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blog de réflexion sociale

LE PERE DUCHESNE -- NUMERO CINQ -- DECEMBRE 2017 (Partie 2)

 

LE PERE DUCHESNE -- NUMERO CINQ -- DECEMBRE 2017 (Partie 2)

 

En France, même si les statistiques « ethniques » n’existent pas, on évalue à environ trois français sur quatre, ceux dont les deux parents sont français, et à un français sur quatre ceux dont les deux parents ou un parent sont étrangers. A ces chiffes, il convient d’ajouter tous les français naturalisés, mais qui ont dans leur passé, un ou plusieurs parents étrangers. La vigueur du taux de natalité en France est expliquée justement par cet apport de population, alors que la baisse de ce taux en Allemagne découle sans doute de l’application du droit du sol.

Des réalités géographiques (océan à traverser), des mesures politiques (le mur construit par le président Trump pour empêcher l’immigration mexicaine), ou idéologiques (la volonté des extrêmes-droites polonaises ou hongroises d’avoir un pays « pur et blanc ») peuvent freiner ces vagues de migrations : mais elles ne les ont jamais totalement empêchées.

Conclusion : les migrations, les mélanges de populations sont une réalité de hier comme de demain. C’est ces faits que je voulais illustrer par le mélange des couvre-chefs ! Ce sont des réalités, pas du folklore, que cela fasse plaisir ou non. LOL. Mais il n’y a pas de quoi se fâcher.

Concernant la politique de migration des Etats, dont le Canada et la Suisse. Restons aussi sur les faits.

Lorsque l’Allemagne invite un million d’immigrés à venir s’installer, originaires de Syrie et d’Irak, il s’agit d’une population plutôt diplômée (ingénieurs, architectes, enseignants, …), ayant de bons métiers, et éduqués, non au frais du contribuable allemand. Mais les dirigeants allemands ne semblent pas se poser la question de savoir si cette population ne sera pas utile et indispensable à leur pays d’origine, pour le reconstruire après la guerre.

Et la France ? Elle accueille environ 200 000 étrangers par an d’un pays hors Union européenne. En mois de dix ans, elle a légiféré au moins sept fois sur l’immigration et il est prévu une prochaine loi. Il est vrai que 40 % des étrangers installés en France quittent le pays au bout de cinq ans, en raison d’un faible taux d’attractivité (salaires bas, conditions de travail et de vie médiocres…). Les migrants de Calais veulent aller en Angleterre !

Prenons segment par segment les métiers occupés par les étrangers : on fait venir des médecins roumains (payés quatre cents euros dans leur pays, formés par leur pays) mais sans s’interroger si l’on ne crée pas de déserts médicaux en Roumanie. Dans les divers hôpitaux publics se trouvent du personnel étranger de toutes catégories (aides soignants, infirmières espagnols,…) mais aussi du personnel hautement qualifié (médecins anesthésistes, cardiologues,…), originaires d’Afrique, du Liban,… sans s’interroger si ce personnel ne serait pas utile dans leur pays d’origine. Même l’Eglise catholique fait venir des prêtres d’origine africaine, dans les villages de nos campagnes, en raison d’une crise des vocations !

La ville de Londres a élu un maire d’origine pakistanaise et musulman. Prenez l’exemple des villes de Roubaix et Tourcoing, dans le Nord, habitées par une majorité de personnes, soit naturalisées, soit étrangères (plus de 100 nationalités représentées, hors Union européenne, non compris les flamands, polonais, italiens,…), population venue initialement pour travailler dans les mines, la sidérurgie, puis le textile. C’est une population éduquée, parfois avec un doctorat. Pourtant aujourd’hui le taux de chômage est de près de 40 %. Depuis la seconde guerre mondiale, étaient maire de ces villes seulement des français de souche. Le premier maire d’origine étrangère, pour ces deux villes, est Gérald Moussa Darmanin (un grand-père juif maltais, l’autre harki, ayant combattu pour la France pendant la seconde guerre mondiale, tirailleur algérien et médaillé militaire). Je pourrai vous parler longuement de la difficulté d’embaucher des agents et des cadres (personne forcément françaises, diplômées, puisque prétendant à des postes de la fonction publique) dans les municipalités

Par le passé, encore dans les années 1970, la France allait chercher du personnel qualifié par milliers, pour travailler dans la sidérurgie lorraine, au Maroc et en Algérie. Alors que la sidérurgie allait éteindre ses feux au cours des dix années suivantes. Ce personnel était non seulement qualifié, mais subissait aussi une visite médicale pour s’assurer de leur bonne santé (de façon à préserver les comptes de la sécurité sociale). Les autorités françaises ne se sont pas beaucoup préoccupées de savoir si ces bras seraient utiles à leur pays d’origine, soit pour développer une industrie propre, soit pour développer l’agriculture. Ils se sont « servis » et ont puisé dans la réserve.

Conclusion : sans doute, certains pays se débrouillent mieux, comme la Suisse et le Canada pour gérer l’immigration. Mais qu’est-ce qui empêchent le gouvernement français de prendre les bonnes mesures, pour être à la fois juste et attractif ? D’accord pour faire venir une main d’œuvre, mais alors sachons la recevoir de façon digne, et non pas la parquer dans des conditions scandaleuses (voir le camp de Blida, à Metz) !

Avec lucidité, il n’y a que deux solutions possibles aux questions que vous posez : l’incitation, et la persuasion, (le marketing) que vous semblez privilégier, et la contrainte, la directive par la loi, la carotte et le bâton.

La carotte : donner de meilleurs salaires et de meilleures conditions de vie et de travail, persuader les personnes concernées de rester en France, par « patriotisme »… Etant donné le monde dans lequel nous vivons, je ne crois pas du tout à l’efficacité de ces solutions.

 

Le bâton : Par exemple, chiffrer ce qu’a coûté à la société la formation d’un spécialiste, puis l’obliger, soit de servir son pays, dans le cadre de sa spécialité, pendant un nombre d’années correspondant à ce coût, avec un salaire conséquent, en plus, bien sûr, ou bien, avant son départ pour l’étranger, le contraindre, par une reconnaissance de dette, à rembourser ce coût. Je ne crois pas les autorités gouvernementales libérales motivées pour ce genre de solution. Je rappelle qu’il est voté, presque chaque année, une nouvelle loi relative à l’immigration, qui a un contenu idéologique et d’annonces, mais une efficacité nulle. Qu’est-ce qui empêche d’utiliser les solutions du Canada et de la Suisse. La « fuite des cerveaux » (dont certains prix Nobel) est un problème récurrent bien ancien ! 

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