« La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » (Partie 7)
Avoir la tête dans les étoiles et les pieds sur terre :
La tête dans les étoiles : l’éternité, le Soi éternel.
Les pieds sur terre : la pierre brute.
La vérité historique de la franc-maçonnerie :
La franc-maçonnerie représente l’idéologie de la classe bourgeoise : c’est l’union de toutes les fractions de la bourgeoisie, d’abord contre l’aristocratie et le féodalisme, puis contre le prolétariat et le socialisme. Liberté : liberté du commerce et de l’industrie, et libéralisme économique. Egalité : égalité en droit de tous, que ce soit le millionnaire comme de sans domicile fixe. C’est la pierre brute.
La vérité de la franc-maçonnerie est l’universalité et l’éternité des valeurs : les idéaux sont la liberté de tous, c’est-à-dire l’émancipation des salariés, libérés de l’esclavage salarié. Droit au travail pour tous, droit à un logement décent pour tous, droit à un enseignement de qualité gratuit et laïc pour tous, etc. L’égalité, c’est l’égalité réelle, c’est-à-dire l’égalité des richesses, la socialisation des moyens de production, la planification de l’économie, le socialisme.
Il y a donc une contradiction entre l’idéologie de classe de la franc-maçonnerie, et la vérité des idéaux de celle-ci : c’est pourquoi, lors les francs maçons sont toujours déchirés : en 1789, émigrés et aristocrates, d’un côté et révolutionnaires de l’autre côté ; en 1871, Versaillais et Communards, etc.
Le secret des secrets de la franc-maçonnerie est le suivant : lorsque les francs-maçons restent fidèles à leurs intérêts propres, ils appliquent les valeurs qui sont ceux de la bourgeoisie, les valeurs de privilégiés et de nantis. Lorsqu’ils appliquent l’idéal maçonnique, ils trahissent leurs intérêts de classe pour u intérêt universel, qui est véritablement la liberté, l’égalité et la fraternité. C’est aussi l’amour universel et la fraternité universelle. Les francs-maçons respectueux de leur idéal sont alors les serviteurs des plus pauvres et des plus modestes, de la veuve et de l’orphelin. Il doit en être de même au niveau de la loge et de l’obédience.
Maçons non-mûrs : l’argent, le sexe et le pouvoir. La temporalité.
Maçon mûrs : l’or (ou la pierre) philosophale, l’amour, l’autorité. L’éternité.
Aujourd’hui, quels sont les francs-maçons commémorés ? Les révolutionnaires de 1789, les Communards de 1871, et les Résistants de 1940-1945 ? Ou bien les aristocrates émigrés de 1789, les officiers bonapartistes massacreurs des Communards de 1871, et les collaborateurs du régime de Vichy ?
L’aspect intangible de l’idéal maçonnique, la vérité du monde, ce sont les valeurs éternelles portées par la franc-maçonnerie.
En tant qu’organisation, la franc-maçonnerie a traversé des périodes d’échec :
Malgré ces échecs, l’idéal maçonnique a été maintenu comme un idéal et une utopie qui reste à réaliser. En cela, les loges et les obédiences, même occupées par des maçons non mûrs, ont joué un rôle utile de perpétuation de l’idéal restant à réaliser.
Deux orientations sont possibles : soit l’expansion de la conscience, et le retour à la pierre cubique, soit la contraction et l’enroulement de la conscience, et le maintien de la pierre brute, enrobée dans un faux-semblant.
Il y a d’une part le MAÇON MÛR, qui atteint la cible, et après avoir supprimé l’ego, atteint la vérité du monde maçonnique. C’est un travail en profondeur. Le maçon s’est dégagé de tout sens d’individualité et il n’y a plus de cause de souffrance. Il y a d’autre part le MAÇON NON MÛR, qui rate la cible et effectue un travail superficiel, en surface. C’est la création d’un super-ego, monde de l’illusion, et du faux-semblant. Il s’agit de briller en tournant vers soi et en captant le regard des autres. Le maçon non mur est l’ego enflé. Déjà avec son « je » limité, l’homme est prétentieux et indiscipliné. Qu’advient-t-il si ce même « je » prend des proportions énormes ? Il deviendra « énormément » ignorant et insensé. Ce faux « je » doit périr.
La pierre cubique a toujours été là : c’est Cela. Mais ce n’est ni ceci, ni cela. La pierre cubique, ou pierre philosophale, est hors du temps et de l’espace : elle participe de l’éternité et de l’infini. Ce qu’il faut faire, c’est s’interroger : qui suis-je ? La pierre cubique ou la pierre brute ? Et qu’est-ce qui voile la pierre cubique ? C’est la pierre brute ou ego. Il faut donc, après l’initiation, travailler pour retrouver notre être réel, annihiler l’ego, et retrouver la pierre cubique. Ce qui est acquis sans effort est sans valeur. En quoi consiste ce travail ?
On peut illustrer les deux voies à l’aide des exemples suivants.
En tant que franc-maçon, il convient de partir de notre attitude, de la façon d’être pratique, et en déduire les principes qui ont conduit à cette attitude. D’où viennent la Vanité et l’Egoïsme. ? D’où viennent l’Humilité et l’Amour ? Sur quels principes reposent ces valeurs ? Sur quel substrat, l’ego ou l’Eternité ?
Ramana Maharshi : « Le point minuscule (l’ego) est constitué d’obscurité ; c’est l’ego formé de tendances latentes. Lorsque le sujet percevant (l’ego) se manifeste, il se déploie en objet perçu ou en antahkarana (organes intérieurs). La lumière doit être faible pour permettre à l’ego de se manifester. En pleine lumière, une corde ne peut ressembler à un serpent. Dans l’obscurité profonde, ne pouvant être vue, il n’y a aucune chance de la prendre pour un serpent. Ce n’est que dans la pénombre, au crépuscule, que peut se produire la méprise. Il en va de même pour l’Etre pur et radieux qui se manifeste sous forme d’ego ; ce n’est possible que lorsque l’éclat de Sa lumière se diffuse au travers de l’obscurité. Cette obscurité est également appelée ignorance originelle (le péché originel). La Lumière qui passe à travers elle se nomme Lumière réfléchie. Cette Lumière réfléchie, par ses qualités, est connue habituellement comme Mental pur ou Ishvara, ou Dieu. Il est bien connu qu’Ishvara est uni à la mâyâ ; en d’autres termes, la Lumière réfléchie est Ishvara. (…) De même qu’on ne peut confondre en plein jour une corde avec un serpent, et que cette corde ne peut être vue dans l’obscurité ; ainsi le monde ne peut apparaître ni dans le samâdhi de l’Etre pur, lumineux en soi, ni dans le sommeil, ni dans l’évanouissement, etc. Ce n’est que dans la lumière réfléchie (lumière mêlée à l’obscurité ou connaissance souillée d’ignorance) que le monde, qui n’est pas indépendant de sa source, semble naître, s’épanouir et se dissoudre. Sa diversité ne peut exclure la Réalité, la Source originelle. Il s’agit ici d’un jeu dans lequel le seul et unique Etre se multiplie, est objectivé, puis se résorbe. Pour accomplir cela, il doit y avoir une shakti (Pouvoir), et merveilleuse en plus ! Elle ne peut pas non plus être indépendante de son origine. Dans l’Etre pur, lumineux en soi, cette shakti ne peut être perçue. Et pourtant, ses activités ne sont que trop bien connues. Que son, jeu est sublime ! »