(Partie 8) Moi, résidente en maison de retraite, anciennement femme de ménage, centenaire et en fin de vie, je témoigne des maltraitances dans les maisons de retraite, y compris dans les établissements gérés sous statut associatif !
C) Nouvelle réponse pour Marie RITT:
Madame la directrice,
En réponse au mail du 6 novembre 2023, et en prévision de la réunion du CVS du jeudi 16 novembre 2023,
Je souhaite faire trois remarques concernant votre compte rendu relatif au projet de vie de ma mère, Marie RITT.
D'abord , dans votre réponse, vous déclarez : "Les menaces d'actions coordonnées avec la Mairie de METZ, basées sur vos relations professionnelles antérieures que vous avez évoqués lors de vos échanges, sont particulièrement étonnante. " A ma connaissance, je n'ai jamais proféré ce type de menaces, qui n'ont aucun intérêt. J'ai préparé un compte-rendu écrit, et pendant la réunion, je suis resté au plus près de cet écrit, afin d'éviter justement toute interprétation tendancieuse de mes propos, et j'ai tenu de remettre cet écrit en fin de réunion.
Ensuite vous faites sans cesse référence à des mesures qui auraient été prises par le médecin qui suit ma mère, seule "sachant".
Enfin , vous donnez une batterie de statistiques concernant les taux de satisfaction des résidents ou des familles des résidents qui les représentent.
Concernant ces statistiques, je conteste tout à fait leur légitimité. En effet, comment pouvez-vous tenir compte des avis des représentants des familles, qui ne fréquentent qu'occasionnellement la structure de l'EHPAD, Et qui donc , ne déjeunent que très peu sur place.
Par exemple, vous citez mon avis donné au cuisinier, qui a fait une enquête de satisfaction le jour où j'ai déjeuner avec ma mère, le mardi 31 octobre 2023. Parlons de cet avis. Le cuisinier m'a demandé comment je trouvais le repas, s'il n'était pas trop salé (?). Je lui est répondu que cela allait, mais que je trouvais dommage que ma mère soit condamnée à manger que du "mouliné". Le cuisinier m'a répondu que c’était recommandé, que c'était aussi le cas de sa maman âgée, la nourriture pouvant passer par la mauvaise voix. Cela ne s'invente pas: En venant de la chambre de ma mère pour aller dans le réfectoire, j'ai rencontré un résident venant du troisième étage, accompagné de deux membres de sa famille. L'un de ces membres a lu le menu du jour, et le résident a répondu: "Alors je mangerai la moitié de mon assiette." Vous savez que les résidents sont des personnes élevés de la façon suivante: ils sont habitués à vider leur assiette. Vous savez que les portions sont prédéterminées, , qu'il n'y a pas le choix de menus suivants, et qu'il n'est jamais proposés de "rab". Et pourtant, quand les assiettes sont ramassées, on peut constater qu'il y a beaucoup de "déchet" mis à la poubelle. Il vous est facile de chiffrer ce "déchet" en quantité journalière. Quel pourcentage de résidents finit son assiette ?
Pour ce qui est du repas mouliné, pouvez-vous me montrer un écrit du médecin, qui indique une telle mesure, 'pour toujours" concernant ma mère et d'autres résidents ? Le mouliné incite à ne plus mâcher la nourriture et à détruire le goût et l’appétit. La présentation peut être une forme qui conduit à la dénutrition. Il existe des machines (1300 € la machine), qui permet de redonner à la nourriture moulue une forme plus présentable (par exemple moudre une cuisse de poulet, pour reconstituer ensuite la forme de la cuisse ) .
A moins d'être démonstratif, vous ne m'enlèverai pas de l'idée que la plupart des mesures prises (comme mouliner les repas pour les servir à la cuillère, mettre une grenouillère, etc.) le sont pour gagner du temps et reposent essentiellement sur un manque d’effectif. Avec la présence d'une personne à son côté, je ne vois pas ce qui empêche ma mère de manger une nourriture plus "solide". Tout semble pris de manière punitive: par exemple, suppression des bonbons "tagada" parce que ma mère salit ...
