• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 98)

    Si, du fait de considérations légales, une autopsie doit être faite, je demande que cette autopsie ne soit pas faite durant les 3,5 jours (84 heures) après mon décès. Je demande aussi que l’autopsie soit suivie de la crémation. La présente requête est faite après mûre réflexion, alors que je suis en parfaite santé de corps et d’esprit. Bien que ce document puisse ne pas être considéré comme tout à fait légal, j’espère que, vous, qui avez quelques égards pour moi, vous sentirez moralement lié de mettre en pratique ces dernières volontés. Je suis conscient que cela accroît votre responsabilité, et c’est dans l’intention de partager cette responsabilité que ce document est rédigé.

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 98)

     

    EPILOGUE

     

    Sont publiés successivement :

    - Le testament de Pierre Quader ;

    - Le texte lu par les frères de Pierre Quader lors de la remise de l’urne funéraire à sa famille ;

    - L’épitaphe de Pierre Quader.

     

    1) Le testament de Pierre Quader :

    A ma famille, à mon médecin, au prêtre, à mon avocat :

    S’il arrive un moment où je ne puis plus prendre de décision en ce qui concerne mon propre avenir, ma volonté est que ce document soit considéré comme le testament de ce que je désire.

    Si l’on ne peut raisonnablement pas s’attendre à une guérison physique, mentale ou spirituelle, je, soussigné Pierre Quader, demande que l’on me laisse mourir et que je ne sois pas maintenu en vie par des moyens artificiels ou des mesures héroïques. Cela n’inclut pas les médicaments administrés par compassion, dans la phase terminale, afin d’éviter de trop grandes souffrances.

    J’attache beaucoup de valeur et de dignité à la vie : je ne demande donc pas que l’on mette fin à ma vie, mais que mon agonie ne soit pas prolongée de manière déraisonnable, et que la dignité de la vie soit respectée.

    Etant convaincu de la justesse des enseignements de la sagesse occidentale concernant la mort, je demande que, à ma mort, aucune autopsie, ni embaumement ne soient exécutés et que, à la place, mon corps soit placé dans un endroit frais ou dans une chambre spéciale durant 3,5 jours (84 heures), avant toute crémation.

    Si, du fait de considérations légales, une autopsie doit être faite, je demande que cette autopsie ne soit pas faite durant les 3,5 jours (84 heures) après mon décès. Je demande aussi que l’autopsie soit suivie de la crémation. La présente requête est faite après mûre réflexion, alors que je suis en parfaite santé de corps et d’esprit. Bien que ce document puisse ne pas être considéré comme tout à fait légal, j’espère que, vous, qui avez quelques égards pour moi, vous sentirez moralement lié de mettre en pratique ces dernières volontés. Je suis conscient que cela accroît votre responsabilité, et c’est dans l’intention de partager cette responsabilité que ce document est rédigé.

    Fait en toute conscience, ceci est ma dernière volonté.

    21 novembre 1983.

    Signé : Pierre Quader.

     

     


    2) Texte lu par les frères de Pierre Quader lors de la remise de l’urne funéraire à sa famille :

    «  LES QUATRE SAISONS.

    Hiver-noir, printemps-blanc, été-jaune, automne-rouge.

    Les quatre saisons de l’année, avec les battements du cœur et les heures du jour et de la nuit, sont des phénomènes à la base de notre appréhension du Temps.

    L’hiver-noir.

    Solstice d’hiver : le Soleil s’arrête.

    Alors le Soleil est à sa plus haute déclinaison et le plus loin de l’équateur céleste.

    Alors la durée des nuits est la plus longue.

    Dehors, nos corps frissonnent aux gelées hivernales et notre regard s’attriste au paysage meurtri et désolé.

    Les forêts ont pris leur robe brune, froide, pitoyable.

    Les animaux, quels qu’ils soient, luttent âprement pour leur survie.

    L’hiver ne dévoile pas volontiers sa magie.

    Une magie saine où s’accumulent des forces insoupçonnables qui permettent la venue, l’existence du printemps.

    Le retour à la vie.

    Cultivons en nous ces forces, imprégnons-nous de leur puissance, inspirons-nous de cette harmonie afin de préparer, nous aussi, de grands projets d’amour et de lumière.

    Comme le Capricorne, le 21 décembre, retirons-nous quelque temps en nous-même, afin d’accumuler nos forces naturelles, de les concentrer en nous.

    Le signe des Poissons est le dernier de ceux d’hiver.

    A ce moment, les provisions amassées grâce aux dons généreux du Soleil de l’année précédente sont presque épuisées, et la nourriture de l’homme se fait rare.

    Puis c’est le printemps.

    Le printemps-blanc.

    A l’équinoxe du printemps, le Soleil croise l’équateur, et c’est la période de la mise en croix, car à ce moment, le dieu Soleil commence à donner sa vie sous forme de nourriture à ses adorateurs.

    Il mûrit le blé et le raisin dont sont faits «  le pain et le vin ».

    C’est la fête de Pâques, c’est-à-dire le passage.

    La Pâque marque l’époque où le Soleil passe par son point vernal, en croisant l’équateur au moment de quitter l’hémisphère sud, où il hiverne, pour commencer son voyage vers le nord dans son char de feu, salué avec joie par les hommes qu’il vient sauver de la faim et du froid qui les feraient inévitablement périr s’il restait dans les régions australes.

    A l’époque de l’équinoxe, le 20 mars, le jour et la nuit ont la même durée sur toute la terre.

    Au point vernal, 0 degré Bélier, le Soleil croise l’écliptique et entre dans l’hémisphère nord : c’est le début du printemps.

    Pendant tous les mois d’automne et d’hiver, et notamment au solstice d’hiver, moment privilégié, la nature nous a invités à la méditation et à l’introspection.

    Ce calme apparent nous a incités à la réflexion et à la prise de conscience de problèmes abstraits.

    Sur le plan matériel, le printemps est synonyme de renouveau, d’explosion de vie, de débordement de joie, de beauté et d’amour.

    C’est la vie qui renaît, les bourgeons sont gonflés de sève et vont donner des fleurs, des feuilles, des fruits.

    Le monde animal participe aussi à ce renouveau.

    Les oiseaux et les insectes repeuplent l’air.

    Sur terre et sous terre, la vie reprend son activité.

    Dans l’eau, les poissons quittent l’abri des rochers et des racines, pour se lancer dans le courant de l’eau vive.

    Tous, animaux et végétaux, sortent d’une longue léthargie.

    Puis c’est l’été-jaune.

    C’est au cours du solstice d’été que la durée des jours est la plus longue.

    A partir de la saint Jean d’été, le paysan moissonne ce qu’il a semé des mois auparavant.

    Et comme le dit le dicton : on récolte toujours ce que l’on sème.

    Juin, fleurs, parfum, Soleil…

    La nature nous dispense ses richesses, ses dons multiples.

    Juin prépare les fruits, réalisation finale, résultant d’un lent travail de maturation de la fleur, d’un épanouissement de l’être.

    C’est la plénitude espérée et l’aboutissement.

    Le Soleil à son zénith nous procure les jours les plus longs, ceux où l’influence solaire est à son apogée.

    C’est le moment de faire des provisions de forces physiques, mais aussi de ne pas oublier pour autant de nourrir les forces intérieures, qui tendent ensuite à renouveler les provisions emmagasinées.

     

     

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