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blog de réflexion sociale

Le secret maçonnique (Partie 9)

Le secret maçonnique (Partie 9)

 

A)   La paysannerie :

 

Le jacobinisme est l’alliance de la bourgeoisie révolutionnaire et de la paysannerie. La révolution paysanne et populaire «était au cœur de la révolution bourgeoise et la poussait en avant. Deux lignes générales se partageaient les diverses luttes de la paysannerie (jacqueries pour l’abolition de la féodalité, luttes pour la terre, émeutes de subsistances, troubles forestiers ou à propos des droits collectifs traditionnels, paniques et peurs dégénérant en révoltes armées, telle la Grande peur de 1789).

La première ligne générale consiste, pour le monde paysan, dans son ensemble, de se libérer de l’exploitation féodale.

La seconde ligne générale, pour la paysannerie pauvre, paysans parcellaires et paysans sans terre, est de défendre leurs droits à l’existence, lié à tout le système de l’agriculture traditionnelle fondée sur les droits d’usage, face au progrès de l’agriculture capitaliste.

Comment le gouvernement révolutionnaire pouvait-il concilier une politique égalitaire avec la défense des propriétaires contre la « loi agraire », qui veut équitablement partager la terre, avec la défense des employeurs contre les revendications des salariés agricoles Le temps vint où il fallut choisir : le choix ne faisait aucun doute. Fut choisie la bourgeoisie agraire. De là l’indifférence, puis la déception, parmi les sans-culottes des campagnes.

La révolution fut loin d’avoir distribué aux paysans toute la terre qu’elle avait attribuée à la nation. La bourgeoisie en conserva une part considérable. Qui plus est, la bourgeoisie imposa sa conception de la propriété. La masse rurale n’était pas hostile à la propriété individuelle, mais elle la limitait étroitement par ses conceptions coutumières : les droits collectifs, vaine pâture et seconde herbe, glanage, droits d’usage dans les forêts et les communaux, équivalaient aux yeux de la petite paysannerie à une copropriété des fonds.

 

B)    Les références idéologiques :

 

L’importance de la référence à Rome :

Robespierre a été surnommé « le Romain » par ses professeurs, tant il était, déjà tout jeune, fasciné par les personnages de la république romaine, et notamment par ceux qui la défendirent lorsqu’elle était agonisante. Robespierre, d’une culture latine sans égale, comme nombre de ses confrères des différentes assemblées de la révolution, ne put jamais se détacher du modèle des Brutus, Cicéron et autre Caton d’Utique. Robespierre entra dans la révolution française comme s’il vivait au I° siècle avant notre ère, et à la convention nationale comme si elle était le reflet du sénat romain. Robespierre voulait réussir là où les républicains romains avaient échoué et faire du Français une sorte d’homme nouveau. Pour atteindre ce régime politique parfait, délivré de la dictature césariste qu’il craignait par-dessus tout, Robespierre se devait d’être dictateur, mais au sens où on l’entendait dans la Romme antique, provisoirement, et uniquement lorsque la république est en danger. Le surnom d’ »incorruptible » lui est resté à juste titre, car il était entouré d’hommes sans scrupules et de concussionnaires avec les Danton, les barras, les Fouché, etc.

L’idéologie de la révolution française, avec son prolongement napoléonien, avait repris à son compte l’idéologie de la Rome antique, afin de se construire une idéologie, un drapeau, un objectif, surtout un masque pour cacher sa nature réelle.

Selon Karl Marx : « L’examen de ces conjurations des morts de l’histoire révèle immédiatement une différence éclatante. Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint-Just, Napoléon, les héros, de même que les partis et la masse de la première Révolution française, accomplissent dans le costume romain et en se servant d’une phraséologie romaine, la tâche de leur époque, à savoir l’éclosion et l’instauration de la société bourgeoise moderne (…). La révolution sociale di XIX° siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution du XIX° siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objeT. Autrefois, la phrase débordait le contenu, maintenant, c’est le contenu qui déborde la phrase. »

 

L’importance de Jean-Jacques Rousseau :

Au lendemain de l’élection de Robespierre aux Etats-généraux de 1789, celui-ci a rédigé une « Dédicace aux mânes de Jean-Jacques Rousseau ». Jean-Jacques Rousseau devient le père de substitution de Robespierre.

