(Partie 47) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.
Eugène Henri Brisson (1835-1912) : Franc-maçon. Il est entré en maçonnerie en 1856, car, disait-il, « c’était le seul endroit en France où l’on pût encore parler bas, mais parler encore avec une certaine liberté ». Dans les années 1860, vénérable de la loge « L’Ecossaise 133 », fréquentée par Floquet et Mesureur, et de futurs communards. Cet atelier, qui milite pour la démocratisation du Rite Ecossais et pour l’abandon de la référence au Grand Architecte de l’Univers, jouera un rôle moteur dans la scission écossaise en 1880. Avocat, journaliste, homme politique. Nommé après le 4 septembre 1870 adjoint au maire de Paris, il donna sa démission le lendemain du 31 octobre, en même temps qu’Etienne Arago et Charles Floquet. Candidat d’extrême –gauche, il fut élu à l’assemblée nationale le 8 février 1871. Il n’a pas approuvé la Commune.
Son intervention en juin 1899 à la tribune de l’assemblée nationale est demeurée célèbre : il croise les doigts, paumes vers l’avant, tend les bras au-dessus de sa tête, renverse son corps en arrière et lance « A moi les enfants de la veuve ». Ce cri aurait permis de rallier les députés francs-maçons présents et sauver le ministère Waldeck-Rousseau.
Victorine Brocher : voir Victorine Rouchy-Brocher
Albert de Broglie :
Brossut : Communarde.
La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.(Vingt-cinquième partie)
Paul Louis Marie Brousse (1844-1912) : Franc-maçon. Médecin. Il est reçu maçon en 1870, vraisemblablement à la loge du Suprême Conseil de France « Les Libres Pionniers du Progrès », ou « Les Disciples du Progrès », qui s’est ouverte l’année précédente à Montpellier, où le Grand Orient n’est pas représenté. Il est affilié à la loge « L’Etoile polaire », orient de Paris en 1900. Il se consacre à l’activité révolutionnaire. Il fut un militant de la Première Internationale. Favorable à la Commune, proche de Jules Guesde, il doit s’enfuir en 1872 en Espagne, où il édite une feuille anarchiste, La Solidarité révolutionnaire, émanation, en 1873, d’un Comité de propagande révolutionnaire socialiste de la France méridionale. Il participe au Congrès de l’Association internationale des travailleurs à Genève en 1873, où il fait l’apologie de l’anarchisme, Il est alors un des dirigeants de la fédération jurassienne. Revenu en France en 1880, il se prononce pour un socialisme réformiste. Il est un des fondateurs du Parti ouvrier français. En 1882, au congrès de Saint-Etienne, il provoque la scission du Parti et devient un des dirigeants des possibilistes. Il est élu vénérable par les neuf fondateurs de la loge du Grand Orient de France « Les Travailleurs socialistes de France », ouverte le 22 février 1904, orient de Paris. Cette loge destinée à regrouper des militants ouvriers compte quatre autres conseillers municipaux « broussistes » parisiens (L. Paris, J. Poiry, S. Paulard, P. Morel). Dès la première séance, s’y sont affiliés Frédéric Brunet (futur député), Henry Bagnol (député de la Seine), Jean Colly (conseiller municipal), Auguste Louis Heippenheimer (du Conseil supérieur du travail et futur conseiller municipal), l’économiste Victor Dalle ; ce jour-là, un autre conseiller municipal, Arthur Rozier, prononce une conférence, « Socialisme et franc-maçonnerie ». Parmi les futurs affiliés, on relève les noms de Jean Baptiste Dumay (député et maire du Creusot), du Dr. Meslier (député socialiste), et d’Abdel Craissac, trésorier de la Fédération nationale des syndicats d’ouvriers peintres, qui mène campagne, avec la loge, pour l’interdiction de l’emploi de composés du plomb et notamment du blanc de céruse dans les travaux publics ou particuliers. La loge travaille en relations étroites avec deux autres ateliers parisiens : « La France Socialiste » et « L’Union Socialiste », mais elle décline dans les années 1910. Brousse déclare au Grand Orient, lors de la fondation, avoir « égaré » son diplôme de maître, grade qu’il dit avoir obtenu le 30 avril 1870.
Paul Magloire Antoine Brunelle, dit Paul Antoine Brunel (1830-1904) : Officier. Il prend part au soulèvement blanquiste du 31 octobre 1870, contre le gouvernement de la défense nationale. Nommé le 24 mars 1871 général de la Commune, en même temps qu’Emile Eudes et Emile Victor Duval. Elu au Conseil de la Commune le 26 mars. Nommé général, il combattit avec bravoure jusqu’à l’écroulement final et fut blessé au Château d’eau. Il réussit cependant à passer la frontière et trouva un poste à l’Ecole navale de Darmouth. Rentré en France après l’amnistie. .
Budaille : Franc-maçon. De la Loge des « Amis de la Paix ». Signataire de l’appel du 5 mai 1871.
Urbain Roucoux dit Paul Burani (1845-1901) : Auteur dramatique, comédien, chansonnier et librettiste. Il organise des représentations théâtrales pendant le siège de Paris en 1870.
