Partie 14 Élections, non, Démocratie populaire , oui !
Les élections européennes et législatives, qui se sont déroulées en France en juin et juillet 2024, dans le cadre de la V° république bourgeoise sont un enseignement pour le peuple français en montrant de façon évidente la nature hypocrite de la "démocratie" bourgeoise : "Tu votes à droite, à gauche , au centre , à l'extrême droite, ou tu t'abstiens, peu importe, à tous les coups, la classe bourgeoise, dominante, gagne!" . Voici la première leçon .
La "gauche" conventionnelle, sous toutes ses couleurs, partis socialiste, écologiste, communiste , mouvement "La France Insoumise", etc. , appelle à manifester pour "restaurer" la "démocratie" bourgeoise, à respecter et à remettre sur pied les fausses "valeurs" d'un des plus grand système "démocratique" bourgeois, la V° république bourgeoise, en présentant l’État bourgeois comme un État neutre arbitre, au-dessus et indépendant des classes sociales. Voici la seconde leçon.
Ultra-minoritaires dans le pays, sans vergogne, ce sont les représentants les plus conservateurs de la bourgeoisie qui vont gérer les affaires de toute la société, pour le compte de la bourgeoisie, contre les intérêts de l'immense majorité du peuple. Le parti grand-bourgeois, "Les Républicains", en collusion avec le part fasciste, fraction la plus barbare et la plus réactionnaire de la classe bourgeoise, le parti "Rassemblement National", ont pris les rênes du pouvoir, sans tenir aucun compte des résultats des diverses élections. Voici la troisième leçon. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler les enseignements du socialisme scientifique développés par le Parti Matérialiste Dialectique sur son site diamat@materialisme-dialectique.com . Car pour obtenir une démocratie populaire, une réelle démocratie pour le peuple, ce n'est pas , comme le veut le Nouveau Front Populaire, Emmanuel Macron qu'il faut démettre, mais il faut démettre et écarter des affaires de la société toute la classe bourgeoise, car c'est bien elle qui fait obstacle à l'avancée du peuple tout entier.
Il faut une analyse des classes en présence. Voilà longtemps que Lénine a démontré que le régime républicain bourgeois, même le plus démocratique , reste une dictature de la bourgeoisie. Que penser du NFP, qui appelle à restaurer la démocratie bourgeoise et à appliquer les principes de la V° Constitution, issue d’un coup d’Etat ? Voir le livre de François Mitterrand « Coup d’Etat permanent ». Ne sont-ils pas les meilleurs défenseurs de la classe bourgeoise, représentant le les intérêts de la moyenne et petite bourgeoisie ? Faut-il destituer Macron (une blague ? ) ou destituer la classe bourgeois ?
Lénine, dans « Économie et politique à l’époque de la dictature du prolétariat », dans sa première partie traite de la « période de transition » et de sa négation par les révisionnistes et les opportunistes :
« En théorie, il est hors de doute qu’une certaine période de transition se situe entre le capitalisme et le communisme. Elle doit forcément réunir les traits ou particularités propres à ces deux structures économiques de la société.
Cette période transitoire ne peut manquer d’être une phase de lutte entre l’agonie du capitalisme et la naissance du communisme ou, en d’autres termes : entre le capitalisme vaincu, mais non anéanti, et le communisme déjà né, mais encore très faible.
Non seulement pour un marxiste, mais pour tout homme cultivé connaissant de façon ou d’autre la théorie du développement, la nécessité de toute une phase historique qui se distingue par les traits propres à la période de transition doit être évidente d’elle-même.
Néanmoins, tous les raisonnements sur le passage au socialisme, que nous entendons énoncer par les représentants actuels de la démocratie petite-bourgeoise (tels sont, en dépit de leur étiquette pseudo-socialiste, tous les représentants de la IIde Internationale, y compris des hommes comme MacDonald et Jean Longuet, Kautsky et Friedrich Adler), se distinguent par un oubli total de cette vérité évidente.
Le propre des démocrates petits-bourgeois, c’est leur répugnance pour la lutte de classes, leur rêve de pouvoir s’en passer, leur tendance à aplanir et à réconcilier, à arrondir les angles aigus.
Voilà pourquoi ces démocrates ou bien refusent net de reconnaître l’existence de toute une phase historique de transition du capitalisme au communisme, ou bien ils considèrent que leur tâche est d’imaginer des plans de réconciliation des deux forces combattantes, au lieu de diriger la lutte de l’une d’entre elles. »
Ainsi que dans la quatrième partie où il traite du point essentiel de la suppression des classes :
« Le socialisme, c’est l’abolition des classes. Pour supprimer les classes il faut, premièrement, renverser les propriétaires fonciers et les capitalistes.
Cette partie de la tâche, nous l’avons accomplie, mais ce n’est qu’une partie, et non la plus difficile. Pour supprimer les classes il faut, deuxièmement, supprimer la différence entre l’ouvrier et le paysan, faire de tous des travailleurs.
