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blog de réflexion sociale

La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.(Trentième partie)

 

La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle.(Trentième partie)

 

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Jean Macé (1815-1894) : Enseignant et journaliste. Franc-maçon. Il fut actif aux loges de « la Parfaite Harmonie » de Mulhouse (le 2 juin 1866) et de la « Fidélité » de Colmar et membre des « Frères réunis » à Strasbourg. Suite à la défaite de 1870, il influença le Grand Orient de France en un sens patriote et chauvin. Il crée la Ligue de l’enseignement en 1866, qui se bat pour l’instauration d’une école gratuite, obligatoire et laïque. Il se lie d’amitié avec Louis Nathaniel Rossel, partisan de l’éducation des classes ouvrières. Devenu sénateur inamovible, il s’affilie à la loge « L’Alsace-Lorraine », à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort.

 

Hortense Aurore Machu, née David (1835- ?) : Fabrique des brosses. Cantinière. Elle combattit sur la barricade de la rue Royale.

 

Patrice de <Mac-Mahon, comte de Mac –Mahon, duc de Magenta (1808-1893) : Maréchal de France, vaincu à Reichshoffen en 1870. Il prend le commandement de l’armée versaillaise contre la Commune. Président de la République de 1873 à 1879, il est l’homme de « l’ordre moral ».

 

Magdelenas : Franc-maçon. De la Loge de « la Clémente Amitié cosmopolite ». Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Bernard Pierre Magnan (1791-1865) : Franc-maçon. Maréchal de France. Il est un des principaux organisateurs du coup d’Etat du 2 décembre 1851. En 1862, alors qu’il n’est pas franc-maçon, Napoléon III le nomme Grand Maître du Grand Orient de France, pour écarter le Prince Lucien Murat. Il fut initié et reçut les 33 degrés en 48heures.

 

Pierre Magne (1806-1879) : Avocat. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre des Finances.

 

Joseph Pierre Magnin (1824-1910) : Maître de forges. Député de province, membre du gouvernement de Défense national comme Ministre de l’Agriculture et du Commerce.

 

Pierre-Antoine-Frédéric. Malapert (1815-1890) : Franc-maçon. Orateur du Suprême Conseil.

 

Pierre Malardier (1818-1894) : Il accueillit la nouvelle de la proclamation de la Commune avec enthousiasme et prépara un mouvement communaliste dans la Nièvre.

 

Charles Maljournal (1841-1894) : Ouvrier relieur. Il adhère à l’AIT. Membre du Comité central de la Garde nationale. Il servit dans le 240° bataillon de la garde nationale. Blessé à la cuisse lors de la manifestation des antis communards le 24 mars 1871.

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898). Poète. Franc-maçon.

 

Benoît Malon (1841-1893) : Franc-maçon. Membre de la loge « Le Lien des Peuples » et « Le Bien des Peuples et les Bienfaiteurs Réunis » (Grand Orient). D’humble naissance, berger dans les montagnes du Velay. Autodidacte. Ouvrier teinturier. Militant ouvrier, communard, journaliste, écrivain. Il fait partie du bureau de la section parisienne de l’Internationale, adhérant à l’AIT en 1865. Proudhonien de gauche. Collaborateur du journal La Marseillaise de Rochefort. Le 8 février il est élu à l’Assemblée nationale comme socialiste révolutionnaire. Il est élu le 26 mars au Conseil de la Commune. Il siège à la commission du Travail et de l’Echange. Il vote contre la création du Comité de salut public et se range du côté de la Minorité. A écrit : La troisième défaite du prolétariat français (1871). Condamné à mort par contumace, il émigre en Suisse. A Palerme, il est reçu en 1877 au grade de compagnon et de maître de la loge « Fedelta ». Revenu en France après l’amnistie, il devient le leader des opportunistes-possibilistes. Ii assiste, ainsi que Jules Vallès, à son retour de proscription, à une tenue de la loge parisienne « La Ruche libre ». Préside en 1882, le Congrès socialiste de Saint-Etienne. Directeur de la Revue Socialiste. Il reprend une activité maçonnique en 1889, à la loge du Grand Orient « Le Lien des Peuples et les Bienfaiteurs réunis ». Incinéré au Père Lachaise, sur le socle de son monument figure l’équerre et le compas.

