• SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 34)

    SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 34)

     

    L’ORGANISATION

     

    La condition essentielle pour le prolétariat révolutionnaire est la nécessité absolue de l’organisation car, comme l’écrivait Lénine en 1904 : « le prolétariat n’a d’autre arme dans sa lutte pour le pouvoir que l’organisation ». Cette idée d’organisation intervient à trois niveaux : il faut ORGANISER l’instrument révolutionnaire du prolétariat, le Parti de type nouveau ; il faut ORGANISER la révolution elle-même ; il faut ORGANISER la société à laquelle la révolution a donné naissance. Le premier point, l’organisation de l’instrument de prise du pouvoir par le prolétariat, sera traité dans le Chapitre IV (« Le Parti léniniste »). Le second point, l’organisation de la prise du pouvoir par le prolétariat et son Parti, sera traité dans le Chapitre V (« Le pouvoir politique »). Le troisième point, l’organisation du pouvoir prolétarien, sera traité dans le Chapitre VIII (« La dictature du prolétariat »).

    Nous avons vu où le prolétariat veut aller : vers la révolution prolétarienne et l’édification socialiste. Maintenant le problème est de savoir avec qui aller. A côté de la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat, il existe d’autres classes et couches sociales qui sont en contradiction.

     

    SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 34)

     

    L’ORGANISATION

     

    La condition essentielle pour le prolétariat révolutionnaire est la nécessité absolue de l’organisation car, comme l’écrivait Lénine en 1904 : « le prolétariat n’a d’autre arme dans sa lutte pour le pouvoir que l’organisation ». Cette idée d’organisation intervient à trois niveaux : il faut ORGANISER l’instrument révolutionnaire du prolétariat, le Parti de type nouveau ; il faut ORGANISER la révolution elle-même ; il faut ORGANISER la société à laquelle la révolution a donné naissance. Le premier point, l’organisation de l’instrument de prise du pouvoir par le prolétariat, sera traité dans le Chapitre IV (« Le Parti léniniste »). Le second point, l’organisation de la prise du pouvoir par le prolétariat et son Parti, sera traité dans le Chapitre V (« Le pouvoir politique »). Le troisième point, l’organisation du pouvoir prolétarien, sera traité dans le Chapitre VIII (« La dictature du prolétariat »).

    Nous avons vu où le prolétariat veut aller : vers la révolution prolétarienne et l’édification socialiste. Maintenant le problème est de savoir avec qui aller. A côté de la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat, il existe d’autres classes et couches sociales qui sont en contradiction.

    En ce qui concerne la France contemporaine, ce sont essentiellement la petite et moyenne paysannerie, la petite bourgeoisie et les intellectuels : ce sont les classes et couches moyennes. Il y a contradiction entre ces différentes classes moyennes, entre les classes moyennes et le prolétariat, entre les classes moyennes et la bourgeoisie. C’est-à-dire qu’il y a interaction entre les diverses classes moyennes et action réciproque entre les classes moyennes et la contradiction principale. Ces contradictions se manifestent par des conflits entre les intérêts des classes différents. Mais ce sont là des contradictions secondaires dont la transformation et l’évolution sont en dernières instances déterminées par la contradiction principale. Cependant, il est capital de déterminer, pour le développement de la révolution, parmi toutes ces contradictions secondaires, quelles sont les contradictions antagonistes, celles qui ne le seront jamais et celles qui peuvent le devenir.

    Il convient de distinguer deux types de contradictions différentes, et donc deux façons différentes de traiter les contradictions, de les résoudre : les contradictions antagoniques et les contradictions non antagoniques ou contradictions au sein du peuple.

     

    LA CONTRADICTION ENTRE LA BOURGEOISIE ET LE PROLETARIAT EST UNE CONTRADICTION ANTAGONIQUE

     

    Dans la société capitaliste, la contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat est antagonique, c’est-à-dire qu’elle ne se résout que par la lutte violente et par la révolution prolétarienne.

    Dans une conjoncture précise, les contradictions entre le prolétariat et ses alliés objectifs (petite et moyenne paysannerie, petite bourgeoisie, bourgeoisie nationale) sont non antagoniques, c’est-à-dire qu’elles peuvent et doivent se résoudre par la persuasion et la lutte idéologique. Si ce type de contradiction n’est pas bien traité, il peut devenir antagonique.

    Faute de savoir déterminer à un moment précis et dans la perspective de l’avenir (la révolution socialiste, l’édification socialiste sous la dictature du prolétariat) si une contradiction est ou devient antagoniste, et jusqu’à quel point, il n’est pas possible de définir une tactique révolutionnaire. Il n’est pas possible même de savoir si une situation donnée, la situation actuelle par exemple, est révolutionnaire immédiatement ou à terme.