Marie Bure : Frangeuse à la Guillotière, tuée à 50 ans lors de la barricade de la Grand rue de la Guillotière, le 1° mai 1871.
Philippe Burty (1830-1890) : Critique d’art. Ami de Goncourt.
Julien Henry Busson Billault (1823-1888): Avocat. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre-président du Conseil d’Etat.
C
Cadaze : Membre du Comité central de la Garde nationale.
Gustave François Louis Calvinhac (1849-1902) : Le 28 mars 1871, il signa la déclaration suivante : « Les délégués de l’Algérie déclarent, au nom de tous leurs commettants, adhérer de la façon la plus absolue à la Commune de Paris ». Orateur très écouté durant la Commune du club Séraphin.
Zéphirin Rémy Camélinat (1840-1932) : Ouvrier. Militant socialiste. Ouvrier bronzeur et ciseleur. Employé par Charles Garnier à l’Opéra. Lors de la Commune de 1871, il se voit confier l’organisation de la poste, puis il est nommé directeur de la Monnaie de Paris. Ami de Pierre-Joseph Proudhon. Fondateur de l’AIT, un des quinze membres de sa commission administrative. Un des dirigeants de la section parisienne de la 1° Internationale. En septembre 1871, il réussit à passer en Angleterre et fut condamné l’année suivante à la déportation dans une enceinte fortifiée. Après l’amnistie, il rentre en France et fut élu député en 1885. En 1920, il adhéra au Parti Communiste. Devient candidat aux élections présidentielles en 1924.
Il fut l’un des fondateurs de l’Internationale. Membre de la Commune (1871). Il s’expatrie en Angleterre. Amnistié. Député socialiste de la Seine (1885-1889). Membre du conseil d’administration de l’Humanité, son intervention au congrès de Tours fit basculer ce journal du côté communiste (1920). Franc-maçon.
Le maréchal Canrobert :
François Jean Félix Cantagrel (1810-1887) : Député, représentant du Loir-et-Cher à l’Assemblée législative (1849), condamné à la déportation (1852), amnistié (1859). Franc-maçon. Radical. Disciple de Fourier. Il n’appartient pas à la Commune, dont il fut tout au plus sympathisant. Elu conseiller municipal de Paris dès juillet 1871, réélu en 1874, et député de la Seine (1876-1887).
Claude Romain Capellaro (1826-1899) : Sculpteur. Servi dans la Garde nationale et fut délégué au Comité central. Il appartint à la commission qui fit brûler la guillotine.
Adolphe Joseph Vital Carcassonne (1826-1894) : Elu conseiller municipal de Marseille le 28 août 1870, il adhéra à la Ligue du midi, entra à son Comité central et fut commissaire général des Bouches-du-Rhône. Lors du soulèvement du 1° novembre, il fut élu président de la commission révolutionnaire de Marseille et lança l’idée de taxer les riches.
François Caria : Déporté à l’île Nou.
Etienne Carjat (1828-1906) : Célèbre photographe, journaliste, caricaturiste. . Ami de Vallès. Il collabora au journal La Commune. Proche de Courbet, en 1871 il apporte son soutien à la Commune et publie des poèmes politiques dans le journal La Commune.
Lazare Hyppolite Carnot (1801-1888) : Franc-maçon, initié dans la loge « Les Amis Incorruptibles » en 1840. Il fréquenta ensuite la loge « Philadelphie » et le chapitre du même nom, vallée de Paris. Fils cadet de Lazare Carnot. Journaliste. Disciple de saint-Simon. Ministre de l’Instruction publique du Gouvernement provisoire en 1848. Maire du 8° arrondissement de Paris après le 4 décembre 1870. Elu député en février 1871 de Seine-et-Loire. Sénateur inamovible à partir de 1875 jusqu’en 1886. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques (1887).
Nicolas Léonard Sadi Carnot (1796-1832) : Fils de Lazare Carnot. Elève à Polytechnique (1812). Capitaine du génie. Inventeur de la thermodynamique. Franc-maçon. Membre de la loge « Les Amis Incomparables », orient de Paris.
Marie François Sadi Carnot (1837-1894) : Franc-maçon. Président de la République du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894, date de son assassinat. Initié dans la loge « les Amis Incorruptibles ».
Madame de Carondelet :
Cartier : « Pétroleuse ».
Cartoux : Commune de Marseille. La préfecture est investie et les autorités destituées. Le préfet Paul Cosnier est fait prisonnier, le maire démissionné, Espivent en fuite est remplacé par un de ses seconds. Présidée par Crémieux, la commission départementale prend la place du préfet; elle comprend 12 membres : des Radicaux (Job et Étienne), des membres de l'Internationale (Alérini), de la Garde nationale (Bouchet, Cartoux), et trois délégués du Conseil municipal. L'insurrection victorieuse, Crémieux déclare du haut du balcon de l'Hôtel départemental la solidarité de Marseille avec Paris, appelle la population à maintenir l'ordre et prône la réconciliation. La Commune marseillaise durera quinze jours.