Libre-penseur, chef de file des blanquistes, Malon est partisan d’un socialisme national, opposé au socialisme allemand. Admirateur de Drumont, l’auteur de La France juive. Il écrit dans La Revue Socialiste N° 18 de juin 1886, pages 509 à 511, un article sur La question juive : « Oui, la noble race aryenne a été traître à son passé, à ses traditions, à ses admirables acquis religieux, philosophiques et moraux, quand elle a livré son âme au dieu sémitique, à l’étroit et implacable Jéhovah. (…) En brisant le cœur et la raison aryens, pour croire aux radotages antihumains de quelques juifs fanatiques, butés et sans talent (voyez Renan) ; en faisant de la littérature d’un peuple dont toute l’histoire ne vaut pas pour le progrès humain, une seule olympiade d’Athènes, on a autorisé les fils de ce peuple choisi, de ce « peuple de Dieu », à nous traiter en inférieurs ».

 

Hector Henri Malot (1830-1907) : Romancier. Il est l’ami de Jules Vallès qu’il soutient dans son exil londonien, lui apportant aide financière et réconfort moral. C’est grâce à lui que le manuscrit Jacques Vingtras, qui devient L’Enfant, est publié.

 

Pierre Malzieux (1828-1882) : Fondateur de la section de l’Internationale de Batignolles. Garde national, élu capitaine de la 3° compagnie du 91° bataillon.  Tué le 22 janvier 1871 lors de la fusillade qui a suivi le soulèvement à Paris, place de l’Hôtel de Ville, contre le gouvernement de Défense nationale, fusillade commandée par Gustave Chaudey.

 

Edouard Manet (1832-1882) : Peintre. Républicain convaincu, Manet s’engage dans la Garde nationale au moment de la guerre de 1870 en même temps que Degas sous les ordres du peintre Meissonier, qui est colonel. Elu à la fédération des peintres et sculpteur, il regarde avec horreur la répression et l’exprime dans deux lithographies, La Barricade (1871-1873) et Guerre civile (1871).

 

J. Manier : Délégué de la Société de l’Ecole Nouvelle.

 

Marie Manière : Communarde. Institutrice. Elle s’est investie dans la lutte pour l’instruction des jeunes filles. Elle souhaite une école laïque et professionnelle. Pendant la Commune, elle est institutrice-directrice d’un atelier-école, rue de Turenne, où l’on valorise une formation donnée à la fois par des ouvrières et des institutrices. Elle soumet à l’Hôtel de Ville un projet d’organisation d’écoles professionnelles qui remplaceraient les ouvroirs religieux. A partir de 12 ans, les jeunes filles y recevraient un enseignement général et professionnel sérieux sous la direction d’institutrices et d’ouvrières spécialisées. « Des disciplines diverse formeraient un milieu favorable à un enseignement progressiste ». Dès que les élèves seraient assez habiles, elles recevraient une rémunération pour leurs travaux (publié dans le Vengeur, le 3 avril).

 

Marcand : Communarde. Membre du Comité central des citoyennes.

 

Joséphine Marchais : Blanchisseuse. Vivandière au Bataillon des Enfants Perdus, où se trouve son amant, un garçon boucher, Jean Guy. Coiffée d’un chapeau tyrolien, et armée d’un fusil, on l’accuse d’avoir participé au pillage de l’hôtel du comte de Béthune, et d’avoir excité à combattre les gardes nationaux, d’avoir ramené sur la barricade son amant, Jean Guy, qui voulait déserter. Elle fut prise les armes à la main et déportée à Cayenne. Condamnée à mort, peine commuée en déportation en Guyane.

 

Madeleine Marchais : Sœur de Joséphine.

 

Marchal : Franc-maçon. Vénérable. Signataire du Manifeste de la Franc-maçonnerie du 8 avril 1871.

 

André Marchet : Correspondant de l’Internationale à Bordeaux.

 

Marcheval : Tisserand. Correspondant de l’Internationale à Vienne.

 

Jacques Théophile Marcou : Député de l’Assemblée nationale le 8 février 1871.

 

Pierre Joseph Henri Marmottan (1832-1914) : Médecin. Membre de la Commune de Paris (1871). Député de la Seine (1876-1883) et (1889-1898). Maire du XVI° arrondissement de Paris. Franc-maçon. Initié le 18 février 1874 à la loge « La Renaissance par les Emules d’Hiram », orient de Paris. Fréquenta les loges « Les Amis de la Tolérance » et « Le Matérialisme Scientifique », orient de Paris. Docteur en médecine. Elu au Conseil de la Commune le 26 mars. Républicain modéré, il fit partie des démissionnaires. Fait partie de l’aile gauche de l’opportunisme.

 

Gustave Louis Maroteau (1849-1875) : Journaliste de la Commune. Condamné à mort pour des articles de la Montagne, peine commuée en travaux forcés à perpétuité. .

