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blog de réflexion sociale

(Partie 25) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

(Partie 25) La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.

 

Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois de restauration du capitalisme français

Si le programme du CNR est un programme stratégique, il y a alors mensonge sur la marchandise de la part du PCF : car c’est un programme de restauration du capitalisme traditionnel français. Sans doute ce programme met fin à la phase fasciste du capitalisme français, phase ouverte par le Régime de Vichy en 1940, mais il ne met pas le pied à l’étrier de la classe ouvrière pour aller vers l’étape stratégique qu’est la sienne : la destruction de l’ancien Etat, l’Etat bourgeois, et l’instauration d’un nouvel Etat, l’Etat socialiste.

Par opportunisme, les dirigeants du PCF privent donc la classe ouvrière de toute autonomie et la place sciemment à la remorque de la classe bourgeoise, pour l’instauration d’une Quatrième République.

En fin de compte, les dirigeants du PCF n’ont anticipé aucune étape, et ont déjà renoncé à la révolution socialiste, se plaçant dans une optique, non pas de luttes des classes, mais d’une lutte pour les places (places de parlementaires, de conseillers généraux, de maires,…). Ceci explique leur volonté de rendre les armes, de faire fusionner les FTP avec l’armée bourgeoise : c’est la stratégie de traîtrise : « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». Puis bientôt, l’appel est lancé pour un productivisme effréné en faveur des entreprises bourgeoises.

Puis peu à peu, le P « C » F est devenu un embryon du social-impérialisme russe.

On peut lire, en 2013, une afficha du PCF/Front de Gauche, ainsi libellée : « Prenez le pouvoir. La VI° République, c’est maintenant ». Quelle duperie. Après cinq républiques bourgeoises, les ouvriers et le peuple sont appelés à créer une sixième république bourgeoise rénovée. Ainsi, le PCF a renié définitivement son objectif de rupture avec le capitalisme, de révolution sociale et d’instauration d’un nouveau système, le socialisme. Il s’agit seulement de faire la « révolution citoyenne » dans les urnes, et de remplacer un système ancien et pourri par un système rénové et « moins » pourri. « Voter, c’et lutter » : comme si cela allait changer la vie quotidienne des ouvriers et du peuple !

 

Un des facteurs clés qui permet de départager les personnes en 1940 et le vote ou non des pouvoirs spéciaux au maréchal Pétain. C’est un des marqueurs essentiels de cette époque. Il ne faut jamais oublier que Pétain a été mis en place par une chambre « de gauche » : socialisme et fascisme sont bien deux frères jumeaux.

A la lecture du programme du Conseil national  de la Résistance, plusieurs constats sont évidents :

Le point clé, c’est qui dispose du pouvoir réel ?

Incontestablement, c’est la bourgeoisie, représentée par de Gaulle.

Le programme vise à restaurer une république bourgeoise. Pour le reste, il ne s’agit alors que de vœux pieux.

Pour le moins, si le PCF avait été dans son rôle de représentant de la classe ouvrière et du peuple, il aurait du doubler ce programme d’un second programme socialiste, dont l’objectif est de briser l’Etat bourgeois et d’instaurer le socialisme.

La démarche stratégique aurait dû être : d’abord un front commun et uni, pour vaincre l’ennemi commun, le nazisme et le régime de Vichy, et en même temps, et puis dans l’étape suivante, une étape de prise du pouvoir, la mise en avant de la nouvelle contradiction principale entre le PVF et de Gaulle.

Les sacrifices humains consentis par le peuple et les ouvriers n’auraient été ni moins lourds, ni plus lourds, avec une telle perspective.

Au lieu de cela, il y avait de la part du PCF, une stratégie unique : le front commun sous la direction de la fraction de la bourgeoisie représentée par de Gaulle. Le résultat est le mot d’ordre défaitiste et opportuniste : « Un seul Etat, une seule police, une seule justice, une seule armée », à savoir l’Etat bourgeois restauré.

Ceci explique la mollesse de l’épuration, bien plus faible en France que dans d’autres pays européens. Car la bourgeoise, pour son compte, a su mener la guerre de classes, en épargnant ses représentants collaborationnistes, afin de préparer tout de suite la phase suivante, à savoir la lutte contre les communistes. La bourgeoisie a su faire l’union sacrée de sa classe, y compris avec une fraction vichyste compromise, pour mener la lutte pour la domination du peuple et la mise à l’écart de la classe ouvrière.

Affaiblissant encore plus sa position, le PCF a opté pour une stratégie uniquement électorale, trouvant dès lors face à lui, le MRP, la SFIO et les gaullistes.

