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blog de réflexion sociale

Lettre ouverte aux camarades Anna et Mouloud, militants de La France Insoumise, qui votent respectivement pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles, le 24 av

Lettre ouverte aux camarades Anna et Mouloud, militants de La France Insoumise, qui votent respectivement pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles, le 24 avril 2022.

Il convient d'analyser concrètement la situation concrète de notre pays. A la fois au-dessus (la superstructure, dont l'appareil d'Etat) et en-dessous (la réalité économique).

Au-dessus (superstructure) ; La nature des élections dans le cadre d'un régime bourgeois. Je ne rappellerai pas tous les textes classiques de Karl Marx et Lénine, ainsi que de tous les auteurs marxistes sérieux jusqu'à nos jours, concernant le formalisme de la démocratie bourgeoise et du parlementarisme républicain bourgeois. Sans aucun doute, la « démocratie », même limitée telle que pratiquée par la bourgeoisie est une avancée, gagnée notamment par les luttes prolétariennes, par rapport au suffrage censitaire, par exemple . Mais cette démocratie n'a rien à voir avec la démocratie populaire telle que celle-ci sera mise en œuvre dans le cadre d'un régime socialiste : dans ce dernier cas, chaque personne prendra sa vie en main, non seulement lors des divers scrutins électoraux, mais aussi et surtout entre les scrutins électoraux, notamment par un contrôle strict et la faculté de démettre les représentants élus si ceu-ci trahissent leurs engagements.

Évidemment, pour la classe ouvrière, mieux vaut un régime « démocratique » et « parlementaire » bourgeois, qu'un régime fasciste et barbare. Si le peuple a la possibilité de faire pencher la balance en faveur d'un régime plus démocratique bourgeois, son intérêt est bien sûr de faire pencher la balance en faveur d'un tel régime. Comme le disait Trotski, à juste raison, toujours choisir le moindre mal, et le meilleur cadre pour faire avancer les diverses luttes sociales, et préparer la révolution prolétarienne . Mais qu'en est-il dans le cas présent ?

D'abord, la fraction bourgeoise au pouvoir, représentée par Emmanuel Macron est une « droite extrême ». Voir à la fois les mesures prises (loi Khomry, précarisation générale de l’emploi, sauvagerie contre les diverse révoltes, dont les gilets jaunes, etc.). La vieille droite, représentée par Valérie Pécresse n'a pas hésité à reprendre des thèmes de l'extrême droite, et elle soutient aujourd'hui Emmanuel Macron. Faut-il rappeler les manifestations en faveur de la police, qui représente les gardes chiourmes du capital ? Cette fraction bourgeoise, sous sa forme de droite (Sarkozy) ou de « gauche » (Hollande, qui soutient aussi Macron), a mené une politique impérialiste en Afrique, et ailleurs, et elle est un des plus importants pourvoyeurs d'armes dans le monde (voir l'Arabie Saoudite au Yémen). De plus elle s'est unie avec d'autres bourgeoisies dans l'Union européenne. C'est une droite cosmopolite, qui a la faveur des très riches et elle s'affiche comme un féal de la superpuissance des États-Unis (dans le cadre de l'Otan notamment).

Ensuite, l'extrême droite représentée par Marine Le Pen est le fascisme. Elle est chauvine, raciste, antisémite, antimusulmane, et elle est prête à s'allier avec la Russie, social-impérialiste, plus tard la Chine , impérialiste qui rêve de supplanter la superpuissance que sont les USA.

En somme quelque part, le débat Macron-Le Pen est la poursuite du débat de Gaulle-Pétain. Faut-il rappeler qu’il y a trois années, 70 % des Français refusaient la répétition d'un second tour Macron-Le Pen. Le premier, Emmanuel Macron, est détesté, parce que l'on connaît ses pratiques, la seconde, Marine Le Pen, fait peur . Le second tour des élections présidentielles, sera donc une échéance avec une forte abstention (Ni la peste ni le choléra), et un vote de rejet. De nombreux électeurs s'expriment d'ailleurs en déclarant qu'ils voteront Le Pen pour créer le chaos et réveiller le peuple. Il en est de même du vote pour Macron.