 

Armand Marrast (1801-1852) : Journaliste et écrivain. Membre du gouvernement provisoire en 1848. Maire de Paris. Président de l’Assemblée constituante. Franc-maçon. On ignore le lieu et la date de son initiation. Il portait, le 6 mars 1848, le cordon maçonnique lorsqu’il reçut, avec les frères Crémieux et Garnier-Pagès, une délégation du Grand Orient.

 

Commune de Marseille : Elle dure quatorze jours, du 22 mars au 5 avril 1871. La Loge « La Réunion des Amis choisis » du Grand Orient, formée de républicains et de blanquistes, fonde, pour entraîner les autres loges, le 11 février 1868, un Comité central d’initiative des loges de dix membres : l’avocat Gaston Crémieux, Barne, Brochier, Chappuis, de Pleuc, Dhionnet, Massip, Rouvier et Adolphe Royannez. Parallèlement voient le jour l’Association phocéenne de l’Enseignement, de l’Instruction et de l’Education des deux sexes et la Caisse Centrale de Secours.

 

Jules Martelet (1843-1916) : Peintre sur verre. Membre de la Société des libres-penseurs. Adhère à l’Association internationale des travailleurs. Il s’enrôle dans la Garde nationale. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission des Services publics. Partisan de la Majorité. Condamné à mort par contumace, il se réfugie en Suisse.

 

Constant Martin (1839-1906) : Pendant la Commune, secrétaire de la délégation à l’enseignement. Membre des sections du panthéon et du XIII° arrondissement. Exilé à Londres, il fit partie du Conseil général de l’Internationale. Actif militant blanquiste, puis anarchiste.

 

Georges Marie Hippolyte Martin (1845-1916) : Franc-maçon. Médecin. Sénateur de la Seine (1885-1891). Le Docteur Martin reste attaché sur le plan maçonnique, au difficile combat en faveur de la mixité. Il est initié le 21 mars 1879, dans la Loge « Union et Bienfaisance » de la Grande Loge Centrale de Paris. Il est élevé à la maîtrise le 16 janvier 1880 dans la Loge « La Jérusalem Ecossaise », à Paris, dont il devient le vénérable par la suite. Membre des ateliers supérieurs du Suprême Conseil de France. Favorable à la mixité, il fonde avec Maria Deraismes, son épouse Marie, Clémentine Royer, Marie Bonnevial et Marie Bequet de Vienne, l’obédience mixte « Droit Humain » le 14 avril 1894. Grand Maître du Droit Humain (1892). Il fonde en outre les loges « La Fraternité Ecossaise » (Nice, 1911), « Denis Papin » (Blois, 1912) et « Les Philanthropes du Maine » (Le Mans, 1913).

 

Martin : Franc-maçon. Ex secrétaire de la loge « l’Harmonie de Paris ». Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Martin : Franc-maçon. Vénérable. Signataire du Manifeste de la Franc-maçonnerie du 8 avril 1871.

 

Paul Martine (1845-1913) : Elève de l’Ecole normale, agrégé d’histoire. Il fut l’intermédiaire de Rossel auprès de la Commune et son agent de liaison. A écrit les Souvenirs d’un insurgé. La Commune (1871). Violemment antidreyfusard. Ardent boulangiste. Radicalement ennemi de la « théorie humanitaire » (c’est-à-dire ennemi du socialisme de gauche).

 

Karl Marx (1818-1883) : Auteur en 1871 de La guerre civile en France : adresse du Conseil général de l’Association internationale des travailleurs.

 

Emile Massart : Communard. Journaliste. Rédacteur au journal L’Egalité de Jules Vallès. Organisateur en 1878 du Congrès international ouvrier. Membre du Parti ouvrier français, membre de la rédaction du Citoyen. Il quitte le P.O.F. vers la fin des années 1880 et soutien Boulanger.

Boulangiste et antisémite. Collaborateur à partir de 1889 du journal La sentinelle de Montmartre des députés Laisant et Laur.

 

Masse : Franc-maçon. Trésorier de la fédération, président de la réunion des originaires de l’Yonne. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Alexandre  Marie Massol (1805-1871 ou 1875) : Philosophe. Disciple de Saint-Simon, puis d’Enfantin. Collaborateur de Lamennais et de Proudhon. En 1848, il collabore aux journaux de Lamennais et de Proudhon. En 1855, il fonde avec Laumonier et Fauvety la Revue philosophique et religieuse. En 1865, il fonde avec son ami Caubet la Morale Indépendante, qui eut une énorme influence et parut jusqu’en 1869. Adjoint au maire de Paris (1870). Franc-maçon. Massol a été initié très jeune, peut-être par une loge de Marseille. Il reprend de l’activité en 1860 et devient vénérable de la loge « La Renaissance par les Emules d’Hiram », orient de Paris. Membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient dès 1861 ;

