• Récit (suite)

    Oui vraiment, la vie vouée à une personne aimée mérite également d’être vécue. L’existence se déroule si vite : que les meilleurs moments soient figés, immobilisés et éternisés ! A défaut de durer éternellement, qu’au moins les bons souvenirs demeurent plus longtemps que moi. On n’existe que par et pour les autres : que représentons-nous sans les autres ?

     

     

    CAHIER ROUGE :

     

    UN

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    DIMANCHE 25 OCTOBRE 1959

    J’entame une nouvelle période de ma vie : je me perçois moins ingénu et plus réaliste qu’auparavant et je développe des idées mieux arrêtées. Cependant, je ressens toujours ce même malaise et ce mal de vivre qui ne me quitte pas depuis la fin de mon adolescence.

    J’ignore s’il s’agit actuellement de la fin d’une crise ou si une crise plus grave encore menace. Dans tous les cas, j’exécuterai mon travail professionnel avec dévouement et compétence.

    Je m’engage sur les diverses résolutions suivantes :

    Je ne regretterai rien de ce qui a été par le passé, et je chasserai les pensées tristes de mon esprit. Afin d’esquiver le récit de ma vie aux autres, je rédigerai dorénavant un journal intime, analysant mes actes une fois couchés sur le papier. Je renforcerai la confiance en moi, le respect et l’estime de moi-même.

    Je m’imposerai une grande discipline physique et morale, en pratiquant du sport pour le maintien en bonne santé de mon corps, et en me confiant par l’écriture au journal intime, pour la clarté de l’esprit.

    La société, en l’état actuel, n’apporte aucune satisfaction ! Que penser d’une société si riche, et qui pourtant engendre tant de souffrances ? Regardez-la, cette putain, engrossée par le sang des travailleurs, comme elle se pavane ! Et son amant, le profiteur, sacrifie et tue tout ce qu’il touche ! La seule vie valant la peine est une vie de lutte. Vivre, c’est lutter, et le reste  est vain, car seule la lutte est payante.

     

    MERCREDI 4 NOVEMBRE 1959

    Oui vraiment, la vie vouée à une personne aimée mérite également d’être vécue. L’existence se déroule si vite : que les meilleurs moments soient figés, immobilisés et éternisés ! A défaut de durer éternellement, qu’au moins les bons souvenirs demeurent plus longtemps que moi. On n’existe que par et pour les autres : que représentons-nous sans les autres ?

    Je m’investirai en politique, uniquement par amour pour les autres. Mais les préoccupations de la vie quotidienne ne « grignoteront » pas tout mon temps.

     

    MERCREDI 11 NOVEMBRE 1959

    Chaque jour quand je me lève pour me rendre à mon travail, j’éprouve beaucoup d’écœurement en raison d’un moral au plus bas : à peine debout, la tête penchée sur la cuvette des toilettes, je vomis le contenu de mes intestins et le monde entier, car je ne parviens plus à prendre le dessus.

    Pour récupérer un peu d’optimisme, je concevrai la réalité telle qu’elle est l’acceptant sans complexe ni préjugé, et sans me défiler.

     

    JEUDI 12 NOVEMBRE 1959

    Dans la société autour de moi, je croise une grande quantité de « bonne conscience » et d’ « hypocrisie » : au bas de la pyramide et de la hiérarchie sociale, j’expérimente cela plus qu’aucun autre. L’indifférence domine et l’on se préoccupe peu de ce qui affecte autrui. Parfois même le souhait est qu’il se produise les plus grands maux pour nos prochains.

    La « bonne conscience » est toujours prête à donner quelque chose, un don matériel, ou une attention, mais seulement si cela ne coûte pas trop cher, et même rien du tout.

    « Etre quelqu’un » aux yeux d’autrui, qui constitue le plus vif désir de chacun, signifie « être riche », avoir de l’argent, s’acheter une maison, et surtout susciter l’envie.

     

    SAMEDI 14 NOVEMBRE 1959

    Au fond de moi prédominent l’insécurité et la peur du vide qui se manifestent par la crainte de me retrouver seul : c’est un sentiment d’enfant trop dorloté et trop cajolé. Je me débarrasserai de toutes mes idoles, de la première à la dernière, d’origine religieuse ou psychologique, pour enfin penser par moi-même et compter sur mes propres forces.

    La société bourgeoise estime les individus uniquement en fonction de leur « valeur » pécuniaire, notamment leur salaire.