Cela ne peut se faire d’un seul coup.
Pour réaliser la seconde partie de la tâche, la plus difficile, le prolétariat, victorieux de la bourgeoisie, doit suivre sans dévier la ligne fondamentale suivante dans sa politique à l’égard de la paysannerie; le prolétariat doit distinguer, délimiter le paysan travailleur du paysan propriétaire, le paysan travailleur du paysan mercantile, le paysan laborieux du paysan spéculateur. C’est dans cette délimitation que réside tout l’essentiel du socialisme. »
À tel point que, dans la cinquième partie, il conclut magistralement en traitant du socialisme, des classes et de la dictature du prolétariat :
« Le socialisme, c’est la suppression des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cela tout ce qu’elle pouvait. Mais il est impossible de supprimer les classes d’un seul coup.
Les classes demeurent et demeureront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature deviendra inutile lorsque les classes auront disparu. Elles ne disparaîtront pas sans la dictature du prolétariat.
Les classes demeurent, mais chacune d’elles s’est modifiée à l’époque de la dictature du prolétariat ; leurs rapports se sont également modifiés. La lutte de classes ne disparaît pas sous la dictature du prolétariat, elle revêt simplement d’autres formes.
En régime capitaliste, le prolétariat était une classe opprimée, privée de toute propriété des moyens de production, la seule classe qui fût directement et entièrement opposée à la bourgeoisie et, par conséquent, la seule capable d’être révolutionnaire jusqu’au bout.
Après avoir renversé la bourgeoisie et conquis le pouvoir politique, le prolétariat est devenu la classe dominante : il détient le pouvoir d’État, il dispose des moyens de production déjà socialisés, il dirige les classes et les éléments hésitants, intermédiaires, il réprime la force de résistance accrue des exploiteurs.
Telles sont les tâches particulières de la lutte de classes, tâches que le prolétariat ne posait pas et ne pouvait poser auparavant.
La classe des exploiteurs, les propriétaires fonciers et les capitalistes, n’a pas disparu et ne peut disparaître d’emblée sous la dictature du prolétariat. Les exploiteurs ont été battus, mais non anéantis.
Il leur reste une base internationale, le capital international, dont ils sont une succursale. Il leur reste en partie certains moyens de production ; il leur reste l’argent, il leur reste des relations très étendues dans la société. Leur force de résistance s’est accrue de cent et mille fois justement en raison de leur défaite.
L’’art’ de gouverner l’État, l’armée, l’économie leur donne un grand, un très grand avantage, de sorte que leur rôle est infiniment plus important que leur part dans l’ensemble de la population.
La lutte de classe des exploiteurs déchus contre l’avant-garde victorieuse des exploités, c’est-à-dire contre le prolétariat, est devenue incomparablement plus acharnée. Et il ne saurait en être autrement si l’on parle de révolution, si l’on ne substitue pas à cette notion les illusions réformistes (comme le font tous les héros de la IIde Internationale).
Enfin, la paysannerie, comme toute petite bourgeoisie en général, occupe aussi sous la dictature du prolétariat une position moyenne, intermédiaire: d’un côté, elle représente une masse assez considérable (immense dans la Russie arriérée) de travailleurs unis par l’intérêt commun qu’ont les travailleurs à s’affranchir des propriétaires fonciers et des capitalistes ; d’un autre côté, ce sont de petits exploitants isolés, propriétaires et commerçants. Cette situation économique provoque nécessairement des oscillations entre le prolétariat et la bourgeoisie.
Dans la lutte exacerbée que se livrent ces derniers au moment où tous les rapports sociaux sont si brutalement bouleversés, compte tenu de l’attachement si profond parmi les paysans et les petits bourgeois en général à ce qui est ancien, routinier, immuable, il est tout naturel que nous observions fatalement parmi eux des migrations d’un camp à l’autre, des flottements, des revirements, de l’incertitude, etc.
La tâche du prolétariat à l’égard de cette classe, ou de ces éléments sociaux, est de les diriger, de lutter pour exercer son influence sur eux. Entraîner les hésitants, les instables, voilà ce que doit faire le prolétariat.
Si nous confrontons toutes les forces ou classes essentielles et leurs rapports modifiés par la dictature du prolétariat, nous verrons quelle absurdité théorique sans bornes, quelle stupidité est l’opinion petite-bourgeoise courante, selon laquelle on peut arriver au socialisme en passant ’par la démocratie’ en général, opinion que professent tous les représentants de la IIde Internationale.
Le préjugé hérité de la bourgeoisie à propos du caractère absolu, en dehors des classes, de la ’démocratie’, telle est l’origine de cette erreur.
En réalité, la démocratie elle aussi entre dans une phase absolument nouvelle sous la dictature du prolétariat ; et la lutte de classes gravit un échelon supérieur, en se soumettant toutes les formes possibles et imaginables.