Terrassier. Ami et disciple de Proudhon. Il est introduit le 15 juin 1860, à la Loge « La Renaissance d’Hiram » par Charles Fauvety. Il remplace Fauvety en tant que premier maillet en 1863 et fait de cette Loge, qu’il dirige jusqu’en 1873, la plus brillante de l’obédience. Il est en 1865, candidat à la Grande Maîtrise.  Dès l’avènement de la république, il s’active comme maire adjoint du IX° arrondissement et crée, avec Greppo, Floquet et Brisson, l’Association des Défenseurs de la République. Pendant la guerre de 1870, il est adjoint au maire de Paris, puis conseiller municipal de la Sorbonne (1871). Il est silencieux pendant la Commune. Il parait être resté « neutre » pendant la Commune.

 

Masson : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Matté : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Emile Maury : Mes souvenirs sur les événements des années 1870-1871.

 

Joseph Etienne Maviel (1847-1905) : Cordonnier. Commune de Marseille. Il prit part à l’insurrection du 8 août 1870, qui s’empara de l’Hôtel de Ville. Il appartient à la commission départementale (23 mars-4 avril).

 

Elie Henri May (1842-1930): Franc-maçon. Pendant deux générations (dont dix années de présidence), il a donné à son Atelier – la loge « Les Trinitaires » n° 3 (GLDF) à l’Orient de Paris – une coloration sociale. Joailler, puis journaliste à L’Humanité. Nommé par la Commune directeur de la manufacture des tabacs, puis devient l’adjoint de son frère, Gustave Charles May. Son honnêteté sera mise en cause par Gustave Tridon. Elie May fonda avec d’autres réfugiés de la Commune, aux Etats-Unis, le loge « Les Egalitaires ».

Député boulangiste, il devient aussi vénérable d’honneur ad vitam aeternam de la loge « Les Trinitaires ».

 

Gustave Charles May (1845-?): S’est vu confier par Eudes le poste d’intendant général.

 

Albert May, dit Séligman: Correspondant de la Commune de Paris auprès de la Commune de Marseille.

 

Simon Charles Mayer (ou Meyer) (1820-1887) : Homme de lettres. En 1870, sert pendant le siège. Capitaine au 169° bataillon de la Garde nationale. Le 18 mars, officier de laz Garde nationale, il ne réussit pas à sauver les généraux Lecomte et Clément Thomas. Nommé colonel chargé de l’organisation des légions le 27 avril, major commandant la place Vendôme le 1° mai, puis sous-directeur des mouvements au ministère de la Guerre le 4 mai. Sa défense devant les Versaillais manqua de dignité. Condamné à mort le 18 novembre 1871. Peine commuée en travaux forcés. Amnistié (1880). Journaliste au National (1880). A publié en 1880 : Souvenirs d’un déporté. Etapes d’un forçat politique. Franc-maçon. Initié en 1868 à l’Orient de Montpellier. Membre de la loge « l’Union Parfaite de la Persévérance », orient de Paris. On peut penser que le Grand Orient de France n’est pas étranger à sa commutation de peine.

 

Méguy : Femme. Commune de Marseille.

 

Léon Guillaume Edmond Mégy (1841-1884) : Mécanicien. Militant blanquiste, il était avec Flourens à Belleville, le 11 février 1870, quand on y dressa des barricades. Durant le siège, il servit dans la Garde nationale. Reçoit le 13 avril le grade de colonel et le commandement du fort d’Ivry, qu’il abandonne le 30 avril. Il se glorifia d’avoir participé à l’exécution « de l’archevêque Darboy, de Bonjean et de leurs acolytes ». Condamné à mort par contumace, réfugié en Colombie où il mourut, il avait, sous l’Empire, tué un agent venu pour l’arrêter.

 

Jules Méline (1838-1925) : Elu membre du Conseil de la Commune le 26 mars 1871. Président du Conseil au moment de l’affaire Dreyfus, fonction qui lui permit de manifester son antisémitisme en s’opposant à la révision di procès.