La classe bourgeoise a besoin de donner la légitimité à l'une ou à l'autre option , par l'onction électorale. Le soir du dimanche 24 avril les idéologues de la bourgeoisie pourront s'exclamer : « Le peuple a choisi ... ».

Étant donné le battage publicitaire donné par les médias dominants, c'est sans doute un second mandat Emmanuel Macron qui nous attend. L'option fasciste est loin d'être prête, et Marine Le Pen n' pas le niveau requis.

Les révolutionnaires ont-ils le moyen d'influer sur ces options ? Bien évidemment que non. Ce ne sont pas quelques centaines de milliers de voix qui vont changer la donne. Ce que doivent faire les révolutionnaires, c'est préparer la formation d'un parti communiste marxiste-léniniste capable de lutter dans la nouvelle phase qui s'est ouverte.

C'est pourquoi, ce serait une erreur de donner trop d'importance aux élections bourgeoises, à une époque où celles-ci peuvent être manipulées par les médias dominants : voir par exemple comment a émergé et s'est développé le « phénomène » Zemmour (je rappelle que c 'est un juif d'origine berbère, présenté comme la direction d'une frange de l' extrême droite radicale). Donner trop d'importance à ces élections, c'est donc pécher par le haut.

Pécher par en-dessous (infrastructure : dont la réalité économique de la France). Là aussi , je ne rappellerai pas les textes classiques du marxisme-léninisme, de Karl Marx à nos jours, concernant la relation entre la politique et l'économie, qui est le socle. En résumé, la superstructure actuelle (régime bourgeois) est en retard sur l'infrastructure économique (capitalisme pourrissant des monopoles : propriété privée des moyens de production, et socialisation à outrance de la production. De cette contradiction résultent l'anarchie capitaliste, les crises périodiques, dont la crise générale actuelle, l'armée de réserve du chômage, dont la jeunesse, la précarisation et la paupérisation, etc.). La révolution a pour objectif de rétablir cette harmonie, de régler cette contradiction en mettant à jour la superstructure, en remplaçant l’État bourgeois par un État socialiste. Donc , il ne faut pas exagérer les résultats des élections bourgeoise, dont, plus qu'hier, la légitimité, par rapport au peuple est en cause. Exemple : un ouvrier, un habitant des quartiers populaires, etc. peuvent ne pas voir leur intérêt réel, et donc voter Macron ou Le Pen ou Zemmour. Il n'empêche que son intérêt réel est bien le socialisme, et c'est bien au parti communiste de lui montrer cet intérêt réel. La crise générale du capitalisme elle-même, ou le guerre impérialiste de repartage du monde en préparation, s'en chargeront aussi. Dans les années 1970, Giscard d'Estaing a déclaré que le jour où les dépenses publiques par rapport au PIB, dépasseront 50 % , alors la France sera un pays socialiste. A cette époque, la part était d'un peu plus de 40 %. C'est lors du mandat présidentiel de Giscard d'Estaing que les 50 % ont été dépassés. C'est dire que les conditions objectives du passage à un régime socialiste en France sont reéunies depuis longtemps. Il ne manque que les conditions subjectives (dont l'intervention d'un parti communiste déterminé, avec une ligne juste).

Pour prendre un autre exemple : la formation sociale capitaliste a remplacé la formation sociale féodale. La révolution de 1789 a permis de mettre à jour la superstructure (encore aristocratique) par rapport à l'infrastructure (déjà en grande partie capitaliste). Mais le système capitaliste, s'il a émergé du féodalisme, ne l'a pas fait en une fois, par un coup de baguette magique. IL y a eu des retours en arrières, et des luttes constantes menées tant par la bourgeoisie que par l'ensemble du peuple alors allié , car son intérêt était de remplacer le féodalisme par le capitalisme. Faut-il rappeler les diverse restaurations de la classe ancienne (1815, 1830, 1852, avec le bonapartisme, etc.). Il a fallu attendre près d'un siècle pour que la classe bourgeoise affermisse son pouvoir politique, et cela n'est arrivé qu'après la Commune de Paris, par l'instauration de la III° République (sans compter l'épisode de Thiers et de Mac Mahon) . Et encore, il a fallu combattre (loi de 1905) l'idéologie de l’Église catholique, avec une idéologie féodale féodale, devenue alors un outil aux mains de la bourgeoisie.

