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blog de réflexion sociale

Le secret maçonnique (Partie 25)

Le secret maçonnique (Partie 25) 

 

Sous la Commune, des clubs s’ouvrirent un peu partout. Ils avaient un triple but : éducation, information et expression. Les décisions de la Commune étaient commentées au jour le jour, et chacun pouvait les critiquer. La critique était sanctionnée par le vote d’une motion, qui était portée le lendemain à l’Hôtel de Ville. Ainsi, les clubs exerçaient un contrôle sur l’Etat en le tenant au courant de la volonté populaire et en l’obligeant à en tenir compte.

De nombreuses réunions publiques ouvertes à tous sont organisées, et partout des clubs et comités divers voient le jour. Dans les assemblées, qui ont lieu le soir, la parole est totalement libre, pour les hommes comme pour les femmes. Après les combats de la journée, les citoyens viennent s’instruire et débattre au club. Les clubs, qui se regroupent par quartiers ou par affinité politique, sont un puissant moyen de pression populaire sur les élus de la Commune, et de contrôle de leur mandat impératif. On en dénombre une trentaine.

 

A)   La laïcité :

 

Le 2 avril 1871, l’une des premières mesures est la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression du budget des cultes.

Le frère Raoul Rigault se montre particulièrement actif dans la laïcisation des services publics, notamment des hôpitaux. Le frère Edouard Vaillant est le fondateur de l’école laïque, dont il jette les bases par son arrêté du 22 mai, instituant la gratuité, créant les premières écoles primaires de filles et les collèges professionnels.

 

L’Eglise s’était liée avec l’Empire et elle en avait profité avec la loi Falloux pour multiplier le nombre des écoles confessionnelles. Aux yeux du peuple, l’Eglise était liée étroitement aux intérêts de la bourgeoisie. L’un des premiers décrets de la Commune, adopté à l’unanimité le 2 avril 1871, décida la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et supprima le budget des cultes.

Edouard Vaillant, nommé délégué à l’enseignement le 230 avril 1871, créa, huit jours plus tard, une commission chargée d’établir dans tous les arrondissements de Paris le m^me modèle d’enseignement intégral, primaire et professionnel, laïque et gratuit, incluant les arts et la culture pour tous, filles et garçon.

 

B)    Le rôle des femmes :

 

Un fait certain est la participation importante, massive, extraordinaire des femmes à la Commune. L’enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars le confirme : 1051 femmes furent déférées aux conseils de guerre. D’autres, dont on ignorera toujours le nombre, furent tuées sur les barricades et dans les grands massacres de la Semaine sanglante de mai.

En 1866, l’agriculture fait encore vivre la majorité des Français. Mais la mécanisation du travail pousse de plus en plus à l’exode rurale. Les femmes constituent 33 % de la population active. C’est une population qui se concentre principalement dans les manufactures du vêtement, à domicile, en ateliers ou en usines. Mais elles travaillent aussi dans les mines ou le terrassement pour la construction du chemin de fer. A noter le rôle actif joué dans la Commune par les ouvriers et notamment les ouvrières. Si cette classe ouvrière a joué un rôle important lors de la révolution bourgeoisie de 1789 (les « bras nus), c’est la première fois en 1871, dans l’histoire, que la classe ouvrière dispose, sur un bout de territoire, du pouvoir d’Etat, et qu’elle peut mettre en œuvre le modèle de société qu’elle porte en elle : le socialisme et la dictature du prolétariat.

La Commune revendique l’égalité des droits de la femme par rapport à l’homme. Le mariage légal et religieux est propre aux femmes de la bourgeoisie, et n’est pas la règle de la famille ouvrière, qui pratique le concubinage et l’union libre. L’habitude du peuple de Paris est de ne se marier ni à l’église, ni à la mairie, mais de pratiquer de fidèles « unions libres ».

