La main fermée prend sans jamais rien donner
L'or extérieur sur son cœur le recelant
Refuse de partager le veau d'or adorant
Gardant pour soi la lumière accumulée
Enfermant le néant dans un coffre luté
Thésaurisant les périssables changements
Et la transitoire terre collectionnant
La conscience égoïste reste bouclée.
Plutôt que d'accumuler mort et désarroi
Vers l'abondante lumière oriente-toi
Qui entre dans ton cœur pour enrichir autrui
Transforme les métaux en corps de lumière
Soleil intérieur substance plénière
Splendeur impérissable qui croît et fleurit.
Celui qui se jette en travers le satan
Plus que conscience choisit le changeant mental
Trop sérieux accroché sous la lune banale
Se hâtant pour épouser les valeurs du temps
Hors de soi la voie droite fuyant et déviant
Ta création disposée sur un piédestal
Tu demeures sans sève simplement verbale
Adorateur de l'idole se desséchant.
L’initié déterminé renonce aux faux dieux
Répond aux signes apparus dans les cieux
Qu’importe les journées les nuits à cheminer
Il rie par-delà réussites et défaites
Ne s’attache ni à la douleur ou à la fête
Placé de plein pied au cœur de l’éternité.
Ce qui te revient le miroir te l’a offert
Ô prostituée qui t’admire toi-même
Cachant ton visage parler de toi seule t’enflamme
Constamment enfermée dans ta prison de chair
Courtisane au lieu de contempler l’univers
Narcisse qui ne cesse de voir lui-même
Le miroir te renvoie à tous tes blasphèmes
Parce qu’au dos tu déposes l'argent pervers.
Qui ne possède pas d’argent alors les yeux
Admirent à travers cette fenêtre les cieux
Miroir de la pureté première de l’esprit
Celui qui regarde dans le miroir magique
De l'âme découvre les défauts tragiques
Alors ce regard courageux le purifie.
Pleins d’illusions quant à ses capacités
Le chevalier devant le lièvre s’échappait
N’hésitant pas à abandonner son épée
Peureux cela rend manifeste la lâcheté
L’aventure initiatique se voit refuser
A qui s’effraie de renaître renouvelé
Elle exige dangers et victoires affrontés
Aussi l’abandon des fausses sécurités.
S'abuser soi-même sur la voie extatique
Aussi autrui dès lors de la forêt magique
Le lièvre surgit et révèle la mascarade
Authentique face à ta réalité
Quoiqu'il en coûte respectable guerrier
Le glaive de lumière en ta main garde.
Le cavalier désarçonné par sa monture
Furieuse les fesses cul par-dessus la tête
Dans un désordre incohérent de gestes
Avec fracas sur l’obstacle de la démesure
Cheval menant l’attelage quelle posture
Sur les instincts la disharmonie culbute
Avec lui toutes imperfections emportent
Néant et mort partageant cette aventure.
Les sept embûches graves pêchés toujours présents
Prêts à ressurgir mais d'un coup s'évanouissant
Le candidat capable de rester maître
Le voyageur courageux chevauche noblement
En nourrissant le feu intérieur maintenant
Et ici par le désir de nouveau renaître.
Voie du silence et du secret Isis sait
La gardienne du livre de révélation
Profonde bienfaitrice met ses actions
Au service de la vie spirituelle sacrée
Le souffle va et vient pour savoir quel côté
Elle possède l'eau qui reflète sa fonction
En silence révélant la chose par réflexion
Connue antérieurement mais oubliée.
L'appétit de connaissance intellectuelle
Tue l'esprit empêchant d’entrer dans l'éternel
Voilà pourquoi les livres sont dès lors déchirés
Le monde intérieur découvert par l'intuition
Quand devient vaine la pensée et la discussion
Dans la nuit la conscience enfin écoutée.