté aux organismes paritaires, ainsi que communiqué à l’assemblée délibérante.
L’absence et l’insuffisance de l’exposé des motifs de la mesure de mutation à l’encontre de Jean Paul Thé constituent également un vice de forme substantiel. En effet, cet exposé, exigé par la loi, permet à l’auteur de la décision de bien valider sa position par une démarche écrite raisonnée, et permet à son destinataire de savoir pourquoi elle a été prise. Enfin il permet d’engager la discussion en cas de contentieux ultérieur.
Or dans la décision présente, l’administration a laissé son humeur influencer son pouvoir, au risque de franchir un pas vers l’arbitraire et en dehors de la légalité républicaine.
Il est de notoriété publique que le président du conseil général de l’Isare, suivi par le directeur général des services, reproche à Jean Paul Thé de ne pas avoir pris en compte avec suffisamment de célérité, sur le budget du département de l’Isare, le billet d’avion de l’épouse du président. Or Jean Paul Thé fait prendre en compte le billet d’avion dans la comptabilité départementale. Ceci est l’élément déclencheur de la décision de détournement de pouvoir.
L’administrateur a donc décidé dans une logique purement individuelle, afin d’éviter les procédures et leurs implications de mettre Jean Paul Thé à l’écart, dans un placard. L’administrateur, afin d’éviter les contraintes et les implications sensibles de la procédure (mettre fin au détachement sur emploi fonctionnel), a choisi une voie expédiente, voire expéditive. L’administrateur commet donc un détournement de procédure, qui empêche que le destinataire puisse d’abord s’expliquer.
La chronologie des événements montre le lien entre le billet d’avion et la mutation. Le mobile contestable de la décision est déterminant et elle est donc viciée par le détournement de pouvoir. De plus, la décision sans date de notification, ne précise pas comment elle peut être contestée et dans quel délai.
Une politique publique est faite avant tout pour le public, et doit viser une gestion saine des deniers publics. Or le directeur général adjoint, Monsieur Jean Marcial LEGOUX précédent Jean Paul Thé sur le poste, avait refusé de mettre en paiement un billet d’avion relatif à l’épouse du président du conseil général. Il en résulte qu’en un délai de moins d’une année, trois directeurs financiers se sont succédés sur le poste, avec les conséquences de bonne gestion que l’on peut raisonnablement imaginer (pas de suivi financier, instabilité, incohérences en matière de montage des différents documents budgétaires par les services,…).
L’autorité territoriale ayant mis fin au détachement sur la fonction de directeur général adjoint en charge de la direction du service des finances, aurait d’abord dû examiner s’il y a un emploi vacant dans la collectivité.
S’il en existe un, Jean Paul Thé aurait dû être affecté d’office sur cet emploi vacant. S’il n’y a pas d’emploi vacant, il aurait dû bénéficier des dispositions de l’article 53 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984. Là, remplissant les conditions, à sa demande, il aurait dû bénéficier d’un congé spécial.
La collectivité a préféré organiser le subterfuge de la création d’un pseudo-emploi vacant, celui de directeur général adjoint en charge de la prospective, alors qu’en réalité, il s’agit d’un placard, pour éviter de payer le coût des mesures prévues par l’article 53. Jean Paul Thé se voit confier de nouvelles fonctions dépourvues de toute consistance. Le placard contribue à déstructurer l’image que l’agent a de lui-même, ce qui le conduit à ne pas s’inscrire dans une dynamique positive de recherche de solution ou d’un autre emploi. L’ensemble des faits constitue un amoindrissement des responsabilités de l’agent en tant que directeur général adjoint. Il y a accélération de l’enchaînement de faits quotidiens a priori de peu d’importance, mais dont l’accumulation devient insupportable.
Jean Paul Thé se retrouve donc sans poste réel, mais quand même attaché à la collectivité.
Il y a un détournement de procédure, car Jean Paul Thé n’a pas de fonction réelle et n’a pas les moyens normaux qui lui permettraient d’assurer ses fonctions.
Jean Paul Thé n’a pas été mis à même de prendre connaissance de son dossier préalablement à la décision du président du conseil général. Lors de la rupture du détachement d’un directeur général adjoint, l’agent doit avoir été mis au préalable en mesure de consulter son dossier.
Le délai de six mois réglementaire n’a pas été respecté : en effet, officiellement, Jean Paul Thé est en poste du 1° septembre 2010 au 31 janvier 2011, soit cinq mois.
La déclaration de vacance de l’emploi de directeur général adjoint an charge de la direction du service des finances a été effectuée, sans information de la commission paritaire, et a été effectuée avant la fin du détachement. Le nouveau directeur général adjoint a été recruté alors que Jean Paul Thé était encore en poste, et alors qu’il ignorait cette démarche déloyale.
Jean Paul Thé, par cette action de détournement du pouvoir, est privé des mesures de protection de l’article 53 de la loi 84-53 du 26 janvier 1984. En effet, Jean Paul Thé a demandé la mise en congé spécial dans le cadre de ce qui est en réalité, une fin de détachement sur emploi fonctionnel.
Le poste de directeur général adjoint, chargé de la prospective n’est pas un vrai poste. Cet emploi n’a pas été créé par l’assemblée délibérante (article 34, loi 84-53). L’emploi ne répond pas à un besoin permanent, il a été créé pour éviter d’appliquer les procédures adéquates à Jean Paul Thé, et il sera supprimé, dès le départ de Jean Paul Thé, objectif implicitement visé. Les missions de cet emploi ne sont pas en rapport avec le grade de Jean Paul Thé, qui est administrateur territorial hors classe, et cet emploi apparaît dans l’organigramme officiellement arrêté par le conseil général à ce jour, au niveau du service DGSA, occupé déjà par un agent du grade d’attaché. Si le positionnement hiérarchique, à savoir le rattachement direct de Jean Paul Thé au directeur général des services, est en rapport avec le grade de Jean Paul Thé, cependant aucun moyen n’est fourni pour développer ce poste, contrairement aux demandes faites. Il n’y a donc pas de moyens pour agir.
Cet emploi présente donc toutes les caractéristiques d’un faux poste. C’est une simple ligne présentée dans le tableau des effectifs fourni après arrêt de l’organigramme officiel du conseil général, Le tableau des effectifs n’a pas été transmis pour avis à la commission technique paritaire, et de toute façon, le tableau des effectifs est seulement une annexe informative. Ce tableau est donc générateur de faux postes, avec les conséquences budgétaires qui en découlent.
Le conseil général ne dispose pas de poste permettant de reclasser Jean Paul Thé dans la collectivité. En effet, si le tableau des effectifs comporte une ligne pour l’emploi fonctionnel occupé (directeur général adjoint), et une ligne pour le grade du fonctionnaire détaché (administrateur territorial hors classe), durant le détachement, le « poste » afférent au grade est vacant. Donc, dans la logique de l’administration, en fin de détachement, le reclassement interne est possible voire obligatoire, car le poste est vacant. C’est aberrant, car le poste ne correspond pas à un emploi réel, autre que l’emploi fonctionnel. C’est donc illégal. C’est la porte ouverte au placard. L’administration a choisi cette solution afin de détourner les procédures, en oubliant que le seul emploi réel est l’emploi fonctionnel, le grade ne figurant au tableau des effectifs que pour permettre la mutation, le détachement et la gestion de la carrière.
L’article 12 de la loi 83-634 précise : « Toute nomination dans un grade qui n’intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d’exercer les fonctions correspondantes est nulle. ».
En conséquence, l’administrateur a transmis le 14 janvier 2011 à Jean Paul Thé une décision de changement de fonctions et d’affectation qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’une procédure de décharge de fonctions sur emploi fonctionnel. Il lui est confié une mission nouvelle de prospective à compter du 1° février 2011 par un document daté du 8 janvier 2011, s’agissant d’une version du 24 octobre 2010. N’ayant été prévenu que oralement et jamais par écrit, de sa décharge de fonction, le lundi 16 novembre 2010, par le directeur général des services, ceci est bien la preuve que la décision a été prise par devers l’intéressé, sans qu’elle ne lui soit notifiée. Cette nouvelle fonction n’apparaît dans aucun document relatif à l’organisation des services du conseil général de l’Isare jusque fin janvier 2011.
Cet emploi de directeur général des services en charge de la prospective a été pourvu sans faire l’objet de création ni de publicité réglementaire, ni d’information de l’assemblée délibérante. De plus l’emploi de directeur général adjoint des services en charge du pôle des finances et de l’audit a été proposé à un nouveau titulaire, Monsieur François VASSEUR, alors que Jean Paul Thé occupait encore ce poste, en pleine préparation du débat d’orientation budgétaire et du budget primitif 2011, sans que ce poste soit libéré, sans publicité réglementaire.
La mutation interne de Jean Paul Thé, organisée en catimini, et frauduleusement, est donc un manquement du conseil général à l’obligation de bonne foi de ses obligations à son égard et c’est donc un manquement de l’obligation de l’administrateur à l’égard de ses subordonnés. Cette mutation interne est manifestement illégale pour deux motifs au moins : d’une part, pour omission de la déclaration de vacance de poste, parce que la commission administrative paritaire (CAP) aurait dû être consultée – article 52 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 – et d’autre part parce qu’il y a détournement de pouvoir : la mesure est motivée par la volonté d’évincer Jean Paul Thé pour des raisons étrangères à l’intérêt du service et de le punir en dehors des règles disciplinaires pour une faute qu’il n’a pas commise, la prise en charge comptable du billet d’avion de l’épouse du président. De troisième part, l’administrateur a organisé le remplacement de Jean Paul Thé par devers lui, sans respecter aucune clause du recrutement, le poste n’étant pas disponible.
Jean Paul Thé est déchargé de son poste de chef de pôle des finances et de l’audit, sans qu’il n’ait fait l’objet d’aucune action ni observation écrite concernant d’éventuels manquements au travail ou lacunes de compétences. S’il pose des problèmes d’adaptation à la nouvelle organisation du conseil général, rien n’a été fait pour le soumettre à un examen, et à un bilan de compétence, afin de confirmer ses aptitudes. Concernant son comportement professionnel, il n’a fait l’objet d’aucune critique, aucune remarque n’a été formulée en leur temps, et aucune procédure réglementaire et administrative n’a été respectée.
Du point de vue de l’appréciation de Jean Paul Thé, après une note attribuée de 17,25 en 2009 par la Ville de Mont, la note attribuée par l’administrateur le 2 mars 2011, pour l’année 2010, après entretien d’évaluation professionnelle, est de 19, avec des appréciations élogieuses.
De plus Jean Paul Thé a contribué à établir le débat d’orientation budgétaire 2010, ainsi que le budget cible pour 2011. Les mots utilisés par Jean Paul Thé ont été repris lors de la présentation par le président à l’assemblée délibérante, comme les termes « budget de combat et de résistance ».