Paul de Cassagnac (1843-1904) : Bonapartiste. Rédacteur en chef du Pays. Fonde L’Autorité en 1886 et soutient Boulanger. Célèbre par ses duels.
Victor, comte de Castellane (1788-1862) : Général, puis maréchal de France. Franc-maçon. Dans son Journal, il affirme en 1862 qu’il était « Maçon depuis plus de cinquante ans ». En 1852, il se méfiait de l’Obédience, qu’il considérait comme un moyen de propagande et d’organisation révolutionnaire.
Castioni : Membre du Comité central de la Garde nationale.
Henri de Cathelineau (1813-1891) : Royaliste. Il obtient en 1870 de la délégation de Tours la permission de former un corps de volontaires vendéens. Nommé général de brigade, il combat la Commune.
Joannès Caton (1849-1914) : Militant qui a participé à la Commune de Saint-Etienne en 1871. En septembre 1870, il fut secrétaire de l’actif comité de la rue de la Vigne, comité qui organisa en mars 1871 la prise de l’Hôtel de Ville. Il fut pendant un jour de fonction secrétaire du comité d’administration de la ville. A écrit dans 26 cahiers d’écolier, un Journal d’un déporté de la Commune à l’île des Pins.
Gaston Caulet de Tayac (1840-1877) : Homme de lettres. A la fin du Second Empire, il entre dans l’équipe du Cri du peuple. Il participa à la guerre contre la Prusse dans un régiment de zouaves, et après la proclamation de la Commune, devint commissaire spécial du cabinet de Raoul Rigault.
Jean Marie Lazare Caubet (1822-1891) : Philosophe. Journaliste. Libraire. Secrétaire général de la préfecture de police (4 septembre 1870). Directeur de la police municipale (1878), démissionnaire (1879). Franc-maçon. Initié à la loge « La Rose du Parfait Silence », dont il est vénérable en 1856. Membre du Conseil du Grand Maître (1863), dont il fut vice-président. Animateur de la revue Le Monde Maçonnique (1873-1879). Orateur du Grand Orient en 1871. Déclare alors « La Franc-maçonnerie française, dans l’immense majorité de ses membres, ne s’est mêlée à nos discordes civiles, que dans un but honorable d’apaisement et de conciliation ».
Louis Eugène Cavaignac (1802-1857) : Général. Chef du pouvoir exécutif en 1848, il réprime les « journées de juin ». Général. Gouverneur d’Algérie (1848), puis président du Conseil des ministres chargé du pouvoir exécutif durant l’année 1848. Le 23 juin 1848 commence une révolution par les partisans de la République démocratique et sociale à Paris (Journées de Juin). Après plusieurs jours d’une lutte acharnée (24, 25 et 26 juin), qui fit 1600 tués côté gouvernement et entre 3000 et 5000 morts du côté de l’insurrection, Cavaignac parvient à prendre le contrôle. Ces journées ont été une préparation de la Commune. A ces 3000 à 5000 morts s’ajoutent environ 1500 fusillés sans jugement ; il y a 25000 arrestations et 11000 condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie. Franc-maçon. Il fut maçon et figure sur le tableau de la loge « Thémis, » orient de Caen (1850).
Eugène Godefroy Cavaignac (1835-1905) : Ministre de la Guerre des cabinets Bourgeois (1896) et Brisson (1898). Adversaire de la révision du procès Dreyfus. Franc-maçon. Il appartint à la loge « Les Amis du Progrès », orient du Mans.
Georges Louis Marie Alexandre Cavalier, dit Pipe en Bois (1842-1878) : Ami de Vallès. Entre à l’école des Mines. Il collabore à des journaux d’opposition pendant l’Empire : le Citoyen, la Marseillaise, la Montagne, la Rue. Rentré à Paris le 19 mars, il se range aux côtés de la Commune, qui, le 7 avril, le nomme Directeur de la voie publique ou Ingénieur des voies et promenades publiques.
Robert Caze (1853-1886) : Ecrivain, poète et romancier naturaliste. Décédé le 28 mars 1886 des suites d’un duel contre Charles Vignier (1863-1934). Journaliste, il collabora à diverses feuilles d’opposition à l’Empire. En 1870-1871, il prend part à la Commune aux côtés de Paschal Grousset qui l’attacha au ministère des Affaires étrangères.
Claude Edme Chabert (1818-1890) : Ouvrier graveur sur métaux. Un des premiers français à adhérer à l’Internationale.
Louis Denis Chalain (1845-1885) : Franc-maçon. Ouvrier tourneur. Il adhère à l’AIT en 1870. Elu au Conseil de la Commune, il est membre de la commission de Sûreté générale, et de celle du Travail et de l’Echange. Condamné à mort par contumace, rentré en France après 1880.
Paul Armand Challemel-Lacour (1827-1896) : Enseignant de philosophie. Nommé préfet du Rhône par le gouvernement de la Défense nationale en septembre 1870, il réprime le soulèvement révolutionnaire à Lyon. Le 6 novembre 1870, il dissout le Comité central fédératif et arrête 32 de ses membres. Il sera ministre de Jules Ferry et président du Sénat.
Léodile Champseix : Voir André Léo.