« Les deux voies du rite écossais ancien et accepté » (Cinquième partie)
Et aujourd’hui ?
On retrouve aujourd’hui, les diverses caractéristiques de la franc-maçonnerie, constatées lors des trois siècles passées :
Au niveau de l’obédience du Grand Orient de France, on constate un mouvement pendulaire entre une extrême gauche marxiste et léniniste et une extrême droit frontiste, avec toutes les nuances entre les deux.
Pour exemple, dans le « Manifeste des francs-maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour le 21° siècle » (25 janvier 2013), on peut lire page 20 : « (…) c’est le changement radical de paradigme qu’il faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun ». C’est la sentence à peine voilée d’un cheminement vers le socialisme réel : « De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins.». A côté de cela, certains »frères » n’hésitent pas à afficher leurs attraits pour le frontisme.
Pour l’ambiance générale, à la tête de l’obédience, on peut lire, de Hugues Leforestier « Frères à abattre. Main basse sur le Grand Orient de France. Un conseiller de l’Ordre brise le silence » (Paris, 2006), page 101 : « Le diagnostic, en ce qui nous concerne, est simple : une base formidable, avec des Frères impliqués dans la société, qui travaillent dans leurs Loges avec enthousiasme, et dont le nombre augmente sans cesse, et puis une « hiérarchie » dévoyée, institutionnalisée au plus mauvais ses du terme, vivant sur sa propre reproduction, singeant les directions d’entreprises sans en avoir l’efficacité, toute attachée à sa réélection, jouant sans vergogne sur sa double identité symbolique et gestionnaire pour ne rendre de comptes que quand et comme cela lui convient. Entre la base et la hiérarchie, le lien de coopération est brisé, la confiance est devenue illusoire, et le GO est devenu la principale association de déperdition de matière grise du pays. ».
Cette ambivalence est maintenue par différents éléments :
Mais contrairement à ce qu’affirme Hugues Leforestier dans son ouvrage, la division entre les partisans de l’ancien et le nouveau se retrouvent également dans les loges.
Il en résulte diverses affaires, touchant tant les finances, que les mœurs (Voir les diverses affaires dans le Nord Pas-de-Calais : Lens, le staff des parties fines de DSK, etc.). Certaines affaires de mœurs ont d’ailleurs franchi la ligne rouge : il s’agit de délits d’abus sur personnes mineures et même de pédophilie dont on retrouve tous les éléments judiciaires sur Internet. C’est dire que tous les francs maçons ne sont pas « libres et de bonnes mœurs ».
Parmi les trois niveaux : Obédience, Loge, Individu, le niveau de la Loge est le niveau principal, la loge formant un égrégore. Chaque loge a :
Certaines loges n’ont ni cœur, ni colonne vertébrale. Ainsi l’absence de Règle, ou l’application de celle-ci, avec une « géométrie variable », conduit à toutes les manipulations antidémocratiques et aux dérives affairistes. Il ne suffit pas de répéter mécaniquement au cours de réunions les divers rituels pour être automatiquement une « loge juste et parfaite ». Encore convient-il de rempli ces diverses conditions, afin de s’élever au niveau d’un véritable égrégore.
Certaines loges préfèrent rester « aveugle » et ignorer ce qui se passe au niveau de l’obédience. Elles prônent alors le « vivre entre soi ».
On retrouve donc dans les loges les partisans de l’ancien, du statut quo, et les partisans du nouveau et du changement. C’est évident lors des événements « Charlie », en janvier 2015.
D’un côté, ceux qui veulent véritablement appliquer dans l’état social, sans attendre, les principes des droits de l’homme à tous, y compris aux habitants des quartiers dits défavorisés. De l’autre côté ceux qui veulent protéger le statut quo : ceux-là prônent des mesures « symboliques », à l’imager des grands bourgeois, comme par exemple, imposer le port d’un tablier dans toutes les écoles. Une telle mesure est un vrai « cache-misère » : cela évite de prendre des vraies décisions de lutte pour éliminer la misère. Ce sont des mesures au niveau du paraître et non de l’être, véritables « emplâtres sur une jambe en bois ». Par exemple, cela conduit à instaurer une école-caserne, où l’instauration d’une véritable égalité sociale est remplacée par un discours sur la laïcité : il faut que chacun enseignant, parent d’élève, ou élève s’habitue à tenir le « bon discours », celui des valeurs dites républicaines, et condamne le « mauvais discours », auquel on donne la chasse, parfois de façon ridicule, comme faire interroger un enfant de huit ans par un commissaire de police.
Alors, parfois la « laïcité » peut même être utilisée comme une arme contre l’Islam.
Mais les Francs-maçons (et francs-maçonnes) sont des hommes (et des femmes) de dialogue, y compris avec les personnes de religion musulmane. Bien évidemment, il n’y a pas de dialogue possible avec les fondamentalistes, et en particulier les terroristes fascistes et barbares, quels qu’ils soient.
