• SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 24)

    Le révisionnisme moderne apporte la preuve de cette réalité scientifique. Une nouvelle classe bourgeoise s’est constituée et a usurpé les directions de certains partis communistes, au pouvoir ou non, ente autres en Union Soviétique et en France, ainsi que l’Etat soviétique et les Etats d’autres pays de démocratie populaire. La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne de Chine a été déclenchée par Mao Tsetoung pour écraser les tentatives similaires de la bourgeoisie en Chine. Ce ne sera qu’à l’ultime stade du communisme que disparaîtra la lutte de classes :

     

    SOCIALISME OU BARBARIE : LE MONDE A VENIR (Partie 24)

     

    Ces classes et couches moyennes sont :

    ·                    D’une part, certaines couches de travailleurs salariés comme les employés, les petits fonctionnaires et agents de services publics. Ils ne sont pas propriétaires de moyens de production, mais vendent leur force de travail. Ils ne produisent pas de marchandises mais leurs appointements sont de l’ordre des salaires des ouvriers.

    ·                    D’autre part, les petits et moyens paysans (ce sont des couches de la paysannerie issue du système féodal). Ils peuvent être propriétaires ou locataires des terres qu’ils exploitent pour produire des marchandises. Ils produisent ces marchandises par leur propre force de travail ou en achetant la force de travail d’ouvriers agricoles en plus de la leur propre.

     

    Les petits et moyens commerçants, qui ne vendent pas leur force de travail mais ne produisent pas de marchandises et ne sont pas propriétaires des moyens de production.

     

    Les artisans, qui produisent des marchandises mais ne vendent pas leur force de travail et peuvent être propriétaires de leurs propres moyens de production.

     

    Les professions libérales, qui ne sont pas propriétaires de moyens de production et ne vendent pas leur force de travail.

     

    Les intellectuels et étudiants ne constituent pas une classe sociale mais sont à rattacher selon leurs origines et leur devenir aux différentes classes et couches sociales.

     

    2)                  LA LUTTE DE CLASSE, MOTEUR DE L’HISTOIRE

     

    Pour le marxisme, il n’y a pas d’abord existence des différentes classes sociales, qui entrent ensuite dans la lutte de clases. Mais les classes sociales recouvrent des pratiques de classes, c’est-à-dire la lutte de classes. Les classes sociales ne sont posées que dans leur opposition : les classes sociales signifient, pour le marxisme, dans un et même mouvement, contradictions de classes et luttes de classes ; dès leur apparition les classes sociales entrent en contradiction.

    Les contradictions et les luttes de classes sont ce qui détermine la vie et anime le mouvement et le développement des sociétés de classes.

    C’est là l’illustration d’une loi dialectique : plus généralement, les choses changent parce qu’elles renferment une contradiction interne (elles-mêmes et leurs contraires). Les contraires sont en conflit et les changements naissent de ces conflits : les changements sont la solution de ces conflits. C’est la loi de l’unité des contraires :

    « La loi de la contradiction inhérente aux choses, aux phénomènes, ou la loi de l’unité des contraires, est la loi fondamentale de la dialectique matérialiste. Lénine dit : « Au sens propre, la dialectique est l’étude de la contradiction dans l’essence même des choses… » ». (103)

    Ainsi par exemple, la société capitaliste présente une contradiction interne ente la bourgeoisie et le prolétariat ; le changement dans la société capitaliste et son développement s’expliquent par ce conflit. La transformation de la société capitaliste en société socialiste est la suppression ou solution de ce conflit.

    « L’universalité ou le caractère absolu de la contradiction a une double signification : la première est que les contradictions existent dans le processus de développement de toute chose et de tout phénomène ; la seconde que, dans le processus de développement de chaque chose, de chaque phénomène, le mouvement contradictoire existe du début à la fin. » (104)

    Prenons le cas de la formation sociale de la France actuelle où le mode de production capitaliste est dominant. L’ancienne unité (le mode de production féodal) et les contraires qui la constituent (barons et serfs, maîtres de jurande et compagnons) ont fait place à de nouveaux contraires (bourgeoisie et prolétariat). Alors est né un nouveau processus qui succède à l’ancien. L’ancien processus s’achève et le nouveau processus surgit ; comme le nouveau processus renferme ses propres contradictions commence alors l’histoire du développement de ces nouvelles contradictions.

