• SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 9)

    Toute chose renferme en elle-même son propre contraire. Dans chaque chose coexistent momentanément deux aspects, deux pôles, l’un dominant, l’autre dominé. L’aspect dominant se transforme en aspect dominé, et inversement. C’est ce qui constitue la vie et le développement de cette chose. Le tout, l’unité des deux aspects, forme une unité dialectique. Le plus devient moins et le moins devient plus. On peut trouver des exemples illustrant ce principe dialectique dans la nature, dans l’histoire et dans la pensée.

     

    SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 9)

     

    LA CONTRADICTION

     

    Toute chose bouge, évolue, que ce soit dans la nature, dans la société ou dans la pensée humaine. Qu’est-ce qui fait que la société existe, vit, évolue, régresse ou progresse ? C’est le fait qu’en son sein existent différentes classes sociales, distinctes, des groupes humains ayant des intérêts divers et opposés. Il y a de multiples contradictions qui expliquent l’existence et le changement des choses, de la réalité. La cause du changement n’est pas à chercher à l’extérieur ; mais à l’intérieur des choses elles-mêmes. Une contradiction résolue fait place à une nouvelle contradiction, et ceci à l’infini. Sans contradiction, c’est le néant.

     

    L’UNITE DES CONTRAIRES

     

    Toute chose renferme en elle-même son propre contraire. Dans chaque chose coexistent momentanément deux aspects, deux pôles, l’un dominant, l’autre dominé. L’aspect dominant se transforme en aspect dominé, et inversement. C’est ce qui constitue la vie et le développement de cette chose. Le tout, l’unité des deux aspects, forme une unité dialectique. Le plus devient moins et le moins devient plus. On peut trouver des exemples illustrant ce principe dialectique dans la nature, dans l’histoire et dans la pensée.

    La vie devient morte, la mort devient vie. Il y a de la mort dans la vie et de la vie dans la mort. Sinon comment expliquer qu’une chose vivante devient chose morte ? Vie et mort ne sont pas des réalités absolues, séparées, sans rapport l’une avec l’autre : c’est là le point de vue métaphysique. Ainsi, dans le corps humain, certaines cellules vivantes meurent, se régénèrent, disparaissent. Sur un cadavre, certaines parties poursuivent plus ou moins longtemps leur existence, comme les cheveux, les ongles, le squelette.

    La matière devient esprit, et l’esprit devient matière. Prenons l’organe du sens du toucher, la peau. La peau entre en contact avec le monde extérieur sous différentes formes (choc, pression, chaleur, etc.). Il s’agit là de stimuli mécaniques, qui sont emmenés par les canaux des nerfs jusqu’au cerveau, mettons sous forme de décharges électriques. Le contact mécanique avec une chose quelconque, le processus tout aussi mécanique qui mène cette information donnée par le monde extérieur au cerveau, tout cela se transforme dans notre cerveau en une réalité qualitativement différente, en une idée de la chose (bien sûr, une sensation n’est pas pure, unique ; mais cette sensation de la chose touchée s’associe à la vue de cette chose, et à d’autres moyens de l’appréhender). Ainsi nous avons des sensations des choses environnantes (et également des phénomènes intérieurs, tels plaisirs et douleurs, maux d’estomac, etc.) et ces sensations ont pour résultat non pas des sensations, mais une autre réalité, contraire : des idées. Et l’inverse est vrai également : une idée peut se transformer en matière. Il en est ainsi du plan de l’architecte qui se réalise par le travail.