Une fois pour toutes, je ne rends aucunement responsable de cet état de fait le personnel de l'EHPAD, quel qu'il soit (aide-soignants, cuisiniers, etc.) . Mais ce qui est en cause, c'est à la fois un manque de moyens, et aussi un manque de personnel à l'effectif. Je suis certains que , par exemple, les repas seraient différents , si le cuisinier avait plus de moyens.
Chaque fois que je passe, ma mère mange (entre les repas, donc) de bon appétit : vache-qui-rit, bananes, biscuits, barrettes de chocolat,...
Sachant tout cela , pourquoi voulez-vous que je sois impoli, et rejette les repas offerts (une fois par mois ?). Mais à titre personnel, en quantité et en qualité, ces repas son insuffisants, je vide la corbeille de pain, et rentré chez moi, je complète le raps. Et il est vrai que, lorsque l'on me demande si le repas allait, je ne fais pas de réponse désobligeante.
Aussi, afin d'être réellement démonstratif sur tous ces sujets, et éviter toute polémique inutile, la prochaine réunion du Conseil de vie sociale, consacré au budget, devrait apporter un éclairage objectif sur tous ces faits. Par exemple:
- Évolution du taux d'occupation de l’établissement , sur plusieurs années. Nombre de résidents et évolution de ce nombre.
-Taux d'encadrement des résidents. La défenseure des droits de l'homme préconise dix personnes encadrants pour douze résidents. Ce chiffre est-il atteint ? Comment évolue-t-il ?
-Coût moyen des repas par jour et par résidents (trois repas plus un goûter). L'enquête de la revue "Cinquante millions de consommateurs" établit ce chiffre moyen , pour les établissements sondés, à 5 ou 6 euros.
-Salaires moyens du personnel, en différenciant la direction et les divers agents.
Taux de présence du personnel (vacances, week-end, jours de semaine, absentéisme,...)
-Présentation des dépenses et des recettes en deux "fromages", présentant la part des différents postes (Coût de la structure: chauffage, eau, etc, Personnel, Repas, Culture et vie sociale, etc. pour les dépenses, part des aides diverses, dont les aides publiques, participation des résidents et des familles, pour les recettes). Frais médicaux (qui devraient s'équilibrer en dépenses et en recettes. Ratios nationaux des divers EHPAD. Évolution au moins sur deux exercices de ces postes.
-Potages: Fabriqués dans une cuve à soupe ? Ajout d'eau, de lait , de crème ?
-Quel est le temps passé entre les repas, notamment entre le repas du soir et le petit déjeuner du mati? Il est recommandé un jeûne maximum de 12 heures.
-Quel est le ratio minimal de l'encadrement des résidents. Notamment aux moments clés de la journée (lever, toilette, repas, coucher) y compris le week-end.
-Aide aux repas: Les plats sont moulinés parce qu'il y a des difficultés à mâcher ou des troubles de la déglutition. Normalement, la prescription du mixé est posée par un médecin, si possible par un orthophoniste spécialisé dans la déglutition, et elle n'est pas forcément définitive. Il est plus rapide de nourrir à la cuillère plusieurs personnes en même temps, que de leur couper la viande et attendre qu'elles mâchent. Avec le mixé, le plaisir de croquer et de mâcher disparaît , et l'appétit avec.
Vous savez bien que, d'après les chiffres officiels, il manque 50 000 personnes quant aux effectifs nationaux des EHPAD. Pour 2024, les directeurs d'EHPAD on demandé au gouvernement 20 000 poste supplémentaires , alors que celui-ci se prépare à en budgéter 3 000. Faire une enquête de satisfaction sans disposer d'éléments objectifs, cela a quelle valeur?
Par exemple, cela n'empêche pas les rumeurs de courir, comme par exemple, la fille d'une résidente, qui me déclare que telle personne âgée, d'origine polonaise, n'ayant pas de famille proche, serait morte dans son vomi".