    Chaque contradiction a son originalité. Selon la conjoncture, chaque contradiction se transforme et change, c’est-à-dire se reflète et se disperse en mille autres. Du point de vue du prolétariat révolutionnaire, qui se fixe pour but la destruction de la société bourgeoise, se posent un certain nombre de problèmes : par exemples, qu’est-ce qui divise les masses populaires, et qu’est-ce qui les unit ? Jusqu’où ira la bourgeoisie française dans sa résistance aux empiètements de l’impérialisme américain ? Par exemple, il est évident que le prolétariat n’a pas les mêmes moyens d’action si petits paysans et commerçants sont prêts à se battre où s’ils sont désarmés par les quelques concessions consenties par la bourgeoisie, qui cherche à se les concilier, adoucissant quelque peu le détail de leur disparition.

    Contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat, contradiction entre les petits paysans et commerçants, ce sont là deux contradictions de natures différentes que le prolétariat doit résoudre par des méthodes différentes.

     

    a)                  BOURGEOISIE ET PROLETARIAT

     

    Dans le système capitaliste, la bourgeoisie est la classe dominante : c’est-à-dire que le pouvoir politique lui appartient. Le pouvoir politique lui permet dans une large mesure de réaliser ses intérêts de classe au mieux ; quelle que soit la forme du pouvoir d’Etat, c’est un Etat capitaliste. Le pouvoir d’Etat est le reflet des rapports de classe de la société à un moment donné.

    Le pouvoir d’Etat et les différents appareils d’Etat (appareil scolaire, armée, justice, administration, …) appareils d’Etat qui sont la matérialisation, la « cristallisation », de ce reflet des forces en présence qu’est le pouvoir d’Etat, sont les instruments de la classe bourgeoise, dont elle se sert pour chercher à résoudre les différentes contradictions entre les classes sociales au profit de sa classe propre.

    Si à l’époque de la bourgeoisie ascendante, il a pu sembler qu’elle était porteuse des intérêts de l’ensemble du peuple, l’évolution historique a vite dissipé cette illusion. En fait, il s’est avéré que la bourgeoisie luttait pour ses revendications propres, et il ne pouvait en être autrement, vu les conditions objectives existantes. Les grands révolutionnaires français (Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just…) ont lutté, qu’ils en aient conscience ou non, cela ne change rien à l’affaire, pour la réalisation des idéaux d’une fraction du tiers-état : la bourgeoisie médiévale. Leur élaboration d’une société nouvelle et d’un Etat nouveau était une adaptation des besoins de la bourgeoisie au plan idéologique et politique, une adaptation de la superstructure à l’infrastructure. Leur revendication de suppression des privilèges de classe signifiait la suppression des privilèges de la noblesse, des privilèges de sexe, d’âge et d’origine. Leur revendication de « liberté » signifiait en réalité liberté d’entreprise, liberté d’exploiter autrui : c’est-à-dire liberté bourgeoise. Le mot d’ordre d’ « égalité » dissimulait le fait fondamental de l’opposition entre les possesseurs de moyens de production et ceux qui n’avaient que leur force de travail à vendre pour vivre : c’était une « égalité » nominale, de droit et non de fait. Le droit bourgeois sacralisait, fixait et défendait la propriété privée, appelant « homme », « citoyen », celui qui est à l’image du bourgeois, c’est-à-dire le propriétaire des moyens de production.

    « Comment s’est exprimée la domination de la bourgeoisie sur les féodaux ? La Constitution parlait de liberté et d’égalité. Mensonges. Tant qu’il y a des travailleurs, les propriétaires sont capables et même tenus de spéculer en leur qualité de propriétaires. Nous disons qu’il n’y a pas d’égalité, que l’homme rassasié n’est pas l’égal de l’affamé, ni le spéculateur l’égal du travailleur. (…). La teneur principale, l’esprit de toutes les constitutions d’autrefois, jusqu’à la plus républicaine, la plus démocratique, se réduisait à la seule propriété. » (158)

     

    Mais la masse populaire donnait un sens différent aux revendications de liberté et d’égalité, et dès le début ses représentants (Hébert, Babeuf, Olympe de Gouges …) se sont heurtés à la bourgeoisie. Suppression des privilèges signifiait suppression de tous les privilèges, et donc suppression des classes, égalité sociale et économique et non plus seulement « égalité » de droit. Liberté signifiait maîtrise du mode de vie en société des hommes par tout un chacun, et liberté du travail. Dès le départ ces revendications furent refoulées et niées.

    L’ensemble des institutions monarchiques, dont le vieil appareil militaire, la justice, ayant disparu, de gré ou de force, la bourgeoisie révolutionnaire se révélât, tout aussitôt, capable d’en inventer, d’en fabriquer d’autres, les siennes propres : l’Etat bourgeois.

