• SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 51)

    La classe ouvrière, dans le cadre de la société capitaliste, est aliénée par la classe de la bourgeoisie capitaliste des moyens de production. Pour libérer les travailleurs, il importe donc de rejeter tous les éléments de cette aliénation : la domination de classe, l’Etat qui en constitue l’instrument principal, et la hiérarchie et l’autorité qui en représentent les plus efficaces supports. Les communistes, fidèles au marxisme-léninisme, aspirent à une société libératrice de toute aliénation, à une société sans classe ; c’est leur objectif stratégique final : le communisme.

    « Ce que nous appelons communisme, c’est le régime où les hommes s’habituent à remplir leurs devoirs sociaux sans appareils de contrainte spéciaux, où le travail sans rémunération pour le bien commun devient un phénomène général. » (229)

     

    SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 51)

     

    1)                  DICTATURE DE LA BOURGEOISIE OU DICTATURE DU PROLETARIAT

     

    « La dictature, c’est un grand mot rude, sanglant, un mot qui exprime la lutte sans merci, la lutte à mort de deux classes, de deux mondes, de deux époques de l’histoire universelle.

    On ne jette pas de tels mots en l’air. » (224)

    Dans la société capitaliste, dès que la lutte de classe qui en est le fondement s’accentue d’une manière tant soit peu sérieuse, il ne peut y avoir aucun terme moyen entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. Tout rêve d’on ne sait quelle troisième voie est une lamentation réactionnaire. Témoin en est l’expérience d’un développement de deux siècles de la démocratie bourgeoise et du mouvement ouvrier dans tous les pays évolués :

    « (…) dans une société capitaliste, qu’elle se développe, qu’elle soit solidement assise ou qu’elle agonise, peu importe, il ne peut exister qu’un de ces deux pouvoirs : ou bien celui des capitalistes, ou bien celui du prolétariat. Tout pouvoir intermédiaire est une chimère, toute tentative de découvrir une tierce solution aboutit à ce que les gens, mêmes s’ils sont sincères, glissent d’un côté ou de l’autre. » (225)

    La dictature du prolétariat est une guerre implacable du prolétariat contre la bourgeoisie, encore plus puissante, et dont la résistance est décuplée du fait de son renversement. Cette force de la bourgeoisie réside non seulement dans la force du capital international, mais dit Lénine, aussi et surtout dans la « force de l’habitude », dans la force de la petite production. La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre contre les forces et les traditions de la vieille société. L’arme indispensable du prolétariat est le Parti marxiste-léniniste :

    « La force de l’habitude chez les millions et les dizaines de millions d’hommes est la force la plus terrible. Sans un parti de fer, trempé dans la lutte, sans un parti jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse et influer sur lui, il est impossible de soutenir cette lutte avec succès. Celui qui affaiblit tant soit peu la discipline de fer dans le parti du prolétariat (surtout pendant sa dictature) aide en réalité la bourgeoisie contre le prolétariat. » (226)

     

    QU’EST-CE QUE LA DICTATURE DE LA BOURGEOISIE ?

     

    La bourgeoisie a conquis le pouvoir dans les pays évolués, au prix d’une série d’insurrections, de guerres civiles, de répression violente des rois, des seigneurs, des esclavagistes et de leurs tentatives de restauration. La domination de la bourgeoisie est défendue d’une part par ceux qui prêchent la « troisième voie », qui est en réalité celle de la collaboration de classe au profit de la bourgeoisie, et d’autre part par les « socialistes » qui s’élèvent contre la « dictature en général » et qui portent aux nues la « démocratie en général » :

    « En expliquant le caractère de classe de la civilisation bourgeoise, de la démocratie bourgeoise, du parlementarisme bourgeois, tous les socialistes ont exprimé cette idée, formulée de la manière la plus scientifique par Marx et Engels, à savoir que la république bourgeoise la plus démocratique n’est rien d’autre qu’un appareil permettant à la bourgeoisie de réprimer la classe ouvrière, permettant à une poignée de capitalistes d’écraser les masses laborieuses. » (227)

    Les traîtres au socialisme présentent les choses comme si la bourgeoisie faisait don aux travailleurs de la « démocratie pure », comme si la bourgeoisie renonçait à la résistance et était prête à se soumettre à la majorité des travailleurs, comme s’il n’y a et il n’y avait aucune machine d’Etat permettant au capital d’écraser le travail dans une république démocratique bourgeoise. La démocratie prolétarienne n’entre en action qu’une fois que le prolétariat aura pris le pouvoir d’Etat et brisé l’Etat bourgeois ; et pour que cette démocratie naisse, il faut la dictature du prolétariat contre ceux qui empêchent sa naissance, les capitalistes et les social traîtres qui parlent de « démocratie en général » et de « dictature en général ».