Les dirigeants du PCF n’avaient plus qu’une dernière offensive pour tromper les ouvriers, c’est d’appeler à la production, ce qu’ils ne manquèrent pas de faire, dès la guerre terminée.

Tout le contenu du programme devient alors un verbiage typiquement bourgeois, sans incidence réelle sur la vie quotidienne des masses :

·   « Union des patrons et des ouvriers » ;

·   « Union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général de Gaulle, de l’insurrection nationale » ;

·   « Union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée… ».

·   « Rester unis après la libération ».

·   « Démocratie la plus large » ;

·   « L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ».

·   « Le droit au travail et le droit au repos ».

·   « La sécurité de l’emploi ».

·   « Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales ».

·   « Une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale ».

·   « Dans l’union de tous les Français rassemblés autour  (…) de son président le général de Gaulle ».

Tout ce qui s’est déroulé après-guerre viendra démentir toutes ces bonnes intentions mensongères :

·   Droit des populations coloniales ? Guerre d’Indochine, d’Algérie, néocolonialisme,…

·   Libéralisme et république bourgeoise qui conduisent à une aggravation des inégalités sociales, aggravation lente pendant les « Trente Glorieuses », aggravation accélérée pendant les « Quarante Piteuses ».

Le programme remet en route la machinerie électorale, en précisant que la démocratie sera représentative et non directe : ce sont les élus qui exerceront un contrôle et non directement le peuple.

 

Le rôle de la franc-maçonnerie :

La franc-maçonnerie ne pouvait pas voir plus loin que l’avant-garde de la classe ouvrière, qui est devenue la classe la plus avancée de la société. Dans la mesure où les intérêts stratégiques de cette classe ont été trahis par les dirigeants révisionnistes et opportunistes de celle-ci, la seule optique était la réalisation du programme du CNR.

Pourtant, depuis la Révolution française de 1789, mais surtout depuis les révolutions de 1848 et de 1871, se sont posées avec de plus en plus d’acuité les questions de la démocratie, de la liberté et de l’égalité.

Ces problèmes se posent de la façon suivante :

·   L’Etat bourgeois, c’est la liberté, pour une minorité de plus en plus restreinte d’exploiter d’autrui. C’est l’absence de démocratie et d’égalité pour le plus grand nombre. C’est une organisation parfaite de la micro-économie, au niveau de chaque entreprise prise individuellement. Mais c’est l’anarchie au niveau de la macro-économie et de l’organisation de l »’économie dans son ensemble.

·   L’Etat socialiste, c’est la démocratie et l’égalité pour la majorité, une organisation planifiée de l’économie, assurant à chacun des moyens de vivre (travail, logement, loisirs,…). C’est aussi la dictature sur la minorité des anciens exploiteurs. Le point clé est la collectivisation des moyens de production.

·   La société, dans son ensemble aspire au socialisme, et donc à une prise en charge de l’économie par la classe ouvrière et ses alliés.

En conséquence, seul le socialisme véritable est satisfaisant quant à l’application des principes de « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Comme en 1789, 1848 ou 1871, les classes privilégiées n’accepteront pas de gaîté de cœur de renoncer à leurs privilèges.

Le passage de l’ancien système au nouveau système nécessite donc une période difficile, de rupture, une période révolutionnaire, qui sera forcément une période de guerre populaire.

Il convient donc de s’y préparer, le contexte général pouvant être, soit une paix relative entre les Etats, soit une guerre entre les nations. Pour la classe ouvrière, il est donc nécessaire de la préparer idéologiquement, afin d’éviter qu’elle ne rate à nouveau le coche et ne se mette de nouveau à la traîne d’une fraction de la bourgeoise, que cette fraction soit de droite, de « gauche » ou ouvertement fasciste. La classe ouvrière, ainsi que ses alliés c’est-à-dire, quel que soit le contexte, notamment entre les nations, paix ou guerre, doit avoir une conscience claire de ses intérêts propres stratégiques, et mène la lutte jusqu’au bout, sans se laisser dévoyer par les révisionnistes, composante de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.

C’est avec raison que le Régime de Vichy a désigné la franc-maçonnerie comme un ennemi mortel : en effet la franc-maçonnerie irrigue la société de principes républicains qui vont tout à fait à l’encontre du fascisme et même du capitalisme.

 

Il est capital d’étudier la réalité historique telle qu’elle est.

Par exemple, différents dictionnaires de francs-maçons font l’impasse sur le fait que certaines personnalités étaient francs-maçons, comme Pierre Laval. D’autres francs-maçons sont devenus collaborationnistes et fascistes. Ignorer ce fait, c’est un peu éluder la réalité.

