Socialisme ou barbaries
Lettre ouverte à mon ami Alain A.
(Partie 7)
Qui représentent véritablement les partis de gouvernement et les fascistes ? Pour cela il faut définir ce qu’est le socialisme. Si l’on prend une journée de travail de tout ouvrier, celle-ci comprend deux parties : une première partie comprend le temps de travail nécessaire à la reproduction de l’ouvrier lui-même. La seconde partie comprend le temps de travail que le capitaliste s’accapare gratuitement. Dans la société capitaliste, avec des monopoles dominants comme en France, cette seconde partie est accaparée par les capitalistes et surtout les grands monopoles. Dans le régime socialiste, cette seconde partie sera mise au service de toute la société. Les fractions « républicaines » de la bourgeoisie française sont, au niveau du gouvernement, au service des grands monopoles, qu’ils se disent de droite ou de « gauche ». Ainsi, le gouvernement de « gauche », depuis 2012, a considérablement augmenté les profits de ces monopoles, par le développement du chômage, et la diminution du coût du travail. La fraction fasciste de la bourgeoisie, représentée par la direction du Front National, a le même but stratégique, mais par des moyens tactiques différents.
En conséquence, cette partie de la bourgeoisie, dans un pays comme la France, ne peut que consister en l’ennemi, et ne peut participer à un front uni contre le fascisme. Dans un document de 1938, Mao Tsé-Toung déclare : « Notre politique, c’est l’indépendance et l’autonomie au sein du front uni, c’est-à-dire l’unité mais aussi l’indépendance. »
Il est plus que temps de mettre un terme au mythe de la « gauche ». Selon ce mythe, il y aurait une « vraie » gauche » et une « fausse » gauche ». La « fausse » gauche serait dévoyée par quelques individus, en somme des traîtres (François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron,…), et il suffirait d’appuyer les représentants de la « varie » gauche (les frondeurs, Jean Luc Mélenchon, les dirigeants du P »C » F,…) pour que cette gauche là représente véritablement les intérêts du peuple. De même, un autre mythe est celui d’une opposition entre une bourgeoisie radicale et fasciste, et une bourgeoisie plus éclairée et démocratique. Ce genre de mythes permet au système en place, par l’entremise des élections de tous niveaux, de perdurer, en organisant une pseudo opposition entre plusieurs fractions de la bourgeoisie. Ce qu’il s’agit de mettre en œuvre, c’est une analyse des intérêts que servent les divers partis. Nous sommes arrivés à un stade, celui de l’impérialisme, du triomphe total des grands monopoles. En conséquence, il n’est même pas la peine de penser pouvoir diriger une parcelle du pays (une grande commune, une région, un département,…), et encore moins la totalité du pays, sans représenter la totalité et uniquement les intérêts de cette fraction de la bourgeoisie la plus riche. En conséquence les trois fractions rivales de la bourgeoisie, représentées par le Parti Socialiste, Les Républicains et le Front National, doivent faire la démonstration qu’ils sont à même de bien défendre, et mieux que les deux rivaux, les intérêts stratégiques de cette classe bourgeoise. Ainsi, on ne peut dire que François Hollande est un « menteur », qu’il annonce un programme qu’il ne met pas en application à peine élu. Mais il n’a pas le choix : soit il est le représentant de cette classe bourgeoise, et il parvient au pouvoir, soit il n’a aucune chance d’accéder aux rênes de l’Etat. Aujourd’hui, il doit faire la preuve qu’il est capable d’instaurer une formule fasciste en cas de besoin (c’est l’état d’urgence, et la guerre au Mali, en Syrien, en Irak,…). Beaucoup d’hommes politiques de « gauche » font comme si Hollande se trompait de chemin, qu’au fond, il est de « gauche », et représente d’autres intérêts que ceux des grands monopoles, qu’il est capable de se mettre au service de la grande majorité du peuple. C’est ce que font tous les hommes politiques de premier ordre : montrer que eux seront à la fois les meilleurs défenseurs des grands monopoles, tout en étant capable de tromper le peuple.
Aujourd’hui, ce qui est à l’ordre du jour, c’est la fin du capitalisme, c’est-à-dire la lutte pour la dignité, en mettant un terme au salariat. Au lieu de cela, François Hollande promet une « inversion de la courbe du chômage » ! Quelle dérision ; Il spécule sur les cycles économiques du capitalisme, sans s’attaquer aux problèmes de fonds. Présenter le président Hollande comme quelqu’un ne parvenant pas à avoir des résultats, c’est une erreur : des résultats, il en a, et des plus favorables à la classe bourgeoise !
Chacun des grands partis, y compris le Front Nationale, a intérêt à préserver le système électoral, quitte à l’aménager un petit peu. A peine terminé le « spectacle » électoral des élections régionales, on passe déjà à la promesse d’un changement pour les prochaines élections présidentielles de 2017 ! Quelle dérision ! Ce système ne fonctionne plus, et ils sont bien les seuls à ne pas s’en apercevoir. Par l’abstention, les électeurs rejettent ce système !
A peine les urnes remisées dans les armoires, tous les élus reprennent leurs habitudes : cumuls de mandats et des indemnités qui vont avec, absence de débats citoyens,… : tout cela a perdu tout son sens.
Les résultats pour la France entière, pour le second tour sont :
Inscrits : 45 293 088 électeurs.
Abstentions : 18 838 599 électeurs, soit 41,59 % des inscrits.
Votants : 26 455 289 «électeurs, soit 58,41 % des inscrits.
Blancs et nuls : 1 287 644 électeurs, soit 2,84 % des inscrits.
Exprimés : 25 167 645 électeurs, soit 55,57 % des inscrits.
Les listes ont obtenu :
Parti Socialiste : 72 811 électeurs, soit 0,16 % des inscrits.
Union de la Gauche : 7 263 865 électeurs, soit 16,04 % des inscrits.
Divers gauche : 746 412 électeurs, soit 1,65 % des inscrits.
Régionaliste : 136 381 électeurs, soit 0,30 % des inscrits.
Union de la droite : 10 127 619 électeurs, soit 22, 36 % des inscrits.
Front National : 6 820 477 électeurs, soit 15,06 % des inscrits.
Ainsi, aucune des trois fractions de la bourgeoisie ne dispose véritablement d’une majorité des voix, et en conséquence aucune ne dispose d’une légitimité pour gouverner les régions. De plus, plus de 75 % des électeurs rejette chacune des trois fractions bourgeoises.
Si l’on prend le détail des résultats par région, il en est de même : aucune fraction ne dispose d’une majorité lui permettant légitimement de gouverner. De plus, le système électoral est construit de telle façon, que le principe « un homme, une voix » est complètement dévoyé.
Prenons l’exemple de la région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine. La liste Union de la Droite dispose de 1 060 059 voix, et de 104 sièges dans l’assemblée régionale. La liste Front National dispose de 790 166 voix et 46 sièges. La liste Divers Gauche dispose de 339 756 voix et 19 sièges. En conséquence un siège de la première liste représente 10 193 électeurs. Un siège de la deuxième liste représente 17 178 électeurs. Et un siège de la troisième liste représente 17 882 électeurs.
Le nombre total des électeurs est de 3 885 868, et le nombre total des sièges est de 169. En conséquence, chaque siège représente 22 993 électeurs.
1 695 887 électeurs ‘abstentions, bulletins blancs et nuls) n’ont aucun représentant.