Les lieux communs sur la liberté, l’égalité, la démocratie équivalent en fait à une aveugle réédition d’idées qui calquent les rapports de la production marchande. Vouloir résoudre au moyen de ces lieux communs les problèmes concrets de la dictature du prolétariat, c’est adopter sur toute la ligne la position théorique, de principe, de la bourgeoisie.
Du point de vue du prolétariat, la question ne se pose qu’ainsi: la liberté de n’être pas opprimé par quelle classe ? L’égalité de quelle classe avec quelle autre ? La démocratie sur la base de la propriété privée ou sur la base de la lutte pour l’abolition de la propriété privée ? etc.
Dans son Anti-Dühring, Engels a depuis longtemps montré que la notion d’égalité calque des rapports de la production marchande, se transforme en préjugé, si l’on ne comprend pas l’égalité au sens de suppression des classes. Cette vérité première sur la distinction entre la conception démocratique bourgeoise et la conception socialiste de l’égalité est constamment oubliée.
Si on ne l’oublie pas, il devient évident que le prolétariat accomplit, en renversant la bourgeoisie, un pas décisif vers.la suppression des classes et que, pour le parfaire, le prolétariat doit poursuivre sa lutte de classe en utilisant l’appareil du pouvoir d’État et en mettant en œuvre les divers procédés de lutte, d’influence, d’action vis-à-vis de la bourgeoisie renversée et de la petite bourgeoisie hésitante. »
Et sur le point central: la dictature du prolétariat, avoir toujours bien présent à l’esprit de façon sérieuse et profonde ce que Lénine a établi :
« Quiconque reconnaît uniquement la lutte des classes n’est pas pour autant un marxiste; il peut se faire qu’il ne sorte pas encore du cadre de la pensée bourgeoise et de la politique bourgeoise.
Limiter le marxisme à la doctrine de la lutte des classes, c’est le tronquer, le déformer, le réduire à ce qui est acceptable pour la bourgeoisie.
Celui-là seul est un marxiste qui étend la reconnaissance de la lutte des classes jusqu’à la reconnaissance de la dictature du prolétariat. C’est ce qui distingue foncièrement le marxiste du vulgaire petit (et aussi grand) bourgeois.
C’est avec cette pierre de touche qu’il faut éprouver la compréhension et la reconnaissance effectives du marxisme. » (L’État et la révolution)
« Lors de toute transition du capitalisme au socialisme, la dictature est nécessaire pour deux raisons essentielles ou dans deux directions principales.
D’abord, on ne peut vaincre et extirper le capitalisme sans réprimer impitoyablement la résistance des exploiteurs, qui ne peuvent être dépouillés d’emblée de leurs richesses, des avantages de leur organisation et de leur savoir, et qui, en conséquence, ne manqueront pas de multiplier, pendant une période assez longue, les tentatives en vue de renverser le pouvoir exécré des pauvres.
Ensuite, même s’il n’y avait pas de guerre extérieure, toute grande révolution en général, et toute révolution socialiste en particulier, est impensable sans une guerre intérieure, c’est-à-dire sans une guerre civile, qui entraîne une ruine économique encore plus grande que la guerre extérieure, qui implique des milliers et des millions d’exemples d’hésitation et de passage d’un camp à l’autre, un état extrême d’incertitude, de déséquilibre et de chaos.
Et il est évident que tous les éléments de décomposition de la vieille société, fatalement très nombreux et liés pour la plupart à la petite bourgeoisie (car c’est elle que chaque guerre ou crise ruine et frappe avant tout), ne peuvent manquer de ’se manifester’ dans une révolution aussi profonde.
Et ils ne peuvent ’se manifester’ autrement qu’en multipliant les crimes, les actes de banditisme, de corruption et de spéculation, les infamies de toute sorte. Pour en venir à bout, il faut du temps et il faut une main de fer.
L’histoire ne connaît pas une seule grande révolution où le peuple n’ait senti cela d’instinct et n’ait fait preuve d’une fermeté salutaire en fusillant sur place les voleurs. Le malheur des révolutions du passé était que l’enthousiasme révolutionnaire des masses, qui entretenait leur état de tension et leur donnait la force de châtier impitoyablement les éléments de décomposition, ne durait pas longtemps.
La cause sociale, c’est-à-dire la cause de classe de cette instabilité de l’enthousiasme révolutionnaire des masses, était la faiblesse du prolétariat, seul capable (s’il est suffisamment nombreux, conscient et discipliné) de se rallier la majorité des travailleurs et des exploités (la majorité des pauvres, pour employer un langage plus simple et plus populaire) et de garder le pouvoir assez longtemps pour écraser définitivement tous les exploiteurs et tous les éléments de décomposition.
C’est cette expérience historique de toutes les révolutions, c’est cette leçon économique et politique de l’histoire mondiale que Marx a résumé dans une formule brève, nette, précise et frappante: dictature du prolétariat. » (Les tâches immédiates du Pouvoir des Soviets).
« La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production.
Car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production : or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions.