LE PERE DUCHESNE -- NUMERO SIX -- JANVIER 2018 (Partie 2)
La catégorie des travailleurs privilégiés est celle qui monopolise la représentation syndicale. Chacun a pu vivre, tant dans les entreprises privées que dans les entreprises publiques, la forte collusion entre les représentants syndicaux et les représentants des diverses directions et du patronat. Tous les syndicats, que ce soit la CFDT, FO ou la CGT, sont composés de représentants de la classe bourgeoise au sein de la classe ouvrière : ils ont l’habitude d’appliquer la collaboration de classe : vendus par divers moyens à la classe dominante (hauts salaires, subventions diverses, versés par les sections patronales, etc.), ce sont des traîtres à la classe ouvrière !
En remerciement de leurs bons et loyaux services, les divers responsables des syndicats sont gratifiés de postes importants dans l’appareil d’Etat (ministères, préfets, membres du conseil économique et social, environnemental, etc.). Il suffit de citer par exemple, pour la CFDT, la tsarine, Nicole Notat et les deux Chérèque, Jacques et François, père et fils. Ainsi, Jacques Chérèque, au nom de l’aménagement du territoire, a organisé un véritable déménagement du territoire dans le Pays Haut du département de la Meurthe-et-Moselle, en liquidant ce qui restait de la sidérurgie.
Les réformes conduites, tant par le gouvernement du président François Hollande, que par celui d’Emmanuel Macron, concernant le code du travail, vise à aligner l’ensemble des travailleurs sur la situation des travailleurs les plus pauvres et les plus démunis de droits. Ceci est une exigence de la situation économique : l’impérialisme ne dispose plus des moyens escroqués aux diverses colonies, et les contraints de la mondialisation et de l’Europe obligent le capitalisme français à diminuer la part des salaires. En conséquence, la réforme du code du travail, ou « Lois Travail », conduit à aligner la condition des travailleurs privilégiés sur les travailleurs précaires : il s’agit de généraliser la précarité de l’ensemble du peuple, qui représente plus de 95 % de la population.
S’il y a eu peu de mobilisation contre cette réforme, parmi de nombreuses raisons (crise économique, pression du chômage,…), une des raisons, et non des moindres, est que les masses n’ont pas voulu se mobiliser pour défendre et protéger une caste minoritaire de travailleurs privilégiés, partisans du système capitaliste et traîtres à la cause socialiste !
A court terme, il est certain que tous les syndicats jaunes perdent les divers éléments privilégiés, qui sont précarisés : on peut donc en déduire que les syndicats vont changer d’orientation et de ligne, et vont avoir intérêt à défendre tous les travailleurs, réduits à la misère.
Deuxième partie : Des monopoles qui écrasent la démocratie !
Aujourd’hui, les grands monopoles (symbolisés par le CAC 40) ont tout le pouvoir, tant politique qu’économique, et sont représentés y compris à la tête de l’Etat, qui n’est qu’un comité de gestion des intérêts des plus grands monopoles.
Le régime politique actuel (la V° république bourgeoise, issue du coup d’Etat de de Gaulle en 1958), est contraire aux principes de la démocratie bourgeoise, dont les principes avaient été édictés lors de la révolution bourgeoise de 1789-1794) : Liberté, Egalité, Fraternité.
Quels sont les « principes » mis en oeuvre par ce régime oligarchique ?
Du point de vue économique, les membres de la classe bourgeoise ont la propriété des moyens de production : c’est dire qu’il n’y a aucune « démocratie » dans les entreprises ! Les salariés ne sont que des esclaves modernes !
Il est absurde d’affirmer que le possesseur de capitaux a les mêmes « droits » que le prolétaire, qui n’a que son cerveau et ses mains pour vivre. Donc, le précepte « un homme (ou une femme) / une voix » est une pure illusion.
Les principes démocratiques ne pourront véritablement être mis en œuvre qu’à partir du moment ou les moyens de production seront expropriés et deviendront des bien communs, propriété de l’ensemble de la société. Alors, il y aura véritablement égalité entre tous.
Il n’y a ni liberté, ni égalité, pour le plus grand nombre, dans la vie sociale, hors de l’entreprise (dans les villes et les villages, dans les logements, les loisirs, les moyens d’information, etc.). Voici comment les choses se passent : il y a le système de la représentation « républicaine », ainsi que l’ « état de droit bourgeois ». Lors des élections au suffrage universel, les masses désignent des représentants, qui ensuite accaparent tous les pouvoirs, sans jamais rendre de compte. Ce système inique est appliqué du haut en bas de la hiérarchie des institutions (président de la république, parlementaires, régions, départements, villes et Europe).
Voici ce que déclarait Jean-Jacques Rousseau à propos de l’égalité :
Citation de Jean-Jacques Rousseau : « Je terminerai ce chapitre et ce livre par une remarque qui doit servir de base à tout le système social ; c’est qu’au lieu de détruire l’égalité naturelle, le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d’inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force et en génie, ils devienne tous égaux par convention et de droit.
* Sous les mauvais gouvernements cette égalité n’est qu’apparente et illusoire ; elle ne sert qu’à maintenir le pauvre dans la misère et le riche dans son usurpation. Dans le fait, les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. D’où il suit que l’état social n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop. » (Contrat social, Livre I Chapitre IX, GF Flammarion, pages 46-47).
Il est certain qu’aujourd’hui, plus de deux siècles après la révolution bourgeoise de 1789-1794, les inégalités se sont largement développées, instaurant un état social, avec à l’un des côté, une infime minorité possédant la plus grande partie du patrimoine, et à l’autre côté, une immense majorité de miséreux.
Seul un nouveau système, qui met en place à la fois :
· Des comités de gestion de la vie locale (logements, loisirs, information,…) ;
· Et des représentants prolétariens, élus par le peuple, issus du peuples, et rendant réellement des comptes au peuple,
Pourra rendre au peuple sa dignité, et instaurer un régime démocratique.
La classe bourgeoise, extrêmement minoritaire, impose sans vergogne ses choix, en faisant croire qu’il s’agit des choix du peuple : cela a été le cas patent lors du référendum de 2005 concernant la constitution européenne. Mais c’est aussi le cas concernant les divers aménagements du territoire.
Ainsi, si concernant la zone à défendre de Notre Dame des Landes, il est évident que seule la lutte a payé, il n’empêche que la bourgeoisie, à la fois peut imposer son point de vue (construction d’un nouvel aéroport) en mettant en œuvre un référendum (avec soi-disant toutes les garanties de la « démocratie ») et tout aussi facilement annuler les effets de ce référendum, lorsque le rapport de force lui est défavorable.
Il est certain qu’il est de moins en moins possible de gérer les affaires de la société :
- en ne tenant compte que des intérêts particuliers des grands monopoles ;
- en refusant d’associer la grande majorité de la population aux décisions qui les concernent, en mettant en œuvre la démocratie populaire ;
- et en prenant en compte les véritables intérêts communs et majoritaires !
Troisième partie : Une classe politique bourgeoise qui défend ses intérêts privés, contre les intérêts généraux !
La classe bourgeoise s’est réservée le monopole de la politique : il en résulte que la majorité du peuple est privée de droits politiques, et les habitants ne sont pas traités comme des citoyens à part entière : il y a aliénation.
Le système politique français repose uniquement sur la représentation bourgeoise, et l’état de droit bourgeois. Cela signifie que les « droits » politiques de l’immense majorité du peuple se résume à élire des représentants à tous les niveaux, puis à « fermer leur gueule ». Les habitants de la base n’ont aucun droit de gérer, tant leur activité professionnelle (dans les entreprises) que les activités de la vie sociale (logement, loisirs, informations, etc.). Le système de la représentation bourgeoise vise uniquement à dessaisir le peuple de tout pouvoir pour concentrer ce pouvoir sur une élite à la solde de la classe bourgeoise.
C’est ce qui se passe à tous les niveaux de la vie politique, depuis les représentants nationaux, jusqu’aux représentants locaux. Combien d’élus se préoccupent de, non pas donner le pouvoir au peuple, mais au moins de le partager avec la population qu’ils gèrent ? Très peu.
La plupart des décisions sont prises en petits comités, parfois dans le plus grand secret, pour être ensuite imposées à l’ensemble de la population, ceci au nom de la « démocratie représentative », et de la « république ».
Comme l’a indiqué Jean-Jacques Rousseau, dans le Contrat social, le système de la représentation est conçu de façon à voler au peuple la souveraineté, pour ensuite l’exercer soi-disant en son nom et dans son intérêt. Mais il suffit de considérer la situation de la population majoritaire des quartiers populaires pour se rendre compte que les décisions sont toujours prises en faveur de la catégorie des bourgeois, aux dépens des plus pauvres.
Il n’est qu’à considérer les programmes les plus importants, comme le choix de l’énergie du nucléaire, ou bien les projets les plus structurants du territoire (routes, aéroport, sans compter la politique migratoire, les guerres menées à l’étranger, etc.) pour se rendre compte que l’avis des habitants majoritaires n’est jamais pris en compte.
Par exemple, entre deux votes, tous les cinq années, les députés et les sénateurs s’estiment les seuls à même d’exercer des droits politique, privant du même coup l’immense majorité du peuple de ces droits. Alors qu’ils sont souvent mal élus, les députés, ne représentant qu’une infime minorité d’électeurs de leur circonscription, estiment pouvoir légiférer au nom de tout le peuple, sans lui rendre de compte. Pendant cinq années, le peuple doit se contenter de suivre les divers débats concernant sa vie privée et personnelle, dur les écrans de télévision. C’est là l’ombre de la démocratie.