• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 83)

    « CORPS ET AME.

    Le yin aime bien le yang et le yang le lui rend bien : c’est là le tao !

    L’âme dit au corps :

    « Moi qui t’avais connu si fort et si vivant, voilà que tu t’écroules. Etendu, cadavérique, tu luttes sans répit contre le chagrin et je cherche dans tes yeux ce que tu penses, ce que tu souffres. »

    Et le corps répond :

    « L’hiver rude et la glace enveloppaient les cœurs. Puis le renouveau : tout semblait pour le mieux. Voletaient les papillons, fleurissaient les couleurs. D’abord l’étonnement, ensuite l’ébranlement. Pourquoi me tient-on à l’écart ? Suis-je encore un enfant ? Savais-tu que tu allais vers ta fin ? Mots durs, maux douloureux, instants tragiques ! Et nous avions prophétisé la fin ; et maintenant qu’elle frappe à la porte, que faire, où aller, que dire ? »

    Le yin, tendre et léger comme une femme, le yang, dur et froid comme un tombeau, est-ce bien là le tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Misérable, te croyais-tu éternel ? Sachant que tu devais mourir, que laisses-tu derrière toi ? Non, ton destin n’intéresse personne ! Sommes-nous prisonniers de chaînes forgées par nous-mêmes ? Ton image s’étale partout, sur les murs et dans les journaux, et s’étale d’autant plus que le plaisir que tu offres est absent de la vie quotidienne ! Ton spectacle développe envie et jalousie et l’amour est un désert ! »

    Et le corps répond :

    « O scandale et mensonges ! C’est toi qui étouffes mes désirs, et tu joues la comédie. Nous autres les vivants, nous t’avons vu partir, lentement, goutte à goutte, et nul n’a pu te secourir ! Tu me considères comme ton ennemi, comme un mauvais coucheur, un allié douteux, qui décroche au dernier moment, et qu’il faut dresser, morceau par morceau. Tu enseignes le mépris de la chair : « Tu ne toucheras pas ton corps ! ». Mépris de soi, peur de soi, haine de soi : maladie ! Tu vis loin de moi et pourtant ton bonheur est le mien. »

    Le yin souffre et le yang espère : qu’as-tu fait du tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Débordements, tu recherches ce qui est bestial, animal. Dehors, ailleurs, la vie continue : qui s’intéresse à ce mourant ? Et tu montres ton cadavre décharné : « Regardez, que suis-je encore ? Qu’a-t-on fait de moi ? ». Etranger à toi-même, rebelle ! Qu’il est difficile d’aimer avec toi ! Plus le temps d’aimer ! L’argent achète tout : en avoir ou ne pas en avoir, là est la question ! Reviens à toi, ce n’est qu’une mauvaise passe ! »

    Et le corps répond :

    « Moi qui joue au héros, ô que cela va vite ! Et nous voilà désemparés devant ce lit vide ; quel fut ton dernier soupir ? Nous ne savons plus que faire ! Es-tu là encore ? Nous as-tu quittés ? Est-ce toi, ce regard froid et sec que j’ose à peine effleurer ? Que tu es dur ! »

    Et l’âme de répliquer :

    « Que tu es mou ! Et la vie continue sa course folle ! Suis-je coupable de ta mort ? Aurais-je pu te retenir ? Qu’il m’est pénible de voir fermer ce couvercle, à jamais ! ».

    Et le corps flasque et silencieux, et l’âme absente, et le yin et le yang ont mangé le tao. »

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 83)

     

     

    LUNDI 2 AOUT 1976

    J’accepte ce qui est et vivrai la vie, faisant tout le bien que je puisse faire sans m’interroger sur le pourquoi et agissant sans penser aux conséquences de mes actes.

    Mon corps deviendra un temple vivant du Moi supérieur. Tout mon travail sera fait pour le service du Moi supérieur, placé résolument sous l’angle de celui-ce, en inclinant devant lui le moi inférieur.

    J’arrive à maintenir des conditions supérieures, et j’ai remporté une victoire sur la sexualité et notamment l’onanisme : Dieu, fais que cela tienne sur la longueur du temps !

    J’éprouve des craintes absurdes à propos de ma mort : cela signifie que j’ai encore un fort attachement à la forme et à la personnalité, alors que tout cela est futile et disparaîtra. Pourquoi être inquiet ? Où étais-je avant la naissance ? Dieu ne prendra-t-il pas soin de ceux que je laisse derrière moi si je meurs ?

     

    DIMANCHE 8 AOUT 1976

    J’apprendrai à effectuer les deux exercices du matin et du soir avec moins d’automatisme et je les réaliserai pour obtenir le bon résultat et ne pas me contenter de mettre une croix sur le rapport après avoir exécuté ceux-ci avec légèreté et désinvolture.

    J’ai des progrès à faire et la situation est peu satisfaisante : je me placerai résolument au niveau du Moi supérieur, même dans les tâches quotidiennes les plus modestes et les plus insignifiantes.

     

    JEUDI 19 AOUT 1976

    Puisse le Cosmique, chaque jour, me donner santé, force et courage, pour œuvrer, en ce monde, pour la paix profonde, dans la justice et la vérité !

     

    DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 1976

    Je remercie mon Instructeur intérieur de m’avoir aidé à supprimer un empêchement important pour progresser sur le sentier mystique, qui me perturbe depuis le début de mon adolescence, l’onanisme.

    Par ailleurs, je parviens de mieux en mieux à maîtriser la nourriture physique en considérant celle-ci comme un médicament répondant à un besoin et à une maladie, la faim, et non plus comme un objet de satisfaction et de plaisir.