Un des premiers principes du dialogue, est le respect de l’Autre, dans sa différence. Et lorsque l’on dialogue, on ne commence pas à cracher au visage du vis-à-vis, en déformant, en dénaturant ou en se moquant de ses croyances. Si on le fait malgré tout, dans le fond, c’est un rejet de l’Autre, et cela ne représente sûrement pas une modalité de la liberté d’expression, ou de la liberté de la presse.
La Mission de la Franc-maçonnerie en France du XVIII° siècle au XXI° siècle.
La thèse :
Ainsi, lors de la Révolution française de 1789-1794, certains élus de la République souhaitaient appliquer ces principes uniquement aux « bons Français », excluant par là, par exemple, les citoyens de confession juive. Pendant longtemps, la moitié de l’Humanité – les femmes – était écartée des droits fondamentaux, dont les droits politiques et l’égalité. A la fin du XIX° siècle, un franc-maçon comme Jules Ferry, développait une conception raciste de l’Humanité, faisant une ségrégation entre « race supérieure » et races inférieures. Et aujourd’hui, les francs-maçons de G.°. O.°. D.°. F.°. se sont assoupis, « oubliant » d’appliquer les droits de l’homme à tous les citoyens, y compris les habitants des cités dites défavorisées.
La fraternité est universelle entre les pierres cubiques, mais les conflits existent entre les pierres brutes et les pierres mal dégrossies.
Il convient d’établir, par exemple lors des trois périodes suivantes :
D’un point de vue statistiques, le nombre de francs-maçons que l’on peut ranger dans l’une ou l’autre catégorie : maçon mûr et maçon non mûr.
Cette appréciation doit ensuite être nuancée selon divers critères.
Par exemple, lors de la Révolution de 1789 à 194, on peut distinguer :
Egalement, lors de la Commune de Paris de 1871 :
La plupart des dictionnaires de francs-maçons manquent d’objectivité, en ne citant que quelques francs-maçons « célèbres », ou que l’on estime fidèles à leur idéal, et que l’on montre en exemple. Peu de dictionnaires ne font référence à tous les francs-maçons, traîtres à leur idéal. Par exemple, il serait utile d’approfondir le comportement de La Fayette : a-t-il été, par rapport à son époque, un franc-maçon fidèle à l’idéal de « Liberté-Egalité-Fraternité » ?
Quelle est la situation en France en 2015 ? Le constat est un pays coupé en deux, où les droits de l’homme ne s’appliquent pas de manière égalitaire à toutes les personnes. Pour les vingt prochaines années, on peut s’attendre à un mouvement révolutionnaire pour l’instauration d’une République sociale et solidaire qui garantit à tous le travail, le pain le logement et la démocratie. Donc, de nouveau, les francs-maçons sont appelés à la lutte pour une société plus juste, plus libre, plus égale et plus fraternelle.
CONCLUSION : L’éléphant
Vivre selon le Soi, c’est la vie éternelle ; vivre selon l’ego, c’est le suicide – suicide du Soi – et la mort.
Prenons l’exemple d’un éléphant que quatre personnes aveugles cherchent à connaître. Le premier touche la trompe, et il répond : « L’éléphant ressemble à un tuyau ». Le second entoure de ses bras une patte, et répond : « L’éléphant est comme un tronc d’arbre ». Le troisième touche une oreille, et répond : « L’éléphant est comme un grand éventail ». Le quatrième touche le ventre et répond : « L’éléphant est comme une grande citerne ». Ainsi, chacun, selon ses qualités, détient une parcelle de la vérité, et, de mon côté, je compte sur vos contributions pour en savoir plus. Quelle que soit l’intelligence et la volonté de chacun, il ne détient pas la vérité, mais, tous, en associant nos points de vue, nous pouvons nous en approcher de très près.
Revenons au préambule : il appartient à chacun de juger en conscience quelle voie du rite écossais ancien et accepté suit la loge. Et les frères, dans le second cas, oublient un peu légèrement qu’un jour eux aussi, seront âgés et malades, et que chaque action suscitant une réaction, ils seront traités à l’image de la façon dont ils auront traités leurs frères aînés.
Applique-t-on bien universellement l’idéal maçonnique, y compris à certains frères de la loge, âgés et malades ? A la question que Caïn pose à Jehova : « Suis-je le gardien de mon frère ? », quelle réponse apportons-nous, à la fois individuellement et en tant que loge ? Abel, frère de Caïn, à la fois, représente l’Autre, et le Soi de Caïn. Caïn avait le choix : soit tuer Caïn et se soumettre à son ego, soit glorifier le Soi et se soumettre à Abel. A chacun de nous de répondre, en conscience à cette interpellation. A la loge aussi, d’y répondre collectivement. Seules deux réponses sont possibles : « Oui » et « Non ». Il faut répondre sans dramaturgie, et sans sentimentalisme. Ce sont les deux voies du rite écossais ancien et accepté.
PLAN
PREAMBULE
INTRODUCTION : La corde et le serpent
PREMIERE PARTIE : LOGOS
1) Définitions :
2) UN DESSIN
3) ALLEGORIES
DEUXIEME PARTIE : LES DEUX VOIES
1) Maçon mûr/Maçon non mûr :
2) MISSION DE LA FRANC-MAÇONNERIE AU XXI° SIECLE :
CONCLUSION : L’éléphant