    Cet argument opère à l’aide des notions de « démocratie en général » et de « dictature en général », sans poser la question de savoir de quelle classe il s’agit. Poser la question de cette manière, en dehors des classes ou au-dessus des classes, soi-disant du point de vue du peuple tout entier, c’est tout simplement se moquer de l’enseignement essentiel du socialisme scientifique, à savoir la théorie de la lutte des classes, que les « socialistes », passés du côté de la bourgeoisie, reconnaissent en paroles mais oublient en fait. Car dans tout pays civilisé il y a la démocratie bourgeoise, et non la « démocratie en général » ; c’est-à-dire la démocratie pour les bourgeois, la « liberté » pour les capitalistes d’exploiter le travail d’autrui, et l’ « égalité » de tous devant l’exploitation et devant les urnes. Et il ne s’agit pas de dictature « en général » mais de dictature de la bourgeoisie, des exploiteurs, sur la classe ouvrière et les travailleurs, c’est-à-dire le pouvoir d’extorquer de la plus-value au profit de la bourgeoisie, de briser par la violence armée les résistances des esclaves salariés, de tromper les larges masses par une idéologie fausse. Et en ce qui concerne le socialisme, il ne s’agit pas d’établir une dictature « en général » mais une dictature de la classe opprimée, c’est-à-dire du prolétariat, sur les oppresseurs et les exploiteurs, c’est-à-dire la bourgeoisie, dans le but de briser la résistance opposée par les exploiteurs dans la lutte pour leur domination en régime socialiste. Il s’agit d’assurer la liberté et l’égalité à la grande majorité du peuple en privant les exploiteurs de la liberté bourgeoise d’exploiter autrui, et en supprimant les inégalités et les privilèges en supprimant les classes :

    « Les capitalistes ont toujours donné le nom de « liberté » à la liberté de s’engraisser pour les riches, à la liberté de mourir de faim pour les ouvriers…. L’égalité des citoyens, sans distinction de sexe, de religion, de race, de nationalité, que la démocratie bourgeoise a promise partout et toujours, mais n’a réalisée nulle part, et ne pouvait réaliser en raison de la domination du capitalisme, le pouvoir prolétarien ou dictature du prolétariat l’applique immédiatement, et entièrement, car seul le pouvoir des ouvriers, non intéressé à la propriété privée des moyens de production et à la lutte pour le partage ou un nouveau partage de ces moyens est en mesure de le faire. » (228)

     

    2)                  LA DICTATURE DU PROLETARIAT

     

    La classe ouvrière, dans le cadre de la société capitaliste, est aliénée par la classe de la bourgeoisie capitaliste des moyens de production. Pour libérer les travailleurs, il importe donc de rejeter tous les éléments de cette aliénation : la domination de classe, l’Etat qui en constitue l’instrument principal, et la hiérarchie et l’autorité qui en représentent les plus efficaces supports. Les communistes, fidèles au marxisme-léninisme, aspirent à une société libératrice de toute aliénation, à une société sans classe ; c’est leur objectif stratégique final : le communisme.

    « Ce que nous appelons communisme, c’est le régime où les hommes s’habituent à remplir leurs devoirs sociaux sans appareils de contrainte spéciaux, où le travail sans rémunération pour le bien commun devient un phénomène général. » (229)

    Mais il faut être prudent et ne pas se hasarder à en décrire dans le détail les structures et caractéristiques formelles et cela simplement parce que la théorie ne peur naître que de l’expérience, de la pratique. Lénine souligne que pour ceux qui font les tout premiers pas hors du capitalisme, la notion de « communisme » est encore très lointaine. Mao Tsetoung ne craint pas d’indiquer qu’à son avis, quelques siècles de lutte seront encore indispensables pour que s’épanouisse enfin cette société que Marx et Engels annonçaient.

    Comment s’effectuera le passage historique de notre société de classe, le capitalisme, à cette société où toutes les contradictions de classes auront disparues ? Comment parviendra-t-on à la suppression des différences entre travail industriel et travail agricole, entre travail manuel et travail intellectuel ?

