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blog de réflexion sociale

Socialisme ou barbaries (Partie 3)

 

Socialisme ou barbaries

Lettre ouverte à mon ami Alain A.

(Partie 3)

 

Ainsi, outre que les partis politiques pour lesquels les électeurs populaires sont appelés à se prononcer au niveau régional représentent les intérêts objectifs de la classe bourgeois, les 20 000 candidats environ qui se présentent à ce suffrage sont pour l’essentiel des membres de cette classe bourgeoise.

En conséquence, la seule position correcte, c’est l’abstention, et la préparation des conditions permettant de créer un parti communiste, capable de représenter les intérêts de la classe ouvrière et du peuple de France.

Le comportement de Jean Pierre Masseret, tête de liste de l’Union de la « gauche » en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, contribue à décrédibiliser encore plus rapidement le système électoral bourgeois. D’une part, ce sont les états-majors des partis qui décident des diverses candidatures, sans aucune considération pour les membres des partis, et avec encore moins de considération pour les électeurs. D’autre part, par carriérisme, Jean-Pierre Masseret n’a pas plus de considération ni pour les membres de son parti, ni pour les électeurs.

Cet appel à voter pour les candidats de droite, par la « gauche » ressemble à une Union de la bourgeoisie républicaine, opposée à la bourgeoisie fasciste. Sans doute, si la classe ouvrière représentait une force autonome, disposant d’un véritable état-major communiste, c’est-à-dire un parti communiste, la position politique la plus rationnelle serait d’appeler à voter pour la fraction de la bourgeoisie la plus « démocratique », contre la fraction de la bourgeoisie la moins « démocratique ». Mais aujourd’hui, une telle position n’a pas de sens et ne représente rien. Donc : abstention, mais aussi résistance contre le fascisme, et création d’un parti communiste, afin de réunir les conditions de l’autonomie prolétarienne, puis de la révolution prolétarienne.

Il convient de donner la mesure de la dangerosité des membres du Front National. Si le Front National rassemble une partie des votes populaires, par illusion que ce parti s’oppose au vieux système, le Front National adopte tous les principes de la classe bourgeoise, y compris ceux de la « démocratie représentative ». Si un certains nombre se comportent comme Jacques Doriot, avant la seconde guerre mondiale, c’est-à-dire en collaborateurs de classe, forcément, les places que le Front National pourra attribuer seront très limitées. Peu à peu les élections bourgeoises vont démontrer leur aspect fictif et imaginaire quant à la défense des intérêts objectifs du peuple et le Front National connaîtra son « 6 février 1934 », à savoir à la fois l’apogée et le coup d’arrêt.

Les deux épines

Au mieux la majorité du peuple peut prendre le Front National comme une épine pour extraire l’autre épine, l’UMPS, et mettre les deux épines « au feu ».

Quelles sont les forces bourgeoises en présence ?

D’un côté, le Parti socialiste, de plus en plus allié à l’UMP-« Les Républicains » : ils constituent à eux deux le « front républicain » bourgeois, qui truste tous les postes et essaie de tenir à l’écart tout autre intrus. C’est ce que François Mitterrand appelait le « Front fort ». Le fort taux d’abstention démontre que de moins en moins de citoyens, et en particuliers d’ouvriers, sont dupés par la volonté du Parti socialiste d’instiller ne serait-ce qu’une once de véritable socialisme. Les autres partis, EELV, Parti « communiste » français, Parti de gauche, trotskyste, etc. ne sont que les véhicules balais du social libéralisme. Chaque parti ne défend que ses notables, et aucun ne souhaite instaurer une démocratie populaire. Afin de se sortir du guêpier suivant : être élu par une partie de l’électorat le plus populaire, tout en appliquant une politique des plus libérales au service des monopoles impérialistes (guerres impérialistes, loi Macron, etc.), le Parti socialiste, de façon schizophrénique, veut scinder la politique qu’il applique sur le terrain, d’une part, de la constitution d’une majorité faible, regroupant les élus du Parti socialiste et ce qu’il y a de plus pourri au niveau des frondeurs et des écologistes, d’autre part. Faut-il rappeler qu’au XVII° siècle, les « frondeurs » désignaient les représentants de la classe privilégiée, opposés à la monarchie absolue !

Nombreux sont les scandales relatifs tant au sexe qu’à l’argent qui touchent les caciques du parti (DSK, Cahuzac, etc.), dignes de l’affaire Stavisky, au siècle dernier. Il n’empêche que si le gros loup n’est plus dans la lumière, il reste tous les « petits loups ».

Alors que le Parti Socialiste avait tous les pouvoirs, le Front National est le premier parti de France (loin derrière les abstentionnistes, il est vrai) : cela démontre que, comme dans les années 1930, la social-démocratie, représentation de l’idéologie bourgeoise au sein de la classe ouvrière, est bien le frère jumeau du fascisme ! Si le fait de voter changeait quelque chose, il y a longtemps que l’on aurait supprimé le droit de vote. A part se distribuer les places, y compris le Front National, les élus demeurent sourds aux demandes des électeurs.

Une partie des électeurs du Parti Socialiste votent pour ce parti en pensant qu’il est resté socialiste. Or, ceci n’est plus vrai depuis longtemps, au moins depuis 1981 !