Les idées philosophiques, par de nombreux supports, et de multiples intermédiaires, ont fini par toucher les milieux populaires. Se développe le droit de penser et de juger par soi-même. Les collèges, la gazette, la presse, les divers lieux de sociabilité (loges maçonniques, académies,…) sont autant de moyens de diffusion des idées nouvelles.

Dans un discours, daté du 5 décembre 1790, concernant les gardes nationales, Robespierre fait la proposition de dix-sept articles du décret et il insiste particulièrement sur l’article 16 : « Les gardes nationales porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et au-dessous : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux qui porteront les trois couleurs de la nation. » Robespierre vient d’inventer la devise de la république, qui est aussi celle d’une partie de la franc-maçonnerie.

La propriété est considérée comme un droit naturel, inviolable et sacré, jusqu’à ce que Jean-Jacques Rousseau le définisse comme un produit de l’histoire des hommes, dans la dépendance par conséquent, d’un pacte social toujours réformable. Si Rousseau estime que la loi peut limiter le droit de propriété, il ne le supprime pas. D’autres iront plus loin.

La régénération est un mot clé du vocabulaire du temps. La bienfaisance à l’égard du prochain se laïcise, elle devient sentiment civique, exigence d’action, le bien de chacun, et le bien de tous. Elle est utilité sociale. La triade : avec la liberté et l’égalité, la solidarité – on dira bientôt la fraternité – sont indispensables à toute régénération, à toute réforme.

Si Jean-Jacques Rousseau, et donc Maximilien Robespierre, devaient étudier notre régime de ce jour, à savoir la V° république, ils le considèreraient comme peu démocratique. En effet, il est d’une part, laissé très peu de place à la démocratie directe, et d’autre part, il y a négation de la souveraineté populaire au profit de la souveraineté nationale.

 

C)    Franc-maçonnerie et révolution : Du symbole à la réalité

 

La relation entre la franc-maçonnerie et la révolution française est complexe. Par exemple, Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, franc-maçon, peut être classé parmi les maçons non mûrs. Si, pendant une période courte, il a tenté d’appliquer dans la réalité l’idéal maçonnique, très vite, et pour un long temps, il a ensuite trahi cet idéal, pour rester fidèle aux valeurs bourgeoises et tenter d’accaparer des biens matériels. Voici ce qu’écrit à ce sujet Gracchus Babeuf dans « Le Manifeste des plébéiens », ouvrage dédié à Fouché de Nantes, le 17 brumaire an IV de la République : « Enfin, Fouché de Nantes est digne de notre plus grande admiration, dans un moment où nous le voyons consacrer, en quelques mots, dans son arrêté pris à Nevers, le 24 septembre l’an II, notre sainte et sublime doctrine :

« Considérant (nous y dit-il) que le premier devoir des mandataires du Peuple doit être de tendre à rétablir promptement ses droits, à faire respecter sa souveraineté et à manifester sa toute puissance ;

« Considérant que l’égalité que le Peuple réclame, et pour laquelle il verse son sang, depuis la Révolution, ne doit pas être pour lui une illusion trompeuse ;

« Considérant que tous les citoyens ont un droit égal aux avantages de la société ; que leurs jouissances doivent être en proportion de leurs travaux, de leur industrie et de l’ardeur avec laquelle ils se dévouent au service de la patrie ;

« Considérant que Là Où IL Y A DES HOMMES QUI SOUFFRENT, IL Y A DES OPPRESSEURS, il y a des ennemis de l’humanité ;

« Considérant que la surface de la République offre encore le spectacle de la misère et de l’opulence, de l’oppression et du malheur, des privilèges et de la souffrance, que les droits du Peuple y sont foulés aux pieds ;

« Considérant qu’il est instant de prendre des mesures de justice et d’humanité ;

« Arrête :

« Tous les citoyens infirmes, les vieillards, les orphelins indigents, seront logés, nourris et vêtus aux dépens des riches de leurs cantons respectifs ; les signes de la misère seront anéantis. – La mendicité et l’oisiveté sont également proscrites. Il sera fourni du travail aux citoyens valides, etc. ».

Ah ! Qu’il était beau alors, le rôle de Fouché… Qu’il y revienne, et soyons amis ! ».

 

 

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