• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 37)

    Oh ! Voici le mérite et voici le péché,

    Je ne désire ni l’un, ni l’autre,

    Donne-moi seulement le PUR AMOUR.

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 37)

     

    CAHIER VERT

     

    LE FEU DIVIN

     

    Oh ! Voici le mérite et voici le péché,

    Je ne désire ni l’un, ni l’autre,

    Donne-moi seulement le PUR AMOUR.

     

    1- Pierre, âgé de trois années, escalade les genoux de son père, assis, afin d’atteindre le visage de celui-ci. De ses bras puissants, son père le saisit et le porte au niveau de son visage. Par jeu, et imaginant effectuer une action aimante, Pierre tripote le visage de son père à l’aide de ses deux mains, lui déformant les joues. Sans qu’il y ait de mauvaises intentions, Pierre pince un peu fortement une joue de son père. Malgré le peu de force de Pierre, son père eut une douleur vive dans la joue et, pour se dégager de cette étreinte maladroite, de sa main droite libre, il assène une bonne gifle à Pierre, le faisant rouler de ses genoux à terre. Pierre, à la fois surpris de la réaction imprévisible de son père, et sous le coup de la douleur, pleurniche à chaudes larmes. Sa mère, à proximité, recueille Pierre dans ses bras, morigénant son mari et consolant tant bien que mal son fils : « Pourquoi le frappes-tu ? Ce n’est rien ! Il n’a rien fait de méchant ! Il ne l’a sûrement pas fait exprès ! ».

    C’est là le premier souvenir et la première image que Pierre conserve lorsqu’il se plonge dans le passé : une gifle donnée par son père accompagnée d’un fort sentiment d’injustice, car ce geste lui paraît à la fois gratuit, injuste et immérité.

    2- Pierre, âgé de quatre années, se promène avec son père et sa mère, par une belle journée printanière, sur un sentier forestier, dans une zone vallonnée. Le soleil darde ses rayons avec prodigalité ? Le père, enjoué, s’empare de Pierre, et d’un mouvement leste, le soulève du sol et le pose sur ses larges épaules.

    Soudain, au détour d’un chemin, il pointe son bras dans la direction devant lui un point situé à une centaine de mètres et murmure à Pierre : « Regarde, un chevreuil ! ».

    3- Un matin, Pierre, âgé de cinq années, s’amuse avec son frère, d’une année plus âgé que lui, dans la cuisine, sous le regard attentionné de leur mère. Soudain, celle-ci constate qu’il manque un produit de première nécessité pour préparer le repas familial de midi. Prise par l’urgence, ne sachant pas quoi faire des deux enfants dont elle a la garde, ne pouvant les confier à personne, et pour éviter qu’ils ne bougent et déambulent dans un endroit défendu et dangereux, elle décide de les installer assis sur la table de la cuisine, leur interdisant formellement de descendre de cet endroit haut perché jusqu’à son retour. Puis elle s’empare de son porte-monnaie et d’un sac de commission, et se précipite hors de la cuisine, chez le commerçant, pour effectuer les diverses courses.

    Abandonnés par leur mère, les deux marmots pleurent d’abord doucement. Face à l’absence de réaction, s’encourageant l’un l’autre, leurs sanglots à demi-étouffés se transforment peu à peu en hurlements, chacun mettant toute la force dont il est capable. Ces hurlements, après quelques minutes, prennent un ton de panique, caractérisant un abandon définitif et total.

    La mère, à l’approche de la maison, entendant ces cris éperdus, prise elle-même de panique, revient à pas précipités, ne sachant ce qui se passe et craignant le pire.

    4- Le grand frère de Pierre collectionne divers objets personnels de peu de valeur marchande, mais auxquels il est sentimentalement attaché, divers souvenirs rassemblés, comme des cartes postales, des billes de verre multicolores, des pierres ramassées lors de promenades et diverses autres babioles. Pour les préserver des mains indélicates, il les a enfermés dans le tiroir fermé à clef d’une massive armoire lorraine.

    Un jour, âgé de six années, Pierre remarque ce tiroir aux trésors minutieusement fermé à clef par son frère. Cela suscite la convoitise de Pierre, attiré par un trésor sans doute sans prix. Curieux, alors que son frère s’est absenté, Pierre prend un tournevis dans la boîte à outils et essaie, avec beaucoup de zèle, d’ouvrir ce tiroir pour accéder aux objets convoités. Il ne parvient pas à faire tourner le dispositif de la serrure, qui sous les coups portés avec de ^plus en plus de force, casse.

    A son retour, le frère aîné constate les dégâts causés et interroge les uns et les autres sur l’origine de ces dégâts. Apprenant bientôt que c’est Pierre qui a tenté de forcer la serrure, ce dernier se réfugier derrière le dos de la mère, qui le protège comme elle peut. Mais la colère du frère aîné est si grande qu’elle ne parvient pas à empêcher celui-ci de gratifier Pierre d’une gifle magistrale.

    5- Pierre a rencontré Marie la première fois sur le chemin de l’école, alors âgé de quatorze années, Marie ayant sensiblement le même âge. Plutôt naïve et bien pensante, Marie accoste Pierre et lui ^pose diverses questions relatives à l’amitié et aux relations entre filles et garçons : cela manifeste de sa part un fort besoin de protection, qu’elle recherche présentement auprès de Pierre. Plus tard Pierre a l’impression d’avoir rencontré souvent Marie sur le chemin de l’école ; mais il ne sait pas si cette impression de la côtoyer et de dialoguer avec elle n’est pas plutôt le fait qu’il a rêvé la nuit et pensé la journée de nombreuses fois à Marie.

     

     

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