     

    DIMANCHE 17 JANVIER 1960

    Même si la sexualité recèle une grande importance, elle n’occupera cependant pas tout mon temps. Je m’appliquerai à bien accomplir mon travail. Une excitation incessante et fébrile empêche une activité tout à fait construite et élaborée. Seul ce qui dure compte, et peu importe le passager, l’arbitraire et l’inconséquent.

     

    SAMEDI 30 JANVIER 1960

    Deux heures du matin : l’énervement m’agite de manière trop importante pour que je m’endorme. Mon impression : rien ne vaut vraiment la peine et qu’il faut donc que j’essaie tout…mais seulement du bout des doigts.

    Je me méfierai de tout ce qui est écrit dans les livres et j’apprendrai à douter.

     

    DIMANCHE 31 JANVIER 1960

    Ma névrose se révèle par la peur de tout ce qui concerne la sexualité, le tremblement perpétuel devant le temps qui s’écoule, caractéristique de l’impatience, et l’irresponsabilité : de tout cela résulte une angoisse diffuse.

     

    LUNDI 1° FEVRIER 1960

    Qui suis-je ? Comment suis-je saisi par les autres ? Je m’astreindrai à devenir ce que je suis et rien d’autre. Tant pis pour ceux qui ne l’admettent pas ainsi : de toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde.

     

    SAMEDI 27 FEVRIER 1960

    Je débute tout travail avec écœurement, lassitude et difficulté. A quoi cela est-il dû ? A une insatisfaction par rapport à moi-même et cela remonte loin, sans doute à ma petite enfance. Mais convient-il de m’installer dans cet état d’esprit et de m’en contenter ou bien de trouver une échappatoire ?

    La lutte me permet de m’insérer dans une société où toutes les bonnes places sont attribuées. Suis-je un homme de parti ? En moi coexistent des tendances anarchisantes et anti-autoritaires, qualités à préserver et à sauver.

     

    DIMANCHE 28 FEVRIER 1960

    Pour bien me situer, j’examinerai avec précision les points communs et les différences entre les autres et moi-même.

     

    VENDREDI 23 SEPTEMBRE 1960

    Partisan de l’éloge de la fuite, je me fuis moi-même trop souvent. Je crois enfin m’être retrouvé. M’étant trop intéressé aux autres, je me retournerai sur moi-même, et je stopperai de vivre dans les illusions. Terre à terre, je ne m’impliquerai que dans le travail, car il n’y a rien d’autre.

     

    LUNDI 10 AVRIL 1961

    Les pages du passé définitivement tournées, mon seul objectif à l’heure actuelle : mon travail. J’éviterai à tout prix la consommation des boissons alcooliques, du tabac et du café.

     

    DIMANCHE 25 MARS 1962

    Le travail rachète ma vie de la platitude. Mais sentimentalement et affectivement, je suis encore et toujours en attente : à quoi cela tient-il ? A quoi ?

     

    LUNDI 30 DECEMBRE 1963

    Je transgresserai l’opposition entre l’idée et la matière, caractéristique de l’idéalisme et du matérialisme, en créant un troisième terme, au-delà ou en-deça des mots et des idées, appelé par exemples Incommensurable, Absolu, Infini ou Tout. Ce quelque chose renferme à la fois le rationnel et l’irrationnel, l’innommé et l’innommable.

    C’est le Soi, profond, ingouvernable, ce sur quoi aucune dictature ne s’exerce, qui résiste, au-delà du voile et de l’illusion.

     

    SAMEDI 13 JUIN 1964

    Rédiger le journal intime favorise une meilleure connaissance de moi-même. Mon principal défaut, que je l’admette ou non, est la velléité. Je poursuivrai jusqu’au bout mes résolutions et pour cela je mettrai au point des règles pratiques, précises et réalistes.

    Des périodes de long silence, où je n’inscris rien semblent correspondre à des moments où il me suffit de subsister, sans plus, et à des moments de pudeur où, par peur d’exprimer des sentiments trop profonds, je préfère m’abstenir de tout commentaire superflu.

     

    DIMANCHE 21 FEVRIER 1965

    Me placer dans de bonnes conditions pour réussir, c’est ne rien attendre de personne.

     

    LUNDI 23 AOUT 1965

    A l’origine, « métier » est le même mot que « mystère » : se livrer à un métier, c’est sacraliser sa vie et accéder aux mystères.