Le seul reproche formulé par Monsieur Yanick Duhaut, directeur général adjoint est la volonté du président, Jules Minotaure, d’évincer Jean Paul Thé, suite à l’affaire du billet d’avion de l’épouse du président.
Chef du pôle du service des finances et de l’audit, à compter du 1° février 2011, Jean Paul Thé est propulsé sur un poste sans encadrement, avec une fiche de poste bricolée pour les besoins d’une mauvaise cause. Cette mise au placard poursuit un but étranger à l’action administrative : non seulement elle vise par une stratégie prédéfinie l’éviction de Jean Paul Thé, mais encore elle porte atteinte à sa dignité de personne humaine. La mise au placard, sanction illégale, prive Jean Paul Thé de ses droits statutaires, et en particulier du droit d’exercer les fonctions dévolues à son grade. Pour dissimuler cette action malhonnête, il est donné à la nouvelle fonction de directeur général adjoint en charge de la prospective, un habillage juridique : officiellement, il s’agit de le muter dans l’intérêt du service, en louant si nécessaire certaines qualités de l’agent, pour justifier le choix porté sur lui de remplir des fonctions présentées comme indispensables.
En réalité, c’est une mise à l’écart : Jean Paul Thé est assigné dans un local spécialement choisi (réduction drastique de l’espace de travail), et il n’apparaît pas dans l’organigramme officiellement adopté par le conseil général. Ses attributions sont supprimées : il n’a plus de délégation de signature (marque de confiance) et n’a plus d’encadrement d’agents (marque d’autorité) et fait l’objet de déqualification. En particulier, l’agent ne participe à aucune réunion permettant de mettre en œuvre les mesures de prospective, que ce soit avec les élus ou les agents de l’administration départementale.
Cette sanction déguisée, avec des motifs cachés (le billet d’avion) en raison de leur illégalité, vise à atteindre Jean Paul Thé psychologiquement et vise à affecter sa santé.
Effacé, déplacé, éloigné, déconsidéré, cette mesure de rétorsion correspond à une volonté de nuire et à une situation avilissante, contraire à toute dignité, qui n’est pas sans effet négatif sur l’ensemble de l’organisation départementale. Il s’agit de provoquer un comportement fautif.
Le changement d’affectation de Jean Paul Thé, étranger à l’intérêt du service, conduit à une modification substantielle dans la nature de ses fonctions, et est susceptible de compromettre son avenir professionnel. Mesure suspecte, cette dégradation délibérée des conditions de travail imputable à l’autorité hiérarchique est une entreprise qui se fonde sur des motifs réels inavouables.
Pourtant, ainsi que Jean Paul Thé en a fait la remarque, dans un document joint en annexe, dans la situation financière difficile que traversent au les départements, et le département de l’Isare en particulier, le poste de directeur général adjoint, en charge de la prospective, auprès du directeur général adjoint aurait toute son utilité s’il était véritablement aménagé et non purement fictif.
Au lieu de cela, le poste occupé par Jean Paul Thé est une mise à l’écart, ceci pour éviter les effets de la décharge de fonction. A l’image des six autres directeurs généraux adjoints, Jean Paul Thé ne participe plus aux réunions de direction présidées notamment par le président du conseil général. Alors que l’entrée en fonction des nouveaux directeurs généraux adjoints, dont le nouveau directeur général adjoint en charge des finances et de l’audit a fait l’objet d’une publicité de bienvenue dans les documents internes de la collectivité (site Internet notamment), la nouvelle prise de fonction de Jean Paul Thé n’a fait l’objet d’aucune information ou publicité de l’administration départementale. Alors qu’un nouveau véhicule de fonction Laguna a été affecté au nouveau directeur général en charge des finances et de l’audit, aucun emplacement n’a été affecté au véhicule de Jean Paul Thé. Alors que tous les directeurs généraux adjoints peuvent se concerter par Webcam, il a été remis à Jean Paul Thé un téléphone non standard désuet. La porte du bureau de Jean Paul Thé ne comporte ni son nom, ni sa fonction, et il ne lui a été remis aucune carte de visite. La seule volonté affichée est de provoquer le départ de Jean Paul Thé. La mise au placard de Jean Paul Thé est donc de notoriété publique. A noter que le conseil général de l’Isare a l’habitude de ce type de comportement néfaste, notamment à l’égard de son encadrement : il en est ainsi de l’éviction de Madame BILBAO_BALLOT, ancienne directrice du service de la culture. D’autres exemples peuvent être cités (directeur du service informatique,…).
L’objectif de cette vilenie est de ne pas appliquer les dispositions de la décharge de fonction et de ne pas donner droit à la demande de Jean Paul Thé du congé spécial qu’il a demandé
L’administrateur argue, que même s’il y a application des dispositions de l’article 54 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, il y aurait un emploi vacant que Jean Paul Thé pourrait occuper en cas de décharge de fonction. Or le reclassement interne n’est pas possible, car il s’agit de fait de l’emploi d’administrateur territorial hors classe, soi-disant disponible par l’affectation de Jean Paul Thé sur un emploi fonctionnel.
Aucun emploi réel et vacant n’existe à la lecture du tableau des effectifs. Dès que le détachement de Jean Paul Thé a été effectif, au 1° septembre 2010, son poste-grade devient vacant, sauf à comptabiliser deux fois la même personne ou à trouver une présentation qui regrouperait grade et emploi. Il s’agit alors d’une négation du principe de séparation du grade et de l’emploi.
A défaut de mise en œuvre des ces artifices de présentation, tout retour vers le poste-grade de Jean Paul Thé, réputé vacant, en fin de détachement sur l’emploi fonctionnel, doit l’être, pour être légal, sur un emploi réel, utile à la collectivité, permanent et en rapport avec le grade. Tout emploi qui n’est pas un placard, doit répondre à cette exigence. A défaut, le reclassement est fictif et il constitue un détournement de procédure destiné à affranchir la collectivité des mesures de protection de l’article 53. De telles pratiques conduisent à vider de leur sens les dispositions de la loi et à favoriser des situations de placard d déshumanisantes.
Concernant le tableau des effectifs, concernant les emplois fonctionnels il y a soit une ligne pour l’emploi fonctionnel, soit une ligne pour l’emploi fonctionnel et une ligne pour le grade du fonctionnaire qui y est détaché.
A la lecture des textes statutaires, seule la première manière de procéder est légale, à savoir une ligne pour l’emploi fonctionnel.
L’article 34 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dispose : « Les emplois de chaque collectivité ou établissement sont créés par l’organe délibérant de la collectivité ou de l’établissement. La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l’emploi créé… ».
L’article 41 précise : « Lorsqu’un emploi est créé ou devient vacant, l’autorité,… »
L’article 48 dispose : « Les emplois sont classés par les statuts particuliers, par grade, à l’intérieur de chaque cadre d’emploi, emplois ou corps. Les cadres d’emplois, emplois ou corps groupent les fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation aux mêmes grades. »
Et l’article 53 crée les emplois fonctionnels en en donnant la liste exhaustive en utilisant la formule déjà citée : « offrir un emploi correspondant à son grade ».
La notion qui fonde le tableau des effectifs et exprime la politique de la collectivité en matière de ressources humaines de la collectivité est la notion d’emploi et non celle de grade. Il doit donc exprimer cela et aussi être considéré à sa juste valeur, mais pas au-delà.
Le tableau des effectifs ne constitue qu’une annexe informative prévue par l’instruction comptable M52, jointe au budget et non soumise au vote. A noter que l’assemblée délibérative n’a jamais procédé à la création du poste de directeur général adjoint en charge de la prospective. Le tableau des effectifs ne résulte d’aucun texte statutaire. Il n’est qu’un outil et ne saurait se confondre avec les délibérations prises en application de l’article 34 susvisé qui créent les emplois de la collectivité et à partir desquelles le tableau des effectifs devrait être constitué.
Deux types d’emplois y sont mis en évidence :
Les emplois de toutes natures, qui ne sont pas juridiquement prédéfinis si ce n’est dans les listes très générales des fonctions que l’on trouve dans les décrets portant statuts particuliers des différents cadres d’emplois. Ceux-là sont recensés au titre de l’article 48, par la mention de grade telle qu’il aura été fixé par la délibération de création, prévue à l’article 34. Ils répondent au principe de la séparation du grade et de l’emploi. Le tableau des effectifs en mentionnant pour chaque grade, le nombre d’emplois créés, renvoie donc aux délibérations les créant.
Les emplois fonctionnels prévus par l’article 53 dont la spécificité exprime la séparation du grade et de l’emploi en donnant une réalité juridiquement encadrée à la notion d’emploi. Pour cette raison, ils sont individualisé en tant que tels dans la délibération les créant et donc dans le tableau des effectifs.
La combinaison de ces deux articles exclut la possibilité d’une ligne spécifique relative au seul grade des fonctionnaires détachés dans l’emploi fonctionnel. En effet, on serait alors en présence d’un emploi sans réalité et donc en opposition avec l’article 12 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1083 portant droits et obligations des fonctionnaires : « Toute nomination dans un grade qui n’intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d’exercer les fonctions correspondantes, est nulle. »En conséquence, seul l’emploi fonctionnel doit figurer au tableau des effectifs de la collectivité.
En conséquence, en l’absence de calculs malsains, la collectivité aurait dû soit dûment créer l’emploi de directeur général adjoint en charge de la prospective par délibération de l’assemblée délibérante, et détacher Jean Paul Thé sur cet emploi vacant et réel, soit en l’absence de cette volonté manifeste, prononcer la fin du détachement de Jean Paul Thé sur l’emploi fonctionnel de directeur général adjoint en charge de la gestion financière et de l’audit et lui donner droit à sa demande de congé spécial, conformément à la réglementation.
CONCLUSION :
En conséquence, j’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir faire droit à la demande précitée
Dans le cas où vous estimeriez ne pas pouvoir faire droit à la présente demande, je vous prie de bien vouloir considérer celle-ci comme le premier acte de la procédure qui serait éventuellement intentée devant la juridiction compétente.
Ceci est une première requête sommaire, qui pourra être complétée par un mémoire.
La présente requête vaut mémoire.
Le requérant demande :
L’annulation de la décision du 26 janvier 2011, arrêté relatif à la nouvelle mission confiée à M. Jean Paul Thé consistant à se charger de la prospective, arrêté non signé par M. Jules Minotaure, non signé pour notification par M. Jean Paul Thé et ampliation signée par M. Yanick Duhaut.
Conformément à la loi du 8 février 1995, le remplacement de la décision annulée par la décision légale qui aurait dû être prise par l’administration. Que la présente juridiction prescrive que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé, afin de prévenir l’inertie de l’administration.
La qualification de la situation de Jean Paul Thé de fin de détachement sur l’emploi fonctionnel de directeur général adjoint en charge de la gestion financière et de l’audit.
