• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 75)

    « Om,

    O Puissance Divine qui illumine le Grand Soleil,

    Et les trois mondes de la Terre, de l’Air et du Ciel,

    Nous vous implorons afin que cette illumination,

    Nous conduise de l’obscurité vers la Lumière. »

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 75)

     

    DIMANCHE 5 DECEMBRE 1982

    Dans le journal intime, je me contente trop de répéter des formules, sans m’impliquer, sans m’analyser et sans tirer les conséquences de ma pratique quotidienne. Je suis à la recherche de Dieu, mais le bilan n’est-il pas un peu maigre ? Quels sont les obstacles ?

    Je suis peut-être trop plein de moi-même encore. Je restreindrai encore mon ego, afin de faire le vide, en espérant que Dieu occupera cette place laissée disponible. J’ai du mal à tenir mes engagements. Quel bilan ? Quelques prières, mais aucun contact, aucune avancée car Dieu ne m’a pas saisi. Je suis trop intellectuel, et écrire, chaque fois que je le peux, que « Je ne suis pas le corps » ne me fait pas avancer : j’étudierai moins et réaliserai plus. Je retiens trop : nourriture, savoir, idées reçues… Je dois lâcher prise.

    C’est lorsque je souffre le plus physiquement, que je deviendrai ce que « Je suis » : je ne me crisperai pas sur des habitudes et des préjugés, ce que je fais ou ne fais pas, mais tout doit pour ainsi dire couler. Ce que je recherche est au-delà des mots, et je le réaliserai lors des périodes inattendues de douleur et de malheur : c’est lorsque tout va mal que je dois penser au Soi.

    Je serai encore plus proche et plus aimant par rapport à ma famille : de ce côté-là, j’ai beaucoup de chance et j’apprécierai cette chance à sa juste valeur. Dieu m’a permis d’avoir des parents formidables, une belle famille, un bonheur certain.

    Le seul point positif auquel je suis arrivé, est la récitation constante du mantra de la Gayatri :

    « OM,

    BHUR BHUVA SVAHA,

    BHARGO DEVASYA DHEEMAHI,

    DHIYO YO NAH PRACHODAYAT ! ».[1]

    Seule l’action sans fruits et l’action désintéressée sont un but et un objectif : devenir le Soi, devenir ce que je suis déjà, ne peut être un but, mais c’est une prise de conscience. Dieu seul peut me donner cette grâce, s’Il le souhaite et s’Il me sait prêt.

    1 – Ai-je essayé, pendant ce mois passé, de me montrer plus obligeant et plus

    Je fais en sorte de limiter mon ego, de mettre entre parenthèses mes problèmes personnels pour m’intéresser plus aux autres. Je travaillerai encore sur moi, pour être plus équanime, et vivrai chaque période, chaque stade, en faisant ressortir les aspects positifs.

    2 – Les exercices de rétrospection et de concentration m’ont-ils permis d’être plus efficace dans mon existence quotidienne ?

    Je m’examine moi-même, mais l’application des exercices est encore trop irrégulière. Je les ferai aussi avec plus de profondeur, en me rappelant que seule la pratique compte. Quelles difficultés à surmonter tous mes défauts : mon Dieu, aide-moi !

    Dans une vie antérieure, je devais avoir une vie débauchée de pédophile : aujourd’hui, encore, lors des séances d’onanisme, je visualise des scènes de viols et d’attouchements d’enfants. C’est une forme de recherche de l’innocence et de la pureté, qui provient de mes rapports avec mes parents – peut-être – mais surtout d’une vie antérieure : que la vie présente me serve au moins à éliminer ce mauvais karma-là ! C’est l’un de mes défauts essentiels que je dois éliminer. Lorsque cela se produit, je lirai un extrait de la Bible ou du Coran. 

    Cette application de l’onanisme m’a permis, au cours de la présente vie, de rester fidèle, et d’être l’homme d’une seule femme, d’un seul amour, mon épouse – cela m’a maintenu chaste et pur, puisque, si j’ai souillé mon propre corps, je n’ai pas souillé le corps d’autrui, même si de ce côté-là, j’ai aussi parfois des désirs impurs. Désormais, je considérerai toutes les femmes comme des mères et des sœurs.

    J’ai des difficultés à jeûner, c’est-à-dire à lutter contre l’avidité quant à la nourriture. Parfois je fais preuve de gourmandise, avalant une grande quantité d’aliments, et n’importe lesquels : viande, friandises… Le minimum auquel j’atteindrai est de limiter la nourriture, de jeûner un jour par semaine et d’être végétarien.

    J’en appelle à Toi, Seigneur Dieu : sans doute, mes efforts sont insuffisants, sans doute il demeure des grands défauts, sans doute l’ego est encore bien là et bien présent, mais Toi, Tu le sais bien, je n’arriverai à aucun résultat tangible si Tu ne me donnes pas Ta grâce. Fais un pas vers moi et donne-moi une parcelle d’illumination, donne-moi Ton darshan[2] et envoie-moi un peu de force vitale, afin que je puisse monter plus haut, fais-moi entrevoir le Soi.

    Seigneur Dieu, Tu es témoin, jour après jour, de mes efforts pour parvenir à occuper le Soi. Ces efforts, discrets et non publics, sont néanmoins constants et continus. Seigneur Dieu, Tu vois aussi les obstacles que ma cécité ne me permet pas toujours de distinguer : aide-moi à les surmonter et à les détruire, mais ne laisse pas loin de moi le calice. Permets-moi, avant de disparaître de cette vie, de goûter le Soi ! Seigneur Dieu, fais-moi un signe !

    Je sais ce que je Te dois. J’ai par mes mauvais choix, en pensées, en paroles et en actes, par mes fautes et par mes erreurs, mes limitations et mes péchés, sûrement contrecarré Tes plans grandioses ; mais j’ai pris sur moi-même et me voilà devant Toi, soumis à Ta volonté. Seigneur Dieu, éclaire-moi : pourquoi Ton silence ? Y a-t-il un prix trop lourd à payer et veux-Tu me préserver de cela ? Oui, tout T’appartient et tout est Ton jeu divin, mais qu’à cela ne tienne, fais-moi un signe, car je suis prêt. Ne puis-je pas coopérer à Ton œuvre lucidement et consciemment ? Ne tiendras-Tu aucun compte des efforts – oui, je le sais, efforts humains, humbles, modestes, sans doute insuffisants – que j’ai pu faire ? Tu m’as mis sur le chemin rosicrucien, et aujourd’hui, Tu le sais plus que n’importe qui, c’est de Toi, de Toi, de Toi seul que j’ai besoin : j’aspire à ce que Tu me touches, mon cœur T’est ouvert, viens T’asseoir sur le trône qui T’appartient et ne me laisse pas dans la désespérance !

     

     

     


    [1]Traduction :

    « Om,

    O Puissance Divine qui illumine le Grand Soleil,

    Et les trois mondes de la Terre, de l’Air et du Ciel,

    Nous vous implorons afin que cette illumination,

    Nous conduise de l’obscurité vers la Lumière. »

     

    [2] Darshan : Voir ou être en compagnie d’une personne de haute nature spirituelle.

     

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