L'examen du budget de l'EHPAD, lors de notre prochaine rencontre, voilà un élément qui est objectif concernant tous ces points et sur lequel peut reposer une enquête de satisfaction; Un tel document devrait permettre de préserver les intérêts, tant du personnel, que des résidents , ainsi que de la structure AVEC ,et mettre les décideurs (élus , organismes qui financent, etc.) face à leur responsabilités . Cela mettrait aussi un terme à tous les faux procès, fausses rumeurs et querelles inutiles. Encore une fois, le dévouement et le professionnalisme des agents ne sont nullement en cause, et il s'agit bien de pointer un manque d'effectif et de moyens. Donc il y a bien un intérêt commun, en ce sens entre tant les résidents, que les encadrants, y compris de la structure AVEC-AMAPA !
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués;
D) Nouvelle réponse de l'EHPAD
Nous avons répondu factuellement à chaque point que vous avez soulevé dans votre courrier.
Vous y faisiez part d'un ensemble de griefs importants faits à Madame B. directement et/ou aux équipes, sous sa responsabilité et celles conjointes de Madame S. Gouvernante et de Madame M. IDEC.
Concernant vos intentions quant au Groupe AVEC, je note votre éclaircissement et votre prudence dans vos propos et vous en remercie.
Afin qu'il n'y ait aucun doute sur notre organisation sachez que nous sommes aux attendus de nos missions visant à préserver le plus possible l'autonomie et le bien-être des résidents.
Nous sommes régulièrement inspectés et évalués par l'ARS, le CD et des organismes habilités.
L'organisation et la prise en charge sont d'ailleurs contrôlées et évaluées de façon constante dans les ehpad du groupe AVEC à l'instar des contrôles effectués dans tous les Établissements médico sociaux depuis le scandale Orpéa et autres.
Nous répondons positivement à chaque point soulevé dont celui premier de l'accompagnement bienveillant des résidents et des professionnels à leur côté.
Nous déployons les moyens au-delà des financements concédés par les CD et ARS pour les ESMS suivant leurs politiques et leurs méthodes de calcul des dotations.
Nous défendons au mieux les intérêts "des résidents et de celles et ceux qui prennent soin d'eux" en démontrant chaque fois que nécessaire l'insuffisance de la dotation "soin-dépendance" en sus de propositions d'amélioration.
Nous nous permettons de vous conseiller de répondre à l'enquête de satisfaction avec Madame votre mère. Cette feuille de route nous permet de nous améliorer et de répondre au mieux à chaque personne.
Cette enquête nous permet d'avoir un échange sur des points précis de mécontentement et/ou d'incompréhension et in fine, d'être dans une démarche d'amélioration constante.
Enfin, nous vous confirmons le rôle du médecin traitant tel que nous vous l'avons expliqué à plusieurs occasions lors des conversations avec les équipes et par écrit.
Le médecin a prescrit une alimentation mixée pour Madame RITT, les fraises tagada ne lui sont pas autorisées sous cette forme. Si Madame RITT les apprécie, il pourrait être possible de les mixer avec un liant ou de les faire fondre.
Nous vous rappelons cependant, le respect de la prescription médicale qu'aucun de nous ne doit négliger.
A ce sujet, le Docteur S., Médecin coordinateur peut répondre à vos interrogations.
E) Réunion sous l'égide des vérificateurs de la Haute Autorité de Santé du 27 novembre 2023 :
Réunion du 27 novembre 2023 17 heures. EHPAD Grange aux Bois.
Les conclusions de l'évaluation réalisée par la Haute Autorité de Santé sont valables pour cinq années ? Il est proposé de les mettre en relation avec les projets de Budgets Primitifs 2025-2029.
L'objectif est de donner à ces budgets annuels des priorités atteignables sur le moyen terme.
