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blog de réflexion sociale

(Partie 7) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

(Partie 7) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

 

MATERIALISME ET IDEALISME :

De cette conception de L’Etre suprême de Robespierre, résulte la double conception suivante, qui vise à maintenir la religion, tout en permettant la possibilité de la science :

o  Du point de vue de sa pratique, le savant est résolument matérialiste et athée (la raison seule, déterminisme, méthode expérimentale, observation et expérimentation,…)

o  Du point de vue de sa vie privée, le savant peut croire en une religion (la foi, Dieu, la création,…)

Cette conception du monde repose sur le cartésianisme (métaphysique idéaliste chrétienne, physique matérialiste athée), et la conception déiste de Voltaire : « Si Dieu n’existe pas, il faut l’inventer », car c’est une conception utile pour contenir les velléités de libération du peuple.

A la différence que Robespierre instaure une religion d’Etat. Ce sera un obstacle à la mise en œuvre du principe de laïcité, qui devra attendre 1905. A cette conception s’oppose la conception résolument matérialiste et athée des déchristianisateurs, des enragés, puis de Babeuf.

On a chez Rousseau (Profession de foi du vicaire savoyard) la base du culte de l’Etre suprême, un dieu statique réfutant les tendances religieuses, au nom du pur individualisme.

Ce culte de l’Etre suprême sera la base idéologique et culturelle de l’Etat bourgeois français, né de la révolution bourgeoise de 1789.

 

LA LUTTE CONTRE LES « BRAS NUS »

Robespierre et son groupe ont-ils été incapables de dresser un programme social cohérent ?

« Citoyens, déclarait Billaud le 1° floréal, nous avons promis d’honorer le malheur, il sera bien plus beau de le faire disparaître. ». Tel était déjà le projet social qu’annonçait Saint-Just le 8 ventôse dans son Rapport « Sur les personnes incarcérées » : « Abolissez la mendicité qui déshonore un état libre. », et le 13 ventôse, il lançait la proposition « d’indemniser tous les malheureux avec les biens des ennemis de la révolution. » En ce sens, le décret du 22 floréal complète le maximum général décrété en septembre 1793. Selon Saint-Just il s’agit de rallier les patriotes indigents pour lesquels on n’a encore rien fait, de montrer que le bonheur, « idée neuve en Europe », n’est pas une idée creuse. Ayant pour objectif, comme les décrets de ventôse, de « faire tourner la révolution au profit de ceux qui la soutiennent », elle inaugure aussi un nouveau lien social. Elle réalise les promesses de la Déclaration des droits, et fit des secours publics une « dette » de la société.

 

LA LUTTE CONTRE LES REPRESENTANTS DES BRAS NUS :

Selon Victor Hugo, dans les Reliquats de Quatre-vingt-Treize, « Le peuple qui suivait Robespierre, c’était le peuple, le peuple qui suivait Danton, c’était la nation […] Le peuple qui suivait Marat, c’était la populace. »

La lutte contre les bras nus a pour objectif d’asseoir la domination de la bourgeoisie.

Fondamentalement conservatrice, la première révolution n’avait ni allégé l’impôt, ni détruit le féodalisme. Elle avait, en revanche, coïncidé avec une paupérisation accrue des masses et un schisme religieux.

La Convention, au nom de la défense de la révolution, s’engagea de plus en plus dans la voie de l’extrémisme. Autour de Robespierre, certains commençaient à mettre en cause le libéralisme économique.

Grâce à l’appui ambigu des sans-culottes, les jacobins réussirent à imposer leur dictature.

Les bras nus se dressaient contre la révolution. Ils protestaient contre une révolution inachevée.

Les 730 élus de la Convention firent cependant une politique économique favorable à la propriété privée et à la liberté du commerce des grains, hostile aux émeutes de subsistances et aux troubles agraires. Aucun conventionnel, même à l’extrême gauche, ne s’identifia jamais aux aspirations populaires sur ce point.

La Commune de Paris : les militants parisiens obtinrent le 5 avril, un impôt forcé sur les riches, destiné à financer le pain des pauvres.

A  partir de novembre 1793, Robespierre va se poser sous un aspect nouveau, « en guillotinant l’anarchie ». C’est ainsi qu’il appelait les premiers socialistes, Jacques Roux, etc. Au cœur de Paris même, dans les noires et profondes rues ouvrières (les Arcis, Saint Michel) fermentait le socialisme, une révolution sous la révolution. Robespierre s’alarma, frappa, et se perdit…Dès cette heure, il était perdu.

Les enragés, les hébertistes et les babouvistes tentèrent de dépasser le cadre de la révolution bourgeoise. De 1789 à 1794, la révolution a progressé par bonds successifs. Ensuite, la bourgeoisie a empêché les sans-culottes de pousser plus loin.

Fin novembre 1793, puis le 9 thermidor (27 juillet) 1794 sont les points où la révolution atteint son apogée, et où le reflux commence.

Karl Marx : « La théorie devient une force matérielle lorsqu’elle s’empare des masses. » (Critique de la philosophie du droit de Hegel).

Karl Marx : « Des idées ne peuvent jamais mener au-delà d’un ancien état du monde, elles ne peuvent jamais que mener au-delà des idées de l’ancien état de choses. Généralement parlant, des idées ne peuvent rien mener à bonne fin. Pour mener à bonne fin des idées, il faut des hommes qui mettent en jeu une force pratique. » (La Sainte Famille)

Dans les fracas de l’écroulement d’une vieille société, en même temps qu’il faut se battre aux frontières, la contre-révolution est là, partout, avec ses traîtres avoués, issus de l’ancien règne des rois et des prêtres, ou cachés en faux révolutionnaires qui ont peur d’être entraînés au-delà de leurs intérêts nés de la révolution.