Il est important de mesurer le nombre de francs-maçons qui sont devenus d’une part résistants, et d’autre part collaborationnistes et fascistes. C’est un phénomène probant, tout comme les communistes qui se sont transformés en leur contraire et sont devenus fascistes, comme Jacques Doriot.

Certains historiens affirment qu’il y avait plus de francs-maçons du côté de la collaboration et de l’Occupant, que du côté de la résistance : ceci est un élément à étudier ;

Il en a été de même à toutes les époques historiques :

·   Lors de la Révolution française de 1789, certains francs-maçons étaient hostiles à cette Révolution (les émigrés, La Fayette,…), d’autres se sont comportés en traîtres (Mirabeau,…).

·   Lors de la Commune de Paris de 1871, certains francs-maçons étaient opposés à ce mouvement (les Versaillais, les anciens généraux de Napoléon III,…). De nombreux francs-maçons, communards, se sont transformés en boulangistes ou conservateurs (Rochefort, Malon,…).

Voici quelques éléments qu’il serait utile d’étudier d’un point de vue statistique, sociologique et psychologique :

1. L’évolution sociologique des francs-maçons dans les ateliers :

·  Au XVIII° siècle : présence d’aristocrates et de la haute-bourgeoisie ;

·  Au XIX° siècle : présence de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie (artisans, aristocratie ouvrière,…).

A chacune de ces périodes, la fraternité est « censitaire », et se caractérise par l’absence des classes populaires. Il y a une ségrégation sociale, organisée notamment par le recours aux « hauts-grades », et les loges « entre-soi ». Par exemple, au XX° siècle, il existe des loges composées exclusivement de médecins, d’avocats et de magistrats, d’hommes politiques, de chefs d’entreprise,…. Il y a une forme de fraternité spécialisée « entre-soi », ce sont les « fraternelles ».

2.     L’évolution de la mythologie maçonnique et des rites, des divers thèmes, comme l’égalité. Par exemple, un trait de génie des initiateurs de nouveaux rites a été l’introduction de la maçonnerie templière, et de la lutte contre les deux piliers de l’oppression, le Roi et l’Eglise. Autre exemple : la liberté. La loi du frère Le Chapelier a conduit à l’interdiction de tous les regroupements, y compris les réunions de loges.

3.     La fonction de la « machinerie » maçonnique, et de l’égrégore maçonnique. Si la « tradition » maçonnique traverse toutes les périodes, son objectif reste le même : c’est préparer l’étincelle qui « met le feu à la plaine ». Plus précisément, c’est l’élément qui associe une partie des classes « d’en-haut » aux mouvements révolutionnaires. La franc-maçonnerie place une partie des classes privilégiées dans une position résolument progressive. Elle est un élément déclencheur des crises sociales majeures et des révolutions.

La franc-maçonnerie contribue à scinder les classes privilégiées en deux fractions : l’une conservatrice, l’autre progressive. Ceci en deux périodes bien distinctes : d’abord, entre deux crises, la franc-maçonnerie sert de moyen, parmi d’autres moyens (académies, clubs,…), de diffusion des « lumières » dans l’ensemble de la société, en propageant des thèmes comme la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité … dans l’ensemble du tissu social. Ensuite, elle sert à déclencher la crise en mettant en mouvement, par une scission avec ses éléments réactionnaires, une fraction de la classe privilégiée, entraînant les classes populaires dans ce mouvement d’édification d’une société nouvelle.

Dans ce cadre, il convient de distinguer une maçonnerie « purement théorique », qui reste au niveau des mots, et une maçonnerie pratique, qui considère que ses valeurs sont des réalités à mettre effectivement en œuvre pour la première maçonnerie, dite « théorique », les valeurs sont des faire-valoir, la fraternité a un aspect « bisou nounours », tout à fait irréel et éthéré. Pour la maçonnerie pratique, les valeurs sont prises « au mot », et doivent trouver leur réalisation dans la réalité sociale.

Les francs-maçons, hommes politiques, sont souvent peu assidus en loge, mais ils calent leur manière d’être sur leurs « électorats ».

Concernant le féminisme, l’Obédience du GODF a eu longtemps une manière de voir rétrograde et patriarcale. C’est ainsi que les responsables de l’obédience ont du violenter la majorité pour imposer, de façon très peu démocratique, l’initiation des femmes.

4.     Chaque loge de fait, agit sur la Cité, en vertu de l’adage : « Répandre à l’extérieur du Temple les vérités acquises ». Ceci se manifeste notamment par une opposition irréductible de la franc-maçonnerie par rapport à l’extrême-droite, le fascisme, le racisme, l’antisémitisme, c’est-à-dire toute forme de fanatisme.

 

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