 

Nicolas Cécile François Anne Célestin dit Léo (ou Léon) Melliet ou Meilliet (1843-1909) : Clerc d’avoué. Professeur. Membre de l’Association Internationale des Travailleurs. Pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il est nommé maire-adjoint du XIII° arrondissement et participe à la création du Comité central de la Garde nationale. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de la Justice, puis à celle des Relations extérieures. Il vote pour la création du Comité de salut public. Il est élu au Comité de Salut public. Puis il devient gouverneur du fort de Bicêtre et est responsable de l’arrestation des dominicains d’Arcueil. Réfugié en Angleterre, il rentre en France après l’amnistie. Il fut élu député de Marmande, Lot-et-Garonne (1898-1902). Franc-maçon. Initié à la loge « La Rose du Parfait Silence ». Vénérable en 1856. Appartint à la loge « Espérance et Fraternité », orient de Clairac (47). Membre du Conseil du Grand Orient (1863), dont il fut vice-président. Animateur de la revue Le Monde Maçonnique (1873-1879). Fit partie, avec notamment les frères Thirifocq, Pyat et Beslay, de la manifestation maçonnique du 29 avril. . 

 

Général Emile Mellinet (1791-1894) : Volontaire à 15 ans. Sous-lieutenant en 1814. Sert en Algérie. Général en 1850. Inspecteur de l’Infanterie et commandant supérieur des Gardes nationaux de la Seine (1850). Mis à la retraite en 1858. Franc-maçon. Initié en 1815 à la loge « Mars et les Arts », orient de Nantes. Grand Maître du Grand Orient de France le 9 juin 1865 à la suite de la mort du maréchal Maignan, sur proposition du Président du Conseil de l’Ordre, le docteur de Saint-Jean. Dans son discours d’installation, il rappela que son grand-père et son père avaient été maçons et que lui-même avait été initié à l’âge de 16 ans. Le gouvernement semble avoir vu d’un bon œil cette élection. Il a laissé un bon souvenir aux Maçons républicains d’après 1870. Vigilant sur les principes, il sut assumer la liberté des discussions et les opinions. En 1870, il renonça à une seconde élection pourtant certaine.

 

Anne Marie Ménand (ou Menan ou Menans) dite Jeanne Marie (née en 1837) : Cuisinière, puis vendeuse de journaux. « Pétroleuse ». Aide à panser les blessés. Condamnée à mort, peine commuée en travaux forcés à la Guyane. A fait l’objet d’un poème de Rimbaud :

      Les Mains de Jeanne-Marie 

 







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Jeanne-Marie a des mains fortes,
Mains sombres que l'été tanna,
Mains pâles comme des mains mortes.
— Sont-ce des mains de Juana ?
 
Ont-elles pris les crèmes brunes
Sur les mares des voluptés ?
Ont-elles trempé dans des lunes
Aux étangs de sérénités ?
 
Ont-elles bu des cieux barbares,
Calmes sur les genoux charmants ?
Ont-elles roulé des cigares
Ou trafiqué des diamants ?
 
Sur les pieds ardents des Madones
Ont-elles fané des fleurs d'or ?
C'est le sang noir des belladones
Qui dans leur paume éclate et dort.
 
Mains chasseresses des diptères
Dont bombinent les bleuisons
Aurorales, vers les nectaires ?
Mains décanteuses de poisons ?
 
Oh ! quel Rêve les a saisies
Dans les pandiculations ?
Un rêve inouï des Asies,
Des Khenghavars ou des Sions ?
 
— Ces mains n'ont pas vendu d'oranges,
Ni bruni sur les pieds des dieux :
Ces mains n'ont pas lavé les langes
Des lourds petits enfants sans yeux.
 
Ce ne sont pas mains de cousine
Ni d'ouvrières aux gros fronts
Que brûle, aux bois puant l'usine,
Un soleil ivre de goudrons.

 
Ce sont des ployeuses d'échines,
Des mains qui ne font jamais mal,
Plus fatales que des machines,
Plus fortes que tout un cheval !
 
Remuant comme des fournaises,
Et secouant tous ses frissons,
Leur chair chante des Marseillaises
Et jamais les Eleisons !
 
Ça serrerait vos cous, ô femmes
Mauvaises, ça broierait vos mains,
Femmes nobles, vos mains infâmes
Pleines de blancs et de carmins.
 
L'éclat de ces mains amoureuses
Tourne le crâne des brebis !
Dans leurs phalanges savoureuses
Le grand soleil met un rubis !

 
Une tache de populace
Les brunit comme un sein d'hier ;
Le dos de ces Mains est la place
Qu'en baisa tout Révolté fier !
 
Elles ont pâli, merveilleuses,
Au grand soleil d'amour chargé,
Sur le bronze des mitrailleuses
À travers Paris insurgé !
 
Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
À vos poings, Mains où tremblent nos
Lèvres jamais désenivrées,
Crie une chaîne aux clairs anneaux !
 
Et c'est un soubresaut étrange
Dans nos êtres, quand, quelquefois,
On veut vous déhâler, Mains d'ange,
En vous faisant saigner les doigts !
 

 

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