Ainsi, en 2023, le rapport entre les produits à la charge de l'usager (1 600 994 €) et à la charge du département (584 236 €) ( soit un total de 2 185 230 €) est de 73 E à 27 % . L'objectif est de ramener ce rapport, en sifflet, sur cinq années, à 50 % / 50 % . Soit pour 2029, un produit de 2 046 158 € à la fois à la charge de l'usager, et aussi à la charge du département. Total escompté: 4 092 316 € au lieu de 2 698 314 €. La différence de ressources en plus est de 1 394 002 €. Cette ressource supplémentaire pourrait être consacrée aux dépenses prioritaires suivantes:
- Nourriture des résidents: Amélioration de la qualité et de la quantité des portions, sur la base de trois repas par jour et une collation entre midi et le dîner, par résident. Il est reconnu que 30 % des résidents en EHPAD sont en situation de dénutrition .
- Recrutement de deux agents supplémentaires, affectés uniquement à l'animation sociale et culturelle (contre un agent à ce jour). Développement de nouvelles activités accessibles à tous les résidents (sorties, gymnastique douce, visites d'écoles, jardinage, élevage d'animaux domestiques, organisation de kermesses permettant de vendre les réalisations artistiques et autres (plantes, etc.) des résidents, etc.) .
- Atteindre en cinq années le ratio défini en 2021 par la Défenseure des droits, à savoir fixer un ratio minimal d'encadrement comprenant "au moins huit soignants et animateurs pour dix résidents" , plus particulièrement aux moments clés de la journée (lever, toilette, repas, coucher). On en est encore loin.
- Remise à niveau de la rémunération du personnel . Engagement des organismes financiers et contrôleurs , à ce qu'il n'y ait pas une rémunération nette inférieure au SMIC, et que la grille des salaires du personnel non médical et médical, du haut de la hiérarchie au personnel d'en bas, soit calquée exactement sur la grille du personnel départemental, tant en ce qui concerne la rémunération principale, les charges, les avantages divers, tant en ce qui concerne les salaires , les temps partiels, les congés, les formations obligatoires, etc. Ceci dans un délai maximum de cinq années, à raison d'une progression, non compris l'inflation de 1/5 ° par année, pour aboutir au résultat définitif escompté en 2029. Actuellement, les chiffres prévus pour 2029, sont de 2 121 041 € pour les rémunérations du personnel non médicalisé et 779 226 € pour les charges de sécurité sociale et de prévoyance .
- Prise en charge par le département des augmentations de l'énergie (chauffage, éclairage, etc.) au-delà du seuil qui excède l'inflation.
- Mise en place d'un budget d'investissement qui prend en compte les besoins des résidents et du personnel (remplacement et entretien des ascenseurs, etc.) . Ce budget doit s'équilibrer par les subventions et les emprunts contractés par les diverses collectivités locales et l’État (communes, métropole, département, région, ...) .
Ces diverses revendications doivent être portées par le regroupement des intervenants dans le domaine des EHPAD (Cadre de la loi sur la "grande dépendance", direction, syndicats, associations des directeurs d'EHPAD, etc. ).
Les prévisions budgétaires, telles qu'elles sont envisagées de 2025 à 2029 , ne sont qu'une reconduction des conditions financières telles que réalisées en 2022, et donc ne répondent à aucun problème tel que le manque de personnel, la moindre qualité de la nourriture servie aux résidents, les salaires insuffisants du personnel: de telles prévisions concourent à aggraver l'aspect de mouroir de l'EHPAD pour les cinq années à venir.
Ajoutons à cela qu'il était prévu de construire un nouveau bâtiment sur la ZAC des Sansonnets, afin de remplacer le bâtiment délabré actuel. Pour des raisons financières, ce projet d'investissement a été abandonné en 2022. En prévision de la réalisation de ce projet, plus aucun investissement de fond n'a été mis en œuvre, et l'on se trouve maintenant devant un bâtiment encore plus délabré, avec deux ascenseurs qui ne fonctionnent plus, et bien d'autres équipements délabrés et usés, qui accentuent encore plus l'aspect de mouroir que va prendre cette EHPAD sur les cinq années à venir.