    Mais une fois la bourgeoisie triomphante, une fois que le pouvoir fur séparé du peuple, remis à une poignée de professionnels qui assuraient la défense des privilèges de la classe bourgeoise et s’identifiaient eux-mêmes aux exploiteurs par leur personne ou par leur intérêt, la contradiction entre la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat apparaissait de plus en plus aiguë, de plus en plus consciente, de plus en plus développée.

    Face à la lutte des travailleurs, et de leur développement, quelles furent les méthodes de lutte de la bourgeoisie pour maintenir sa dictature ? Elle usait de deux méthodes de lutte : la carotte et le bâton. Tels étaient, sont et resteront les deux formes de lutte essentielles de la bourgeoisie capitaliste contre les masses laborieuses.

    La première méthode est celle des violences, des persécutions et de la répression. C’est une méthode qui porte encore la marque du servage, du moyen âge. Il y a partout, dans les pays avancés comme dans les pays arriérés, des couches et des groupes de la bourgeoisie qui préfèrent ces procédés ; ces procédés à certains moments spécialement critiques de la lutte des ouvriers contre l’esclavage salarié, rallient l’ensemble de la classe bourgeoise. Ce fut par exemple le cas des bourgeoisies allemandes et italiennes qui instaurèrent une dictature fasciste de la bourgeoisie :

    « Plus la démocratie bourgeoise est développée et plus elle est près, en cas de divergence profonde et dangereuse pour la bourgeoisie, du massacre ou de la guerre civile. » (159)

    C’est là une « loi » de la démocratie bourgeoise, vérifiée encore en Mai 1968 ;

    L’autre méthode de lutte utilisée par la bourgeoisie contre le mouvement ouvrier consiste à diviser les ouvriers, à désorganiser leurs rangs, à corrompre certains groupes ou certains représentants du prolétariat, afin de les faire passer dans le camp de la bourgeoisie. Elle consiste à assujettir le mouvement ouvrier à l’idéologie bourgeoise.

    Lénine a défini ainsi les deux aspects de la démocratie bourgeoise :

    « Le régime démocratique est l’une des formes de la société bourgeoise, sa forme la plus pure et la plus parfaite, où le maximum de liberté, d’ampleur, de clarté de la lutte des classes va de pair avec le maximum de ruse, d’astuce, d’artifices, de pression « idéologique » exercée par la bourgeoisie sur les esclaves salariés en vue de les distraire de la lutte contre l’esclavage salarié. » (160)

     

    La solution  de la contradiction entre le Travail et le Capital, la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat, est la révolution prolétarienne et l’édification du socialisme sous la dictature du prolétariat : de classe dominée, le prolétariat devient classe dominante, c’est-à-dire le pouvoir d’Etat a une nature de classe prolétarienne et a la forme d’un Etat socialiste qui permet au prolétariat révolutionnaire de réaliser ses tâches historiques (abolition des classes). Inversement, la bourgeoisie de classe dominante devient classe dominée, c’est-à-dire que l’Etat capitaliste est brisé ; mais la classe bourgeoise ne « disparaît » pas pour autant.

    La lutte de classe, la lutte idéologique et politique essentiellement, se poursuit entre la bourgeoisie et le prolétariat sous la dictature du prolétariat ; mais elle se poursuit sous une autre forme sous la direction du prolétariat, et ceci jusqu’au stade supérieur du socialisme, le communisme, où les classes sont supprimées.

    Le prolétariat est le représentant de tous les travailleurs, en tant que classe la plus exploitée en régime capitaliste, mais aussi la plus consciente de sa situation et la plus capable, de s’en sortir par la voie révolutionnaire. En s’émancipant, le prolétariat émancipe toutes les autres classes de l’exploitation et de l’oppression bourgeoise. Le prolétariat n’a intérêt au maintien d’aucun privilège : aussi il les abolit tous. Par sa domination en régime socialiste, il vise non à « exploiter » la bourgeoisie, mais à la détruire, à supprimer toute possibilité à une classe d’en exploiter une autre. La classe ouvrière apporte son soutien à la révolutionnarisation des autres classes. Mais cette transformation des classes moyennes libérées de la bourgeoisie se fait sous la direction du prolétariat, non dans l’intérêt d’une nouvelle classe, mais dans le sens d’un renforcement de la dictature du prolétariat. Tout renforcement de la dictature du prolétariat est un pas fait vers la disparition des classes et de l’Etat, tout affaiblissement de la dictature du prolétariat est un pas vers le renforcement de la bourgeoisie et vers son rétablissement éventuel.

     

     

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