    Fais ce que dois, advienne que pourra. Il est difficile de sortir de soi-même et d’appréhender la réalité autrement que je suis soi-même. J’arrangerai mon intérieur en phase et en cohérence avec mon extérieur. En cela, Staline est un contre-exemple : séminariste, il menait une double vie, à la fois incroyant, simulant l’orthodoxie religieuse, et révolutionnaire, avec une vie publique où il se comportait comme un élève soumis, commandé, intimidé par ses supérieurs.

     

    SAMEDI 12 MARS 1966

    Le devoir essentiel dévolu à l’homme est le travail, travail manuel et travail intellectuel.

     

    MARDI 26 AVRIL 1966

    Mon projet personnel repose sur la volonté ferme et intransigeante d’exclure tout ce qui divise, comme la politique et la religion, et de promouvoir tout ce qui unit.

    Dans quelques jours sera procédé à mon initiation, qui consiste en un rite de passage d’un état à l’autre, de l’état de profane à celui d’initié. De la mort à la vie profane, distincte de la mort physique, découle la reconnaissance du besoin des autres et que l’on ne réalise rien d’important seul. Connaître, vivre et utiliser une règle détermine la libération et l’affranchissement de l’ignorance. Mais l’ancien prisonnier du mythe platonicien de la caverne ne reste pas là-haut, à l’air libre : il ne refuse pas de redescendre parmi les prisonniers, ses anciens compagnons, afin de partager avec eux travaux, bonheurs et malheurs.

     

    SAMEDI 10 JUIN 1967

    Pour édifier un monde plus juste et plus humain, la révolution sociale continue d’être un objectif vital.

     

    SAMEDI 20 AVRIL 1968

    L’opposition et la contradiction entre le corps et l’âme apparaissent comme une erreur typiquement occidentale, alors que l’un et l’autre forment une seule et unique réalité. A moi de fusionner à nouveau ces deux entités.

     

    DIMANCHE 21 AVRIL 1968

    L’erreur des philosophes occidentaux, jusqu’au marxisme et au-delà, erreur commune au matérialisme et à l’idéalisme, est de privilégier et d’accentuer l’un ou l’autre aspect : la matière ou l’idée. Or, la pensée est-elle semblable à la lumière et à la chaleur diffusées par le soleil ? Et le social ne joue-t-il pas un rôle important ? De tout ce mouvement philosophique, seul le contenu dialectique est récupérable. Staline, quant à lui, s’est complètement fourvoyé en propageant des imbécillités abrutissantes.

    Il ne coexiste ni au-delà, ni arrière monde, pas de paradis ou d’âge d’or passé ou à venir, mais une seule et même réalité : tout est énergie.

     

    SAMEDI 11 MAI 1968

    Pour concrétiser, on est toujours seul : la masse rejoint quand cela fonctionne bien.

    La crise est un moment important : alors soit les choses avancent plus vites, soit elles cassent, ce qui nécessite un départ sur de nouvelles bases.

    La société et la nature sont des phénomènes que l’on ne peut qu’accepter : abattre la bourgeoisie ? Oui, mais ne contribue-t-elle pas à se renverser elle-même toute seule ?

     

    DIMANCHE 17 NOVEMBRE 1968

    Depuis le mois de juin dernier, des idées noires et négatives l’emportent et me conduisent. Ce sont les préoccupations professionnelles qui me dirigent et ont trop pris le dessus. Le meilleur médicament pour regagner la bonne santé est l’optimisme.

    Physiquement je suis atteint et victime d’une constipation chronique, avec des matières fécales rares et retenues. Cette rétention témoigne d’un manque de tonus et d’un refus d’offrir. Depuis deux années, à trois reprises, d’intenses infections urinaires provoquent des urines très piquantes : un besoin irrépressible me pousse à éliminer dans une douleur atroce et violente ces urines, en m’y reprenant à de nombreuses reprises, et à chaque fois en très petite quantité. Un pont instaure entre les deux systèmes, urines d’une part et matières fécales d’autre part, le froid extérieur accélérant encore ce processus d’élimination saccadée. Depuis quinze jours, ce phénomène chronique m’oblige à m’éveiller chaque nuit, parfois même plus de dix fois, pour me précipiter aux toilettes.