    J’effectuerai à l’avenir les exercices spirituels avec plus de profondeur et d’attention.

    Egalement, je me consacrerai davantage à mes devoirs familiaux et professionnels.

     

    LUNDI 6 DECEMBRE 1976

    J’ai bu de l’alcool et mangé de la viande à plusieurs reprises, ce qui contrarie mes engagements.

    J’ai bien du mal à poursuivre convenablement l’exercice du soir : soit je suis trop fatigué, et je m’endors avant la fin de l’exercice, soit je manque d’intérêt et d’attention.

    Je suis trop rancunier et je me débarrasserai de toutes les envies et aigreurs qui perturbent mon désir de bien faire.

     

    LUNDI 31 JANVIER 1977

    Le matin, avant le réveil, je ne laisserai pas s’obstruer les issues et ferai mon exercice avant d’avoir recouvré la pleine conscience diurne.

     

    LUNDI 7 FEVRIER 1977

    En 1976, j’ai essayé de m’appliquer pour faire les exercices du matin et du soir, mais souvent cela a été fait de manière superficielle. Ce qui m’a perturbé, c’est le décès cruel de mon frère aîné physique, Paul, le 21 septembre 1976, qui a rejoint la Maison du Père.

    En mémoire de cet être-chair, que j’ai vu partir à petit feu, j’ai composé le poème en vers libres suivant :

    « CORPS ET AME.

    Le yin aime bien le yang et le yang le lui rend bien : c’est là le tao !

    L’âme dit au corps :

    « Moi qui t’avais connu si fort et si vivant, voilà que tu t’écroules. Etendu, cadavérique, tu luttes sans répit contre le chagrin et je cherche dans tes yeux ce que tu penses, ce que tu souffres. »

    Et le corps répond :

    « L’hiver rude et la glace enveloppaient les cœurs. Puis le renouveau : tout semblait pour le mieux. Voletaient les papillons, fleurissaient les couleurs. D’abord l’étonnement, ensuite l’ébranlement. Pourquoi me tient-on à l’écart ? Suis-je encore un enfant ? Savais-tu que tu allais vers ta fin ? Mots durs, maux douloureux, instants tragiques ! Et nous avions prophétisé la fin ; et maintenant qu’elle frappe à la porte, que faire, où aller, que dire ? »

    Le yin, tendre et léger comme une femme, le yang, dur et froid comme un tombeau, est-ce bien là le tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Misérable, te croyais-tu éternel ? Sachant que tu devais mourir, que laisses-tu derrière toi ? Non, ton destin n’intéresse personne ! Sommes-nous prisonniers de chaînes forgées par nous-mêmes ? Ton image s’étale partout, sur les murs et dans les journaux, et s’étale d’autant plus que le plaisir que tu offres est absent de la vie quotidienne ! Ton spectacle développe envie et jalousie et l’amour est un désert ! »

    Et le corps répond :

    « O scandale et mensonges ! C’est toi qui étouffes mes désirs, et tu joues la comédie. Nous autres les vivants, nous t’avons vu partir, lentement, goutte à goutte, et nul n’a pu te secourir ! Tu me considères comme ton ennemi, comme un mauvais coucheur, un allié douteux, qui décroche au dernier moment, et qu’il faut dresser, morceau par morceau. Tu enseignes le mépris de la chair : « Tu ne toucheras pas ton corps ! ». Mépris de soi, peur de soi, haine de soi : maladie ! Tu vis loin de moi et pourtant ton bonheur est le mien. »

    Le yin souffre et le yang espère : qu’as-tu fait du tao ?

    L’âme dit au corps :

    « Débordements, tu recherches ce qui est bestial, animal. Dehors, ailleurs, la vie continue : qui s’intéresse à ce mourant ? Et tu montres ton cadavre décharné : « Regardez, que suis-je encore ? Qu’a-t-on fait de moi ? ». Etranger à toi-même, rebelle ! Qu’il est difficile d’aimer avec toi ! Plus le temps d’aimer ! L’argent achète tout : en avoir ou ne pas en avoir, là est la question ! Reviens à toi, ce n’est qu’une mauvaise passe ! »

    Et le corps répond :

    « Moi qui joue au héros, ô que cela va vite ! Et nous voilà désemparés devant ce lit vide ; quel fut ton dernier soupir ? Nous ne savons plus que faire ! Es-tu là encore ? Nous as-tu quittés ? Est-ce toi, ce regard froid et sec que j’ose à peine effleurer ? Que tu es dur ! »

    Et l’âme de répliquer :

    « Que tu es mou ! Et la vie continue sa course folle ! Suis-je coupable de ta mort ? Aurais-je pu te retenir ? Qu’il m’est pénible de voir fermer ce couvercle, à jamais ! ».

    Et le corps flasque et silencieux, et l’âme absente, et le yin et le yang ont mangé le tao. »

    Pour l’année en cours, que les frères aînés me donnent leur appui pour mieux réaliser les exercices du matin (concentration sur le prologue de l’évangile de Saint-Jean) et du soir (rétrospection de la journée passée), pour mieux respecter mon corps physique, temple de Dieu le Père, et pour mettre en œuvre l’amour de mes frères humains afin de les mieux servir.

    Que les frères aînés m’aident aussi à faire le choix d’une voie qui soit la mienne ! J’ai besoin d’une vertu essentielle, la persévérance.

    Autour de moi tout m’entretient du Maître Jésus-Christ et de l’Amour universel.

     

     

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