• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 38)

    Voici la connaissance et voici l’ignorance,

    Emporte-les ; je ne les désire pas,

    Donne-moi seulement le PUR AMOUR.

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 38)

     

    Toujours est-il que la nuit suivant la première rencontre, Pierre s’est réveillé le matin, éprouvant un total bien-être, après une éjaculation nocturne encore fraîche. Son slip est maculé d’un liquide épais, blanchâtre et chaud. C’est un dimanche et immédiatement Pierre va à la rencontre de sa mère, comme il le fait à chaque fois que se produit un événement inattendu et inaccoutumé. Pierre, l’air inquiet, s’enquit auprès de sa mère, occupée à faire la vaisselle dans l’évier de la cuisine, à propos de ce qui s’est déroulé, confessant : « Une sorte de liquide blanchâtre est sorti de mon pénis, de quoi s’agit-il ? ». Sa mère, surprise, n’ose répondre à cette question incongrue.

    6- Pierre, âgé de quinze années, est assis sur un sofa, à côté de sa petite sœur, âgée de neuf années. Ils discutent de choses et d’autres, de l’école et de connaissances amicales communes. Tout à coup, Pierre est pris d’une irrésistible pulsion de glisser sa main sous la jupe de sa sœur, d’écarter la culotte et de caresser l’entrejambe de celle-ci ; ce faisant, il sent quelque chose d’humide et de chaud.

    Sa sœur, d’abord surprise par ce geste déplacé et inattendu, manifeste ensuite un grand sentiment de honte qui la fait rougir, et prise d’une émotion de colère, elle envoie à Pierre une gifle assénée de toutes ses forces.

    7- Pierre est tombé amoureux fou de Marie, mais, d’une timidité maladive, il n’ose jamais l’aborder. C’est pourquoi, chaque fois que Marie passe devant son domicile, seule ou accompagnée d’une amie, Pierre l’observe discrètement, caché derrière les rideaux de sa chambre. Pierre surveille le passage de Marie : ce manège a duré près de quatre années, jusqu’à ce que Pierre parte effectuer son service militaire.

    L’ayant aperçu ou non, il vit ensuite, en imagination toute la journée de ce souvenir, brodant toutes sortes de scénarii et mettant en place diverses historiettes se déroulant dans ses rêves éveillés.

     

    II

    Voici la connaissance et voici l’ignorance,

    Emporte-les ; je ne les désire pas,

    Donne-moi seulement le PUR AMOUR.

     

    Le service militaire.

    Le coup de sifflet du matin a déjà retenti, lugubre. Pierre se sent lourd, et se retourne sur le lit, dans un demi-sommeil. Le caporal de semaine a frappé un coup de pied dans la porte, allumé précipitamment la lumière de la chambrée et clamé : « Debout, là-dedans ! ».

    Pierre reconnaît la voix éraillée de François : ce n’est que le caporal-chef de semaine, un homme du rang, appelé, comme lui. Ce n’est pas le sergent de semaine, Lefaisandier, un soldat de métier, un dur celui-là : il vaut mieux, pour son propre intérêt, se lever au coup de sifflet, sinon c’est le motif numéro « untel » assuré, avec tant de jours d’arrêt simple à la clef.

    Pierre se retourne du côté du mur pour se protéger de la lumière vive venant du plafond. Il ne veut pas voir non plus cette chambre, petite et sale : toute cette ambiance l’écoeure profondément, car il n’en comprend pas le pourquoi. Il profite toujours de ce moment, à demi éveillé, pour mettre de l’ordre dans ses idées et faire sa toilette morale. D’ailleurs, il s’en doute déjà, ce sera un jour comme les autres, fait de la même étoffe : oppression des oppressions. Cela commence par l’appel à la corvée, dit « travaux d’intérêt général ».

    Il se lève d’un coup sec, et s’habille rapidement : il fait froid. Il se souvient de la discussion de la veille, et sourit à la parole de son camarade de chambrée, Olivier : « L’armée, c’est les fous parlent à eux-mêmes ». Pierre prend son quart et va, comme il a l’habitude de le dire, « aux nouvelles ». Le petit déjeuner se compose d’eau chaude affreuse ressemblant à du café, mais la salle du réfectoire est l’un des rares endroits où l’on peut discuter et s’entretenir avec ses amis en toute tranquillité De quoi sont faites ces discussions ?La vie de caserne étant une guerre froide sans interruption, chacun raconte les dernières phobies de tel gradé, lieutenant ou capitaine, les derniers motifs de sanction pour les cheveux trop longs, les barbes mal rasées, les lacets mal noués ou les brodequins mal cirés et les dernières brimades.

    De corvée en corvée, de nuit en jour et jour après jour, la vie abrutissante et sans idéal érode les meilleures bonnes volontés.

    Huit heures : « Rapport ». Après quelques plaisanteries échangées dans les rangs, le capitaine parade. Son surnom est : « Météorite » : à son égard, chaque appelé a l’attitude qu’un militaire doit avoir à l’égard d’un chef hautain, attitude faite de crainte, de haine et aussi de respect.

     

     

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