« Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 10
24 Il n’y a rien de plus simple qu’être le Soi. Cela n’exige aucun effort, aucune aide. Il suffit de laisser tomber la fausse identité et de demeurer dans son état éternel, naturel, inhérent.
25 Ici et maintenant, soyez en paix et tranquille. C’est tout.
26 La persévérance, voila ce qui est requis.
27 « Exode » : « Je suis ce JE SUIS ». Jéhovah = JE SUIS. L’Etre absolu est ce qui est. C’est le Soi. C’est Dieu. En connaissant le Soi, on connaît Dieu. En fait, Dieu n’est rien d’autre que le Soi.
28 Celui qui réalise la vérité découvre que l’Univers et ce qui est au-delà, sont contenus dans le Soi.
29 Dieu = tout ce qui existe + l’Etre
« je » = l’individu + l’Etre
Le monde = la multiplicité + l’Etre
Dieu, « je » (ego) et le monde sont tous trois irréels. L’Etre est réel. Le tout, la multiplicité et l’individu sont irréels.
L’union du réel et de l’irréel, leur mélange ou leur fausse identification, constitue une erreur. Cela revient à dire : transcender le réel et l’irréel. La Réalité est ce qui transcende tous les concepts, y compris le concept de Dieu. L’Etre absolu est au-delà de toute expression.
30 L’intellect n’est ni le Soi, ni séparé du Soi. Seul le Soi est éternel. L’intellect n’est qu’un phénomène.
31 La peur est un effet dû à la conception dualiste de la vie, opposant l’homme, le sujet pensant, au cosmos qui l’entoure, l’objet. Cet élément de la peur est un effet dû à la conception dualiste de la vie. Aussi longtemps que l’homme se sent comme une entité séparée et distincte de l’univers, aussi longtemps qu’il n’a pas découvert l’harmonie et même l’identité de son âme individuelle avec celle du cosmos, la peur et toutes les souffrances de la vie sont inévitables et continues.
Le monde phénoménal étant un devenir perpétuel et concret, et jamais une fiction de l’esprit individuel, sa réalité ne saurait être niée, sauf au moment où l’expérience du Réel absolu, de l’Etre, a été vécue.
32 La prise de conscience de la temporalité de l’homme est la peur de la mort.
33 La peur et la souffrance, causés par la « temporalité », germe de tous les conditionnements, proviennent de la conviction erronée de l’homme, que son existence est une réalité authentique et indépendante de l’Etre, Un et absolu.
L’existence humaine se présente sous deux aspects, celui du temps et celui de l’éternité. Le mal consiste à ne voir que l’aspect temporel, à le prendre comme valeur finale et à oublier l’Eternel qui réside dans l’homme, qui est le Soi, l’essence de l’âme humaine, infinie, inaltérablement libre.
34 Le phénomène de la mort est illusoire devant la Réalité ultime, l’Etre, le Soi, « non-né », permanent, constant, primordial, et qui n’est pas détruit quand le corps est détruit. Celui qui est arrivé à se fier exclusivement à sa propre expérience de la vérité, a déjà dépassé amplement les préjugés de l’opinion des gens.
35 Shankara : « Viveka-Cuda-Muni » (« Le plus beau fleuron de la discrimination ») : « C’est par l’illumination intérieure, c’est par l’expérience directe – Et non par l’intermédiaire d’un sage – qu’un aspirant arrive à connaître la véritable nature des choses. Si je veux savoir ce qu’est la lune, il faut que je la voie de mes propres yeux. Tout ce que d’autres me diront, ne me la fera jamais connaître. Ce n’est ni par le yoga, ni par le samkhya, ni par l’action, ni par l’érudition que la délivrance survient – Il est nécessaire que tu réalises toi-même l’identité de jîva et de brahman ; pour gagner son indépendance, l’homme ne dispose d’aucun autre moyen ».
36 Abolition de la peur de mourir : La peur de mourir provient de la perspective dualiste de la vie. Or, ayant découvert la vérité de l’Un, de l’Etre non conditionné, Bhagavan ne pouvait évidemment plus rester assujetti aux limitations variées qui produisent la peur, les angoisses, les chagrins. L’âme humaine (jîva) est dépouillée de ses « couches limitatives », produites par l’ignorance et donc illusoires, des « nœuds » qui la liaient au corps avant de faire l’expérience de son tréfonds, du Soi éternel et libre (S.E.L).
37 Si vous ne réalisez pas votre nature essentielle, votre vue reste obstruée. Quel en est l’obstacle ? Trouvez-le et enlevez-le. Ainsi nos efforts n’ont de sens que pour enlever les obstacles qui cachent la vraie vision. La nature réelle reste identique. Une fois réalisée, elle est permanente.
38 Il existe différents degrés dans le mental. La Réalisation, c’est la réalisation de la Perfection. Le mental ne peut pas l’appréhender. Sarvajnâta (l’omniscience) c’est être Sarvam (le Tout).Mais le Tout relève encore du mental, puisque c’est le connu et l’inconnu qui forment le Tout. Ce n’est que lorsque vous aurez transcendé le mental que vous pourrez demeurer dans le Soi. La connaissance actuelle est due aux limitations imposées à notre conscience. Mais la vraie Connaissance est illimitée. Etant illimitée, elle ne peut être comprise par quoi que ce soit et notamment par le mental, qui est limité. Cessez d’être la connaissance, et il ne restera plus que la Perfection.
39 Toutes les nouvelles apparences sont destinées à disparaître. Tout ce qui est créé sera certainement détruit. L’éternel n’est pas né ni ne meurt. Nous sommes en train de confondre les apparences avec la réalité. L’apparence porte sa fin en elle-même.