En l’absence d’emploi réel créé vacant par délibération de l’assemblée délibérante, qu’il soit donné droit à la demande de Jean Paul Thé de bénéficier d’un congé spécial.
La condamnation du conseil général de l’Isare aux dépens, des frais irrépétibles et le cas échéant, la condamnation au titre des frais non compris dans les dépens.
Le requérant se tient à l’entière disposition du tribunal pour fournit, à sa demande, tout renseignement complémentaire et je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs les Présidents et Conseillers, l’expression de ma très haute considération,
Fait à BELLO
Le 20 mars 2011
Signature
Jean Paul Thé
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ACTE 3
LE MINOTAURE BELLOVAQUE ET L’EPEE DE DAME O’CLES
Triomphe de la vérité. Le Minotaure est terrassé, le budget du conseil général est en déséquilibre. Intervention de Dame O’Clès.
Le minotaure, dévoreur de consciences
L’art de tuer socialement les contrevenants, par une mise au placard étudiée, tout en cherchant à obtenir l’adhésion des victimes à leur supplice peut être illustré par les trois cartes du tarot, le diable, la maison-Dieu et la justice.
Le comportement du président et de ses thuriféraires est destructeur : il conduit autrui à perdre confiance dans l’humanité et à déprimer, à désespérer, à isoler, à effacer, à nier les relations humaines. C’est la seule faute qui est mortelle et cause de la seconde mort, car elle éloigne de Dieu et tend à nier l’Esprit : c’est un péché mortel contre l’Esprit. C’était l’objectif des camps nazis, les nazis ayant élaboré une méthode rationnelle et scientifique, avec tous les moyens technologiques et industriels existants pour parvenir à leur fin. Cela se résume en un mot : transformer l’autre, le vis-à-vis en « stück », rabaisser l’autre à un « morceau » (de bois, de tissus, de minéral).
L’une des solutions qu’envisage le parti socialiste pour débarquer le minotaure, qui constitue un poids lourd, dans les deux sens du terme, mais un poids lourd devenant encombrant, est de le désigner en lieu et place , sénateur de l’Isare, en remplacement de Bonhomme. Il s’agit en quelque sorte d’un trust des postes dits « fromages » de la République, afin de mettre fin au pouvoir de nuisance du minotaure.
Dans une discussion à bâton rompu, entre un élu vice-président, théoriquement proche du président, et un directeur général adjoint, alors qu’un membre éminent du cabinet présidentiel prête discrètement l’oreille à ce qui est dit, soudain l’élu clame à haute voix : « Attention !Des oreilles indiscrètes nous écoutent ! ». Et le membre du cabinet de tourner piteusement les talons, pour s’écarter du groupe. Ambiance ! Ambiance !
Le président reconnaît, en cercle fermé, la supériorité de Benoît Brasseur, concernant la gestion financière. Mais Benoît Brasseur s’est opposé au président concernant des projets jugés stratégiques, concernant notamment la commande publique. C’est pourquoi il a mis Benoît Brasseur sur la touche, lui retirant son mandat de vice-président. Revenu en grâce, Benoît Brasseur s’est vu confier de nouvelles responsabilités en matière financière. En particulier, Benoît Brasseur souhaite serrer les boulons et obtenir de justes économies, conforme à la période de crise vécue, notamment en diligentant des audits sur les chaînes de dépenses. Le président contente les velléités de Benoît Brasseur par de vagues paroles, des promesses verbales, et des effets de menton, sans aucun effet pratique. Tout cela reste purement verbal.
Du fait de la crainte qu’il inspire, aucun des agents de son premier cercle n’ose dire la vérité au président. Il vit donc dans une bulle fantomatique de mensonges et d’irréalités :
Compte administratif 2010 : les reports et le résultat antérieur
Les dépenses reportées, notamment d’aides sociales
Le budget primitif 2011 : recettes de fonctionnement non inscrite, absence de la réalité des dépenses de fonctionnement dont notamment les dépenses d’aides sociales, et les subventions versées aux associations
L’une des causes est en particulier les troubles causés par la longue absence d’un directeur des finances, les changements constants de postes de divers agents, le manque de confiance dans les agents embauchés antérieurement à 2005, dont les deux chefs de service du service des finances, ainsi que la directrice de l’assemblée.
Une autre cause est la conception très préfectorale qu’a le directeur général des services de la fonction et du rôle des agents. Le pire de tout est aussi une ignorance qui s’ignore, ou de croire savoir. Ainsi le directeur général des services après près de trois années de présence sur son poste découvre les réalités budgétaires : les procédures de paiement des aides sociales, les reports de crédits. Il confond souvent autorisation de programme et crédit de paiement, investissement et fonctionnement…
L’adage « Mieux vaut avoir des ennemis que de tels amis » se confirme, concernant les relations entre le président et ses affidés. En effet, par son comportement orgueilleux, le président s’est enfermé dans une bulle, et par crainte, les agents départementaux du premier cercle le flattent, et n’osent lui dire la vérité. Il en résulte que le président va vers l’échec politique, mais ce qui est plus grave, vers des difficultés pour le conseil général. En effet, le président n’écoute pas les conseils techniques, considérant qu’il a la science infuse. Du point de vue financier, il en résulte qu’il reste sur des dogmes et des idées fixes, comme le maintien à tout prix en 2011, du même montant des dépenses d’investissement qu’en 2010. Le prétexte invoqué est de soutenir les entreprises isariennes. Mais il en résulte un montant important d’emprunts, qui vont impacter le taux d épargne brute, et donc interdire au département de pouvoir continuer son action les années futures. De même le maintien des augmentations des dépenses de fonctionnement à un maximum de + 3,5 % est un effort insuffisant pour éviter l’effet ciseau. Mais plus grave, le président ment aux membres de sa majorité, en diminuant artificiellement les recettes de fonctionnement de 10 millions d’euros, et en diminuant de façon arbitraire les dépenses de fonctionnement de 34 millions d’euros. L’objectif inavoué est de sortir de son chapeau, en septembre 2011, lors de l’adoption de la décision modificative, des recettes « exceptionnelles », ceci afin d’arroser les divers partenaires, associations et autres, quelques mois avant les élections sénatoriales. En conséquence, le comportement de minotaure implique la difficulté à voir la réalité telle qu’elle est : ceci parce que le minotaure est obséquieux, et refuse d’écouter, avec humilité et modestie, les bons conseils techniques. Les responsables administratifs, qui, par ambition, incompétence ou crainte, ne donnent pas les informations exactes et utiles. Par ailleurs, le côté menteur de Midas conduit à faire des constructions de faussaire. Afin de prouver qu’il a raison, le minotaure tord la réalité dans le sens souhaité : une diminution des recettes de fonctionnement et une augmentation plus rapide des dépenses de fonctionnement que des recettes de fonctionnement. Enfin, le fait de ne pas se remettre en question et de demeurer sur des idées fixes et dogmatiques, le président maintient un montant exorbitant de dépenses d’investissement. L’incapacité, ou l’absence de volonté, de limiter les dépenses d’investissement, à un niveau de jauge permettant de restaurer le niveau de l’épargne brute, conduit à un endettement trop élevé.
Cette gestion étrangère à une politique de gauche, plus proche de Déat que de Blum, trouve ses racines sur un terreau évident : le caractère petit-bourgeois de l’employé de bureau, qui a tendance à laisser faire le plus fort, à la fois par respect du dirigent, et aussi par lâcheté. Cela rappelle l’adage : « Les nazis ont arrêtés les communistes et les progressistes, mais je ne suis ni communiste, ni progressiste, alors j’ai laissé faire. Les nazis ont éliminés les juifs et les tziganes, mais je ne suis ni juif, ni tzigane, alors j’ai laissé faire. » A la fin le petit-bourgeois, isolé et égoïste sera victime lui-même du système et aussi de son caractère lâche.
Deux autres piliers du système sont la faiblesse de l’opposition politique, divisée, décrédibilisée et non en ordre de bataille, et également la concussion des représentants syndicaux. Les représentants des organisations syndicales sont vénaux, et prêt à vendre leur mission de défense en particulier des petites catégories, en échange de promotions pour eux-mêmes. Il est connu par tous les agents, que dans le mandat précédent, avant de diffuser un tract, les représentants du syndicat Force Ouvrière soumettaient pour avis et censure le projet du tract au directeur général des services !
Le comportement infantile, qui compense sans doute un manque privé, seul connu de façon intime, du président, est largement identifié au niveau public, tant auprès des citoyens que des agents départementaux. En septembre 2009, il était inscrit sur la bâche de la cathédrale de Bello : « Ave Minotaure César », inscription vite enlevée. D’ailleurs ceci est le surnom du président dans son village.
Ainsi, si la gauche veut conserver la direction du conseil général de l’Isare, il est urgent et nécessaires de prendre au moins deux dispositions. La première disposition est de casser l’effet minotaure. Il est nécessaire que le président soit bridé et que se forme très vite autour de lui un comité de gestion du conseil général, ayant la réalité du pouvoir et pouvant circonscrire les effets néfastes. La seconde disposition est de remplacer le directeur général, afin de retrouver un candidat capable de gérer et de motiver les agents. Ceci est d’autant plus urgent que le départ précipité de Brigitte Despas, chef du Pôle Solidarité, conduit à donner pour de nombreux mois à Duhaut la charge, en plus de ses fonctions mal assumées aujourd’hui de directeur général des services, d’assurer l’intérim pour la gestion du secteur essentiel de l’aide sociale. Seuls l’implication des vice-présidents, dans un comité de vigilance, capable de prendre effectivement en charge la gestion du quotidien, que ce soit la gestion du personnel ou la gestion financière, pourra sauver la mise en 2012. Duhaut traite les trois directrices du Pôle solidarité de « bourriques ».
Les trois dames du minotaure :
Ariane, qui aide Thésée à sortir du Labyrinthe, par le même chemin par lequel il est entré. Ariane est assimilable à l’antique Déesse Arachné, qui tisse le destin des hommes. Ariane défend les femmes qui ont été abandonnées par leurs amants. Comme l’araignée qui porte son nom, la Veuve est l’aspect dangereux d’Ariane.
L’épouse du président, qui a tenté de l’humaniser, mais qui est cause de victimes collatérales, du fait des manigances du président.
Dame O’Clès, militante socialiste, ou le parti socialiste dans son ensemble.
Il n’y a pas absence de stratégie, au niveau de l’organisation départementale, mais il s’agit d’une stratégie dévoyée : la stratégie du minotaure est une stratégie égotique et individuelle : il a réussi à capter l’énergie déployée pour la mettre au service de ses ambitions personnelles, ceci aux dépens du bien commun.
La malédiction de la foudre.
