« La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » (Partie 2)
INSPIRATION :
Dans une échelle de graduation, l’inspiration, si elle peut repose sur la Raison, est au-delà de la Raison, et se trouve entre l’intuition et l’illumination.
Chaque mot a son importance, et il est demandé qu’est-ce qu’INSPIRE cette sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ». L’inspiration est le mouvement intérieur qui porte à faire, à suggérer quelque action, cette faculté se trouvant entre l’intuition et l’illumination. Aussi, tout en restant fondé et guidé par la RAISON et l’EXPÉRIENCE personnelle vécue, le terme d’inspiration permet d’aller bien au-delà du monde perçu.
Comme pour les êtres vivant, le contraire de l’éternité est la mort, la sentence opposée serait : « La vérité du monde est la mort ».
La franc-maçonnerie travaille sur quelque chose qui n’est pas matériel : on ne le perçoit avec aucun sens, cela n’est ni audible, ni visible, ni tangible de quelque autre manière. C’est quelque chose que l’on ne peut pas acheter. Et pourtant, c’est ce qui est le plus sage, le plus fort et le plus beau : c’est ce qui relie tous les êtres vivants entre eux. Peu importe comment on l’appelle. Cela n’a ni forme, ni nom. Cela est en-dehors ou au-delà des mots : cela ne se trouve dans aucun livre. On ne peut que le vivre et le pratiquer. Cela n’est pas le corps. Cela n’est pas matériel. Le Soi est la réalité qui est derrière la forme. Le monde existe, mais sa réalité n’est pas visible.
Le terme « que vous INSPIRE cette sentence » me redonne une liberté, dont, je vous l’avoue, je ne vais pas hésiter à en disposer.
Cette sentence est prononcée à notre égard, membre du 32° grade. Elle s’oppose non seulement à ceux qui sont en-dehors du Temple, les profanes, mais aussi à une partie de nous-mêmes (je veux dire par là, non seulement une partie des francs-maçons, mais même une partie de chacun de nous, qui est restée en quelque sorte profane, c’est-à-dire étrangère au Temple) : les « mauvais compagnons », initié, par erreur, sont parmi nous. Alors, comme on disait lors de la Résistance en 1940-1945 : « Obéir, c’est trahir, désobéir, c’est servir ».
Qu’est-ce que la VERITE ? Qu’est-ce que le MONDE ? Qu’est-ce que l’ ETERNITE ?
Il y a une double définition possible de ces termes, selon que l’on se place dans le monde du serpent, le monde de la perception immédiate, ou le monde de la corde, le monde de l’éternité.
VERITE :
DEFINITION DE LA VERITE :
On peut donner au terme de Vérité deux sens différents, selon que l’on se place dans le mode des objets, le monde matériel, ou bien le mode spirituel.
Dans le monde des objets, il y a diverses définitions de la vérité :
Dans le monde spirituel, la vérité est au-delà du monde sensible. Mais il faut alors faire attention aux « bondieuseries », et éviter de confondre la Vérité et « Dieu ». La conception reste le monisme et non le dualisme. S’il existe plusieurs plans de notre existence consciente, alors ce qui est une vérité pratique sur l’un de ces plans revêt une apparence tout à fait différente et cesse par conséquent d’être vrai dès que nous nous élevons, à un niveau plus élevé d’où nous pouvons avoir une vue plus générale. La meilleure définition de la Vérité est celle que donne Jésus. Lorsque Ponce Pilate interroge Jésus : « Qu’est-ce la vérité ? », Jésus répond par le SILENCE. Donc la vérité ne s’exprime pas avec des mots, mais s’expérimente et se vit. Elle se situe dans un au-delà de la conscience relative, qui s’exprime par des pensées et des mots. Citons Ramana Maharshi : « Ce que l’on n’est pas capable de connaître, même après des années de conversations, peut être appréhendé instantanément dans le silence, ou en face du silence. (…) Le silence est le plus haut et le plus efficace des langages. »
En sanskrit, le mot satya signifie à la fois « réalité » et « vérité ». D’après l’historien Flavius Josèphe, les esséniens juraient lors de leur admission « d’aimer toujours la vérité ». Dans ce sens, le « vrai » correspond au « réel », la vérité étant ce qui n’est pas caché. La vérité exprime une existence, avec une nuance de stabilité. Le « vrai » correspond aussi au « juste ». En hébreu, la vérité renvoie à l’idée d’être. « Celui qui est » est Celui en lequel nous pouvons avoir confiance : il est la Vérité.
Découvrir la Vérité du monde, c’est donc mettre fin à l’ignorance, et cesser de voir comme vrai (le serpent), ce qui ne l’est pas. La Vérité ou Réalité du monde est éternelle.
« Apprendre le vrai et le faux en disant « Je suis ceci » ou « Ceci est à moi », c’est là une pratique courante, causée par une connaissance erronée ». (Shankara, « Commentaire aux Brahma-Sûtra – Introduction ».