    Les reins ne sont pas en cause, mais la digestion. Pour améliorer mon état de santé des mesures sont à regarder et à commencer : avaler les aliments moins rapidement et les mastiquer suffisamment et longuement. De plus je bois insuffisamment d’eau, je mange trop de pain blanc, de sucre blanc, de riz blanc…et tous autres aliments trop traités et trafiqués industriellement, et j’effectue trop peu d’exercices physiques.

     

    LUNDI 13 JANVIER 1969

    L’amour, don total de soi et don de sa vie, ne paraît et n’émerge pas dans le monde profane, car il suppose le passage par le serment. Lorsque le néophyte prête serment, une pointe d’épée appuyée sur sa poitrine, à l’endroit de son cœur, lui indique que s’il ne remet pas sa vie, il ne pourra « vivre la vie ». Dans la langue sacrée de l’Egypte ancienne, le mot « serment » est le même que le mot « vie ».

     

    MARDI 28 JANVIER 1969

    L’Amour se vit sans connotation d’émotivité. Un chirurgien amoureux du patient qu’il opère, au sens d’ « émotivité », risque de l’assassiner au lieu de le soigner.

     

    MERCREDI 26 MARS 1969

    J’amènerai des améliorations à mon travail.

     

    DIMANCHE 13 AVRIL 1969

    Je deviendrai un disciple seulement si je développe la faculté de ne me laisser impressionner par le monde extérieur que dans les limites fixées par moi-même.

     

    VENDREDI 25 AVRIL 1969

    L’Amour ne se vante pas, ne s’enfle pas d’orgueil.

     

    JEUDI 1° MAI 1969

    L’Amour ne fait rien de laid.

    La Sagesse, la Force et la Beauté sont les trois piliers qui portent le monde.

     

    MARDI 17 JUIN 1969

    L’Amour ne s’irrite pas, ne garde pas rancune.

    Sans l’Amour véritable, la vie est dépourvue de sens.

    Dans ma quête, je partirai de ce que je suis, et non de ce que j’imagine être, ou pense que je dois être.

    Je vivrai dans le présent, l’ici-maintenant et je ne désirerai rien car ainsi l’esprit se libère de toute tension.

     

    MERCREDI 18 JUIN 1969

    Je m’attache à la vie, à un idéal, à la réussite. Mais quand on s’enchaîne, de cette façon, par exemple à l’idée de réussite, la peur de l’échec naît aussitôt ; cette peur s’amplifie même au point de compromettre toute réussite. Je ne chercherai pas la réussite dans mes entreprises, mais je travaillerai simplement de la meilleure façon possible. Le point central : vivre d’instant en instant, dans l’équanimité. J’ai trop tendance à me soucier des résultats. Je suis mes problèmes.

     

    JEUDI 19 JUIN 1969

    Le petit moi – ou ego – fonctionne selon trois processus :

    - L’identification : « je suis », « je suis cela » ;

    - L’instinct de possession : « cela est à moi », « c’est mon livre, mon ami, ma chambre » ;

    -Le devenir : « devenir ceci ou cela ».

     

    MARDI 8 JUILLET 1969

    L’Amour ne se réjouit pas de l’injustice.

     

    LUNDI 18 AOUT 1969

    L’Amour se réjouit de la vérité.

    L’homme est un dieu mortel : comment introduire cela dans ma vie quotidienne ?

     

    SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1969

    L’Amour excuse tout.

    Le processus alchimique dépend à ce point des conditions psychologiques, qu’il est banal de dire que l’homme imparfait n’aboutit qu’à des résultats imparfaits : à moi de devenir parfait ! C’est en soi-même que l’on déniche la voie amenant à l’illumination.

     

    DIMANCHE 5 OCTOBRE 1969

    L’Amour croit tout, espère tout.

     

    DIMANCHE 2 NOVEMBRE 1969

    L’Amour endure tout.

    Le soufisme tend à la connaissance de Dieu-Un par-dessus tout, connaissance non seulement intellectuelle, mais acquise par le détachement du monde, par la pureté du cœur et par l’amour.

     

    DIMANCHE 16 NOVEMBRE 1969

    OM, OM, OM, OM, OM, OM, OM[1]

     

    DIMANCHE 7 DECEMBRE 1969

    L’Amour ne disparaît jamais.

    Dieu évolue par chacun de nous car nous sommes des cellules de Son grand corps cosmique. Pour matérialiser totalement cela, il est nécessaire que l’ego se réincarne un grand nombre de fois dans un corps physique.