L’absence de contrôle des dépenses conduit à la fin du minotaure. Concernant les dépenses budgétaires, c’est le robinet d’eau ouvert, sans aucune contrainte. Depuis 2009, il n’y a pas de contrôle sur les dépenses. Or le budget primitif 2012 va reposer sur l’exécution du budget de l’année 2011. Tout comme le budget 2011 repose sur l’exécution du budget 2010. Par exemple, le budget du personnel n’est pas maîtrisé, et la dépense s’effectue « au fil de l’eau ».
La création d’un égrégore, le labyrinthe du minotaure, a conduit à s’enfermer dans une bulle qui s’autoalimente. Sur cette réalité fantasmagorique, en total déphasage de la réalité quotidienne des isariens, a été édifiée une tour de Babel : c’est en particulier l’organigramme des services départementaux et la succession des budgets des exercices 2010 et 2011. Cette édification orgueilleuse, lorsqu’elle va rencontrer la réalité quotidienne, sera abattue par l’éclair. C’est alors que se présente le gardien du seuil sous l’apparence de la justice, qui tient à la fois l’épée et la balance.
Les trois mots sacrés ont été communiqués : ceci s’est déroulé lors des mois de septembre (Balance), d’octobre (Scorpion) et de décembre (Sagittaire). C’est alors que l’ancien soleil, symbolisé par Hiram, passe sous les coups portés par les trois mauvais compagnons, que sont la Balance, le Scorpion et le Sagittaire, et meurt pour donner naissance lors de la nuit la plus longue au nouveau soleil régénéré.
Premier mot, FINANCIER : Rapports transmis par Jean Paul Thé au Président.
« Sous réserve de votre accord, la deuxième partie de mon intervention en CODIR pourrait porter sur le point suivant.
Le programme pluriannuel d’investissement est un formidable outil politique qui permet de dessiner la ligne politique du conseil général de l’Isare. En effet, le programme pluriannuel d’investissement (PPI) est un document qui se décline en 15 missions et fait la synthèse des diverses politiques départementales : Agenda 21, plan routier à 15 ans, CPER, CDRD, schémas et convention divers. C’est un document chiffré qui planifie l’action dans le temps.
Au lieu de cela, le PPI est illisible, confus, irréaliste (« lettre au père Noël ») et dangereux du point de vue de la gestion financière.
Pourquoi ?
Le PPI comporte d’une part, un stock d’autorisations de programme (AP) de 1255 millions d’euros (DM1) et d’autre part des inscriptions nouvelles (PPI 2010-2012) de 848 millions d’euros, soit un total général de 2103 millions d’euros.
Ceci alors que la moyenne annuelle des réalisations en crédits de paiements est d’environ 150 millions d’euros de 2006 à 2008.
Il faudrait donc au moins 14 années pour réaliser 2103 millions d’euros.
Sous cette abondance de projets théoriques, l’action du conseil général est noyée, sachant que :
Les services ne sauraient traiter un tel volume de dossiers !
Les entreprises ne pourraient absorber une telle masse d’activités !
Les finances du conseil général ne sauraient faire face à une telle quantité de dépenses !
Mais surtout cela conduit à inscrire en face des dépenses des recettes fictives (emprunts)!
Les risques de gestion sont nombreux :
Risque de surendettement : si de nombreux coûts partent en même temps ;
Inscription à chaque budget d’emprunts qui seront annulés ou reportés en fin d’exercice.
En fin de compte, il ne peut y avoir maîtrise des finances.
Un constat : 9 missions représentent 88 millions d’euros. Par contre 4 missions représentent 2015 millions d’euros, à savoir :
Logistique : 354 millions d’euros
Réseau routier : 479 millions d’euros
Développement durable des territoires : 691 millions d’euros
Education Jeunesse : 489 millions d’euros.
C’est donc sur ces quatre missions que doit porter l’effort.
Présenter le PPI dans l’état actuel conduit :
A présenter à l’assemblée délibérante un niveau largement au-dessus de la jauge des investissements que rend possible la situation financière (autofinancement, capacité d’appel à l’emprunt,…)
A une contradiction apparente entre un budget 2010 contraint et des projets d’investissement (PPI) florissants.
Tenant compte de ces éléments, je propose dans un premier temps de retenir les hypothèses suivantes pour les exercices 2010 à 2012 :
CP : 140 millions d’euros par an (rappel plan de relance 2009 : 134 millions d’euros).
AP : 200 millions d’euros par an soit un total de 600 millions d’euros sur la période.
Comment parvenir à ce résultat ?
Le PPI tel que présenté lors du débat d’orientation budgétaire 2010 se composerait de trois parties :
Isare 2020 : Programme pluriannuel des investissements, préfiguration d’une volonté politique. Total des AP : 2013 millions d’euros.
Ce PPI se décline en un Programme Triennal (PTI) 2010-2012. Total des AP : 600 millions d’euros.
Ce PTI se décline en budget primitif 2010. Total des AP : 200 millions d’euros. Avec un taux de réalisation de 70 % cela représente des CP d’environ 140 000 d’euros.
Cette démarche, qui vise à un apurement des AP pour tenir compte au plus près des réalités financières nécessite une priorisation des actions par les élus et les chefs de service, notamment des actions menées par les 4 missions les plus importantes en volumes de crédits.
Il conviendra d’adapter le règlement financier avec des règles de caducité des AP.
Jean Paul THE. »
« Les orientations budgétaires du département de l’Isare pour 2011 :
Compte tenu du contexte économique et financier, qui a confirmé tous ses effets en 2010, et en prenant en compte les facteurs de rigidité et d’inertie qui pèsent tant sur les dépenses que sur les recettes, le conseil général doit réviser sa stratégie budgétaire et financière.
Il convient de déterminer nos marges de manœuvre, d’améliorer encore le pilotage budgétaire et financier du département et de dimensionner nos politiques publiques en tenant compte de l’évolution de nos moyens.
L’état actuel des finances départementales est équilibré et la solvabilité de notre collectivité est garantie pour 2011. Cependant les projections de compte administratif en prévision de la clôture de l’exercice 2010 démontrent que notre niveau d’épargne brute subit les effets de la crise financière et du retournement, de la conjoncture économique.
Ce contexte financier, auquel l’ensemble des collectivités locales est confronté, modifie sensiblement, les hypothèses budgétaires sur lesquelles le département a jusqu’alors bâti sa programmation pluriannuelle d’investissement et le niveau de ses divers engagements.
Plusieurs scénarii peuvent être envisagés :
Le premier scénario, dit « au fil de l’eau », consiste à maintenir un haut niveau d’investissement, de l’ordre de 200 millions d’euros annuels, correspondant à la somme des engagements pris dans un contexte économique et financier différent, à taux de fiscalité inchangé, tout en maintenant un rythme d’évolution des dépenses de fonctionnement identique à celui de ces dernières années.
Ce premier scénario « au fil de l’eau » montre qu’à partir de 2012, les recettes de fonctionnement ne permettront plus de couvrir les dépenses de fonctionnement et la charge de la dette. Le conseil général devrait alors rembourser de l’emprunt par de l’emprunt, ce qui contrevient aux règles budgétaires.
Ce scénario confirme, compte tenu des pertes de recettes fiscales du département, notamment les droits de mutations, qu’il n’est pas envisageable pour le conseil général de porter à un tel niveau ses investissements tout en maintenant le dynamisme de ses dépenses de fonctionnement, dont la majeure partie est rigide (APA, PCH, RMI, RSA, aide sociale,…) et des taux de fiscalité inchangés.
Dans ces conditions, deux autres scénarii peuvent être envisagés, le premier, Hypothèse A, consistant à mobiliser exclusivement la fiscalité, le second, Hypothèse B, jouant exclusivement sur des mesures d’économies. Ces deux scénarii ont comme objectif de maintenir les équilibres financiers du département et la capacité satisfaisante de désendettement.
Hypothèse A : Conserver, grâce à une hausse de la fiscalité et sans diminution des dépenses d’investissement et de fonctionnement, des soldes de gestion satisfaisants.
Pour maintenir un volume annuel d’investissement de l’ordre de 200 millions d’euros, correspondants aux engagements présents et à venir, tout en conservant le rythme actuel des dépenses, les hausses de fiscalité à envisager seraient de l’ordre de 5 % en 2010 et de10 % en 2011.
Un tel niveau de fiscalité apparaît inacceptable tant l’effort demandé au contribuable serait insoutenable, et sans doute impossible en raison de la réforme de la taxe professionnelle.
Hypothèse B : Conserver des équilibres financiers satisfaisants grâce à la diminution des dépenses d’investissement et de fonctionnement, sans hausse de la fiscalité.
Pour 2010, les économies nécessaires, par rapport aux résultats 2009 attendus, s’élèveraient à millions d’euros, dont millions d’euros en investissement, pour un niveau d’investissement de millions d’euros, et millions d’euros sur les dépenses de gestion. Millions d’euros d’économies supplémentaires en fonctionnement devraient être réalisées en 2011.
La réussite d’un tel scénario nécessite des économies dans les dépenses de fonctionnement et d’investissement, difficiles à mettre en œuvre à très court terme sans mettre en danger, de manière brutale, les différents bénéficiaires des dispositifs ou des subventions concernés.
Elle priverait en outre le département de sa capacité d’agir dans des domaines facultatifs comme la culture, le sport, le tourisme ou l’agriculture et de la possibilité de mettre en œuvre de oolitiques nouvelles nécessaires à la préparation de l’avenir.
L’intérêt de ces deux scénarii est de montrer le caractère intenable d’hypothèses budgétaires construites exclusivement soit sur une augmentation de la fiscalité, soit sur des recherches d’économies.
C’est donc vers un scénario équilibré et alternatif que doit se tourner le conseil général s’il veut mettre en œuvre sa politique de solidarité et de développement durable au service de ses habitants tout en demeurant dans son rôle de premier investisseur du département afin de soutenir l’activité économique de ses entreprises.
Dans la recherche de ce scénario équilibré, il convient :
D’évaluer le poids relatif des dépenses obligatoires et des dépenses facultatives, sachant que les priorités affirmées sont la solidarité, le logement, le développement durable et l’éducation. Toute politique publique devra prévoir les voies et moyens de son évaluation.
De favoriser, chaque fois que cela est possible, les politiques départementales solidaires, redistributives et garantes du maintien du pouvoir d’achat.
De dégager des marges de manœuvre, examiner les politiques départementales au regard des exigences du développement durable dans ses dimensions non seulement environnementales, mais aussi économiques et sociales, et déterminer les priorités de l’action départementale nécessaires à la préparation de l’avenir et à la vie quotidienne des isariennes et des isariens.
Les priorités politiques du département :
Les solidarités :
En faveur de l’enfance et des familles…
Le logement :
L’éducation :
Le développement économique et durable :
Les efforts d’économie à engager :
L’état actuel des finances départementales est équilibré. Cependant, compte tenu de la conjoncture actuelle, si le rythme d’investissement n’est pas maîtrisé, une dégradation de la solvabilité de notre collectivité pourrait être observée à moyen terme.