Les femmes jouent un rôle important dans les luttes : selon Louise Michel, 10000 parisiennes ont participé de façon active à la Commune de Paris. Les femmes ont joué un rôle actif de bout en bout lors de la Commune. C’est pourquoi les historiens bourgeois ont cherché à salir leur réputation et leur image, en créant de toute pièce la légende des « pétroleuses ». Mais la réalité des faits est plus forte, et cette « légende » est devenue un objet de gloire supplémentaire, qui est venu encore enjoliver le rôle des femmes. On a également voulu faire d’elles des « dévergondées » du point de vue des mœurs, en mettant l’accent sur le fait que les femmes du peuple n’étaient pas, en général, mariées, mais vivaient en concubinage, avec des enfants naturels. Il est certain que ces femmes héroïques ont rejeté avec force le mariage bourgeois, souvent hypocrite, lui substituant les liens de l’union libre, fondés sur l’amour et la romance véritables.

 

I)                 Les tentatives de conciliation, puis la lutte de la franc-maçonnerie aux côtés de la Commune de Paris :

 

Lors de chaque période cruciale de l’histoire de France, par exemple, la révolution de 1789, la Commune de Paris de 1871, la Résistance de 1940-1945,… la franc-maçonnerie s’est scindée en deux ou trois parties :

  • Une première partie s’oppose à l’avancée de l’histoire et prend partie pour les classes rétrogrades et réactionnaires, la noblesse et le haut clergé en 1789, la grande bourgeoise en 1871, etc.
  • Une seconde partie se range au côté de la classe montante, résolument : la bourgeoisie révolutionnaire en 1789, le prolétariat en 1871,…
  • Une troisième partie se compose du « marais », et a tendance, au début du processus de changement, à tenter de concilier les deux camps irrémédiablement opposés.

 

A partir de la seconde moitié du XIX° siècle, la franc-maçonnerie a profondément modifié son recrutement. Auparavant, les francs-maçons appartenaient à la noblesse et à la haute bourgeoisie, accueillant quelques intellectuels de la petite-bourgeoisie. Maintenant, une petite-bourgeoisie, encore très proche des ouvriers et des paysans, composée essentiellement de petits patrons, de commerçants, de petits fonctionnaires, d’employés, de vignerons, d’instituteurs,de médecins de campagne et d’aubergistes, va peu à peu devenir majoritaire dans les loges. Ces nouveaux francs-maçons ont encore leurs racines sociales dans les classes laborieuses. Ils ne sont pas acceptés par la haute bourgeoisie, et ils ont conscience à chaque instant de leur existence de petits-bourgeois.

 

Chaque année, le 1° mai, les francs-maçons du Grand Orient de France rendent hommage aux martyrs de la Commune de Paris, chemin des Acacias, au Mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, notamment à ceux qui se sont engagés le 29 avril 1871, pour que l’idéal de « liberté, égalité, fraternité » soit autre chose qu’une devise inscrite sur le fronton des édifices publics.

Cependant, tous les francs-maçons n’étaient pas « communards », ou ne soutenaient pas ce mouvement. Marc Vieillard a écrit dans « Le Temple de Prométhée – Franc-maçonnerie et engagement politique » : « La commune de Paris laisse les obédiences profondément divisées. Si les loges parisiennes se sont massivement ralliées en 1871 à l’insurrection de la capitale, la province, elle, s’est affichée comme défenderesse patentée de l’ordre établi. La maçonnerie des notables soutient Thiers dans sa répression inique des Communards (…) ». Le préfet Babaud-Laribière, Grand Maître, « a promis à Thiers une franc-maçonnerie respectueuse des lois, quelles que soient ces lois et la nature du régime dont elles découlent (…) ». « Les dirigeants du Grand Orient restent de marbre devant le massacre des trente mille Parisiens assassinés par les troupes versaillaises, comme une grande partie des frères au demeurant ».

 

A)   La franc-maçonnerie en 1871 :

 

En 1871,j on compte environ 18000 francs-maçons Au Grand Orient de France, et 6000 au rite écossais. Il existe à l’époque deux obédiences, le Grand Orient de France, qui regroupe un peu plus de 300 loges avec 18000 membres actifs environ, dont plus de 4000 à Paris, et le Suprême Conseil de France, qui réunit à peu près 6000 adhérents, dont près de 2000 membres à Paris.