     

    LUNDI 15 DECEMBRE 1969

    MEH, MEH, MEH, MEH, MEH, MEH, MEH.

    Bientôt, je besognerai moins pour les hommes et plus pour la foi.

     

    JEUDI 1° JANVIER 1970

    L’Amour est patient.

    EHM, EHM, EHM, EHM, EHM, EHM, EHM.

    Renoncer à son idéal ride l’âme. Tout don de Dieu est une tâche à assumer. Je suivrai mon chemin sans me retourner en arrière.

     

    LUNDI 9 FEVRIER 1970

    L’Amour rend service.

     

    MARDI 10 FEVRIER 1970

    KHEÏ, KHEÏ, KHEÏ, KHEÏ, KHEÏ, KHEÏ, KHEÏ.

     

    DIMANCHE 1° MARS 197

    L’Amour ne jalouse pas.

     

    LUNDI 6 AVRIL 1970

    Prier et travailler. Travailler, c’est prier.

    Aujourd’hui, c’est une belle journée ensoleillée, où, étant calme et tranquille, j’apprécie simplement et pleinement la compagnie de mes enfants.

    Sur mon lieu de travail, je cesserai de toujours m’opposer à tout, de critiquer chacun et de me plaindre, mais plutôt je bâtirai, proposerai et risquerai.

     

    JEUDI 29 AVRIL 1971

    Aujourd’hui, j’ai souscrit à l’engagement rosicrucien suivant :

    Je suis devant Toi, Seigneur, et je Te prie.

    Ayant étudié de mon mieux la philosophie rosicrucienne pendant plusieurs années, je désire être candidat afin de me préparer à recevoir l’instruction individuelle donnée par les frères aînés de la Rose-croix pour progresser spirituellement et devenir un serviteur efficace et conscient.

    J’accepte avec joie et reconnaissance cette préparation, sachant qu’elle comporte une période d’épreuves dont la durée dépend de ma fidélité et de mon assiduité, ainsi que de la destinée mûre que je dois liquider dans cette vie ; elle sera au moins de cinq ans.

    A genoux, la main droite posée sur le début de l’évangile de saint Jean, la main gauche sur le cœur, en présence d’un frère aîné, je prends cet engagement solennel envers moi-même.

    J’affirme solennellement que mon but est de devenir un agent plus efficace et plus conscient dans l’élévation de l’humanité et un serviteur aimant et désintéressé à l’image du christ et des frères aînés. Je veillerai à me servir de mes facultés avec discernement, en me gardant d’agir dans un but égoïste, pour satisfaire ma curiosité ou celle des autres, ou d’une manière contraire aux intérêts de l’humanité.

    Je prends l’engagement de m’abstenir désormais de chair animale, de vin d’alcool, de tabac, de drogue, de ne plus porter de fourrures, voir de plumes.

    J’agis en toute liberté, n’étant sous la dépendance d’aucun hypnotiseur ni médium. Je m’engage à ne jamais me laisser mettre en état de sommeil hypnotique, ni de transe, de manière à toujours rester maître de mes paroles, pensées ou actions.

    Afin de me rendre apte à recevoir des frères aînés l’instruction individuelle, je promets de faire chaque matin et soir les deux exercices préliminaires et de l’indiquer sur le rapport quotidien.

    Je promets également de garder secrètes toutes les instructions qui me seront données personnellement et toutes mes expériences intérieures, à moins qu’il ne me soit indiqué d’en faire usage dans des circonstances précises.

    Je prie avec respect et reconnaissance le frère aîné présent et témoin de mes engagements de m’aider dans mes efforts sur le sentier raide et étroit qui conduit à la Paix et à la Lumière.

    Seigneur Dieu, à genoux devant Toi, fortifié par Ton Amour, je me consacre comme un sacrifice vivant sur l’autel de l’humanité, aspirant à participer consciemment à l’œuvre entreprise par les frères aînés de la Rose-croix, pour que Ton règne vienne sur la terre.

     



    [1] A partir de cette date est noté chaque jour un son primordial entonné sept fois selon l’ordre suivant :

    Lundi         : MEH.

    Mardi         : KHEÏ.

    Mercredi    : EH.

    Jeudi          : EHM.

    Vendredi   : THO. *

    Samedi      : RA.

    Dimanche : OM.

     

    * Prononcer : ZO

     

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