Ainsi, si le département souhaite maintenir un encours de dette raisonnable, le niveau de dépenses d’investissement constatées au compte administratif devrait se situer en moyenne, dans les années à venir, entre 135 et 150 millions d’euros, correspondant à un taux de consommation constaté ces dernières années.
Si des efforts de gestion sont également possibles et conduits à court et moyen termes afin de garantir la maîtrise des dépenses de fonctionnement, le niveau d’investissement du département, constaté au conseil administratif, pourrait être porté, en moyenne à 150 millions d’euros.
Le budget 2010 sera donc élaboré selon cet objectif affirmé de maintenir les équilibres budgétaires par la maîtrise ; sur les deux prochains exercices, du volume d’investissement, et celui des dépenses de gestion, et par une évolution modérée de la fiscalité.
Les mesures d’économie, en l’état actuel de la préparation budgétaire, pourraient être les suivantes :
En investissement, les efforts porteront principalement sur :
La réforme de l’aide aux communes par un recentrage sur les investissements structurants dans le cadre d’une enveloppe globale annuelle de 50 millions d’euros.
Une pause dans la création d’autorisation de programme nouvelle en limitant le montant à 200 millions d’euros par an.
Le lissage et la reprogrammation de divers programmes d’intervention.
En fonctionnement les efforts porteront principalement sur :
Les dépenses de personnel, avec une maîtrise de l’évolution de la masse salariale par l’analyse poste par poste des remplacements, des renforts et des renouvellements sollicités. Les départs à la retraite seront suivis de propositions de redéploiement ou de réorganisation de service. En revanche seront favorisées les créations de postes générant des économies pour le budget général de la collectivité ou un service à meilleur coût. Dans ce cadre, une nouvelle politique de territorialisation, de la solidarité, outre un meilleur service rendu aux bénéficiaires, devrait être source d’économies.
Les moyens généraux : les crédits consacrés aux moyens généraux du département subiront une réduction, notamment par l’amélioration de nos politiques d’achat.
Certaines subventions seront revues et les enveloppes fermées de crédits seront systématisées.
Les économies ainsi générées correspondent à une hausse de fiscalité épargnée aux isariennes et isariens.
L’ensemble de ces orientations et des économies à réaliser permettra d’examiner, sur la base de nos priorités, si nous devons avoir recours à la fiscalité et à quel niveau compte tenu de l’engagement pris de modération fiscale.
C’est à ce débat d’orientation budgétaire pour 2010 que nous vous convions à présent.
Conformément à la loi, l’assemblée départementale est appelée à débattre des orientations budgétaires pour 2010.
Jean Paul Thé. »
Second mot sacré : FEDERATEUR : Rapport transmis par Jean Paul Thé à Yanick Duhaut.
« Je vous fais part d’un ressenti suite à la réunion du CTP de lundi dernier. Si les syndicats ne jouent pas leur rôle de courroie de transmission, par contre leur avis concernant l’état moral des troupes mérite d’être entendu. Incontestablement, il y a un déphasage et une rupture entre le gros des troupes et l’équipe de direction et les élus, du genre « encore une réorganisation, alors que les réorganisations précédentes ne sont pas digérées… ». Il me semble important d’être réactif et offensif face à une telle situation. Il serait important de mettre un peu d’huile dans les rouages.
Chacun des 3000 agents de catégorie B et C constitue un vecteur et un maillon favorisant ou non le succès des politiques départementales, dans un contexte de plus en plus contraint.
En 2008, il a été « rendu » sur le budget 012 « charges de personnel » un montant de 880 000 euros. Il serait bienvenu, tant que cela est encore possible, en 2010, de faire un geste pour le pouvoir d’achat des catégories B et C. Le message serait : « malgré les difficultés budgétaires, les élus font l’effort d’améliorer le pouvoir d’achat des agents les plus modestes du département ».
Une prime mensuelle de 20 euros par mois représente par agent un coût de 240 euros par an et 720 000 euros pour 3000 agents. Une prime de 30 euros par mois représente 360 euros par an et 1080000 euros pour 3000 agents.
Un tel geste qui se traduit par : « Je vous fais bénéficier des gains de productivité déjà réalisés par le passé, à vous de faire le même effort pour l’avenir » serait bienvenu dans le climat morose actuel.
Entre 20 et 30 euros, la marge est ouverte, et cela nécessite une négociation conduisant à une adhésion au moins partielle des représentants du personnel et au-delà du personnel lui-même aux orientations nouvelles du Conseil général. Un vote systématique «représentants de l’administration pour, représentants du personnel contre » n’est pas satisfaisant.
Cette politique du personnel offensive et valorisante, qui est une aide dans la tâche quotidienne des encadrants, ne sera peut-être plus possible en 2011. Si l’essentiel des troupes n’adhère pas aux nouvelles orientations, celles-ci ne risquent-elles pas d’être superficielles et non en profondeur?
L’objectif d’une telle mesure est multiple : sur l’année qui vient, éviter la tension sociale, motiver les agents dans le cadre de la nouvelle orientation du management de la performance, faire bénéficier les agents les plus modestes d’une moindre diminution du pouvoir d’achat dans le cadre de la crise, faire bénéficier les agents les plus méritants des gains de productivité, notamment à venir (moindre progression de la masse salariale, grâce au redéploiement et au non remplacement systématique, économies attendues sur le fonctionnement des services, services rendus accrus avec des moyens de travail constants ou en diminution,…). Evidemment, je ne me permettrais pas de proposer une telle mesure budgétivore, si elle n’avait pas pour effet immédiat, toutes choses égales par ailleurs, de décélérer à court terme, l’augmentation habituelle de la masse salariale, tout en apportant l’adhésion des agents et en évitant la tension sociale.
Jean Paul Thé. »
Troisième mot sacré : FACILITATEUR : Rapport transmis par jean Paul Thé.
« La partie essentielle de l’audit du comité des œuvres sociales (COS) est l’analyse financière de l’existant (exercices 2005 à 2010) : examen des diverses actions menées par le COS, …
Un second aspect est le service rendu aux agents du Conseil général, soit 600 000 euros pour 3300 agents, ceci étant comparé avec l’effort consenti par d’autres collectivités territoriales, départements ou autres. Une enquête est à réaliser sur l’accès aux divers services de manière équitable (voyages,…°.
Enfin un troisième aspect est la mission que le Conseil général souhaite assigner poux l’avenir à cette association et sa gouvernance.
Le contexte est le suivant : le personnel départemental, et notamment sa frange la plus modeste, n’échappe pas aux conséquences de la crise générale économique et sociale (surendettement, diminution du pouvoir d’achat, cherté de l’accès aux moyens sportifs et culturels,…).
En conséquence, le COS doit pleinement et par divers moyens, jouer son rôle social en faveur en particulier des agents les plus modestes et de leurs familles.
Par exemple, si le COS dispose d’un animateur sportif en matière de tennis, il serait judicieux que prioritairement cet agent soit mis à la disposition des agents ou de leurs ayant droits qui ne peuvent pas, ou plus, accéder financièrement à ce type d’activités dans les conditions du marché.
Du point de vue gouvernance, il est normal que la direction indirecte soit assurée par le Conseil général par l’entremise d’une convention détaillée entre le Conseil général et le COS, mais la direction directe devrait être assurée, sur la base de l’action sociale définie par le Conseil général, par les représentants des agents de la catégorie C.
Afin d’entamer et d’accompagner le changement souhaité, un excellent point d’entrée me semble être un questionnaire d’enquête ouverte de satisfaction et de souhaits, adressé à tous les agents, élaboré en concertation avec les représentants du personnel. Une réponse de 20 % à ce questionnaire serait déjà une victoire, l’absence de réponse signifiant un désintérêt pour un outil culturel et sportif pour tous les agents. »
Mais à chaque fois les trois mauvais compagnons ont substitué à ces mots sacrés les mots d’ORGUEIL, PREVARICATION et AMBITION, ce qui signifie O.P.A. sur le conseil général, par devers la majorité, l’opposition et les citoyens, ceci en vue de satisfaire les besoins personnels du minotaure.
Orgueil : « Je suis le Mai(t)re de l’Isare ».
PREVARICATION : Le billet d’avion ? « Une seule facture ! Je rembourserai le conseil général plus tard ! »
AMBITION : « Je serai sénateur de l’Isare ! »
Le diable :
Le diable, debout sur un piédestal tient à l’aide de deux cordes, êtres mi-hommes, mi-animaux, qui semblent être ses esclaves. En réalité, l’être mâle et l’être femelle’ sont les créateurs des diables, avec lequel ils forment maintenant un égrégore. Ce sont le père et la mère du diable. Le diable comporte des ailes, qui indiquent une certaine verticalité, mais ce sont des ailes de chauve-souris.
Le diable, ou « diabolon », est celui qui divise, qui jette de part et d’autre. Il s’oppose au symbole ou « sumbolon », c’est-à-dire qui jette ensemble, qui unit ce qui est épars.
C’est donc une création artificielle, d’un être qui devient maléfique et dominant. Les créateurs de cet être se soumettent par intérêt complètement à leur créature.
C’est à la fois la génération du démon par ses géniteurs, et le pouvoir qu’a le démon sur ses géniteurs, qui deviennent ses esclaves.
Comment arrive-t-il que des êtres puissent renoncer à leur liberté et devenir esclaves d’une entité monstrueuse qui les fait dégénérer en les rendant semblables à elle ?
Le minotaure est un égrégore mauvais, c’est-à-dire un démon artificiellement créé collectivement par une communauté humaine.
La maison-Dieu :
C’est une construction de pierres, construite de la main de l’homme, entre le ciel et la terre : c’est une illustration de la tour de Babel, qui renvoie à l’orgueil de l’homme. Cela s’oppose à la vie, comme par exemple l’arbre, qui croit par la division et l’adjonction de nouvelles cellules vivantes.
Cette maison est abattue par un éclair, par l’électricité. La tour est jetée à bas par une punition divine.
La justice :
La femme Dame O’ Clés tient à la fois l’épée, chargée de punir et de trancher, ainsi qu’une balance en forme de tau, comportant deux plateaux, représentant la gauche et la droite, la rigueur et la miséricorde, le bien et le mal.
Le regard des autres :
Il y a ceux qui justifient tout :
« Les élus, de gauche ou de droite, ont le droit, par exemple de faire prendre en charges les frais personnels, comme le billet d’avion de la compagne, parce qu’ils sont dévoués à la cause publique ».
La peur et la crainte : le placardisé n’a-t-il pas quelque part ce qu’il mérite ?
Le plus intolérable, dans le fait d’être placardisé, ce n’est pas le regard de l’autre, dont on peut faire abstraction, mais c’est ce mouvement que l’on a naturellement vers son persécuteur, d’être utile, de service le bien commun, et l’absence et le silence du vis-à-vis. C’est là le péché contre l’Esprit.