    Pour mieux saisir cela, on peut faire un parallèle concernant le phénomène de la vie. Pour nous préserver en vie, nous devons ingurgiter de l’air et de la nourriture. Nous respirons de l’air. Le résultat, est-ce de l’air ? Non, l’air est décomposé en ses parties, nous en gardons une partie et rejetons l’autre. A midi, nous mangeons des légumes, de la viande, etc. Quel est le résultat ? Est-ce des légumes de la viande, etc. ? Non, le résultat, c’est du calcium, des cellules vivantes, de la chair, du sang, des os, etc. et des déchets. De la même façon, dans une journée, nous avons une multitude de sensations, phénomènes physiques. Le résultat, est-ce des sensations ? Non, les sensations deviennent des idées, phénomènes spirituels. Et les idées elles-mêmes se transforment en réalisations concrètes.

    Prenons l’exemple d’un parti politique. Chaque parti politique veut appliquer un programme, c’est-à-dire un ensemble d’idées, de théories, de points de vue. La plupart de ces idées n’existent d’abord que sur le papier : elles n’ont aucune réalité concrète. Mais une catégorie sociale, une classe, une couche peut s’emparer de ces idées, et si le rapport de force est favorable, tenter de les faire passer dans la réalité. Dans ce cas là, l’esprit devient matière. Si le programme correspond au sens de l’histoire, il entrera dans la vie sous forme d’institutions nouvelles, d’Etat nouveau, etc.

    On peut tirer de la vie une expérience, en faire un bilan, une synthèse. On peut aussi appliquer une idée à la vie. La matière devient esprit, et l’esprit devient matière. Chaque chose se transforme en son contraire.

    Notre esprit contient des idées. Une idée est vraie ou fausse. Une idée vraie devient fausse et inversement. Ainsi, je dis actuellement : « Il pleut ! ». Effectivement, cette idée reflète correctement la réalité présente : c’est une idée vraie qui correspond à la vie. Mais tout à l’heure, quand la pluie aura cessé de tomber, cette affirmation se transformera en son contraire, et sera une erreur. J’énonce : « Aujourd’hui, l’homme est un loup pour l’homme. L’homme exploite son semblable. » Est-ce vrai ou faux ? Poser la question dans l’absolu, cela n’a aucun sens. Mais mon expérience sociale quotidienne me démontre que c’est là, ici et maintenant, une vérité. Dans la société capitaliste, l’affirmation est vraie. Mais cela n’a pas toujours été ainsi, et il n’en sera pas toujours ainsi : il est faux d’affirmer cela de l’homme primitif ou de l’homme nouveau vivant dans une société socialiste. Un dernier exemple : le féodalisme se transforme en son contraire, le capitalisme, qui lui-même devient le socialisme.

     

    LE BOND QUALITATIF

     

    Soit l’exemple du changement d’état de la matière : l’eau glacée devient eau liquide, qui se transforme à son tour en vapeur d’eau. La première cause de ce changement, c’est la qualité de l’eau elle-même : c’est la cause interne. La cause externe de ces transformations, c’est la quantité de chaleur, l’augmentation de chaleur que l’on apporte à l’eau.

    A moins 10 degrés Celsius, l’eau est glacée. Ajoutons de la chaleur. L’eau fond, et de moins 1 degré à 0 degré, il y a un bond, l’eau change de nature, et devient liquide. De 99 degrés à 100 degrés, se produit un nouveau changement, et l’eau devient vapeur.

    En France, au moyen âge, la classe bourgeoise accumule des forces et les accroît considérablement : en 1789 se produit un bond, un changement de nature de la société. La société féodale se transforme en son contraire, la société capitaliste. De classe dominée, la bourgeoisie devient classe dominante.

    L’homme primitif expliquait les phénomènes climatiques, tels la pluie, les éclairs, etc. par l’intervention directe de forces surnaturelles. C’était de la magie. Au cours des âges, on a fait des progrès dans la connaissance de ces phénomènes : aujourd’hui on peut même agir sur ceux-ci. Il y a eut un bond dans la connaissance.

    Ainsi dans le changement des choses, dans la nature, dans la société, et dans l’esprit humain, il convient de distinguer le changement quantitatif (accroissement, augmentation) et le changement qualitatif (on passe d’une nature à une autre).

     

     

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