Par Pierre Quader
« La vérité est la réalité. » (Deuxième partie)
DEFINITION DU MONDE : Le monde est l’ensemble des choses et des objets, opposés au sujet. En conséquence, le monde du serpent (celui de l’illusion), fait aussi partie du monde. On peut distinguer le monde manifesté et le monde non-manifesté. Par exemple, lorsque le dieu Shiva danse, sa danse est le monde manifesté. Lorsqu’il arrête de danser, Shiva est le monde non-manifesté, substrat du monde manifesté. C’est le monde et la vérité du monde. Tout le cosmos n’est qu’une danse d’amour.
DEFINITION DE L’ETERNITE (ET DU TEMPS) :
Le temps est ce qui a un début et une fin, contrairement à l’Eternité.
L’INITIATION : Pour nous, francs-maçons, l’initiation est le point de départ, la port qui mène du monde à la vérité du monde. C’est le voyage qui nous fait changer de regard. C’est la mort du vieil homme, et une nouvelle naissance, puisque l’initiation contribue à changer le regard sur le monde : c’est une vision nouvelle, grâce au dévoilement de la vérité du monde. Initier, c’est à la fois faire mourir et faire renaître. C’est une sortie du monde (de l’illusion), et franchir une porte donnant accès ailleurs. Initier est donc entrer et introduire. L’initié change de niveau. Tout en vivant encore dans le monde profane – auquel il ne cesse d’appartenir – l’initié pénètre dans l’éternité. Mais l’initiation n’est qu’un commencement, et le travail de connaissance se poursuit tout au long des 33 degrés du rite écossais ancien et accepté.
DEUXIEME PARTIE : La voie de la lumière et la voie des ténèbres du rite écossais ancien et accepté
Dans la démarche qui mène de l’initiation au 32° degré, que se passe-t-il ?
Il s’agit de se libérer de l’ignorance, mais sûrement pas de créer quelque chose de nouveau. En effet, s’il s’agissait de créer quelque chose, ce ne serait plus l’Eternité. Chacun de nous a toujours été ce qu’il est. Mais quelque chose est venu se superposer sur cette Eternité, qui est seule la vérité. Ce qui s’est superposé, c’est l’ego, qui est une illusion, qu’il convient, non pas de détruire, mais de connaître (« Connais-toi toi-même et tu connaîtra l’univers et les dieux »).
La pierre cubique a toujours été là, et elle sera toujours là. La pierre brute est venue se superposer sur la pierre cubique, tout comme le serpent se superpose à la corde. Connaître cela, c’est s’en libérer.
De la pierre brute à la pierre cubique :
Un sculpteur, un créateur artistique peut prendre un bloc de pierre, un bloc de granit ; toute forme, tout visage possible sont implicitement contenus dans ce bloc de pierre. Prenons un bloc de granit ; l’artiste doit-il sculpter un cerf ou un visage par-dessus la pierre ? Non ! Toute forme est déjà comprise dans le bloc de granit et ce qu’il faut c’est un artiste capable de faire sortir ce visage ou cette forme de l’état latent vers l’état manifesté. Il en est de même du soi. Ce qu’il faut, c’est donc enlever les faux-semblants de la pierre brute pour faire surgir la pierre cubique. C’est être ce qui est éternel. Envelopper la pierre brute d’une construction artificielle, d’un fantôme éphémère, c’est construire un super-ego.
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