Que s’est-il passé pour en arriver au point d’aujourd’hui et être placé dans un placard ? Qu’est-ce qui se passe pour moi dans ce contexte sur le plan psychologique et affectif ? Y avait-il des choses à voir, à faire et à comprendre avant ?
Du point de vue financier, j’ai sans doute dis des choses désagréables, difficiles à entende par le vis-à-vis.
Lorsque j’ai dis des choses désagréables, je n’ai pas fait attention à la façon de les dire. Certaines choses se savent, mais ne se disent pas. Il en est résulté une absence de congruence entre le président et moi-même.
Faut-il dire toujours le désagréable et le vrai ? Le président est un homme fragile et menacé, et tout esprit fort constitue une menace, parce que le minotaure ne peut entendre le vrai, qu’il ne veut pas voir le vrai. Le billet d’avion de l’épouse du président était l’élément déclencheur.
L’avenir :
Du point de vue financier et budgétaire :
Les inscriptions de dépenses d’investissement, que ce soit en autorisations de programme, ou en crédits de paiement, sont surdimensionnées par rapport aux capacités de la collectivité départementale. Par dogmatisme, le président maintien la, jauge au même niveau qu’en 2010, ce qui obère les capacités d’autofinancement pour les exercices suivants et risque de surendetter le département, si les prévisions trop importantes sont en totalité ou en partie réalisées.
Les reports de crédits d’investissement étant trop important, ceux-ci sont financés par un recours à l’épargne de gestion. Alors que rien n’interdit l’inscription d’emprunts en face de ces dépenses, qu’il conviendrait de limiter de façon drastique, quant à la réalisation. De même, des reports de dépenses de fonctionnement immobilisent près de 20 millions d’euros d’épargne de gestion.
En limitant à 75 % du montant inscrit en 2010, les subventions et participations aux diverses associations, y compris les associations qui gèrent des actions sociales, cela crée l’insécurité financière pour ces partenaires habituels du conseil général : ces associations devront soit se tourner vers d’autres financeurs pour combler le déficit, soit limiter leurs propres actions et éventuellement licencier du personnel, ou arrêter leurs activités.
Limiter de façon volontariste et autoritaire le montant total des aides sociales, en défalquant d’un montant de près de 30 millions d’euros les demandes effectuées par les services du Pôle Solidarités est tout à fait irréaliste et dangereux (« surréaliste », selon l’ancienne chef du Pôle Solidarités), d’autant plus si cette mesure n’est pas accompagnée de mesures d’économies. Il en résulte d’ores et d déjà une désaffection des cadres de ce Pôle, qui « votent avec leurs pieds » et choisissent de muter sur d’autres collectivités.
Ce constat est d’autant plus affligeant, que Yanick Duhaut n’a pris, depuis 2009, aucune mesure de gestion rigoureuse des crédits. Il en résulte notamment, en deux mois de temps, le départ des trois agents en charge du contrôle de gestion et de l’audit !
La « dette » de l’Etat est estimée, à l’égard du conseil général, de 2054 à 2010, à 266,6 millions d’euros, mais il n’est jamais fourni de justificatifs sur la méthode ayant abouti à un tel chiffre. Par exemple, depuis 2006, le budget du conseil général dispose d’une provision, correspondant à une avance versée par l’Etat, d’un montant de près de 6 millions d’euros, provision qui n’est pas défalquée de ce total estimé. Pour 2011, c’est le cabinet qui a estimé le montant qui serait dû par l’Etat à un montant de 80 millions d’euros, mais sans plus fournir les bases de calcul d’un tel chiffre. C’est véritablement au « doigt mouillé » ! Cependant, ce qui est remarquable, c’est que le nombre correspond d’une part à 2, chiffre du diabolon, et 666, nombre qui correspond dans l’Apocalypse de Jean au chiffre de la Bête.
Le cabinet Kopfer a tout prévu, au moins depuis 2008. En effet, depuis cette date, ce Cabinet spécialisé en matière financière a attiré l’attention de l‘exécutif départemental sur la nécessité de mettre en œuvre des principes rigoureux de gestion financière, mais comme le président, par orgueil, n’écoute personne, il a décidé de ne pas tenir compte de ces avertissements, Ô combien précieux pourtant !
« Bonjour,
Lors de la réunion du jeudi 8 avril 2010 à 11 heures 30, dans votre bureau, avec M. AMINE, vous m’avez indiqué qu’il est de votre droit de me demander un travail sur la prospective.
Cependant, j’attire votre attention sur les faits suivants :
Depuis le 1° février 2010, je dispose d’un matériel informatique, mais celui-ci est obsolète et tombe souvent en panne.
Vous m’avez supprimé depuis cette date tout accès aux applications financières, notamment l’accès à la session Sédit Marianne est refusé.
De même je ne suis destinataire d’aucune note de service et d’aucun document. Par exemple, les documents relatifs à la session de l’assemblée délibérante qui a adopté le budget primitif ne m’ont pas été communiqués.
Je ne participe à aucune réunion avec ou sans les élus.
Les documents définitifs relatifs au budget primitif 2010 ne m’ont pas été fournis (rapports et documents budgétaires), ni lors de la préparation de la séance du conseil général, ni après leur adoption.
Dans le cadre de la diminution des marges de manœuvre financières du conseil général, connaître quels sont les désengagements possibles et quels sont les secteurs obligatoires où il doit impérativement réaliser des gains de productivité.
Aides sociales : danger de diminution rapide des marges de manœuvre du conseil général, et entraînement de forts dérapages budgétaires. La stratégie à mettre en œuvre dépendra du caractère obligatoire ou facultatif de la prestation. Nécessité de maîtriser les coûts, en agissant sur les coûts (gains de productivité), l’offre (retrait), ou la demande (diminution des prestations, diminution de la demande par des actions situées en amont et favorisant une décroissance de la demande). Sur chacune des politiques publiques dans le domaine social, il est possible d’agir sur la qualité de l’organisation interne et le traitement des dossiers, la productivité interne des agents, les « prix journée » négociés avec des organismes d’accueil, de supprimer ou de modifier une prestation qui ne serait pas obligatoire, de favoriser les politiques de développement économique afin de promouvoir l’emploi et d’éviter la croissance du chômage, principal facteur de croissance de la demande sociale, etc.
Elaborer un plan de financement 2010-2012, afin d’élargir la vision sur plusieurs années.
Les efforts d’investissement du Conseil général ne sont pas adaptés à ses capacités financières.
Notamment, il est procédé à un développement important de l’immobilier, sans qu’est été dressé un état des lieux de l’existant (extension des bureaux du conseil général sur le site de l’avenue Victor Hugo, construction d’une nouvelle caserne et d’un état-major pour le service départemental d’incendie et de secours,…).
Bien évidemment, dès que les documents nécessaires me seront fourni, je propose d’effectuer un travail sur la prospective, en examinant en premier lieu les effets du budget primitif 2010 sur les marges de manœuvre attendues en 2011, et les diverses conséquences sur les finances départementales.
*
* *
« DE LA VILLE DE MONS A MA NOUVELLE FONCTION
EN PASSANT PAR LE CONSEIL GENERAL DE L’ISARE.
Embauché comme Directeur général adjoint en charge des services financiers et de l’audit, le 1° septembre 2009, au Conseil général de l’Isare, il a été mis fin à mes fonctions le 31 janvier 2010 ?
C’est une erreur d’abord d’embauche, car il n’a pas été tenu compte, dans les différents critères, de la nécessité pour moi, pour des raisons d’intégrité professionnelle, et simplement de rigueur financière, de dire la vérité des choses.
Malgré le comportement autoritaire du Président du Conseil général, Monsieur Yules MINOTAURE, personne n’osant lui dire la réalité des choses, notamment financières, j’ai tenu à mettre mes valeurs professionnelles d’authenticité et de rigueur au-dessus des risques encourus, et je lui ai chaque fois indiqué les meilleures solutions techniques, afin de préserver les grands équilibres financiers, tant pour l’exercice 2010, que pour les années suivantes, toutes choses égales par ailleurs. En particulier, j’ai toujours tenu à mettre en formes légales les diverses procédures comptables, dont la prise en charge par le Conseil général du billet d’avion de l’épouse du Président pour effectuer un voyage au Liban.
De cette franchise professionnelle a résulté une décharge de fonction. Ce qui me désespère, ce n’est pas tant le fait de rechercher un nouvel emploi, que la situation calamiteuse dans laquelle sont mises pour 2010 et les années suivantes, les finances départementales : risque de mise en cause de l’équilibre budgétaire par le contrôle de légalité, ou l’opposition départementale, absence de maîtrise réelle des dépenses de fonctionnement, absence de mesure de l’efficience des politiques publiques, pas d’échelonnement des priorités des opérations d’investissement, avec un programme d’investissement trop important qui peut conduire à un surendettement, et un stock trop abondant d’autorisations de programme.
D’abord rapport de confiance…
:
J’ai été recruté: sur la base d’une expérience réussie en matière de gestion budgétaire et financière à la ville de Mons, où j’ai exercé des fonctions qui ont abouti à une promotion de chef du pôle de la gestion financière et de la commande publique par la nouvelle équipe municipale élue en 2008. Le recrutement au conseil général de l’Isare s’est effectué par le Cabinet Profess, qui ne parvenait pas, de janvier à juin 2010, à recruter un directeur des finances sur le poste laissé vacant par M. Jean Marcial LEGOUX, qui a quitté ses fonctions en mauvais termes avec la direction départementale, en raison du refus de prendre en charge un billet d’avion pour l’épouse du président Jules Minotaure. J’ai été appâté par des avantages en nature conséquents.
Je suis entré en fonction le 10 août et je me suis très vite adapté au poste. J’ai réalisé de façon performante les documents budgétaires relatifs aux décisions modificatives 2 et 3, ainsi qu’au débat d’orientation budgétaire 2011, ainsi qu’à la préparation d’un budget primitif cible pour 2011.
Cependant, j’ai été surpris peu à peu par l’ambiance régnant au niveau du management du conseil général:
Nombreux départs de cadres performants.
Mise au placard de cadres
Absence de création et d’animation d’un comité de direction
Mouvements de grèves et malaises au niveau de l’ensemble du personnel.
Cette conception ne correspond pas du tout à mes valeurs éthiques au travail, et il est certain, malgré l’intérêt du poste, et le dévouement des agents sous mes ordres, que je ne pourrais pas perdurer dans ce poste.
Mon recrutement a été un marché de dupes: le conseil général de l’Isare ne trouvait pas de candidat pour occuper le poste de directeur des finances (désistement des candidats en raison du contexte d’absence de management effectif).
