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blog de réflexion sociale

La conscience, le Soi et l’ego (Partie 5)

 

La conscience, le Soi et l’ego

(Partie 5)

 

Conclusion :

La primauté de l’ego : c’est une erreur de perspective et de choix de centre de gravité. C’est prendre comme but principal la pierre brute, et non ce qui est contenu dans la pierre brute, la pierre cubique, qui représente le Soi. Cela conduit à poser l’ego comme une sorte d’état dans l’état, comme une entité indépendante du tout. La bonne conception est celle d’un ego, secondaire, intégré harmonieusement dans le Tout. C’est ce qu’a entrepris Spinoza dans son Ethique : il y a d’abord la totalité, la nature, (qu’il appelle par prudence « Dieu »), et chaque individu aspire au bonheur, en étant parfaitement intégré dans ce Tout.

Toute la démarche maçonnique consiste donc à faire réemerger le Soi comme étant premier (unique ?) et à remettre l’ego à sa place (à la périphérie). Cela rappelle l’histoire suivante : dix idiots traversent une  rivière et arrivé de l’autre côté, ils décident de se compter. A chaque fois, ils découvrent qu’ils ne sont plus que neuf. Ils se mettent alors à pleurer et à geindre, en pensant avoir perdu un compagnon de route. Un pèlerin passant par là, découvrant leur erreur, décide de les aider, et il les compte, à son tour, en donnant à chacun un coup de pied aux fesses lors du passage devant lui. Il démontre ainsi qu’ils sont bien dix, mais chacun avait oublié de se compter lui-même. Ceci illustre bien la démarche maçonnique, et la recherche de Soi, dans le cadre du « connais-toi toi-même » : Le Soi n’a jamais été perdu, il est toujours là, mais il est oublié, ou caché, et il faut faire des efforts pour le redécouvrir : ces efforts consistent à mettre fin à l’illusion, celle qui fait que nous confondons l’ego avec notre être réel. C’est bien l’Etre, le « Je suis » qui est premier, l’ego n’en est qu’une conséquence, un effet, et il faut donc dire : « Je suis, donc je pense ».

Le Soi est toujours présent : de même, lorsque l’on casse une cruche, l’espace contenu dans cette cruche n’est pas atteint et demeure. De même, lorsque le corps et l’ego disparaissent, le Soi demeure. Le but de la vie humaine est de faire communiquer l’espace de la cruche avec l’espace du cosmos, par-delà l’enveloppe de la cruche : c’est supprimer l’ignorance ou bien l’obstacle que constitue l’ego (la cruche). C’est devenir un libéré-vivant. En conséquence, être, devenir, « Je suis » c’est être, devenir, l’espace contenu dans la cruche, et non la cruche. « Je suis » est un contenant, et non un contenu. L’espace est premier, au centre, la cruche est seconde, ou à la périphérie. Et cette périphérie comporte toutes les pensées. « Je suis, donc je pense ». C’est une union harmonieuse entre l’individu et l’universel, entre l’ego et le Soi, chacun à sa place.

 

 

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