Il en est de même de la Russie (Révolution de 1917, puis restauration de 1953) et de la Chine (Révolution de 1922-1949, puis restauration de 1976).

Concernant le passage du capitalisme au socialisme, deux thèses s'affrontent (déjà à l'époque de Karl Marx et de Friedrich Engels : voir la dernière partie du « Manifeste du parti communiste », où sont décrites les différentes variantes du socialisme, dont le socialisme communiste).

Prenons l'exemple d'une voiture, qui symbolise l’État. Aujourd'hui, cette voiture (pour la France), est l’État bourgeois, et celui qui la conduit, c'est la classe bourgeoise (Hollande, Macron, ou Le Pen). Le peuple en est le passager passif et exploité.

Pour les non-marxistes, il est possible de rependre cette voiture en l'état, et de remplacer le conducteur par quelqu'un de plus présentable (Par exemple, Mitterrand, Roussel, ou Mélenchon  ). La voiture sera conduite avec plus de prudence, « à l’économie ». Le peuple bénéficiera de miettes plus ou moins importantes (retraites à 65 ans , à 62 ans, à 60 ans?) . C'est-à-dire l’État est neutre, il peut être gouverné par la classe bourgeoise, par l'une ou l'autre fraction, selon le cas « démocratique », fasciste, « socialiste » ou autres. Il est possible de ripoliner le capitalisme, de lui donner un visage plus humain. Et ne pas oublier que divers fractions de la moyenne bourgeoisie rêve de se substituer à la vieille fraction bourgeoise défraîchie.

Pour les marxistes, la voiture doit être transformée de fond en comble, détruite et reconstruite, et le conducteur doit être le peuple lui-même. Celui-ci écarte la classe bourgeoise, et instaure une dictature du peuple sur celle-ci. Pour la première fois, la majorité du peuple détiens le pouvoir, instaure une démocratie réelle, et écarte la bourgeoisie, qui est obligée de réintégrer le peuple (éducation). Lénine et les divers auteurs marxistes, l'ont suffisamment démontré : la classe capitaliste continue de subsister sous le socialisme , il y a encore une logique des petits propriétaires, etc. C'est dire que les restaurations sont encore possibles et l'instauration définitive du socialisme , sans retour en arrière prendra du temps. Ceci jusqu'à une humanité socialiste, où règne la paix !

 

Pierre QUADER

 

A noter que sur la profession de foi du second tour, Marine Le Pen fait le signe WP ou OK de la suprématie blanche… Une vieille habitude ?

 

Lettre ouverte aux camarades Anna et Mouloud, militants de La France Insoumise, qui votent respectivement pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles, le 24 av

Lettre ouverte aux camarades Anna et Mouloud, militants de La France Insoumise, qui votent respectivement pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles, le 24 av

 

 

Suprémacistes blancs

En 2017, les utilisateurs du site 4chan se fixent comme objectif de convaincre les médias sociaux que le geste OK est utilisé comme symbole du suprématisme blanc. Selon le Boston Globe, les utilisateurs du groupe 4chan/pol/ (« Politiquement incorrect ») reçoivent l'instruction en février 2017 de « submerger Twitter et d'autres sites de médias sociaux ... en affirmant que le signe OK est un symbole de la suprématie blanche », dans le cadre d'une campagne baptisée "Opération O-KKK".

L'association du geste avec la suprématie blanche dérive de l'affirmation que les trois doigts maintenus ressemblent à un «W» et le cercle fait avec le pouce et l'index ressemble à la tête d'un «P», représentant ensemble «White Power».

Alors que certains membres de l'alt-right utilisent le symbole après le lancement de la campagne 4chan, il est d'abord ambigu de savoir s'il est utilisé pour communiquer une adhésion authentique à la suprématie blanche, ou avec des motifs délibérément ironiques. Mais en 2019, l'Anti-Defamation League, association juive contre l'antisémitisme, ajoute le signe OK à sa liste de signes haineux faisant état de l'utilisation du signe OK par les suprémacistes blancs de l'extrême droite américaine.

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