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blog de réflexion sociale

Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 62) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Code

 

Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 62) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Code du Travail ? Pour commémorer la Révolution russe d’octobre 2017.

 

Le prolétariat révolutionnaire n’exclut pas a priori une voie différente de passage du capitalisme au socialisme, mais il démontre par l’expérience que le passage pacifique, vu les conditions actuelles, est impossible. Aussi vouloir exclure du plan théorique et pratique tout recours à la violence révolutionnaire c’est se livrer pieds et poings liés à la dictature de la bourgeoisie. Au temps de Marx et Engels – du capitalisme libéral – la règle de la violence révolutionnaire comptait encore, à la rigueur, quelques rares exceptions. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis n’avaient mis en place qu’un appareil de bureaucratie relativement faible. Leur prospérité économique, leur histoire politique, le rôle particulier joué par la marine dans la défense du territoire anglais et par les milices dans la défense du territoire des U.S.A., limitaient étroitement le développement du militarisme. Il était encore possible d’imaginer qu’une bourgeoisie anglo-saxonne se laisse surprendre par le prolétariat et que l’Etat lui échappe sans guerre civile. Au contraire, sur le continent européen, la nécessité pour la classe dominante de s’organiser contre la concurrence d’un capitalisme britannique plus ancien et la persistance de certaines institutions héritées de l’ancien régime avaient rendu nécessaire l’existence d’un pouvoir politique fort, efficace, et centralisé. Mais le passage du capitalisme libéral au capitalisme des trusts, puis au capitalisme moderne, où l’Etat joue un rôle économique considérable, a entraîné la généralisation de la bureaucratisation à travers les pays anglo-saxons comme à travers les autres pays industrialisés. En outre l’armée permanente s’est massivement développée au cours des expéditions coloniales et des guerres impérialistes mondiales. La marine ne suffit plus à personne et les milices de type « américain blanc » non plus.

L’idée même que cette énorme machine de répression et d’exploitation, sans laquelle le système capitaliste ne peut pas fonctionner un seul jour, tombe par surprise entre les mains du prolétariat, est absurde. L’appareil d’Etat est désormais plus qu’une simple excroissance de la société, plus qu’un ensemble d’institutions qui se placent au-dessus des hommes vivants. Il est toujours cela, et il est, de plus en plus, inséparable de chacune des activités patronales.

« La révolution prolétarienne est impossible sans la destruction violente de la machine d’Etat bourgeoise et son remplacement par une nouvelle qui, selon Engels, « n’est plus un Etat au sens propre du mot ». » (203)

 

3)         UN ETAT D’UN AUTRE TYPE

 

Le passage d’un régime à un autre est un processus long et complexe et pour faciliter ce passage, un pouvoir politique fort est indispensable. Dans la société capitaliste, la bourgeoisie détient le monopole de la contrainte légale, et elle exerce la violence contre la masse populaire : il s’agit de la dictature d’une minorité sur la majorité. La minorité, c’est-à-dire ceux qui possèdent les usines, les instruments de production, les terres, en un mot les moyens de production, exploite la majorité. La minorité bourgeoise organise l’Etat, ses institutions parlementaires et l’appareil productif, de telle façon à en écarter les masses laborieuses.

Ce qu’il y a de commun entre la dictature du prolétariat et celle des autres classes, la dictature des propriétaires fonciers au moyen âge, la dictature de la bourgeoisie dans tous les pays capitalistes, c’est qu’elle est due à la nécessité de briser par la violence la résistance de la classe qui perd sa domination politique. Ce qui distingue la dictature du prolétariat de celle de toutes les autres classes, c’est que ces dernières exerçaient la violence et la contrainte d’une minorité sur une majorité, alors que la dictature du prolétariat est la répression par la violence de la minorité de la population, les capitalistes et les propriétaires fonciers : cette violence est exercée par l’ensemble des masses laborieuses, qui organise l’Etat, ses institutions et son appareil administratif, de telle façon à en écarter la classe bourgeoise et à assurer le maximum de démocratie socialiste au peuple.

« Nous avons toujours su, toujours dit, toujours répété qu’on ne peut pas « introduire » (par des plans) le socialisme, qu’il apparaît au cours de la lutte de classes la plus intense, la plus aiguë, la plus âpre, la plus farouche, et au cours de la guerre civile, qu’entre le capitalisme et le socialisme s’étend une longue période « d’enfantement douloureux », que la violence est toujours l’accoucheuse de la vieille société, qu’à la période de transition de la société bourgeoise à la société socialiste correspond un Etat spécial (c’est-à-dire un système spécial de violence organisée à l’égard d’une classe donnée), à savoir : la dictature du prolétariat. Mais la dictature du prolétariat présuppose et exprime un état de guerre latent, des mesures militaires pour lutter contre l’adversaire du pouvoir prolétarien. » (204)

 

 

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