    De tels problèmes ne trouveront pas de solutions sans une longue et difficile lutte contre les forces, les habitudes, les structures anciennes et, bien entendu, non sans qu’ait été arraché au préalable le pouvoir que détiennent les capitalistes. Il faut partir des réalités : envisager par priorité la destruction du capitalisme et de sa forme suprême, l’impérialisme, car ils ne sont pas encore détruits (« Nous vivons toujours à l’époque de l’impérialisme »). La question décisive qui se pose actuellement aux peuples opprimés, aux prolétariats exploités du monde entier, c’est la question du pouvoir.

    Mais Lénine le souligne à différentes reprises, mettre l’exploiteur hors d’état de nuire et lui donner le coup de grâce ne constitue que la moitié de la tâche, et la moitié la plus facile :

    « Il est bien plus facile de conquérir le pouvoir à une époque révolutionnaire que de savoir user convenablement de ce pouvoir. » (230)

    Ceci parce que les « défauts » (existence des classes, nécessité de l’Etat…) remontent au passé, lequel, s’il a été bouleversé, n’est pas encore aboli. Mao Tsetoung dira qu’il faut « mener la révolution jusqu’au bout ». D’où la nécessité d’une période de transition de dictature du prolétariat, le socialisme, première phase du communisme :

    « Si nous nous demandons ce qu’est le communisme, ce qui le distingue du socialisme, nous devrons dire que le socialisme est la société qui naît immédiatement du capitalisme, la première forme de la société nouvelle. Quant au communisme, c’est une forme sociale plus élevée et ne pourra se développer que lorsque le socialisme se sera totalement consolidé. » (231)

    Cette période de transition qui se situe entre le capitalisme et le communisme doit donc forcément comporter les particularités propres à ces deux structures économiques de la société. Cette phase transitoire est une période de lutte entre l’agonie du capitalisme et la naissance du communisme, entre le capitalisme vaincu mais pas anéanti et le communisme déjà né mais encore très faible.

    D’une part la bourgeoisie a perdu le pouvoir politique, son Etat est détruit, on lui a arraché les moyens de production. Mais on ne peut « abolir » la bourgeoisie en tant que classe. Il subsiste des « places » politiquement, idéologiquement, économiquement et administrativement bourgeoises. La bourgeoisie continue d’exister et elle est d’autant plus hargneuse qu’elle espère encore recouvrer le « paradis perdu ». Pendant un certain temps, elle reste même plus puissante. Elle reste forte du point de vue politique (relations internationales, monopole de la connaissance technique sur l’administration et la comptabilité, le contrôle et le recensement des biens sociaux), idéologique (façon de vivre et de penser, mœurs…) et économique (l’argent continue d’exister, permettant l’appropriation privée des biens produits socialement ; il est utopique de vouloir supprimer l’argent par « décret » et il continue d’exister encore longtemps. Et surtout, la petite production, qui crée à chaque moment du capital et donc aussi des exploités). Aussi :

    « La conquête du pouvoir politique par le prolétariat ne met pas fin à la lutte de classe contre la bourgeoisie : bien au contraire, elle la rend plus large, plus sévère et plus implacable. » (232)

    C’est justement après le renversement de la bourgeoisie que la lutte des clases prend les formes les plus développées et les plus brutales. Ceux qui pensent qu’après la prise du pouvoir par le prolétariat, et la destruction de l’Etat bourgeois, tout est fini se trompent eux-mêmes et trompent les autres, consciemment ou non : loin que tout soit fini, tout ne fait que commencer. C’est là le propre de réformistes et de révisionnistes, « marxistes-léninistes » en paroles, qui se révèlent opportunistes après la victoire des masses sur le capitalisme : aussi convient-il de démasquer ces traîtres dans les rangs du prolétariat révolutionnaire.

    Staline écrit, dans L’homme, le capital le plus précieux, au moment de l’édification du socialisme, en Union soviétique :

    « Il faut en finir avec la bénignité opportuniste qui part de cette supposition erronée qu’à mesure que nos forces croissent, l’ennemi deviendrait plus apprivoisé et inoffensif. Cette supposition est foncièrement erronée. Elle est un relent de la déviation de droite, assurant à tous et à chacun que les ennemis s’intègrent tout doucement dans le socialisme. Ce qu’il nous faut, ce n’est pas la bénignité, mais la vigilance révolutionnaire bolchevik. Il ne faut pas oublier que plus la situation des ennemis sera désespérée et plus volontiers ils se raccrocheront aux moyens extrêmes, comme unique recours de gens voués à leur perte dans leur lutte contre le pouvoir soviétique. » (233)

     

     

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