Ce qui distingue l’avant-garde des sans-culottes des Robespierristes et des Jacobins, c’est déjà une notion de classe, diffuse, certes, et que pour eux les mesures révolutionnaires ne sont pas de circonstance.

 

Hébert et les hébertistes :

Plébéiens : par plébéiens, j’entends des hommes issus du peuple ou proche du peuple, mais déjà élevés au-dessus du peuple, différenciés de celui-ci, et ayant, par conséquent, des intérêts particuliers distincts des siens. Qu’ils fussent d’origine populaire, comme Chaumette et Rossignol, où qu’ils fussent des bourgeois déclassés comme Hébert et Ronsin, ils n’étaient pas les interprètes directs et authentiques des bras nus.

Les mots d’ordre du mouvement « exagéré », en partie repris de ceux de Jacques Roux et des Enragés sont : répression contre les accapareurs, taxes sur les « riches », création d’armées révolutionnaires, etc. Mis en cause pour ses positions « extrémistes », et pour son soutien à la déchristianisation, Hébert est attaqué par les « Indulgents », mais aussi par Robespierre.  En ventôses an II, les Cordeliers dénoncent les « endormeurs » du Comité de salut public et en appellent à une nouvelle insurrection. Le 23 ventôse (13 mars 1794), Hébert et ses amis (Ronsin, Momoro, Vincent, etc.) sont arrêtés. Condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire, ils sont guillotinés le 4 germinal (24 mars), quelques jours avant les Indulgents. Avec ce « drame de germinal », le gouvernement révolutionnaire se coupe d’une partie de son soutien révolutionnaire.

Pour contenir les bras-nus, il fallait d’abord écraser l’hébertisme. Mais avant de frapper les hébertistes, il fallait, par une habile démagogie, les dissocier des masses.

Saint-Just : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. La Révolution nous conduit à reconnaître ce principe que celui qui s’est montré l’ennemi de son pays n’y peut être propriétaire. […] Les propriétés des patriotes sont sacrées, mais les biens des conspirateurs sont là pour tous les malheureux. Les malheureux sont les puissances de la terre. Le gouvernement repose sur la liberté, l’état civil sur l’aristocratie. […] Pouvez-vous rester loin du peuple, votre unique ami ? […] Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre révolution. […] Ne souffrez point qu’il y ait un malheureux ni un pauvre dans l’Etat. »

Hébert était partagé entre deux sentiments contraires : d’une part, la crainte (crainte du mouvement des masses, crainte de la répression gouvernementale) ; d’autre part, l’envie qu’il avait d’entrer au ministère de l’Intérieur, et d’y remplacer Paré, qui, protégé par Danton et Robespierre, lui avait soufflé ce portefeuille l’été précédent.

Ecartelé entre la bourgeoisie et l’avant-garde populaire, Hébert n’avait eu que des velléités d’action, stimulées par l’ambition, refoulées par la peur.

La bourgeoisie montagnarde hésita. La guerre n’était pas finie et, dans une certaine mesure, elle avait encore besoin de ménager les sans-culottes.

Dans la nuit du 13 au 14 mars, Hébert et ses partisans se laissèrent prendre sans avoir tenté un geste de résistance. Le 24 mars (Hébert et 21 partisans guillotinés) sonna le glas de la démocratie populaire.

La bourgeoisie écrasa, à travers l’hébertisme, l’embryon de la démocratie populaire qui, tout au long de la Révolution, l’avait fait trembler.

Couthon, avec sa mauvaise foi coutumière, prononça : « Quarante-huit sociétés populaires dans Paris formaient le spectacle hideux du fédéralisme ; il est temps qu’il disparaisse de nos yeux. »

La Commune de Paris, depuis longtemps, portait ombrage au pouvoir central. A travers les hébertistes, c’était la Commune qui était visée.

Ainsi se termina le règne des plébéiens au ministère de la Guerre. Ainsi furent liquidés les hommes qui avaient réalisé l’œuvre peut-être la plus importante de la Révolution : la sans-cullotisation de l’armée.

Les hébertistes furent éliminés essentiellement parce qu’ils étaient devenus un obstacle à la réalisation des desseins de la bourgeoisie révolutionnaire.

Pendant quelques mois, le Montagne avait tendu un os à ronger aux sans-culottes. Ayant besoin d’eux pour vaincre la contre-révolution intérieure, et surtout, l’ennemi extérieur, elle leur avait fait un certain nombre de concessions ; elle avait tenté, dans une certaine mesure, d’atténuer les effets de l’inflation et de la vie chère ; elle avait agi, simultanément, sur la monnaie et sur les prix. L’heure du péril extrême était passée. Elle n’avait plus autant besoin des bras nus. Elle jugea le moment venu de commencer à leur reprendre ce qu’elle leur avait concédé.

Par eux-mêmes, les hébertistes ne constituaient pas un obstacle sérieux. L’obstacle véritable, c’était l’avant-garde populaire.

La liquidation des hébertistes laissa le mouvement des masses démoralisé, désarticulé, décapité, incapable d’opposer une résistance quelconque aux entreprises de l’adversaire.

La chute de l’hébertisme créa les conditions permettant l’abandon progressif de la taxation et de la contrainte, le retour progressif au libéralisme économique.

De plus en plus ouvertement la Terreur, détournée de son objet primitif, devenait une arme anti-ouvrière.

Le journal Le Messager du soir raconta que, tandis que les municipaux robespierristes étaient conduits à la place de la Révolution pour y être guillotinés, les ouvriers leur témoignaient « un peu d’humeur », en les appelant plaisamment : « foutu maximum ».

Sur la charrette qui l’emmène à la guillotine, Robespierre est insulté par des gens qui lui reprochent d’avoir institué la loi du maximum des salaires.

 

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