    « La lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie passait au premier plan de l’histoire des pays avancés de l’Europe, proportionnellement au développement de la grande industrie d’une part, et de la domination politique nouvellement conquise par la bourgeoisie d’autre part. »

    « La contradiction entre le Travail et le Capital est née avec l’apparition de la bourgeoisie et du prolétariat, mais elle n’est devenue aiguë que plus tard. » (105)

    Et plus généralement :

    « L’histoire (plus exactement l’histoire écrite) de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des clases. » (106)

     

    Cependant pour bien poser le problème des classes sociales et des luttes de classes il convient de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’évolution historique, sur l’histoire écrite et sur l’histoire non écrite. En traitant ainsi la question, on remarque que les classes sociales et les luttes de classes n’ont pas toujours existées. Le fait fondamental de l’évolution de l’humanité est l’apparition de cette division en classes au cours de l’histoire :

    « Avant que surgît la première forme de l’exploitation de l’homme par l’homme, la première forme de la division en classes – propriétaires d’esclaves et esclaves – il y avait la famille patriarcale ou, comme on l’appelle parfois, clanale…, et des vestiges assez nets de ces époques anciennes ont subsisté dans les mœurs de maints peuples primitifs… attestant qu’il fut un temps plus ou moins semblable à un communisme primitif, où la société n’était pas divisée en propriétaires d’esclaves et esclaves. » (107)

    Depuis la première division de la société en classes, les sociétés successives ont toujours été divisées en classes antagonistes. La division de la société en classes est née de la division du travail. L’apparition d’un premier mode de production : chasse et pêche, et d’un deuxième mode de production : l’élevage, donne naissance à la division entre tribus sauvages et tribus de pasteurs. C’est cette première division du travail qui est à la base de la première division de la société en classes : maîtres et esclaves.

    Une deuxième division du travail va séparer les agriculteurs et les artisans de métiers. La production marchande crée une troisième division du travail et donne naissance à la classe des marchands. A ce moment-là nous avons dans la société une triple division du travail et trois classes : les agriculteurs, les artisans et les marchands. Avec l’apparition de la classe des marchands est née pour la première fois une classe qui ne participe pas à la production, et qui va dominer les deux autres classes.

    Ces étapes de l’histoire de l’humanité se sont toujours succédées à la suite de révolutions violentes nées de la lutte de clases :

    « Les révolutions sociales sont historiquement inévitables aux différentes étapes de l’histoire de l’humanité et se produisent en fonction de lois objectives indépendantes de la volonté de l’homme. » (108)

    Les esclaves se sont affranchis de leurs propriétaires, les serfs se sont libérés de leurs maîtres, les bourgeois ont aboli les pouvoirs des seigneurs, les prolétaires ont brisé des Etats capitalistes ou dominés par l’impérialisme. Ainsi la lutte de classes est-elle le moteur de l’histoire et fait-elle progresser l’humanité comme l’ont établi, dès 1847, Marx et Engels dans le Manifeste du parti communiste :

    « Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot, oppresseurs et opprimés, en opposition constante ont mené une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. » (109)

    De nos jours, la lutte de classes entre prolétariat et bourgeoisie capitaliste conduit au socialisme par la révolution prolétarienne et l’instauration de la dictature du prolétariat, c’est-à-dire à la suppression des classes sociales :

    « La suppression des classes est le résultat d’une lutte de classe longue, difficile, opiniâtre, qui après le renversement du pouvoir du Capital, après la destruction de l’Etat bourgeois, après l’instauration de la dictature du prolétariat, ne disparaît pas, mais ne fait que changer de forme pour devenir plus acharnée à bien des égards. » (109)

     

    Mao Tsetoung a eu le mérite de développer la théorie de la lutte de classe en saisissant cette idée juste de Lénine, suivant qui la lutte de classes persiste très longtemps après la révolution prolétarienne, ce qui justifie le maintien de la dictature du prolétariat.

     

    Le révisionnisme moderne apporte la preuve de cette réalité scientifique. Une nouvelle classe bourgeoise s’est constituée et a usurpé les directions de certains partis communistes, au pouvoir ou non, ente autres en Union Soviétique et en France, ainsi que l’Etat soviétique et les Etats d’autres pays de démocratie populaire. La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne de Chine a été déclenchée par Mao Tsetoung pour écraser les tentatives similaires de la bourgeoisie en Chine. Ce ne sera qu’à l’ultime stade du communisme que disparaîtra la lutte de classes :

     

    « Sous la direction de la classe ouvrière et du Parti communiste, nos 600 millions d’hommes, étroitement unis, se consacrent à l’œuvre grandiose de l’édification socialiste. L’unification de notre pays, l’unité de notre peuple et l’union de toutes nos nationalités sont les garanties fondamentales de la victoire certaine de notre cause. Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe plus aucune contradiction dans notre société. Il serait naïf de le croire ; ce serait se détourner de la réalité objective. Nous sommes en présence de deux types de contradictions sociales : les contradictions entre nous et nos ennemis et les contradictions au sein du peuple. Ils sont de caractère tout à fait différent. » (110) 

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