…puis rupture de confiance:
Par un élément pas identifié au départ, la confiance a été rapidement rompue, pour un petit détail sous contrôle, le billet d’avion de l’épouse du président qui devait accompagner une délégation du conseil général de l’Isare au Liban fin octobre 2010. Contrairement à mon prédécesseur, je n’ai pas refusé de prendre en compte le billet d’avion. Mais il m’a été reproché de ne pas traiter l’affaire en priorité. Il semble également que le directeur général des services m’a chargé au près du président. Etant moi-même surchargé de travail (intégration à la fois des principes généraux de la gestion budgétaire et financière d’un département et mobilisation pour bien connaître et maîtriser les grands équilibres de l’Isare), j’ai manqué de vigilance et j’ai fait preuve de naïveté par rapport à un comportement indigne du directeur général des services.
Pour ce faire, le directeur général des services s’est appuyé sur mon comportement un peu rugueux et trop direct par rapport au Président : je suis trop franc et sans doute pas assez obséquieux.
Il en résulte, malgré mes tentatives d’explications auprès du directeur général des services (je lui ai indiqué qu’en matière budgétaire, seule la réalité et la vérité sont de mise), une rupture de la confiance et une mise effective au placard à compter du 1° février 2010.
Cette expérience douloureuse, m’a remis les pieds sur terre professionnellement. Cependant l’expérience demeure positive et elle m’a permis de m’imprégner des réalités d’un conseil général.
Les solutions alternatives sont:
· m’incruster; mais les conditions professionnelles proposées ne correspondent pas à ma façon de travailler ni à mes valeurs professionnelles, ni à mon idéal de management. Le contexte professionnel est déplaisant.
· demander mon rattachement au CNFPT, dans le cadre d’une sorte de préretraite.
Je refuse l’un et l’autre et je suis en recherche active d’un poste correspondant à mes compétences acquises (Finances, Management, Fédérer, Faciliter), et à mes valeurs professionnelles.
Voilà les faits, sans haine, sans regret et sans remords.
Jean Paul Thé. “
*
* *
666: Jules (Yules?) Minotaure, Yanick Duhaut et Yuri Clamour sont les trois mauvais compagnons, mis sur la route d’Hiram, pour initier celui-ci, et le mener derrière le voile, le faire mourir et le transformer de maître en maître secret !
2 ou Y : c’est le chemin double qui conduit à l’unité, c’est-à-dire, selon que la démarche mène du monde matériel au monde spirituel, « deux fusionne en un », ou que la démarche mène du monde spirituel au monde matériel, « un se divise en deux ». Pour Thésée, ou pour Hiram, dans une autre tradition, 2666 est en fin de compte un nombre béni des dieux !
De nombreuses fois, le président minotaure, Duhaut et Clamour ont amené leurs victimes auprès du gouffre, puis les ont précipités dans le néant sans fond, escomptant une mort professionnelle assurée. A chaque fois, les victimes se sont envolées ! Elles sont passées de l’autre côté du miroir !
Il n’empêche que la volonté de nuire est là : c’est pourquoi, président minotaure (6), Directeur Duhaut (6), Cabinet Clamour (6), avant le vendredi 13 mai 2012, vous êtes cité à paraître au tribunal du Grand Architecte de l’Univers pour y recevoir un juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu’à la treizième génération de votre incarnation !
EPILOGUE
LES DOUZE TRAVAUX D’HERCULE
Hercule est à la fois le symbole de la matière première des alchimistes, qui, après divers travaux, de plomb se transforme en or et aussi la destinée de tout homme, qui, après un certain travail, transforme le petit je en Soi. L’homme vulgaire, après douze expériences qui ont duré un cycle d’une année, devient le nouvel homme.
Hercule est à la fois un demi-dieu, fils de Zeus (le Soi) et fils d’une mortelle (le corps). Il ne doit s’identifier ni au Soi, ni au corps. A l’issue des douze épreuves, il devient lui-même dieu (fin des réincarnations).
1 Le rappel du placard :
LA FORCE. Maîtrise du corps. A chaque moment le placardisé doit reprendre le dessus et se rappeler qu’il est le Témoin, « je suis ». Accepter aussi les moments de faiblesse et de relâchement.
Étouffer le lion de Némée à la peau impénétrable, et rapporter sa dépouille est le rappel constant d’être placardisé
Visite de M. Olive MASCULIN à Bello, le mardi 9 mars 2010. Après avoir visité l’Hôtel du Département, les jardins, le jet d’eau, le bâtiment principal et les anciens appartements de l’ancien président du Conseil Général, Olive prend connaissance du placard de Jean Paul Thé.
Dans le garage : sont alignés les véhicules de fonction des directeur général de services et directeurs généraux adjoints. Depuis la mise au placard de Jean Paul Thé, celui-ci ne dispose plus d’un emplacement spécifique. Le véhicule qui lui est attribué est une Mégane Renault. Son véhicule est stationné sur un emplacement de « directeur visiteur », alors que son remplaçant déjà en place bénéficie d’une Laguna.
Le bureau : de Jean Paul Thé n’a pas de nom sur la porte. C’est un « anonymat » voulu. Petit bureau, il est situé entre deux armoires. Dans un coin, les affaires en vrac de la personne qui occupait le bureau auparavant, affaires datées de 2009. Une précédente victime placardisée par le Minotaure.
La communication de la presse, du jour au lendemain, a été supprimée, tant la presse locale que nationale. De même Jean Paul Thé n’a plus de secrétariat. Le matériel : informatique, le téléphone, et l’imprimante sont des : matériels sobres, pour le moins, souvent défectueux. Ainsi, il doit, avant démarrage, débrancher le fil de l’ordinateur pour pouvoir le mettre en route.
Sur le site Intranet du Conseil Général, l’arrivée du remplaçant a été annoncée publiquement. .La nouvelle prise de fonction de Jean Paul Thé n’est annoncée nulle part, ni par note, ni par email, ni par intranet.
Dans le cadre de la placardisassions Oliver Masculin est mis à contribution. Ainsi, début juin 2010 : Olive Masculin appelle au téléphone, sur commande, Jean Paul Thé pour lui déclarer, ceci afin de le démoraliser et encourager son départ du Conseil Général : « Vous êtes mal, vous devez prendre le nouveau poste qui vous est proposé. »
Sans cesse, le placard se rappelle à Jean Paul Thé, ne serait-ce que par le matériel défectueux, la mise en route plus que pénible de l’ordinateur, avec l’une ou l’autre pièce bancale, la souris ou autres. Sans cesse il faut s’y reprendre à plusieurs fois.
Chaque fois que France, la secrétaire de direction d’avant le placard, lui rend visite dans son bureau, rarement, il est vrai, c’est pour lui prendre quelque chose : le code général des collectivités territoriales, l’ouvrage Lamy sur les finances des collectivités territoriales,…, ceci sans doute à la demande de son chef de service.
Certains jours, en m’installant devant son micro-ordinateur, Je »an Paul Thé constate la disparition de certains programmes (par exemple, le 14 juin 2010, disparition du programme POSEIDON).
Un autre jour, Jean Paul Thé a la surprise de constater l’installation d’une pancarte avec son nom sur la porte de son bureau.
2 Le regard des autres :
LE REGARD. Il convient de se libérer des conventions sociales, ce qui est une forme d’adaptation et de survie du petit je dans un monde barbare.
Tuer l'hydre de Lerne, dont les têtes tranchées repoussaient sans cesse est le symbole du regard des autres sur le placardisé.
« Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester. »
Poème de Martin Niemöller
La plupart des anciens collègues ont peur de rencontrer Jean Paul Thé, que ce soit les fonctionnaires, ou les francs maçons,… En quelque sorte, Jean Paul Thé mort professionnellement, et la mort fait peur. C’est ce qu’a verbalisé M. Duhaut : pour la collectivité du Conseil Général de l’Isare, « vous n’existez déjà plus ».
Les personnes extérieures penseront toujours que, s’il y a placard, c’est la faute du placardisé. Il n’a que ce qu’il mérite. Quelque part, ce qui lui arrive est de son fait.
3 Garder malgré tout le corps intact.
LA SANTE. La volonté de l’ennemi est de faire déraper le placardisé, de faire en sorte que les armes soient retournées contre soi-même. C’est utiliser l’autodestruction.
Rapporter vivant l'énorme sanglier d'Érymanthe, c’est garder intact le corps malgré tout et éviter le suicide.
Souvent l’esprit de Jean Paul Thé est traversé par l’idée de suicide, d’en finir une fois pour toute, sur le lieu de travail. Il suffit de se pendre au fil du téléphone. Se suicider par rapport à soi-même et l’idée qu’il a de sa dignité ? Pour donner raison aux persécuteurs ?
C’est pourquoi il s’oblige à des rencontres, à la cafétéria du siège du Conseil Général, en sachant malgré tout que le placardisé est un pestiféré, et que ceux qui choisiront de le rencontrer auront du courage, ne serait-ce que pour le saluer.
Il y a de longs moments de solitude et d’attente. Attente de quoi ? Que quelqu’un intervienne et constate l’injustice qui est faite. Attente d’une lettre apportant un secours ou une embauche. Tout cela semble vain.
4 Vaincre la rumeur et la malversation
PREVOIR. C’est laisser courir la rumeur et si possible retourner la communication au profit de Jean Paul Thé.
Vaincre à la course la biche de Cérynie aux sabots d'airain et aux bois de bronze, créature sacrée d'Artémis, symbolise « vaincre la rumeur et la malversation ».
Le directeur général des services rappelle lors de chaque rencontre, rare, en moyenne une rencontre par mois, que Jean Pau l Thé n’existe plus pour le Conseil Général. Chacun fait en sorte de le lui faire comprendre. Par exemple en étant servi le dernier, en ronchonnant pour tous les services demandés (billets de train,…).Il s’agi de faire comprendre que Jean Paul Thé ne sert à plus rien, qu’il est inutile et même qu’il occupe indûment une place, afin de le culpabiliser.
Lors d’une rencontre samedi 10 avril 2010, vers 11 heures, de M. Brun, payeur départemental, celui-ci informe Jean Paul Thé que le Président n’a toujours pas mis en paiement la facture relative au billet d’avion de son épouse. Il a vu passer le contrat de recrutement d’un directeur des ressources humaines, mais n’a pas vu le contrat relatif au recrutement d’un directeur des services financiers, qu’il pense peut-être passé dans la masse des mandatements. Le successeur de Jean Paul Thé est sur ses gardes et n’ose pas prendre d’initiatives : il prend beaucoup d’égards, et se réfugie derrière les avis des uns et des autres, ce qui, faute d’informations fermes et fiables, bloque le travail des agents de la paierie. Il a notamment beaucoup de mal à mettre en œuvre le réseau de correspondants financiers. Le fait de ne pas dire les choses, fait courir un risque aux équilibres financiers du Conseil Général. En effet, en raison des choix un peu légers effectués, le budget primitif est en équilibre précaire.
5 Mette de l’ordre dans la gestion financière.
ORDRE. Nettoyer les écuries d'Augias, qui ne l'avaient jamais été, c’est mettre de l’ordre dans la gestion financière.
