« La vérité est la réalité » (Partie 6)
Troisième partite :
La juste position, la bonne « hauteur », « être du bon côté »
L’identification : le « petit je », l’argent, le sexe, le pouvoir
Ou le Soi, l’Or, l’amour, l’autorité
« Je suis », « je suis ce que je suis », « Je suis la Vérité et la vie »
Ou « Moi, je ».
DEFINITION DE LA VERITE : Acceptons la définition classique de la vérité :
« La vérité est l’adéquation de ce qui est dit (l’intelligence) avec la chose ». Où est alors la vérité ? C’est le serpent ou la corde ? S’il existe plusieurs plans de notre existence consciente, alors ce qui est une vérité pratique sur l’un de ces plans revêt une apparence tout à fait différente et cesse par conséquent d’être vrai dès que nous nous élevons, à un niveau plus élevé d’où nous pouvons avoir une vue plus générale. La meilleure définition de la Vérité est celle que donne Jésus. Lorsque Ponce Pilate interroge Jésus : « Qu’est-ce la vérité ? », Jésus répond par le SILENCE. Donc la vérité ne s’exprime pas avec des mots, mais s’expérimente et se vit. Elle se situe dans un au-delà de la conscience relative, qui s’exprime par des pensées et des mots. Citons Ramana Maharshi : « Ce que l’on n’est pas capable de connaître, même après des années de conversations, peut être appréhendé instantanément dans le silence, ou en face du silence. (…) Le silence est le plus haut et le plus efficace des langages. »
En sanskrit, le mot satya signifie à la fois « réalité » et « vérité ». D’après l’historien Flavius Josèphe, les esséniens juraient lors de leur admission « d’aimer toujours la vérité ». Dans ce sens, le « vrai » correspond au « réel », la vérité étant ce qui n’est pas caché. La vérité exprime une existence, avec une nuance de stabilité. Le « vrai » correspond aussi au « juste ». En hébreu, la vérité renvoie à l’idée d’être. « Celui qui est » est Celui en lequel nous pouvons avoir confiance : il est la Vérité.
Découvrir la Vérité du monde, c’est donc mettre fin à l’ignorance, et cesser de voir comme vrai (le serpent), ce qui ne l’est pas. La Vérité ou Réalité du monde est éternelle.
La Vérité selon la maçonnerie : Lors de l’initiation, dans certains rituels, le vénérable maître déclare : « En Loge, vous apprendrez qu’aucune vérité n’est indiscutable, aucune croyance n’est à l’abri du doute ». Et lots de la chaîne d’union, il déclare : « Mes frères, notre égrégore (l’âme du groupe) est constitué et nous devons mettre en œuvre dans le monde profane les vérités que nous avons acquises en Loge ».
Certains rituels d’initiation de compagnon comporte les phrases suivantes : « Quels sont les principes de la maçonnerie ? La tolérance mutuelle, les respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience, la recherche de la vérité, à condition que nul n’ait la prétention de l’atteindre ou de la connaître avec certitude ».
Ainsi, on peut en déduire les points suivants :
Pour paraphraser Hegel, qui écrivait : « Tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel », on peut dire ; « Tout ce qui est vrai est réel, tout ce qui est réel est vrai ». Ceci implique trois choses :
Qu’est-ce que la réalité pour le franc-maçon : la pierre cubique ou la pierre brute ?
La recherche scientifique, ou de temps en temps, une théorie nouvelle vient se substituer à une théorie ancienne, contribue à ce scepticisme à atteindre la vérité. Il faut oser aller à l’encontre de cette ignorance, et poser : cela est.
· Dans le premier cas l’objectif d’atteindre la pierre cubique est rejeté à l’infini : on peut s’en approcher plus ou moins sans jamais l’atteindre.
· Dans le second cas, je suis la pierre cubique, de toute éternité : la pierre brute, c’est de l’ignorance, quelque chose qui s’est superposé à la pierre cubique, tout comme le serpent se superpose à la corde : c’est une illusion, et je doit retrouver ma vraie nature.
· Soit chaque degré des hauts-grades devient un échelon à gravir, en espérant atteindre un jour le but inaccessible ;
· Soit j’ai conscience d’être déjà la pierre brute, et chaque échelon est une étape supplémentaire pour « me » (la pierre brute) dénuder, c’est-à-dire supprimer l’illusion entre « moi » et la pierre brute.