Cette absence de légitimité quant au « plébiscite » du président de la république français explique la montée de l’abstention lors des différents scrutins : c’est un système qui a perdu toute crédibilité.
Prenons un autre exemple : les élections législatives de 2012.
Les élections législatives de 2012 :
2° tour :
Inscrits : 43 233 648
Abstentions : 19 281 162
Votants : 23 952 486
Blancs et nuls : 923 178
Exprimés : 23 029 308
Pour un total de 577 députés, cela représente une moyenne de 39 912 voix par député, concernant les électeurs inscrits.
Outre les caractères irrationnels, déjà précisés ci-dessus (pas de définition équitable du corps électoral : par exemple, de nombreux immigrés présents depuis de nombreuses années sur le sol national sont exclus du corps électoral), il s’en ajoute de nombreux autres, qui rendent le système obsolète et dénué de sens. En tout cas antidémocratique.
Par l’abstention, 44,60 % des Français ne sont pas représentés, et le chiffre est de 46,73 % si on ajoute les bulletins blancs et nuls. Pour qu’il y ait une certaine légitimité pour le vote des lois, notamment du budget de la nation, et pour adopter les divers impôts, afin qu’au moins 1 Français sur deux ait l’impression de participer à la direction des affaires du pays, il faudrait que ces lois soient adoptée à l’unanimité des 577 député, puisque ensemble, ils représentent 53,27 % du corps électoral. Encore faudrait-il régler la question du « poids » respectif de chaque député : un député du Front national représente plus d’un million de voix. D’autres députés n’en représentent que quelques milliers.
Sans parler de l’archaïsme que constitue le sénat, où c’est une sorte d’aristocratie d’élus qui vote pour d’autres élus.
Le Parlement, chambre des députés et sénat confondus, est incapable d’organiser en son sein une certaine police et une moralisation du métier d’élu : l’immunité parlementaire devient une sorte de protection face à la justice commune, et le citoyen est plutôt surpris de constater que des élus corrompus continuent de siéger impunément, sans la moindre vergogne, malgré des faits répréhensibles (achats de voix, condamnations pénales,…). Cela donne l’impression d’une mafia qui se protège et vit entre soi.
Pourtant des solutions simples existent : limitation du nombre des mandats, limitation des indemnités, dose de proportionnalité, etc.
Plus les élus hésitent à mettre en œuvre ces mesures, et plus le système se délabre. Le gouvernement Valls prétend s’attaquer au mille-feuille territorial, tout en rejetant aux calendes grecques les mesures pratiques : ceci démontre le poids de la classe politique bourgeoise, qui s’accroche à ses divers avantages. Seul une intervention énergique du peuple, comme en 1792, 1848 ou 1871 pourra faire évoluer ce système.
Au moins deux facteurs concourent à ajouter un peu de « démocratie participative », et à lutter pour une véritable démocratie :
Une étude socioprofessionnelle des députés conduit à considérer que la classe bourgeoise est quasiment seule représentée, et encore elle est mal représentée : minoration des femmes et des jeunes. Mais il n’y a aucun représentant des classes populaires (ouvriers, paysans travailleurs, chômeurs,…).
En présentant un tel système pourri et délabré comme « républicain », et véritablement « démocratique », voilà plusieurs dizaines d’années que la bourgeoisie a conduit les masses populaires à se réfugier dans l’abstention et dans un vote d’extrême droite. C’est là une façon de desserrer l’étau d’un système injuste.
Le développement d’un absentéisme de plus en plus massif des masses populaires, et en particulier de la classe ouvrière, est une forme de sagesse, qui vise à délégitimer l’ancien système et qui prépare l’étape suivante : la destruction de l’ancien Etat et l’instauration d’un nouvel Etat, socialiste, comportant la socialisation des moyens de production.
Le système actuel est la négation des éléments basiques d’une véritable démocratie : représenter, en tant qu’élu, au moins 50 % des électeurs inscrits, « un homme, une voix », pouvoir « démissionner » un élu, s’il trahit ses engagements,…