Il n’existe aucune prospective à trois années des finances départementales.
Lors d’une rencontre, avec Jean Paul Thé, le 8 avril 2010, 11 heures 30 avec M Duhaut, dans le bureau de ce dernier, d’abord, le directeur général des services s’intéresse aux recherches de postes de Jean Paul Thé, sommé de quitter le département de l’Isare. Jean Paul Thé l’informe des contacts en cours. Puis le directeur général des services informe Jean Paul Thé que le Conseil Général a été destinataire du recours de ce dernier auprès du tribunal administratif. Le directeur général des services trouve le procédé inélégant. Jean Paul Thé devait-il demander au directeur général des services l’autorisation d’ester en justice ? Discours contradictoire de M. Duhaut : il estime que la demande formulée d’un congé spécial est illégale et immorale. Mais il parle également d’une transaction et d’une possibilité d’attribuer à Jean Paul Thé un congé spécial. Encore faut-il être deux pour effectuer une telle transaction. Puis le directeur général des services menace Jean Paul Thé de lui prendre les divers avantages en nature. Le débat est clôturé par : « Quelle autisme ! » qui est adressé à Jean Paul Thé. On ressent un directeur général des services en colère, qui ne maîtrise pas la situation. La décision appartiendra donc au Président.
Contradiction flagrante : d’un côté M. Duhaut encourage Jean Paul Thé à chercher un poste et l’incite donc à poursuivre ses recherches, et de l’autre côté, il indique qu’il serait en droit de lui demander un travail sur la prospective : toujours un travail de fond pour saper le moral de Jean Paul Thé ! Le directeur général des services insiste sur deux points : premièrement, le fait que Jean Paul Thé a demandé lui-même, un soir de grande fatigue, que son dossier soit remis au Cabinet de recrutement Profess, qui l’a recruté. Cela indique donc que Jean Paul Thé ne se sentait pas bien dans les conditions de travail du Conseil Général de l’Isare. Et deuxièmement, Jean Paul Thé a traité également l’affaire du billet d’avion de Mme Minotaure de « peccadilles ». A noter d’une part, que le Cabinet de recrutement Profess n’a pas fait d’effort pour retrouver à Jean Paul Thé un poste à la hauteur du poste qu’il occupait à Mons et que d’autre part, le billet d’avion, que Jean Paul Thé contribué à solutionner, pas seul, avec le directeur général des services et les services financiers, est une bien petite affaire par rapport à l’équilibre du budget 2010 du Conseil Général !
Le fait que Jean Paul Thé ait dit que le budget 2010, tel que proposé par le Président, « n’était pas sincère et en équilibre réel », c’est faire son travail d’expert et de technicien des finances et du budget. M. Duhaut reproche également à Jean Paul Thé de ne pas avoir été le candidat idéal, trop directeur des finances et pas assez directeur général adjoint. Mais pour fabriquer en moins de six mois, un budget solide, avec un directeur général des services qui lui cisaille la branche dans son dos, au lieu de constituer son équipe, et de l’aider sur le résultat final, le résultat est plutôt excellent. M. Duhaut explique que lui-même, ayant été sous-préfet, un jour, d’un arrondissement, le lendemain, il ne l’était plus. Les gens ne le saluaient plus dans la rue. Il donne l’impression que la mise au placard de Jean Paul Thé est une basse vengeance d’une situation mal vécue par lui-même.
6 Se maintenir dans le coup.
Garder la dignité contre vent et marée sans être dupe du néant et rester flexible.
Tuer les oiseaux du lac Stymphale aux plumes d'airain, c’est aller à l’affrontement et aux réunions de service, afin de se maintenir dans le coup.
7 Vaincre le Minotaure
Dompter le taureau crétois de Minos, que celui-ci n'avait pas voulu rendre à Poséidon. Vaincre le minotaure,
8 Résister
Manger l’autre : le faire soi.
Capturer les juments mangeuses d'hommes de Diomède, c’est rester vivant.et résister.
9 Première mort. Plus de passé
La ceinture coupe le corps en deux, avec le haut et le bas. C’est aussi le symbole de la richesse (matérielle et spirituelle) accumulée. La remettre, c’est s’en défaire.
Rapporter la ceinture d'Hippolyte, la fille d'Arès et reine des Amazones, c’est progresser en sagesse et aller vers la libération. Première mort : plus de passé.
Ceci est symbolisé par la reprise des livres que Jean Paul Thé avait commandés lors de son arrivée par la secrétaire, France : le code général des collectivités territoriales, le WEKA sur les finances,…
10 Deuxième mort. Plus de futur.
Rendre la totalité, y compris le futur.
Vaincre Géryon le géant aux trois corps, et ramener son troupeau de bœufs est la deuxième mort. Etre à côté du corps. Plus de futur.
Ceci est symbolisé par le discours de M. Duhaut, affirmant que Jean Paul Thé n’a plus d’avenir au Conseil Général de l’Isare.
11 Le vêtement nuptial.
DETACHER. LACHER PRISE. A un moment donné, Jean Paul Thé doit rechercher la solitude, et se détacher de tout, y compris les relations familiales.
Rapporter les pommes d'or du jardin des Hespérides gardées par Ladon, c’est créer l’uniforme d’or, le vêtement nuptial, faire le dernier trajet, le pèlerinage vers Compostelle. Rencontrer.
Ce que permet positivement la mise au placard, c’est un contact avec la réalité sociale environnante, et des voyages en France pour rechercher un nouvel emploi ;
12 La Libération.
Les Enfers. Fin du corps, mis sous terre, et libération de l’âme.
Descendre aux Enfers et enchaîner Cerbère, c’est en finir avec ce monde, ne plus être du monde, mais dans le monde, en attente de la mort définitive.
Les cadres de l’Isare sont appâtés par des avantages en nature inconsidérés lors de leur recrutement et leur départ est également acheté.
Duhaut est l’homme qui a peur. Il a peur pour sa peau. Il est donc dangereux pour ses collègues, en particulier pour les cadres de haut niveau et ses plus proches collaborateurs. Il est prêt à les vendre pour une assiette de lentilles. Il n’est jamais responsable de rien. Il est catastrophique d’avoir un tel énergumène à la tête d’une collectivité territoriale comme le département de l’Isare.
Si le Président peut s’en contenter parce que cela lui permet à lui-même de gérer les affaires, par contre par moment le Président semble en attendre plus : des idées, et un véritable management des agents, qui fait cruellement défaut.
Le seul objectif du directeur général des services est de sauver les apparences : « apparaître » comme le directeur général des services ! Mais c’est un trouillard !
Ce n’est pas un individu avec lequel on peut faire la guerre : toujours prêt à trahir, c’est à lui que devrait être réservée la première balle pour éviter les surprises.
Les raisons réelles des départs des cadres sont masquées et cachées : « Il est parti vers d’autres horizons » annonce le directeur général des services. Alors que chacun sait qu’il est parti parce qu’il est mis dehors (contrat pas renouvelé, ou mise au placard).
Mettre en procès démontre qu’il n’y a plus aucune autre solution : le débat est impossible.
Le personnel est quelque part complice de l’ambiance régnant au Conseil Général : par son silence, par l’égoïsme de chacun. Néanmoins, quand on écouté les histoires individuelles, on découvre autant de drames. Les syndicats, plutôt « jaunes » sont également responsables de cette situation délétère. C’est le sauf qui peut !
Le Minotaure s’est accaparé la structure et l’organisation du Conseil Général à son profit. En conséquence, quand Dumilieu prêche la loyauté : il s’agit d’une loyauté au Minotaure.
L’Immaculée Conception maçonnique : face à une telle situation, la loge maçonnique demeure inerte, ainsi que les francs-maçons pourtant bien représentés au Conseil Général.
Au moins deux franc-maçons auraient pu aider Jean Paul Thé, ne serait-ce que pour amoindrir sa douleur, mais encore aurait-il fallu qu’ils soient un peu fidèles à leur engagement de lutter contre l’injustice et de venir en aide à leurs frères. Il s’agit d’abord du sénateur Bonhomme, dont le frère physique est alors président et vénérable de la loge « Espérance » à l’Orient de Bello. Ce frère président, lors d’une tenue, a fait une planche sur les relations familiales, et en particulier entre des relations entre le père et le fils, relations difficiles et mal vécues. Ceci a fait pleurer lamentablement l’individu devant toute la loge, démontrant un fort sentiment de pitié de soi-même. Cet individu était au courant de la situation difficile de Jean Paul Thé, au point qu’un jour, avant une tenue, il lui a déclaré : « J’espère que mon frère n’est pas complice de cela ! ». Ensuite, il y a Harry Malan, ancien président du Conseil général. Harry Malan connaît parfaitement le Minotaure et sait de quoi il est capable. Un jour, discutant devant un membre du cabinet du Minotaure avec Jean Paul Thé, il a déclaré à ce dernier : « Attention, on est écouté ! » et il a fait le geste de se déplacer afin de ne pas être entendu. Par ailleurs, déplorant le départ précipité de la directrice générale adjointe au pôle de la solidarité, il a affirmé en aparté à Jean Paul Thé, un peu prétentieux : « Nous, les élus, nous ne nous laissons pas faire par le président, nous lui répondons comme il faut ! ». Ce comportement, posture de faraud, a-t-il changé quoi que ce soit ? Un troisième maçon aurait pu avoir un peu de commisération et au moins chercher à se renseigner sur le sort de Jean Paul Thé : c’est le juge administratif Danny Mortadelle, membre de la même loge. Mais à voir son comportement moqueur et destructeur concernant tout ce qui touche la maçonnerie, sa seule ambition étant d’être le plus tôt possible président à la place du président, il n’y a rien à attendre de ce côté-là.
Ainsi, la maçonnerie bellosienne se présente sous son véritable jour : une confrérie bourgeoise de l’apparence et du clinquant.
Quels sont les enseignements à tirer de toute cette affaire ?
S’il est légitime et indiscutable que le président du Conseil Général peut tout à fait procéder à la décharge de fonction d’un directeur général adjoint lorsqu’il y a perte de confiance, par contre, il est tout à fait inadmissible et illégal d’effectuer une mise au placard, en masquant cyniquement cette mise au placard sous forme d’une mutation dans l’intérêt du service. Cela pose le problème de la désignation de Jules Minotaure en tant que président du Conseil Général : ceci alors que les militants socialistes connaissent depuis longtemps son comportement inhumain, qu’il a déjà eu l’occasion de mettre en œuvre auparavant tant au titre de la fonction de maire que de président d’une communauté de communes. C’est la confirmation que la social-démocratie est le frère jumeau du fascisme.
Aucun soutien n’est à attendre du pseudo humanisme. La vie quotidienne de Jean Paul Thé est celle de quelqu’un mis au placard, privé de toute dignité, et ceci au vu et au su de tous les témoins.
Bello, vendredi 13 août 2011
Les Veilleurs