Les francs-maçons des loges de Paris et de la banlieue furent très actifs au cours de la Commune. Environ le quart des élus de la commune sont francs-maçons.

Les frères parisiens des deux principales obédiences d’alors, le Grand Orient de France et le Suprême Conseil (d’où sera issue la Grande Loge de France en 1894) sont unis. Les frères Jules Vallès et Thirifocq, par exemple, sont membres de loges du Suprême Conseil.

 

Les trois composantes de la franc-maçonnerie :

Depuis sa création, au début du XVIII° siècle, la franc-maçonnerie a toujours représenté les composantes les plus aisées (privilégiés et nantis) des sociétés au sein desquelles elle s’est développée (possession d’argent et de culture sont indubitablement deux critères de sélection des membres). Dans la France de 1871, les ouvriers – une « aristocratie » ouvrière – et les artisans sont, du moins à Paris, représentés dans les loges. Lors du second Empire, les loges étaient un lieu possible de débat et de contestation de l’ordre établi. C’est ce qui explique que l’on trouve de nombreux francs-maçons parmi les responsables de la Commune. Par contre, les instances maçonniques dirigeantes – Conseils de l’Ordre – s’opposent à la Commune et dénoncent la participation des frères à celle-ci. Il y a également beaucoup de francs-maçons hostiles au mouvement communard, et certains d’entre eux sont engagés dans les rangs versaillais. Pourtant, la Commune de Paris et la franc-maçonnerie partagent de nombreuses valeurs : la défenses des principes républicains « liberté, égalité, fraternité », la liberté politique et associative, la justice sociale, la laïcité, l’éducation, …

Outre les Communards et les Versaillais, une troisième tendance comporte des francs-maçons qui vont jouer un rôle de médiation entre la Commune et les Versaillais. Mais ces conciliateurs vont se heurter à l’intransigeance de Thiers, ce qui va conduire finalement les frères parisiens à s’engager massivement aux côtés des Communards pour combattre Versailles. Ils le payeront de leur sang.

D’une manière générale, les Conseils de l’Ordre, organes dirigeants des obédiences, sont très réticents à l’égard de la Commune et donnent aux frères des consignes de neutralité. Ces ordres ne seront pas suivis par la base.

 

Quel rôle ont joué les loges maçonniques dans l’établissement de la troisième république ? La franc-maçonnerie se glorifie de sa contribution à l’établissement de la république. Pour elle, il est hors de doute que tous les francs-maçons ont milité pour la cause républicaine bourgeoise. Les milieux antimaçonniques corroborent cette thèse. Deux exemples : Monseigneur de Ségur publia en 1867 « Les Francs-Maçons », ouvrage qui connut un fort succès de librairie, et qui démontre la lutte des francs-maçons pour la République. Monseigneur Fava publia en 1883 « Le Secret de la franc-maçonnerie ».

Sous l’Empire, les républicains ont investi les loges alors qu’un bon nombre de celles-ci avaient soutenu le pouvoir napoléonien.

Gambetta n’est pas, contrairement à la légende, un grand franc-maçon. Il se fait initier à la loge « La Réforme » à Marseille, pour des raisons électorales. C’est un franc-maçon peu actif. Les amis de Léon Gambetta ne sont pas des maçons militants. Parmi les membres du groupe parlementaire de l’Union républicaine, 23 sur 113 sont francs-maçons, du temps de l’assemblée nationale ; en 1882, 31 sur 173 sont initiés. Si Gambetta compte de nombreux amis de la franc-maçonnerie, il y compte également des adversaires politiques. Bien des membres de la gauche républicaine et du centre gauche sont en effet membres de l’Ordre, de Méline et Noël Parfait à Le Royer et Arago. Jules Simon et Louis Andrieux sont les plus notables. Andrieux est longtemps, quoiqu’il en laisse penser, un maçon actif ; en septembre 1877, il représente sa loge à l’assemblée générale du Grand Orient de France. Ses positions conduisent à la rupture ; il est exclu, en 1885, de la franc-maçonnerie. Il verse alors dans les milieux antimaçonniques.

 

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