Considérer les « socialistes » du Parti Socialiste comme des alliés possibles pour aller vers le socialisme, est un point de vue partagé par les trotskystes et les révisionnistes, faux « communistes » du Parti « Communiste » Français. Considérer les « socialistes » du Parti Socialiste comme des alliés possibles, au niveau tactique, contre l’ennemi principal qu’est le fascisme, est une possibilité. Voici, par exemple, ce que dit le Parti Communiste Français (Marxiste Léniniste Maoïste) sur les membres de la gauche :

« Normalement, les militants, car il s'agit là de militants, tout comme les électeurs de gauche sont plus « disciplinés » que ceux de droite. Ce qui est logique car la culture portée par la gauche est plus liée à la classe ouvrière, un certain nombre des organisations de gauche étant même directement issu de partis sociaux-démocrates ou révisionnistes ; elle porte donc une part importante de culture démocratique et partidaire. Alors que la droite conservatrice porte de manière plus directe la culture individualiste propre au capitalisme, notamment du fait du gaullisme. »

C’est là une erreur qui conduit à maintenir la classe ouvrière à la traîne d’un parti bourgeois, jusqu’à la moelle de ses os. Sans aucun doute, l’objectif principal est d’abord de donner à la classe ouvrière son autonomie par rapport à la classe bourgeoise, et donc de lui donner un Parti et une direction communiste. Ensuite, seulement, il est possible, au niveau tactique, de passer des compromis avec certaines couches de la bourgeoisie, sur la voie qui mène à la révolution prolétarienne !

Le fascisme, danger principal !

De l’autre côté, le Front National, parti fasciste, raciste et antisémite. Son idéologie est le nationalisme, c’est-à-dire la collaboration des classes sous la direction des bourgeois et du patronat. Ce parti, à peine présent sur la scène électorale, a déjà tous les défauts d’un parti de notables : cumul des mandats et des indemnités, népotisme, etc.

S’il est besoin de démontrer son caractère conservateur (maintien du vieux système existant), il suffit de rappeler que le Front National ne remet pas en cause les règles de la « démocratie » « représentative » bourgeoise. Par exemple, un des notables du Front National, Florian Philippot, parachuté en Moselle, technocrate de Paris et eurocrate à Bruxelles, cumulard de chez cumulard, n’est pas Mosellan de souche. "Philippot serait l'amant de M. Rebsamen, éventuellement, cela poserait problème" s'est exclamé Jean-Marie Le Pen, en 2014. "L'homosexualité n'est pas un délit, mais constitue une anomalie biologique et sociale" répondait Jean Marie Le Pen  dans "L'heure de vérité", en 1984.

Si l’homosexualité, comme l’hétérosexualité, sont des réalités tout aussi dignes et honorables, ce qu’il convient de constater, est que les différents cadres du Front National qui font leur « coming out », partagent les acquis de l’évolution des mœurs, dont ceux de mai 1968, mais le parti souhaite mettre ces acquis en cause. Si du point de vue stratégique, le Front National représente la fraction la plus agressive de la classe bourgeoise, donc, le pilier ultime du système, du point de vue tactique, sa ligne politique, en raison d’un système électoral qui a pour objet de désigner les membres de l’élite chargés de gouverner le peuple, est « attrape-tout ». Il en résulte de nombreuses incohérences : on peut parler d’une pluralité de Fronts fascistes, du point de vue tactique, mais un seul Front fasciste, du point de vue stratégique : le maintien au pouvoir de la fraction la plus agressive de la bourgeoisie, par les moyens de la guerre civile (voir la Commune de Paris de 1871), ou de la guerre extérieure (le pétainisme) si besoin. A quand « la nuit des longs couteaux » pour éliminer les intrus les plus déviants par rapport aux valeurs conservatrices bourgeoises ?

Prenons l’exemple de l’élection du maire Front National, Fabien Engelmann, à Hayange. Sur un total d’inscrits de 11 979 électeurs, Fabien Engelmann est élu avec 2290 voix au second tour, soit 19,1 % des électeurs inscrits (dont près de la moitié a refusé de participer au scrutin). En conséquence, 2 habitants sur 10 ont envoyé à la mairie de Hayange une majorité de 23 élus sur un total de 33 élus. Il en résulte que chaque élu frontiste représente environ 100 voix, et chacun des 10 élus de l’opposition représente 431 voix. Comme par ailleurs, au moins trois élus frontistes se sont brouillés avec le maire, le Front National ne représente plus, au mieux, que 1991 habitants. Cela signifie donc qu’un comité d’habitants regroupant plus de 2000 habitants (ou une pétition) a autant et plus de légitimité démocratique que le pseudo conseil municipal censé représenter la commune dans son ensemble. Et si l’on observe chaque élection, quel qu’en soit le niveau, national ou local, la conclusion est la même : il n’y a aucune légitimité pour représenter la majorité. La majorité des habitants (au niveau des électeurs inscrits) de Hayange est d’environ 6000 habitants (c’est-à-dire « électeurs ») : il en résulte que le maire, s’il veut respecter un esprit démocratique, devrait prendre les délibérations, dont les plus importantes, à l’unanimité des suffrages du conseil municipal : ce devrait être le cas notamment des délibérations relatives au budget et aux impôts locaux. Au lieu de cela, une fois élu, même avec une extrême minorité des voix, l’élu se considère comme représentant tous les électeurs, et refuse d’être démis, même s’il n’applique pas le programme pour lequel il a été élu. Ainsi, par exemple, le président de la République, comme tout maire, une fois élu par une minorité des électeurs inscrits sur les listes électorales, demande à être jugé à la fin de son mandat !

 

 

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